Collectivités Locales     
   
  Mise en place d'un outil partagé de type SIG LITTORAL à l'échelle du pays Trégor-Goëlo
   
 


Laurent SCHNELL


Communauté de Communes
Paimpol-Goëlo
 
 
 
 
 


CONTEXTE GENERAL

Le littoral du Trégor-Goëlo est particulièrement riche par la diversité de ses paysages (côtes rocheuses, baies, nombreuses îles, rias,…), par l’importance de la zone d’estran découverte par la marée et les espèces animales et végétales qui la colonisent. Ce littoral constitue un attrait indéniable pour le pays, qu’il convient de préserver.

Un certain nombre d’informations existe sur le littoral, mais elles sont éparses et souvent ne couvrent pas l’ensemble du littoral du pays. Certaines informations ont été rassemblées sur une partie du Trégor-Goëlo dans le cadre des SMVM, d’autres se trouvent dans différents services de l’Etat (Affaires maritimes, IGN, DDE, DIREN …) ou d’autres organismes tels IFREMER, SHOM, CEVA etc … A l’heure actuelle, il est impossible d’accéder dans des délais satisfaisants à ces données.

Les Systèmes d’Information permettent de pallier techniquement à ce genre de problème sous condition d’avoir éludé les aspects financiers et juridiques.

Les collectivités sont particulièrement demandeuses de données sur leur littoral et ceci pour plusieurs raisons : aménager et protéger le littoral, faire connaître les richesses patrimoniales du littoral aux populations riveraines et aux touristes sont autant de compétences qui sont leurs.

Dans ce contexte, le projet permettra de mettre en place un premier Système d’Information Géographique (SIG) sur le littoral du pays du Trégor-Goëlo.

En outre, la nécessité de pouvoir maintenir à jour un tel SIG et de le rendre accessible à distance par d’autres collectivités participantes impose de prendre en compte la consultation des données à distance (entre partenaires et à destination de l’extérieur). L’information géographique se révélant très rapidement volumineuse, les débits des réseaux utilisés conditionneront la part des données qui pourra être rendue accessible à distance.

D’autre part, il s’agit d’être extrêmement précis quant aux possibilités de diffusion par rapport aux aspects juridiques, techniques et financiers liés à l’utilisation des données géographiques.

CONTEXTE AMDINISTRATIF ET MATERIEL

Dans le cadre du programme LEADER+ porté par la Pays du Trégor-Goêlo, (Liaisons entre les Activités de Développement de l'Economie Rurale), au sein du volet destiné à favoriser le développement et la diffusion des TIC (Technologies d’Information et de Communication), la CCPG (Communauté de Communes Paimpol-Goëlo) est maître d’ouvrage de ce projet. Les maîtres d’œuvre sont le CEVA (Centre d’Etude et de Valorisation des Algues) et la CCPG elle-même.
Pour une durée de 3 ans, et ayant débuté en janvier 2004, la conduite de ce projet a nécessité le recrutement d’un géomaticien à 50% de son temps et la mise à disposition de 25% de l’informaticien en place au sein de la Communauté de Communes.

Le CEVA, lui, engage les compétences de son service Ressources Naturelles et Environnement.
En terme de matériel, la CCPG est équipée de 2 licences ArcView 9, d'une licence 8.3 et le CEVA de 2 licences ArcView 9.

Le Financement de ce projet est assuré à hauteur de 60% par LEADER+, 20% par le Conseil Général des Côtes d’Armor et 20% par la CCPG.

CADRE D’ETUDE

Le Pays Trégor-Goëlo est composé de 69 communes pour 112 000 habitants répartis sur environ 1000 km2.
Le littoral est réparti sur le ban communal de 34 communes regroupées en 4 communautés de Communes, 1 Communauté d’Agglomération et 1 commune isolée pour environ 300 km de linéaire côtier.
L’estran (dit également zone de balancement des marées ou zone intertidale) est la surface découverte par la marée entre le niveau des plus hautes marées et celui des plus basses marées. Afin d’être sûr de prendre en compte tout facteur pouvant influencer directement l’estran, nous élargirons la zone à une bathymétrie de 20 m (limite des activités humaines) à partir des plus basses marées et nous tiendrons également compte de la bande des 100 m de la loi Littoral ainsi que de toute servitude liée au littoral.

COLLECTE ET PRODUCTION DE DONNEES

Toutes les données liées à l’estran dans toutes ses composantes (éléments envisagés) :

- Géologiques
- Géomorphologiques
- Topographiques
- Bathymétriques
- Hydrographiques
- Faune et Flore…

- Maritimes
- Economiques
- Industrielles
- Administratives
- Patrimoniales
- Loisirs
- Aménagement du territoire…

A l’intérieur de ces composantes, des données plus fines peuvent êtres définies. Cette liste est loin d’être exhaustive et ne demande qu’à être complétée en fonction des desiderata des collectivités participantes. Leur statut peut différer, et basiquement on distingue :

- des données inexistantes (réellement inexistantes ou support inadapté)
- des données existantes, mais non disponibles (statut juridique, confidentialité, licence d’utilisation …)
- des données existantes et disponibles

La collecte de ces données passe, dans un premier temps, par l’identification des acteurs potentiellement détenteurs de données :

- Communes
- Communautés de Communes et d’Agglomération
- Conseil Général des Côtes d’Armor (Randonnée, cadastre, ENS
)
- Conseil Régional de Bretagne (Contrats nature)
- Pays Touristique du Trégor-Goëlo (SIG Randonnée)
- Pays du Trégor-Goëlo (Charte de l'Environnement)
- Affaires maritimes (cadastre conchylicole)
- DDE (SMVM)
- DDAF
- DIREN (+ NATURA 2000)
- IFREMER
- Conservatoire de l'Espace Littoral
- Conservatoire botanique

- Préfecture (Sites protégés)
- Chambres syndicales (agriculture,métiers, commerce et industrie)
- Comité local des pêches et des élevages marins de Lannion-Paimpol
- SRC
- LPO
- Associations environnement (GEOCA, Vivarmor, Bretagne vivante, O3D)
- Comités de bassins versants (Trieux, Jaudy-Guindy-Bizien, Léguer, Côte du Goëlo)
- Agence de l’eau
- Internet (rédeau National des Données sur l'Eau...)

La production de données se compose de 2 grands types d’informations :

- la production de données brutes (numérisation, photographies aériennes, levés de terrain…)
- La production de données à partir d’informations standards (ex : zones naturelles et zones ostréicoles)

Encore une fois, bien évidemment, il s’agit de collecter d’abord toutes les données existantes et disponibles, avant de commencer la production de données.
Actuellement, une centaine de couches sont intégrées dans le SIG. Elles ne sont par contre pas toutes de qualité égale ou ne couvrent pas forcément l'intégralité du territoire.



PARTAGE ET DIFFUSION DES DONNEES

Les modalités techniques du partage de ces informations sont en phase de test, mais d'autres solutions sont espérées.

- avec les collectivités territoriales participantes et/ou les scientifiques, accès à une base de données distante ou site FTP (avec viewer à télécharger)

- en perspective : diffusion vers le grand public, via Internet (webmapping). Une éventuelle coopération avec Newscape Technology (Alain Rey, Lannion) est à envisager.
Le point clé du partage et de la diffusion sera la gestion des aspects juridiques et économiques, sous la responsabilité de la CCPG.


Quant à la diffusion, elle fait émerger les points suivants :

- apparition de nouveaux problèmes (licences d’utilisation…)
- nouveau type de responsabilité (producteur de la donnée, diffuseur de la donnée…)
- responsabilité accrue (public plus large)
- validité légale des données (études, ex du SMVM…)

La mutualisation des données et des connaissances sur ce territoire littoral revêt, par contre, des avantages indéniables :

- économie d’échelle et de temps (collecte et production grâce à des données « exhaustives » centralisées)
- reconnaissance du territoire comme « numérique », volonté du Pays Trégor-Goëlo, opérateur LEADER+
- MAIS nécessite l’emploi de personnel qualifié au sein de la structure d’hébergement (à prendre en compte dans le modèle financier).