Communications 

Utilisation d'un système d'information géographique (ArcView) pour la mise en place d'une plan de sauvegarde de population Chevêche d'Athena sur le territoire du Coglais


Session Gestion des ressources naturelles
 



Henri Pierre ROUAULT
territoire.coglais@wanadoo.fr
 
Tel:02 99 18 40 66
Fax:02 99 97 88 01
 
Coglais Communauté
45 r charles de Gaulle
35 460 St Etienne en Cogles

 

Mots-clés, logiciels ESRI utilisés et publics visés
 


Logiciels ESRI utilisés : ArcView 9.2

Public visé : Tout public

 





I La zone d’étude : Le canton du Coglais


Le canton de Saint Brice en Cogles ou aussi dénommé Le Coglais est situé au Nord/Ouest de Fougères, dans une région de contact entre la Bretagne et la Normandie.



Il réunit 11 communes (Montours, le Chatellier, Cogles, St Etienne en Cogles, st Marc le Blanc, Baillé, le Tiercent, la Selle en Cogles, st Brice en Cogles, st Germain en Cogles) soit 10 295 habitants (Recensement 1999) sur 17 007 hectares.

L’économie est particulièrement importante dans le secteur agricole ( et agroalimentaire) et le secteur du granit.

Le paysage est de type bocager avec un relief assez varié. La plupart des communes ont subit un aménagement foncier.




II Information sur la Chouette Chevêche


Ordre : Strigiformes.

Famille : Strigidés.

Taille moyenne : 20 - 22 cm.

Envergure : 55 - 61 cm.

Poids : Femelle: 170 - 250 gr; Mâle : 150 - 200 gr (Variable selon les saisons).

Particularités : petite et trapue, queue brève, tête aplatie. Grands yeux jaunes. Plumage brungris portant des macules blanc crème. Sourcils, menton et gorge blancs. Une rayure blanche forme une ligne en V sur la nuque qui ressemble à un disque facial et sert peut-être à tromper l'ennemi en lui faisant croire que la Chevêche le regarde. Pattes couvertes de petites plumes blanches, doigts plus sombres.

Signe de présence
     · Voix: le chant typique du mâle est un "gouk" interrogatif, répété à intervalles réguliers pendant la saison des amours en mars-avril. Le cri d'excitation, un "guiou-guiou" fort et clair, qui rappelle un miaulement ou un jappement, est émi par le mâle et la femelle souvent dans la journée. Enfin, le cri d'alarme, un "kek-kek" que les oiseaux lancent à proximité du nid en cas de dérangement.
     · Pelotes de réjection: leur contenu varie en fonction des saisons. Au printemps et en été, elles renferment beaucoup de débris d'insectes (élytres, pattes, têtes, ... ) et par conséquent se désagrègent très facilement. En automne et en hiver, elles sont plus compactes et contiennent surtout des ossements et des poils de micro-mammifères. Les pelotes de la Chevêche se retrouvent parfois en grand nombre au pied de certains arbres ou piquets, ou dans des cavités servant de gîtes. Dimensions: en moyenne 30 mm x 13 mm.

Reproduction
     · Ponte : 3 à 5 oeufs blancs de la mi-avril à la mi-mai.
     · Incubation: 28 à 30 jours.
     · Emancipation des jeunes: 30 à 35 jours.
     · Maturité sexuelle: à 12 mois.
     · Espérance de vie: 9 ans et demi.

Statut de protection
     · en France, elle figure sur la liste des "oiseaux affectés d'une régression forte et continue et qui ont déjà disparu de certaines régions".
     · en Suisse, elle figure sur la "liste rouge des espèces d'oiseaux menacés et rares".     
     · en Région wallonne: espèce figurant sur la liste rouge des espèces d'oiseaux menacés et rares.
     · En Belgique: la population belge a fortement diminué après 1940, elle serait passée de 12.000 à 4.000 couples.

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Washington (Annexe 2)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)



On la retrouve ainsi en Grande-Bretagne (6000 – 12 000 couples), en France ( 10 000 – 50 000 couples), en Belgique (4500 – 6600 couples), aux Pays-Bas (9000 – 12000 couples), au Luxembourg (80 – 150 couples), en Allemagne (6000 couples), au Danemark (150 – 200 couples), en Lettonie (10 – 30 couples), en Lituanie (quelques couples), en Pologne (1000 – 2000 couples), en République tchèque (700 – 1000 couples), en Slovaquie (800 – 1000 couples), en Hongrie (1500 – 2000 couples), en Autriche (moins de 60 couples), en Suisse (30 - 40 couples), en Espagne (50 000 – 60 000 couples), au Portugal (10 000 – 100 000 couples), en Italie (10 000 – 30 000 couples), en Grèce (5000 – 10 000 couples), en Albanie (5000 – 10 000 couples), en Yougoslavie, en Croatie (6000 – 8000 couples), en Slovénie (500 – 800 couples), en Bulgarie (4000 – 10 000 couples), en Roumanie (20 000 – 40 000 couples), en Russie (10 000 – 100 000 couples), au Belarus (2000 – 4000 couples), en Ukraine (11 000 – 12 000 couples), en Moldavie (5000 – 7000 couples), en Turquie (5000 – 50 000 couples), à Chypre (2000 – 4000 couples), en Syrie (3000 – 5000 couples), en Israël (plusieurs milliers de couples), en Jordanie (peu commun), en Iraq (rare), en Egypte (peu commun), en Lybie (commun), en Tunisie (commun) et au Maroc (commun).

Régime alimentaire

La Chevêche s'intéresse à tout animal de petite taille et s'adapte apparemment facilement aux changements intervenus dans la composition de la microfaune locale. Son menu varie avec les saisons; il est surtout constitué d'insectes, au printemps et en été, et de petits rongeurs, en automne et en hiver. Au niveau des insectes, les coléoptères dominent largement avec les carabes, les géotrupes et les charançons. Ensuite viennent les forficules dont la Chevêche raffole. Elle ne dédaigne pas non plus les papillons et leurs larves ainsi que les hannetons. En ce qui concerne les rongeurs, les campagnols du genre Microtus (campagnols des champs et agreste) sont particulièrement prisés, D'autres proies viennent également s'ajouter à son tableau de chasse, notamment les lombrics qui occupent une part importante dans son régime alimentaire. Enfin, les oiseaux comme l'étourneau, le moineau, le merle, ... dont elle préfère capturer les jeunes au nid, viennent parfois compenser le manque de proies principales.

Habitat

Dans les régions nord-européennes, la Chouette chevêche occupe des zones rurales à agriculture extensive avec des pâturages parsemés de haies et d'arbres fruitiers de hautes tiges. Elle fréquente donc assidûment les prairies humides avec saules têtards, les vergers traditionnels mais également les étendues agricoles avec bâtiments de ferme, les prairies pâturées avec abris pour le bétail ou encore les carrières, les jardins, ... Le point commun de tous ces milieux est la présence d'une végétation basse (facile à parcourir lors de la recherche de la nourriture) et de cavités utilisables pour la nidification. Espèce anthropophile typique des milieux ouverts, la Chevêche ne se rencontre pas en forêt. Pour nicher, la Chevêche fait preuve d'opportunisme et parvient à s'adapter aux conditions locales: vieux pommiers lorsqu'ils sont encore sur pied, bâtiments dans les zones d'agriculture intensive ou nichoirs lorsqu'ils sont mis à sa disposition. Les dimensions et dispositions des cavités de nidification varient fortement. La profondeur des cavités naturelles oscille entre 25 et 80 cm alors que celle des cavités artificielles (par exemple dans une grange,...) peuvent être beaucoup plus importantes >150 cm. Dans les arbres elles sont plutôt verticales; ailleurs plutôt horizontales.

Pathologie

L'espèce peut être infestée par divers ecto et endoparasites. Ces parasites seraient responsables de décès inexpliqués de jeunes par exemple, dans les cas où les facteurs météorologiques ou nutritionnels ne sont pas déficitaires.

Quelques malformations s'observent parfois chez la chevêche:
     · le bec croisé dont l'origine peut être soit génétique ou accidentelle (jeune piétiné par un autre poussin). Cette affection conduit inévitablement à la mort.
     · le colobome de l'iris a soit une origine embryonnaire ou accidentelle. Il a l'apparence d'une déchirure de l'iris. Il est sans grande gravité.

Territoire - Densité - Comportement social

La densité de cette espèce dépend essentiellement de la disponibilité en sites de nidification et de l'abondance des espèces-proies. Ainsi dans certaines régions, les concentrations maximales enregistrées sont de l'ordre de 7 couples par km2 mais en moyenne, on compte seulement 0,5 à 1,5 couples par km2. Le couple exploite donc un domaine vital qui varie de 15 à 50 ha. Dès l'automne, le mâle commence à se manifester par son chant territorial; celui-ci bat son plein en février-mars avec la délimitation du territoire et la formation des couples. Le printemps est la saison de la discrétion chez les Chevêches qui s'attèlent à l'élevage de leur progéniture. Enfin l'été, est l'époque où les jeunes vont devenir indépendants après une période d'apprentissage à la chasse de plusieurs semaines.

Menaces

Nombreuses sont les mortalités liées directement ou indirectement aux activités humaines.

     · Circulation routière: L'intensification du trafic routier a provoqué une restructuration des voies de communication. De nombreuses routes ont été élargies ou leur tracé rectifié; des autoroutes ont été construites morcelant les campagnes, accroissant encore la densité du réseau routier et la vitesse des véhicules. Ces travaux ont multiplié considérablement les mortalités routières de la Chevêche.

     · Pesticides et autres substances toxiques: Les traitements chimiques utilisés pour assurer la rentabilité maximale des cultures sont responsables de la raréfaction de certaines proies de la Chevêche (gros insectes). En se nourrissant d'animaux contaminés, elle est également victime des substances rémanentes introduites dans les écosystèmes. Toutefois, il est difficile de mesurer l'impact réel des contaminants sur son métabolisme.

     · Destruction de l'habitat: Les alignements de saules têtards et les vergers de hautes tiges sont les habitats de prédilection de la Chouette chevêche. Cependant, les modifications radicales de certaines activités humaines devenues très perturbantes pour le petit rapace, le prive, entre-autres, de sites de nidification. Ainsi, le perfectionnement des techniques agricoles se voulant toujours plus performantes, fut à l'origine de la rationalisation de l'espace rural. Les regroupements parcellaires ont alors profondément modifié la structure du bocage par une éradication complète ou un morcellement profond des haies, vergers, bandes boisées, ... A cela sont venus s'ajouter une augmentation des demandes de permis de lotir, un désintérêt considérable pour le verger familial et l'apparition sur le marché des plantations de basses tiges accompagnées de campagnes d'arrachage d'arbres de hautes tiges. Ces grands bouleversements ont eu des conséquences dramatiques sur ce paysage de bocage, refuge de la Chevêche.

     · Le climat: Les printemps pluvieux ont des effets néfastes sur les nichées de Chevêche. Les adultes rencontrent, en effet, d'énormes difficultés à chasser et à subvenir aux besoins des pulli. De plus, l'humidité ambiante transforme rapidement l'intérieur des cavités en boue putride qui entrave le développement normal des poussins. La Chouette chevêche est également sensible aux hivers rudes surtout lors d'enneigements prolongés.



Protection et conservation

La Chevêche est victime de "l'anthropisation" générale. Toutefois différentes mesures peuvent garantir la survie de l'espèce:
· limiter l'emploi des pesticides par une utilisation plus raisonnée des produits.
· maintenir les maillages denses de haies et de brise-vent.
· conserver et émonder les alignements d'arbres têtards.
· conserver et restaurer les vieux vergers de hautes tiges par une revalorisation de nos variétés anciennes régionales.
· planter, en zone agricole, des boutures de saule osier à mener en têtards sur l'espace entre deux clôtures contiguës et dans les jardins privés.
· planter, en zone agricole, des arbres fruitiers de hautes tiges sur les pentes difficilement exploitables, aux abords des fermes, dans les grands jardins, sur les terrains communaux,...
· lors de la planification de lotissements, tenir compte de l'emplacement d'éventuels vergers en les contournant ou en les intégrant dans les zones à bâtir.
· maintenir les cavités naturelles sinon, pallier le manque de sites de nidification par la pose de nichoirs.
· sensibiliser les agriculteurs et les riverains au rôle écologique de l'espèce et à l'opportunité de sa protection.


III Protocole de suivi


L’opération consiste à faire des points d’écoute sur une zone définie au préalable. Ces points se concentrent sur des zones loin des bourgs ou axes de circulation pour éviter les bruits parasites.

L’écoute dure environ 10 mn. Ensuite on change de lieu.

La période d’écoute à lieu entre mars et avril autour de 20h à 23h.
Durant cette écoute, il est possible d’entendre aussi de la chouette effraie, de la chouette hulotte et du hibou moyen duc.
Ceux-ci seront également répertoriés

L’autre élément qui est notifié est l’observation. Il n’est pas rare que dans un point d’écoute, certains de ces oiseaux soient observés aussi seront ils renseignés sur la carte.








IV Quelques résultats





V Projet de développer la population


Pour augmenter la population, il pourrait être envisagé de mettre en place une vingtaine de nichoirs sur l’ensemble du canton.

Un travail avec une association de sauvegarde des espèces (type zoo, centre de recueillement d’animaux blessés, etc.) peut être envisagé.

La mise en place des nichoirs et le baguage des animaux recensés pourrait être entrepris dans les différents nids.


VI Exemples d’aménagement








Diamètre du trou d'envol : 7 cm.

Nichoir à placer loin des abreuvoirs, des routes, des poteaux creux, des conduits de fumée... dans un milieu ouvert ou l'herbe est rase.

Il faut tapisser le fond du nichoir avec de la tourbe afin que les oeufs reposent sur une couche de matériaux friables qui absorbent l'humidité.

Avant de s'aventurer dans ce genre de construction, il faudra avoir vu ou entendu l'oiseau dans le milieu choisi.

La litière que l'on place généralement pour en tapisser le fond est alors changée pour une meilleure hygiène.



Nichoir à placer loin des abreuvoirs, des routes, des poteaux creux, des conduits de fumée... dans un milieu ouvert ou l'herbe est rase.

Il faut tapisser le fond du nichoir avec de la tourbe afin que les oeufs reposent sur une couche de matériaux friables qui absorbent l'humidité.

Avant de s'aventurer dans ce genre de construction, il faudra avoir vu ou entendu l'oiseau dans le milieu choisi.




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