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La gestion intégrée des zones côtières à travers l’utilisation de la télédétection et de l’outil SIG – Cas de la ville de Sfax (Tunisie)
I. Introduction |  |  |
|  | La gestion des zones côtières est très complexe par le nombre de paramètres, à caractères spatio-temporels incontournables, qu'il faut prendre en compte. De ce fait, l'analyse de l'ensemble des différentes composantes (socio-économique, environnementale, urbanistique, etc.) de ce type de milieu passe par l'établissement d'une base de données à références spatiales (Serbaji, 2000). La base de données structurées, dans le cadre de ce travail, sur la zone côtière de Sfax est constituée de couvertures thématiques avec plusieurs fichiers géographiques et statistiques qui leurs sont associés. Les zones côtières sont gérées habituellement de manière traditionnelle, en se basant sur des données cartographiques au format papier. Ces supports ne comprennent que des informations minimales et les possibilités de mise à jour de ces données demeurent fragiles et très difficiles. En plus, ces données ne permettent pas d’avoir une vue d’ensemble et une analyse fiable pour que la prise de décision soit rapide et efficace. Leur stockage pose également un problème d’espace et d’entretien, étant donné que les documents papiers ne peuvent pas être conservés à long terme. De ce fait, le recours au Système d’Informations Géographique (SIG) et à la télédétection s’avère indispensable pour assurer le traitement et la gestion automatique des informations et fournir aux décideurs et aménageurs des éléments objectifs de choix pour éviter les confits naissant souvent de l’absence de données et d’indicateurs pertinents. Une grande agglomération comme la ville de Sfax doit, pour faire face à ses besoins de prévisions ou de planification de son territoire, disposer de données relatives à la population, aux logements, à l’usage du sol, et surtout aux diverses infrastructure qui soient à la fois à jour, adaptées aux besoins et localisées géographiquement (Masmoudi, 2004). L’objectif de ce travail est la construction d’une base de données numériques dont l’extraction, la prise de décision et la mise à jour d’un volume considérable d’informations soient assez simple et rapide pour tous les utilisateurs, et ce à travers le développement d’une méthode qui vise essentiellement la mise en place d’un SIG à caractère opérationnel visant à faciliter l’organisation cohérente et la mise en relation des données multi-thèmes, de nature et sources diverses. Ce SIG assurera : - une meilleure connaissance de l’état de la zone côtière étudiée (infrastructures et réseaux urbains) ; - la création d’un référentiel géographique commun afin de faciliter la combinaison des données ; - l’amélioration des outils de diffusion de l’information. |
III. Données de base |  |  |
|  | III. 1. Présentation générale de la zone d’étude |
Le littoral du Grand Sfax s'étale sur près de 25 km linéaires, du village de Sidi Mansour au Nord à celui de Thyna au Sud. Au cœur de la ville apparaît le port de Sfax avec ses infrastructures, ses plans d'eau et sa flottille. Ce qui est frappant pour cette ville méditerranéenne, c'est l'absence de plages, à moins de s'éloigner sensiblement en direction du Sud vers les cordons littoraux de Chaffar. Le parcours de la partie nord de ce littoral permet de distinguer le long de la côte, les zones industrielles et les activités côtières de la ville. Ainsi, du Nord vers le Sud, on distingue successivement l'habitat le long de la route Sidi Mansour, les zones industrielles de Poudrière I et II, le port de commerce en face du centre ville, la zone industrielle de Madagascar avec le port de pêche et les salines. Administrativement l’agglomération sfaxienne, est constituée de cinq délégations de Sfax-Médina, Sfax Sud, Sfax-Ouest, Sakiet Ezzit et Sakiet Eddair. Elle comporte deux grandes zones : - une zone urbaine ou grand Sfax couvrant 16 470 ha comportant les sept communes de Sfax-ville (3798 ha), Sakiet Eddaïr (4609 ha), Sakiet Ezzit (2353 ha), Chihia (448 ha), Gremda (1448 ha), El Ain (1514 ha) et Thyna (2300 ha) (Fig. 2). - une zone rurale en périphérie du Grand Sfax s’étalant sur près de 35000 ha. Cette zone est le support d’innombrables activités, valorisantes et compatibles avec ses spécificités pour certaines, dévalorisantes et incompatibles pour d’autres.
La pression des populations et l'insuffisance de prise en compte du long terme dans les schémas d'aménagement ont entraîné une surexploitation des ressources naturelles et un degré de pollution tellurique de plus en plus menaçant. L’analyse socio-économique de la zone a nécessité la prise en compte d’une délimitation administrative (gouvernorat, délégation, commune, secteur) afin de pouvoir collecter le maximum d'informations disponibles à ces échelles. La zone côtière de la ville a subi durant plusieurs décennies des atteintes à conséquences négatives et à effets parfois irréversibles, d'une industrialisation peu soucieuse de la sensibilité du domaine marin. Cela s’est traduit par la dégradation de la qualité des eaux du littoral, le changement de son faciès sédimentaire (Illou, 1999) et la perturbation de la zonation biologique. L’ensemble a entraîné un déséquilibre de l’écosystème, l’apparition de zones confinées et l'interdiction de la baignade sur plusieurs kilomètres.
 | | Fig.2 – Zone d’étude |
III. 2. Structuration du SIG |
Le SIG élaboré dans ce travail s’est appuyé sur les données cartographiques de base présentées dans le tableau 1. Il a fait appel à plusieurs niveaux d’échelles dans l’intervalle [1/10000000, ≥1/10000] de façon à approcher l'information selon des niveaux de précision variables en allant du général au particulier (ou l’inverse) et dans le but de contrôler aisément l’enrichissement de l’information géographique (Fig. 3).
 | | Tableau 1 : Les données cartographiques utilisées |
 | | Fig. 3: Les intervalles d’échelles utilisés pour afficher l’information géographique |
Les cinq grands intervalles d’échelles indiqués dans le tableau 2 concernent des zones géographiques plus au moins étendues.
 | | Tableau 2 : Les intervalles d’échelles et les zones correspondantes |
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IV. Résultats |  |  |
|  | IV.1. Caractéristiques de l’espace urbain du littoral nord de la ville de Sfax |
Le littoral nord de la ville de Sfax est composé de trois arrondissements (Fig. 4) : Sidi Mansour, Sfax El Médina et El Bousten ainsi que de la nouvelle zone du projet Taparura.
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L’examen du plan d’aménagement urbain (PAU) de cet espace côtier permet de constater que la bande bordant les voiries des principaux centres urbains (nommés Merkezs) est représentée par un tissu d’habitat à dominance verticale (Ua1 et Ua2) relatif à des zones d’immeubles (R+6 ou R+4) (Fig. 5).
 | | Fig. 5- Les principales zones de l’arrondissement El Bousten selon le PAU |
La Médina (la ville arabe), le port de pêche, le port de commerce et la zone industrielle Madagascar (Fig. 6) font partie de l’arrondissement Sfax El Médina, tandis que les deux zones industrielles Poudrière I et Poudrière II appartiennent à l’arrondissement El Bousten. Ces zones industrielles se trouvent insérées dans le tissu urbain et non loin du centre ville. Cela n’offre pas de véritables possibilités d’extension et constitue parfois un vrai obstacle pour le développement urbain de la ville.
 | | Fig. 6- La zone industrielle Madagascar |
IV.2. Caractéristiques de la zone du projet TAPARURA |
Cette zone côtière, faisant partie du littoral nord de la ville de Sfax, était le siège d’une activité industrielle qui a engendré des rejets multiples déversés dans la plaine littorale. Dans cette zone, se trouve également le terril de phosphogypse issu de l’activité de traitement de phosphates de l’usine nommée SIAPE « B », arrêtée en 1992. Ce déchet solide renferme plusieurs polluants tels que le P Cet élément ne fonctionne pas sous cette configuration. O Cet élément ne fonctionne pas sous cette configuration. , le fluor, le fer, l’aluminium, le cadmium, le plomb, le zinc et le chrome (Serbaji, 2000). La figure 7 montre la variation de la morphologie de cette zone côtière avant et après les travaux de réhabilitation et de remblaiement effectués dans le cadre du projet Taparura, achevés en mai 2009.
 | | Fig. 7- Morphologie de la côte nord de la ville de Sfax avant et après la réalisation du projet Taparura |
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