 |
Diffusion des analyses géographiques : Quels médias pour quels clients ? Exemple des études de chantier cartographiques
 | Mots-clés, logiciels ESRI utilisés et publics visés |  | | | Mots-clés : analyse géographique, modes de diffusion, cartographie, GeoPDF, KLM, Geodatabase, étude de chantier cartographique, production géographique Défense.
Logiciels ESRI utilisés : ArcGIS 9.3.1
Public visé : Tout public
Copyrights : CC BY SACette création est mise à disposition selon le Contrat Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/ ou par courrier postal à Creative Commons, 171 Second Street, Suite 300, San Francisco, California 94105, USA.
| |  |  |  |
| La présentation de résultats d’analyses géospatiales complexes est toujours un sujet de questionnement : | - les rapports justificatifs peuvent nécessiter un temps de lecture souvent incompatible avec les disponibilités du décideur ;
- les cartes illustrant les analyses sont souvent trop statiques et ne permettent pas de profiter de toute la valeur ajoutée du SIG ; de plus, les contraintes de temps des projets obligent souvent à se limiter à des représentations cartographiques simplifiées ;
- les acteurs sont nombreux et multiples. Les documents qui leur sont livrés doivent être adaptés à leurs attentes, références culturelles, connaissances et contraintes opérationnelles.
|
Il est toujours difficile de juger de la pertinence « dans l’absolu » de tel ou tel mode de diffusion, car lorsqu’on ne juge que le produit final, on méconnait souvent les attentes, contraintes et limitations qui ont influé sur la décision de le réaliser, sur ses caractéristiques et son processus de fabrication. Les comparaisons de produits finis sont donc le plus souvent sans objet, sauf pour apprécier les capacités techniques du concepteur ou du réalisateur. Dans le contexte d’études de chantier cartographiques, qui doivent faire ressortir au décideur de façon synthétique l’ensemble des éléments de choix, contraintes, limitations et risques sur les sources d’une production géospatiale, nous avons testé, durant les 5 dernières années, divers outils permettant de répondre aux besoins d’interactivité et de synthèse recherchés par nos utilisateurs des domaines défense, oil & gas et mines. | Nous avons retenu 6 modes de diffusion que nous utilisons régulièrement pour présenter le résultat de nos analyses à nos clients : | - les rapports, souvent longs et denses, richement illustrés notamment avec de petites cartes, avec des tableaux de synthèse et/ou des résumés ;
- les cartes de synthèse, issues d’un SIG géré sous ArcGIS, correspondant à de grands formats (A1, A0) et livrées le plus souvent en PDF ;
- les Geodatabases, composées de couches raster (notamment des MNT) et vecteur, livrées avec ArcReader ;
- les animations flash, de formes et de contenus variés, contenant le plus souvent du texte, des illustrations, des cartes et parfois des pistes audios ;
- les documents GeoPDF, également issues d’un SIG géré sous ArcGIS, et présentés soit sous forme de cartes « actives » autonomes soit sous forme d’extensions « actives » à des rapports synthétiques textuels ;
- les KML, vecteurs au format shape traduits en KML et/ou KML directement saisis sous Google Earth.
|
| Afin d’évaluer les lignes de force de chacun de ces modes de diffusion, nous avons établi une grille selon 8 grandes caractéristiques : | - la simplicité de fabrication (temps, outils de fabrication, compétences clés…),
- la flexibilité de la fabrication (impact des modifications, réutilisation d’un produit…),
- la simplicité de diffusion (environnement et outils nécessaires, poids des fichiers…),
- la simplicité de consultation (temps, outils de lecture…),
- la simplicité des données (niveaux de lecture, niveau de synthèse, compétences techniques nécessaires…),
- l’attractivité du produit (aspect intuitif, dynamisme, interactivité),
- les capacités du produit en termes d’interopérabilité (possibilité d’annoter, de réutiliser…),
- l’aide pour l’interaction (temps, outils pour la modification, contraintes légales…).
|
Chaque caractéristique est évaluée selon un ensemble de critères précis, notés de 0 à 3, avec des pondérations fixes pour l’ensemble des modes de diffusion. Le résultat peut se visualiser sous forme de graphique en toile d’araignée à 8 axes.

 | | Illustration 1 |
Commentaire illustration 1 Le rapport apparait comme le mode de diffusion le plus simple à fabriquer et le plus flexible. Par contre, il est peu séduisant (ni synthétique, ni attractif). La carte en GeoPDF est un produit simple d’utilisation pour le client (le produit est facile à diffuser, à consulter, à comprendre, à annoter ou à exporter vers d’autres produits) et les données ne nécessitent pas de compétences techniques poussées. Son principal point faible réside dans la complexité de la fabrication (temps de conception, de fabrication, logiciels dédiés…) et l’absence de flexibilité (par exemple : obligation de ré-exporter le produit suite à une demande de modification de la part du client). Il ne s’agit pas, dans cette réflexion, de classer les produits du meilleur au moins bon, mais de trouver le mode de diffusion le mieux adapté à un utilisateur. | Les relations qui peuvent exister entre le mode de diffusion des analyses géographiques et leurs utilisateurs sont généralement définies par 2 composantes : | - les contraintes contractuelles : budget, temps, logiciels disponibles (ou absence de …), prestations obligatoires …
- l’attente principale du client : le mode de diffusion le plus séduisant possible, le plus rapide à fabriquer, le plus flexible, les données les plus complètes et techniques possible…
|
Les contraintes contractuelles permettent de définir des caractéristiques obligatoires que devra posséder le mode de diffusion. Cette première composante permet d’éliminer un certain nombre de modes de diffusion. L’attente principale du client permet ensuite de guider le choix vers tel ou tel mode de diffusion. Pour cela, nous avons défini des cas utopiques, qui correspondent à des caractéristiques simplifiées et schématiques, auxquelles le mode de diffusion devrait correspondre pour répondre au mieux au besoin du client. En superposant les graphiques en toile d’araignée des utopies à ceux des modes de diffusion, on peut inférer le mode de diffusion le plus adapté.
 | | Illustration 2 |
Commentaire illustration 2 Dans l’utopie présentée ci-dessus, le client n’est ni géographe, ni géomaticien, et a un besoin important de communiquer sur les résultats de l’analyse. Il est important que la technicité des données soit faible (caractéristique « simplicité des données » bien notée) et le produit facile à consulter. Dans ce cas, la production d’une animation flash semble parfaitement correspondre au besoin. Par contre, une Geodatabase ne sera pas indiquée car trop complexe à utiliser.
 | | Illustration 3 |
Commentaire illustration 3 L’utopie « productivité maximum » peut correspondre à un travail itératif, qui nécessite des précisions du client au fur et à mesure de l’avancée des réflexions. Il est important que la fabrication du produit soit simple et flexible et qu’il soit possible d’annoter le produit diffusé. Dans ce cas, il faut mieux diffuser les analyses dans un rapport, que dans une animation flash sur laquelle il est impossible pour le client de faire ses commentaires et pour le fabricant de modifier quoique se soit sans ré-exporter l’intégralité du produit. Mais les attentes du client sont toujours très complexes, composées de multiples orientations, parfois contradictoires ou difficiles à définir. La plupart du temps, le choix se porte sur plusieurs modes de diffusion : une animation flash et un rapport justificatif ; une Geodatabase et une carte de synthèse… Les modes de diffusion mixtes se développent également de plus en plus. Par exemple : un rapport PDF avec des illustrations interactives (en mode GeoPDF) ; une animation flash permettant de télécharger un rapport ou un carte. La recherche du bon équilibre doit permettre a minima d’éviter les erreurs graves, difficiles à corriger lorsque les contraintes temporelles sont fortes. La décomposition proposée permet également de disposer des « bonnes questions » pour le dialogue initial avec l’utilisateur ou son représentant.
|
|