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Une maquette temps réel sur la baie du Mont St Michel : mariage du SIG et de la 3D au service du grand paysage


Session 3D
 


Durand Hélène,
Alisé géomatique,
helene.durand@wanadoo.fr
http://pros.orange.fr/alise

 

Mots-clés, logiciels ESRI utilisés et publics visés
 


Mots-clés : Landsim3D, modélisation 3d temps réel, paysage, simulation paysagère, bocage, haies, Mont Saint michel

Logiciels ESRI utilisés : ArcGis

Public visé : Tout public / spécialistes SIG

 

Introduction :


La 3d devient un outil indispensable au service de la concertation, de la visualisation et de la prospective paysagère.Les représentations en 3D, vaste domaine, recoupe en fait des supports, des niveaux de rendus et des finalités très variées (du bloc diagramme, au drapage d’une ortho photographie sur un Modèle numérique de terrain en passant par un Kml sous Google earth ou des maquettes photo-réalistes). Alors que de telles représentations  sont maintenant courantes en milieu urbain, nous en sommes encore au démarrage de telles applications en périphérie urbaine, voire en milieu rural ou naturel. Pourtant les enjeux sont majeurs : corridors écologiques, incidence des infrastructures terrestres, ouvrage ponctuel et incidence paysagère (éolien, lignes à haute tension), mitage périurbain, maîtrise de l’étalement urbain, fermeture des milieux par abandon de pratiques agricoles, sont autant de sujets auxquels ces maquettes 3D peuvent apporter des réponses.
 
Nous développerons dans cet article une étude de cas : la production d’une maquette 3D photo réaliste, temps réel, que nous menons actuellement sur l’ensemble de la Baie du Mont St Michel (261.000 ha, 19.000 haies, 8.000 arbres isolés, 24.000 bâtiments). Ce projet est une commande conjointe de deux DIREN Bretagne et Basse Normandie. Deux suites logicielles sont mises à profit : La gamme ArcGis d’ESRI et le logiciel LandSim 3D de Bionatics.


1 - Le contexte du projet :


1.1 Description de la zone d’étude


La zone d’étude s’étend de Cancale à l’Ouest (en Bretagne) en passant par Pontorson au Sud jusqu’aux falaises de Caroles au nord, à une quinzaine de kilomètres d’Avranche. Le territoire est donc vaste (261.000 ha). A cheval sur deux régions, il est composé d’entités géomorphologiques et paysagères très variées. Cette baie sert d’écrin à la «  Merveille » site mondialement connu, classé au patrimoine mondiale de l’UNESCO, qui est actuellement le deuxième édifice le plus visité en France après la tour Eiffel.



Les paysages y sont d’une richesse exceptionnelle, tant par leur diversité, leurs composantes naturelles (la baie renferme la zone Natura 2000 la plus étendue de France), que par leur perspective sur le Mont Saint Michel.
 
Où que l’on soit placé dans la Baie, la nature et l’action de l’homme s’associent pour offrir un regard toujours différent sur le Mont, si bien qu’il est impossible de caractériser un paysage type. On peut néanmoins isoler de grandes entités géorgaphiques :
 
Du côté normand, on retrouve une grande proportion de bocage plus ou moins intact où se succèdent collines cultivées et vallées humides voire marécageuses vouées à l’élevage.  De nombreux villages ponctuent ce paysage de leurs clochers. Le massif de Champeaux et ses falaises sombres marquent la limite nord de la Baie. Plus au sud, à la base du Cotentin, Avranches et sa cathédrale sont perchés sur une crête qui domine les embouchures de la Sée et de la Sélune. Le Mont-Saint-Michel et le Tombelaine sont bien sûr des éléments omniprésents qui apparaissent de façon permanente ou par intermittence.



Le côté breton est principalement caractérisé par ses étendues de polders. L’ancien polder porte les traces d’un système bocager à dominante de saules alors que le polder le plus récent est constitué de très grandes parcelles cultivées bordées de longs rideaux de peupliers et de grands corps de ferme dispersés. Le mont-Dol, colline granitique en partie recouverte de forêt, semble comme une île au milieu de ces étendues. Le massif de Sainte-Broladre, couvert de boisements et d’un bocage de chênes et de châtaigniers, marque la limite sud des polders. Délimitant les polders et fermant la Baie à l’ouest, la pointe de Cancale et ses îles sont des points de repère visibles depuis toute l’étendue de la Baie.


L’équipe à pied d’œuvre dans les herbus

Les herbus ou « prés salés » sont des paysages marquants des deux cotés de la Baie. Il s’agit de vastes étendues séparant l’estran de la terre, dont la végétation est adaptée à des sols à forte teneur en sel. Ces espaces sont d’une richesse écologique remarquable et constituent des paysages indissociables de l’image de la Baie du Mont-Saint-Michel. Les herbus sont pâturés par les célèbres moutons de prés salés. La combinaison de ces espaces et d’une production de qualité vaut aux prés salés d’être parmi les rares paysages labellisés en France.

1.2 Les enjeux de l’évolution des paysages du Mont


Que ce soit comme obstacle à la visibilité ou comme élément de la perspective, la trame végétale joue un rôle important dans la vue sur le Mont. Depuis les années 1960, suite au remembrement, le bocage a peu à peu fait place à des parcelles plus grandes, respectant la circulation des engins agricoles. Des centaines d’hectares de haie ont ainsi été rasés ou partiellement détruits pour mettre en place de grandes surfaces de cultures céréalières.
 
En parallèle, les ruraux ont cessé d’utiliser le bois de leurs haies comme combustible ou comme matériau de construction et ont pour la plupart renoncé à les entretenir. Parallèlement, comme dans de nombreuses régions de France, les agriculteurs ont planté de plus en plus de peupliers, pour leurs propriétés drainantes et leur facilité d’exploitation. La culture extensive et familiale de la pomme à cidre a chuté et les traditionnels vergers attenant aux fermes ont souvent été abandonnés ou totalement rasés pour laisser la place aux grandes cultures.
 
En plus de leurs conséquences écologiques et pédologiques, ces mutations qui perdurent encore de nos jours ont tendance à uniformiser le paysage et à lui faire perdre son identité. Dans certaines zones, il est dorénavant impossible d’identifier un paysage typiquement breton ou bas-normand.
 
Le bâti est également une composante importante du paysage de la Baie. On y rencontre plusieurs types de bâtiments à forte identité comme les maisons de pêcheurs, le long de la côte du Cotentin, ou les fermes des polders, qui ajoutent beaucoup d’authenticité au paysage.
 
Les évolutions des dernières décennies ont contribué  à altérer le visage de la Baie. L’essor touristique du Mont Saint Michel a conduit à la mise en place de structures s’intégrant peu au paysage. Certaines formes de bâti agricole ou résidentiel modernes présentent également un risque pour les perspectives paysagères sur le Mont. L’extension des bourgs par des zones pavillonnaires aux maisons toutes semblables avec des jardins peu végétalisés pose un réel problème d’intégration dans le paysage. A l’instar du végétal, c’est le risque d’une banalisation à long terme des paysages de la Baie que présentent ces mutations.
 
S’il est délicat de freiner ces mutations, on peut néanmoins faire en sorte de modérer les impacts de ces changements sur le paysage. Les politiques d’aménagement du territoire et la réalisation de grands projets vont dans ce sens.
 

1.3 Rôle de la DIREN sur le territoire de la baie


Les DIREN, en tant que services de l’état, sont régulièrement sollicitées pour émettre des avis dans plusieurs documents d’urbanisme tels que le Plan Local d’Urbanisme (PLU), qui planifie l’urbanisme communal ou le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) à vocation intercommunale.
 
Une telle maquette, commande conjointe des deux DIREN de Bretagne et de Basse-Normandie, répond à un souci de préservation et de mise en valeur du patrimoine naturel et paysager de la Baie. Un  tel outil facilitera la décision et la communication autour de l’intégration de nouveaux éléments dans le paysage et sera un support de sensibilisation du grand public à la préservation du patrimoine paysager.
 
Il permettra d’apprécier l’impact visuel, en tout point du territoire, des principaux aménagements (urbanisation diffuse, création de ZAC, nouvelles infrastructures de transport), en tenant compte des grands projets en cours.
 
Les deux DIREN se doteront ainsi d’un outil, évolutif leur permettant d’émettre un avis fondé, enrichi de représentations réalistes de ces aménagements. Au besoin, Ils pourront ainsi opposer à ces projets, les nuisances éventuelles que de tels aménagement engendreraient sur ces lieux remarquables (Les PLU stipulent en effet que les espaces qui présentent un intérêt écologique ou paysager ne doivent en aucun cas être construits, hormis pour les infrastructures d’accueil du public, article L146-6 du code de l’urbanisme).
 
En complément de ces missions classiques à toute DIREN, le territoire d’étude présente d’autres spécificités qui ont justifié cet investissement : Le MSM et une partie de la Baie sont classés à l’UNESCO depuis 1979 et  un projet prévoit d’établir une zone tampon autour de la délimitation actuelle pour en étendre l’influence. Le projet de rétablissement du caractère maritime du MSM, financé par l’état, répond, quant à lui, à un souci d’intégration du bâti dans le paysage. Auparavant et jusqu'à ce que les travaux débutent, les visiteurs se garaient au pied du Monument sur une digue-route assez peu esthétique et qui contribuait à l’ensablement de la Baie. Il s’agit dans un futur proche de détruire la digue-route qui mène au Mont et de mettre en place un système de navettes avec tous les aménagements nécessaires à l’accueil du public.
 
 L’Etat français a travers l’ensemble de ces mesures a ainsi signé l’engagement moral de protéger le patrimoine mondial que représente ce lieu emblématique. La DIREN, comme les autres services étatiques, est donc chargée d’œuvrer pour la préservation de ce bien.

1.4 La commande


Face à l’ensemble de ces souhaits, un cahier des charges a été rédigé par la DIREN Basse-Normandie afin de se doter d’un outil de représentation temps réel, photo-réaliste et évolutif. Un marché a alors été lancé par une opération conjointe entre les deux DIREN.
 
Les principaux points clés de cette maquette étaient les suivants :
 
Cet outil doit permettre d’insérer facilement des projets dans un environnement réaliste afin d’en estimer les conséquences paysagères. La DIREN insiste notamment sur un certain nombre de points de vue de la Baie sur le MSM qui doivent être préservés et donc étudiés en priorité.
 
Cet outil doit être relativement simple d’utilisation et permettre des démonstrations auprès de plusieurs acteurs dont les décisions sont susceptibles d’avoir un impact sur le paysage de la Baie. Il sera également un outil de sensibilisation du grand public à des thématiques comme la perte du bocage. Sa manipulation doit donc être accessible à des professionnels non spécialistes de la 3D.
 
Cet outil doit permettre d’apprécier les perspectives visuelles sur le Mont avec un grand réalisme : elle doit représenter fidèlement les nombreux obstacles visuels formés notamment par les rideaux consécutifs de haies ou par tout autre élément extérieur au relief. Ces mêmes haies doivent respecter la perméabilité visuelle liée à leur composition spécifique, les variations dans les étagements, représenter des modes de conduites locales (têtard, ragosse) et doivent évoluer aux différentes saisons.
 
 
Enfin, cette maquette doit être interfacée avec des données issues du Système d’Information Géographique de la DIREN, afin de géolocaliser précisément des éléments et de faire évoluer rapidement la maquette en toute autonomie.
 
Nous avons donc formulé une offre mettant à profit le savoir faire de toute une équipe et reposant sur les outils de la gamme ESRI et de Bionatics (Landsim 3D) comme nous allons le décrire ci-après.

1.5 Les compétences mobilisées


Un travail de mise en place d’une maquette 3D, répondant aux contraintes énoncées ci-dessus, et sur un aussi vaste territoire, en milieu agricole et naturel, est sans doute une première en France. Elle fait appel à des compétences transversales. Pour ce faire nous avons constitué une équipe pluridisciplinaire  comme suit :



Des compétences pointues en géomatique, en création de BD géoréférencées, en BD d’occupation du sol, en agronomie, en paysage, en infographie 3D ont été ainsi réunies au sein de l’équipe constituée.


2 - Des BD SIG à une maquette 3D : les étapes de création


2.1 Un travail de typologie des paysages


Typologie des haies
 
L’Ille-et-Vilaine et la Manche étaient traditionnellement des terres de bocage. Malgré les remembrements récents, le bocage reste encore très présent dans les paysages de la Baie. De nombreuses haies délimitent les parcelles. Conformément à la commande un travail de typologie de ces haies a donc été mené.  
Chaque haie est composée d’un assemblage d’essences de tailles différentes et dont les proportions varient. Une typologie a donc été établie selon des critères tels que l’opacité, la couleur et les essences des haies. Elle a été élaborée au sein de l’équipe du projet, grâce à la confrontation entre paysagistes, géomaticien et opérateur de terrain pour garantir sa représentativité mais également sa mise en œuvre sur l’ensemble du territoire.


Extrait d’une fiche de typologie paysagère

2.2 Constitution de BD géoréférencées sur la baie


Classiquement dans un projet de modélisation en 3D, les BD « sur étagère » sont mises à profit (BD topo IGN, Bd ortho IGN, BD carthage, etc..). Les données de la BD topo IGN ont été utiles pour la création des réseaux (communication, hydrographique) et pour l’enveloppe du bâti. Mais la composante agricole et naturelle marquée du territoire, a nécessité la mise en œuvre de BD spécifiques, en particulier sur le végétal.

Tout au cours de cette phase des aller et retour permanents ont été effectués entre bureau et terrain.


Contrainte d’accès aux vases du Mont St Michel

Le schéma ci-dessous résume les principales bases de données qui ont été levées par nos soins selon des méthodes originales.


Les couches « haies », « arbres isolés » et « vergers »

-       Les haies et arbres isolés
Cette partie a été centrale dans le projet, nous en faisons une description détaillée dans le chapitre suivant.
 
-       L’occupation du sol
L’occupation du sol est l’une des composantes essentielles d’une maquette 3D réaliste : le sol en mode piéton, doit en effet être habillé de textures qui soient le reflet de la réalité du parcellaire concerné. Nous avons compilé plusieurs bases de données qui ont été mises à notre disposition afin de produire une donnée d’occupation du sol, qui reflète la diversité des typologies rencontrées (occupation urbaine, variété des cultures, rendu des herbus, des espaces littoraux et de l’estran) et qui corresponde au format attendu par Landsim3D.


Extrait de différentes occupations du sol mises à profit (CETE à gauche et RPG à droite)

-       Le bâti
 
La BD topo fournit l’enveloppe au sol du bâti. Un travail a été mené pour enrichir cette donnée de quelques attributs permettant de qualifier ce bâti et de l’affecter à une typologie proposée par les paysagistes.


Renseignement des enveloppes de bâti sous ArcGis

2.3 Constitution de la BD sur les haies


-       Une nécessaire simplification de la réalité
 
La zone d’étude est très vaste et comporte plusieurs centaines de kilomètres de haies. Il aurait été impossible, dans le temps imparti, de modéliser de façon photo-réaliste l’intégralité des haies de la zone. Certains choix ont donc été retenus afin de concilier réalisme et possibilités techniques.  A partir de cette typologie, la construction de la base de données relative aux haies s’est faite en plusieurs étapes.

-       Numérisation du réseau de haies
 
La BD ORTHO a servi de référentiel pour photo-interpréter dans un premier temps le chevelu de haies sans les renseigner.
 
Les arbres isolés font l’objet d’un traitement spécifique. Soit ils sont isolés au milieu d’une parcelle, et sont donc consignés dans une BD “arbres isolés”, soit ils appartiennent à une ancienne haie partiellement détruite et dont il subsiste quelques individus alignés. Dans ce deuxième cas de figure ces arbres alignés mais distants sont  saisis à l’aide de vertices, créés à chaque arbre visible sur l’orthophotographie.
 
Les couches géométriques étant tracées, l’étape suivante consiste à renseigner chaque objet.

-       La levée sur le terrain grâce à un SIG nomade
 
La première méthode employée pour renseigner les lignes de haies saisies, est l’identification sur le terrain. Notre pratique de longue date des SIG nomades a été mise à profit pour optimiser cette saisie. Une tablette PC couplée à un GPS Bluetooth a été retenue pour effectuer cette saisie attributaire. La tablette possédait les caractéristiques essentielles suivantes :
 
-  Légère et peu encombrante.
-  Bonne lisibilité de l’écran en plein soleil ou dans la pénombre.
-  Une importante capacité de stockage.
-  Une grande autonomie
-  Une bonne résolution.
-  Une puissance correcte et l’installation possible de tous les logiciels fonctionnant sous Windows.
-  La résistance aux intempéries grâce à son boitier.
 
Le couplage au GPS permet de visualiser sa position en temps réel sur les référentiels IGN (ortho, scan 25).


La prise de données avec le Tablet PC

Un développement spécifique sous ArcGis a été nécessaire pour optimiser l’interface de la saisie à l’aide du stylet. Elle propose de nouveaux outils et permet la saisie rapide par des valeurs prédictives proposées sous forme de menus déroulants. Cette saisie s’est révélée très  efficace en minimisant le nombre de click nécessaires pour la création de chaque entité. 
 
En complément, pour renseigner la hauteur des haies, un télémètre laser a été couplé à la saisie sous ArcGis. Le modèle retenu est celui commercialisé par la société 3Grt car il répondait au besoin de levés de hauteurs sur de longues distances par triangulation :


Utilisation du télémètre laser pour le lever de haies

La tablette PC a également été utilisée pour optimiser l’accès aux différentes parcelles en préparant des itinéraires de récolte. La zone d’étude étant très vaste, il était en effet important d’apporter un soin particulier à l’optimisation des campagnes de collecte.
 
Cette méthode a été utilisée sur tous les abords des itinéraires à enjeux soit presque 50 % du territoire. Ces itinéraires aux multiples points de vue vers le MSM, établis au cours d’une étude  préalable (JP Porchon  - Etude de l’extension du périmètre de protection du Mont Saint-Michel, 2008) doivent faire l’objet de simulations dynamiques. Ils sont considérés comme prioritaires par la DIREN.


Exemple d'itinéraire de terrain visualisé sur la tablette

-       Le levé par PIAO
 
En complément de la méthode précédente, la PIAO (photo-interprétation assistée par ordinateur) a été utilisée pour lever des haies dans des secteurs de moindre importance, plus éloignés des itinéraires à enjeux.
Ce travail de PIAO a nécessité une phase de mise au point, ou plusieurs allers et retours ont été nécessaires entre terrain et bureau pour caler l’interprétation.
 
Après une première campagne de terrain, un nombre suffisant de haies avaient été renseignées pour déterminer les caractéristiques principales de chaque type de haies sur l’ortho-photographie. Une bibliothèque a ainsi pu être créée avec, pour chaque entrée de la typologie, des illustrations  de la représentation de ces haies sur la BD ORTHO, ainsi que ses caractéristiques principales, et les principales confusions que l’on peut rencontrer.
 
Un compromis satisfaisant a été ainsi trouvé entre méthode terrain, nécessairement plus fiable mais gourmande en temps, et la PIAO permettant de couvrir rapidement des secteurs de moindres enjeux visuels. Des analyses de visibilité complexes ont été menées pour asseoir cette répartition.


Haie de saules tétards dans le polder ancien.

2.4 Traduction en 3D des BD créées


Il existe plusieurs logiciels de 3D utilisés par des non-spécialistes mais peu, à ce jour, sont capables de modéliser facilement un environnement végétal réaliste, sur un aussi vaste territoire. Dans le cadre du projet, étant donnée la nature de la zone d’étude, il était indispensable de disposer d’un logiciel qui soit capable de produire un rendu végétal réaliste (et possède donc des bibliothèques riches et variées) et de restituer le coté aléatoire de la nature. Notre choix s’est porté sur LandSim3D, produit en plein essor, récemment mis sur le marché par la société Bionatics.


Exemple de modélisation de la croissance d'un pin accessible

Le schéma ci-dessous résume les principales BD mises à profit dans le projet.


Schéma illustrant la source de chaque élément du paysage de la maquette

-        D’une BD de haies à une haie modélisée
 
La première étape de cette traduction en 3D des haies consiste à créer une bibliothèque de représentation d’arbre. Landsim possède une bibliothèque unique composée de plus de 100 espèces  dans lesquelles nous avons puisé pour représenter la palette végétale rencontrée tout autant en Bretagne qu’en Normandie. Chaque représentation suppose le choix d’une espèce, mais également de son âge et de la saison à laquelle il sera représenté.
 


Extrait de la bibliothèque de représentations constituées pour le projet.

Cette étape assez longue ne doit pas être sous-estimée car elle conditionne grandement le niveau de réalisme des haies. Le choix de ces palettes végétales s’est fait en étroite concertation avec nos collègues paysagistes.
 
Les représentations de certains arbres ont été ensuite taillées pour s’approcher des modes de conduites spécifiques aux bocages Normand et Breton.


Photographie de ragosse en été (photo) et modèle de têtard en hiver

Landsim a la faculté de traduire un objet ligne issu d’une BDD géoréférencées en un alignement d’objets en 3D. Les caractéristiques de cet alignement sont issus à la fois d’une bibliothèque interne au logiciel et d’informations issues de la couche SIG. La bibliothèque de Landsim comporte pour chaque type de haie, les espèces qui la composent, les proportions de chaque espèce dans la haie, les espacements et le nombre de rangs de plantation. La couche SIG établit ensuite le lien entre chaque ligne et la bibliothèque, et apporte les caractéristiques propres à chaque haie. Ces caractéristiques ont été préalablement renseignées dans la BDD de la couche SIG.


Lien entre les BDD qui conditionnent l'apparence des haies


Extrait de la BDD de la couche "haies"

-       Import de modèles 3D :
 
La maquette a pour but de restituer les perspectives visuelles sur le Mont St Michel. A ce titre les silhouettes villageoises doivent être reproduites fidèlement. Trente bâtiments de caractère emblématiques, ou particulièrement élevés ont et ainsi modélisés par la société virtuel City et seront intégrés au final sous Landsim.
 
Le Mont St Michel avait lui fait l’objet d’une modélisation préalable dans le cadre d’une commande du syndicat mixte du Mont St Michel. Ce modèle a été mis à disposition pour ce projet.


Le modèle 3D en haute résolution du MSM fourni par MG Design

-       Simulation du micro-relief
 
Pour se positionner à hauteur d’homme dans une maquette 3D, il est essentiel de représenter le micro-relief, inaccessible à partir du simple MNT de la BD Alti IGN. Landsim offre plusieurs outils pour répondre à ce besoin par une approche procédurale qui crée aléatoirement du micro relief sur les sols.
 
En complément nous avons largement mis à profit des chaines d’analyses spatiales sous ArcGis pour créer rapidement des micro-dénivelés tels que fossés le long des routes ou bien encore des talus sous les haies et canaux associés.




Micro dénivelé sous forme de fossé (en haut) et de canaux (en bas) le long d’objets linéaires.


3 Les résultats


La maquette devrait être finalisé courant du dernier trimestre 2009, néanmoins nous pouvons d’ores et déjà illustrer certains points clés de cette maquette et en proposer quelques résultats sous la forme de rendus intermédiaires.

3.1 Une confrontation à la réalité du terrain :



Comparaison entre la maquette et la réalité

Lors de l’élaboration de la maquette, afin d’apprécier le niveau de rendu par rapport aux spécificités du terrain, des captures d’écran produites par Landsim ont été confrontées au cliché de ce même lieu. Cette confrontation a permis de formuler des suggestions d’amélioration grâce à l’œil avisé et critique des paysagistes du projet.

3.2 Un rendu détaillé fidèle à la typicité des paysages rencontrés.


Les spécificités et typicités locales ont bien été prises en compte dans une telle maquette et c’est certainement là que réside la plu value des méthodes employées associant des compétences multiples au sein du projet.
 
Pour la trame végétale :
 
Un travail important a été mené sur les haies à plusieurs stades :  définition de la typologie, test de  rendu de cette typologie de haie sous Landsim3D, et en parallèle relevé de cette typologie sur l’ensemble du territoire.
L’opacité des haies et leur perméabilité visuelle au cours des saisons a été prise en compte grâce à un important travail de terrain et d’analyse des caractéristiques essentielles du végétal.


Haie de Chêne avec petit talus en hiver


Vue hivernale sur une haie basse à têtard de saule et peuplier (au fond) et haie de chêne coupelle à droite.

La taille des arbres et l’ajout de modèles d’arbres issus de clichés photographiques participe à cette spécificité du paysage modélisé.
 
Les cultures et l’occupation du sol
 
Un travail, non encore finalisé, a été mené pour traduire les cultures en place et aussi illustrer l’alternance de culture au changement de saison.


Vue d’un verger de pommier de production avec perspective sur le Mont St Michel.


Vue illustrant le travail sur les textures de sol et les canaux de drainage dans le polder ancien.

Le bâti :
 
Une bibliothèque de modèles 3D de bâti a été générée pour chacune des 10 classes de typologie bâti, concourant ainsi à un rendu fidèle des teintes, et façades typiques des zones considérées et ajoutant au coté réaliste des scènes produites.


Modèle de bâti rural à gauche et bâti « cœur de pierre » à droite.


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