Communications 

Mise en oeuvre d’une chaîne de production cartographique
au Conseil Régional d’Alsace : démarche et bénéfices


Session Collectivités Territoriales
 


Marie Christine Schott
Marie-Christine.SCHOTT@region-alsace.eu

Nadia Carmaux
nadia.carmaux@region-alsace.eu

CR d'Alsace
1 place du Wacken
BP 91006
67070 Strasbourg Cedex

 

Mots-clés, logiciels ESRI utilisés et publics visés
 


Mots-clés : Production cartographique, SIG

Logiciels ESRI utilisés : ArcGIS 9.2

Public visé : Techniciens SIG, chargés de production cartographique

 

1 Contexte et objectifs


Le Pôle ‘Système d’Information Géographique et Statistique’ de la Région Alsace a été créé en 1999, pour répondre aux besoins du Conseil régional en matière d’information géographique. C’est un service transversal, rattaché à la Direction de l’Animation et de l’Aménagement des Territoires, dont les missions sont :
- En interne => développer un système d’information géographique et statistique (SIGS) pour les besoins des services utilisateurs de l’institution.
- En externe => mettre en oeuvre et animer une coopération inter-institutionnelle en matière d’information géographique sur le territoire alsacien.

Ainsi, en interne, une des missions principales du Pôle SIGS est d’assurer la production cartographique pour l‘ensemble des services de la Région. Pour répondre à cette attente, l’équipe, composée de 5 personnes, compte un cartographe à temps plein qui s’appuie sur une chaîne de production cartographique (figure 1) adaptée aux besoins exprimés et aux possibilités offertes par les outils utilisés en place.


Figure 1 : Chaîne de production cartographique initiale

Cette chaîne de production cartographique ‘héritée’, fortement marquée par l’utilisation d’un outil de dessin pour la conception graphique de la carte, n’avait jusqu’ici jamais vraiment été remise en question. La rencontre de difficultés inhérentes à la production cartographique et l’évolution des outils SIG du pôle sont à l’origine de cette réflexion sur la modernisation de la chaîne de production :



L’idée centrale de cette réflexion est de renforcer l’utilisation de l’outil SIG dans la production des cartes, en supprimant notamment le passage sous outil DAO (étape 3 de la chaîne de production cartographique initiale). Les objectifs poursuivis sont :
- un gain de temps dans la réalisation des cartes, qui pourrait être reporté sur l’aspect valorisation de l’information en souffrance chronique dans l’organisation actuelle,
- une organisation plus transparente, mobilisable et partagée avec les autres membres du pôle,
- une optimisation de l’investissement matériel effectué.


2 Etapes de la mise en oeuvre d’une nouvelle chaîne de production cartographique sous ArcGis


La réalisation d’une chaîne de production sous ArcGIS s’est traduite par la formalisation et la mise en place de nouvelles méthodes de travail :

21 Révision de la charte cartographique et création des modèles dans ArcGis



Afin d’harmoniser les travaux et de donner une identité propre à l’ensemble des cartes produites, une charte cartographique a été mise en place en 2000. Cette charte fixe les grandes règles de mise en page pour l’ensemble des formats d’édition (A4 à A0) et assure la présence d’éléments essentiels à toute carte :


Figure 2 : Exemple de mise en page A4 standard

- Titre,
- Légende,
- Echelle et orientation
- Crédits : logo, concepteur, réalisation, sources et dates des fonds et données, copyright,
- Police, taille, style des écritures,
- Position prioritaire de chaque élément de la carte,
- Marges minimales,

La mise en oeuvre de la chaîne de production sous ArcGis a été l’occasion de revoir et d’actualiser cette charte graphique en fonction des pratiques professionnelles et des retours exprimés par les demandeurs de carte. Ainsi, par exemple, ont été intégrés une esquisse des frontières d’état et le libellé des pays frontaliers à l’Alsace, l’emprise de l’Alsace a été déplacée sur la gauche au maximum pour laisser plus de place pour les éléments de légende, la police des textes a été modifiée, etc.. Suite à ces décisions, un nouveau guide de la charte cartographique Région Alsace est en cours de réalisation.

Cette révision de la charte graphique a été un préalable à la réalisation de modèles sous ArcGis (.mxt) pour automatiser et uniformiser les mises en page cartographiques. 20 modèles ont ainsi été réalisés (5 formats de base déclinés selon la couleur et l’orientation), reprenant la charte graphique de la Région Alsace :



Des modèles complémentaires, centrés sur des territoires plus petits, sont en cours de réalisation (Pays et SCOT). Ces modèles remplacent les gabarits qui avaient été crées sous logiciel DAO dans le même but.



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Figure 3 : Exemples de cartes chartées à l’aide du modèle A4_portrait.mxt

22 Réalisation de fichiers pour l’habillage des cartes



Toujours dans l’objectif d’optimiser la production cartographique, différents fichiers ont été réalisés pour faciliter l’habillage des cartes produites à petite, moyenne et grande échelle. Le choix de l’information à traiter a reposé sur sa fréquence d’utilisation dans le processus de production cartographique. La liste suivante est donnée à titre indicative et n’est pas exhaustive : elle a vocation a être complétée au fur et à mesure et en fonction des besoins.





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Figure 4 : Utilisation d’une symbolique type (fichiers de couche) pour l’habillage des réseaux, de l’hypsométrie et de l’occupation du sol

23 Organisation de la nouvelle chaîne de production cartographique



Dans l’objectif de partager l’information cartographique au niveau du pôle SIGS, il a fallu engager une réflexion sur l’organisation de cette nouvelle architecture cartographique en terme de stockage et de gestion des données. Cette réflexion n’est pour l’instant pas fermement aboutie et fait encore l’objet de discussion. Actuellement, le pôle SIGS est organisé en 5 postes jouant le rôle de serveurs abritant respectivement les données géographiques, les données statistiques, les données cartographiques, les données projets et les données afférant à l’animation du partenariat CIGAL. Ces données sont accessibles à tous les membres du service selon une gestion des droits différenciée.

Cette organisation fait qu’en toute logique, c’est sur le poste serveur ‘Cartographie’ que sont stockés les éléments relevant de la mise en place de la nouvelle chaîne de production cartographique. Ainsi, un dossier ‘Production cartographique’ a été créé sur le volume carto, accessible à l’ensemble de l’équipe. Ce dossier comporte :
- un dossier où sont stockés les modèles (.mxt) permettant d’appliquer automatiquement la charte cartographique,
- un dossier d’archivage des projets ArcGis (.mxd) ayant servi à réaliser les cartes. Concernant ce dossier, des discussions sont encore en cours pour savoir si tous les projets doivent être conservés ou si un tri doit être effectué, en fonction du type de traitement réalisé ou de la régulière mise à jour de la carte corrélative,
- un dossier contenant la symbolique prédéfinie (.lyr) des données géographiques les plus fréquemment utilisées pour habiller les cartes,
- un dossier abritant des symboles ponctuels ou surfaciques (.style) permettant l’habillage rapide des cartes statistiques. Pour l’ensemble de ces fichiers, une attention particulière est accordée à leur ‘nommage’, qui doit être compréhensible par tous les protagonistes de la production cartographique.


Figure 6 : Organisation du pôle SIGS et du volume cartographique

En aval de la production cartographique, il a également fallu revoir les formats d’archivage des cartes réalisées. Dans la chaîne de production initiale, les cartes, une fois validées par les commanditaires, étaient archivées aux formats PDF et Illustrator sur un serveur NAS accessible à l’ensemble du pôle. Ces modalités de stockage n’ont pas évolué, mais le format Illustrator est remplacé par du JPEG qui répond bien à des contraintes de volume et aux besoins des utilisateurs qui peuvent intégrer facilement les cartes dans leurs documents et rapports.


3 Bénéfices attendus et perspectives


La mise en place de cette chaîne de production cartographique sous ArcGis est actuellement encore en cours et nous n’avons donc pas encore beaucoup de recul sur la question. Toutefois, les avantages attendus liés à cette évolution sont :
- un gain de temps pour la production d’une carte depuis sa conception jusqu’à son archivage, en évitant notamment les exports Illustrator parfois très longs et pénibles à retravailler,
- la réalisation de bibliothèques de légendes (.lyr et .style) permettant l’habillage rapide des cartes et qui peuvent être partagées aussi bien en interne qu’avec des partenaires extérieurs,
- une non démultiplication des outils de traitement pour une chaîne de production plus transparente,
- une meilleure exploitation d’ArcGis en terme de potentiel du logiciel et de compétences professionnelles et donc un retour sur investissement plus important.

Du côté des inconvénients, il faut spécifier qu’il n’est pas aussi facile que cela de s’adapter à de nouvelles méthodes de travail pour une structure qui fonctionne depuis toujours avec des outils de DAO (problématique plus ou moins récurrente à tous projets intégrant des changements dans les façons de faire). Pour que cela fonctionne, il a fallu mobiliser l’équipe autour du projet, sachant que les fonctionnalités dans l’outil SIG ne sont pas forcément meilleures qu’en DAO, mais que l’objectif recherché c’est véritablement l’aspect « chaîne de production avec un seul outil » et la notion de « partage » et de « traçabilité de la construction cartographique » qui constituent les atouts de cette démarche. Or, ces plus-values ne sont pas forcément évidentes ou faciles à considérer au départ. Ceci est d’autant plus vrai que la mise en place de cette nouvelle chaîne de production cartographique génère un temps de travail conséquent au départ et que le bénéfice n’est pas véritablement montré à ce stade. En outre, le logiciel DAO reste nécessaire pour la réalisation de documents cartographiques à vocation plus communication que technique et éventuellement pour retravailler certaines cartes existantes dans le cadre de leur mise à jour.

Au niveau des perspectives, il est nécessaire d’aborder la question de l’organisation / urbanisation des données en amont de leur exploitation dans un SIG. Cette question suppose un travail d’animation, une organisation étroite avec les services opérationnels pour développer des systèmes d’information alphanumériques et géographique cohérents. Dans une structure comme la Région, cette démarche dépasse le cadre d’activité du pôle SIGS et relève de la Direction des Systèmes d’Information (DSI). Le pôle SIGS est en train de finaliser la base de données socio-économiques. Par ailleurs, ce travail de coordination et d’harmonisation doit se faire avec les services opérationnels fortement demandeurs de cartes comme la Direction des transports et celle de l’Environnement par exemple.


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