Communications 

Outils SIG au service de la gestion d’un territoire contaminé accidentellement par une pollution radioactive.


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Christel Venzal-Barde

Docteur en GéographiePostdoc Institut de Radioprotection et Sûreté Nucléaire (IRSN)
Maître de Conférences à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA)/Laboratoire SET (Société Environnement Territoires ) CNRS 5603
christel.barde@univ-pau.fr ou christel.barde@laposte.net


 

Mots-clés, logiciels ESRI utilisés et publics visés
 


Mots-clés : SIG, décision, données, acteurs, territoire contaminé

Logiciels ESRI utilisés : ArcGIS 9.2

Public visé : Tout public

 

Résumé :


L’objectif du projet PRIME coordonné par l’IRSN est de développer dans une démarche participative, en concertation entre les experts, les acteurs de la décision, les représentants du territoire et les habitants, une méthode d’analyse multicritères couplée à l’utilisation des SIG. Cette méthode constituera un outil de gestion et de caractérisation du territoire contaminé, partageable, discutable et transposable. Cet outil devrait permettre, en cas d’accident, aux différents gestionnaires concernés par ce risque de choisir la stratégie la plus appropriée. Le territoire d’expérimentation choisi se situe dans la basse Vallée du Rhône (France) dans un rayon de 50km autour des installations de Tricastin-Pierrelatte.


Introduction:



Les Systèmes d’Information Géographique (SIG) interviennent dans la gestion de crise notamment dans le cas des accidents nucléaires afin de mesurer la nature et l’ampleur de la catastrophe et envisager les mesures de protection des populations[1]. Dans une phase post-accidentelle, les experts s’attachent à évaluer l’état de l’environnement et proposent d’éventuelles mesures de restriction de consommation et de commercialisation des produits alimentaires. Dans le cadre du projet de recherche participative PRIME[2], l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) a pour objectif de créer un outil de caractérisation d’un territoire permettant d’apprécier sa vulnérabilité en cas d’accident nucléaire. Les outils SIG enrichissent en amont la réflexion en apportant au groupe de recherche les données spatialisées leur permettant de choisir un ensemble de critères à prendre en compte dans une gestion post-accident nucléaire[3]. Le groupe de travail PRIME se compose à la fois d’experts du nucléaire (ASN/AREVA/IRSN/EDF) et d’acteurs du territoire[4] qui confrontent leurs expériences et leurs visions du territoire, afin de mettre en œuvre un outil de gestion tenant compte non seulement de facteurs environnementaux, alimentaires, agricoles mais également sociaux, économiques et touristiques. Le territoire d’étude choisi dans le projet PRIME concentre une majorité de ces problématiques territoriales, dans une zone de 50km autour du site nucléaire industriel du Tricastin[5] et jusqu’à l’embouchure du Rhône.
Ce projet ambitionne à terme la gestion partagée et concertée d’un territoire contaminé accidentellement suite à une pollution radioactive. Toute la difficulté technique et scientifique de construction des SIG-PRIME repose par conséquent sur le choix des données pertinentes, leur acquisition et la construction de la base de données. La richesse, l’exactitude, l’actualisation des données font la qualité des SIG. Et dans le cadre du projet PRIME, la pertinence territoriale des données est également primordiale. En effet, toutes les données disponibles sur un territoire ne peuvent être prises en compte dans notre analyse. Il s’agit de déterminer les informations permettant d’évaluer la vulnérabilité[6] d’une commune face aux conséquences à long terme d’un accident nucléaire. Il est à noter que les outils d’aide à la décision élaborés dans le projet PRIME seraient mis en œuvre une semaine et jusqu’à un an après l’accident. L’objectif du projet PRIME est d’obtenir une échelle de classification de chaque commune illustrant son niveau de vulnérabilité. La mise à jour régulière des données, dans les phases de prévention, est indispensable afin de fournir aux acteurs du territoire des informations spatialisées leur permettant de prendre les bonnes décisions. Ce travail de recherche s’est donc attaché à distinguer les informations directement liées à une gestion de crise, des données qui vont permettre d’évaluer la vulnérabilité d’une commune par rapport à une autre commune et d’en organiser leur spatialisation. Le SIG est ici considéré comme un outil permettant de rassembler des informations d’origines diverses et de supports différents, de les superposer, de les croiser, de les sélectionner pour étayer, optimiser les décisions et améliorer la gestion post-accidentelle d’un territoire contaminé. Afin de faciliter la réflexion et générer la discussion entre les acteurs du groupe de travail PRIME, ces informations spatialisées sont affichées sur un document facilement actualisable.
Cet article s’attachera par conséquent à évaluer d’une part comment optimiser l’acquisition des données pour alimenter le SIG décisionnel ? D’autre part à estimer quel est le meilleur moyen de restituer l’information aux acteurs du groupe de travail PRIME et à terme aux acteurs de la décision ? Et enfin à envisager comment assurer dans une phase préventive l’actualisation des informations territoriales ?

[1] Jean-Michel Métivier, Philippe Dubiau, Céline Couvez (IRSN), Système d’Information Géographique et gestion technique de crise nucléaire, Chap III Des outils intégrés pour l’aide à la décision, pages 59-61,

[2] Objet du projet PRIME coordonné par Catherine Mercat-Rommens IRSN/ DEI/SESURE/LERCM (mail : catherine.mercat-rommens@irsn.fr) : Projet de Recherche sur les Indicateurs de la sensibilité radioécologique et les méthodes Multicritères appliquées à l’Environnement d’un territoire industriel, subventionné par le Ministère de l’Ecologie, de l’Aménagement et du Développement Durables dans le cadre du programme Risque, Décision, Territoire RDT-2006.

[3] Il est également à noter que l’outil SIG est intégré à l’outil d’analyse multicritères, objet principal du projet PRIME afin de hiérarchiser et de pondérer les critères choisis. Cette phase du projet est coordonnée par Salem Shakar, chercheur associé au laboratoire LAMSADE de l’Université Paris-Dauphine. Nous n’aborderons pas ce point dans le cadre de cet article.

[4] Les partenaires du projet PRIME sont : l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), la Commission Locale d’Information du Gard (CLI), AREVA, EDF, INERIS, le Conseil Scientifique de la Rade de Toulon, l’Agence de Développement Gard Rhodanien, le Pays Une autre Provence, le Laboratoire SET de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, le LAMSADE de l’Université Paris-Dauphine et l’UMR PACTE-Territoires de l’Université de Grenoble.

[5] Le projet PRIME a débuté en septembre 2007 donc avant l’incident survenu sur le site de l’entreprise SOCATRI en juillet 2008.

[6] La vulnérabilité correspond à un coût induit par l’occurrence de l’événement.



Territoire d'étude de notre projet prime

1. La sélection et l’acquisition des données pertinentes :


La démarche de PRIME se rapproche des démarches méthodologiques nécessaires à la réalisation d’un programme de développement ou d’aménagement du territoire en posant notamment en préambule l’obligation de réaliser un diagnostic du territoire d’étude (GOUX-BAUDIMENT, 2000 repris par DESTHIEUX, 2005). Par ailleurs, un accompagnement de la réflexion des acteurs du territoire[1] ne peut s’envisager sans une connaissance des spécificités de leur territoire. L’objectif d’un diagnostic est, en effet, d’analyser et de comprendre les processus géographiques, économiques et sociaux qui conditionnent l’organisation et la gestion du territoire afin d’en identifier les enjeux et les évolutions possibles. Dans le cadre du projet PRIME, il s’est donc avéré primordial de comprendre les enjeux territoriaux afin d’identifier les données à mobiliser dans le cadre d’une gestion post-accident nucléaire. Les conséquences d’un accident nucléaire ne sont pas immédiatement « visibles » comme dans le cas d’autres risques tels que les inondations, les feux ou les tremblements de terre. Par contre, une contamination radioactive s’étend sur une période à long terme modifiant durablement le mode de gestion du territoire contaminé. Il s’agit par conséquent de déterminer les milieux les plus vulnérables à une contamination radioactive et d’en évaluer les enjeux en tenant compte de critères pertinents sur le territoire d’étude PRIME.

De façon générale, nous pouvons ajouter qu’un diagnostic de territoire se définit (selon ROUXEL et RIST, 2000 repris par DESTHIEUX, 2005, page 12) comme un « état des lieux s’inscrivant dans une démarche stratégique de développement du territoire ; le diagnostic n’est pas une monographie ou une simple description soit disant objective d’un territoire, il est le référentiel qui prépare le débat concernant un espace habité et doté d’une identité, aménagé et supportant des logiques de développement ». Si l’on se contente de réaliser un simple état des lieux et de décrire des objets spatiaux de façon indépendante, cela revient à réduire le territoire à un ensemble d’éléments constitutifs. Dans ce cas, on accumule des données spatiales, plus ou moins pertinentes, traduites informatiquement sur des cartes à l’aide des outils SIG[2], sans connexion avec les attentes et représentations des acteurs. Or le territoire est un système[3] complexe qui comprend un ensemble d’indicateurs interdépendants, son architecture se base sur des outils de modélisation systémique, structurelle et dynamique (JOERIN, 1997 et DESTHIEUX, 2005). La réalisation du diagnostic du territoire d’étude PRIME a apporté des éléments de réponses techniques liés à la nature du projet PRIME (cf. Figure 1) : structuration de l’analyse spatiale, mise en œuvre d’un raisonnement spatial, renseignement de paramètres spatiaux… Pour réaliser le diagnostic de territoire, notre réflexion s’est orientée à partir d’un ensemble de données représentatives des réalités du territoire, c’est-à-dire tenant compte des perceptions et représentations des acteurs locaux. Un diagnostic de territoire se conçoit comme une synthèse des connaissances territoriales. Ainsi la finalité du diagnostic du territoire d’étude PRIME a été de faire évoluer une vision de départ "a priori" propre à chaque acteur vers une vision commune issue d'une analyse aussi objective que possible afin de déterminer les critères les plus pertinents.
Sur le plan technique, nous avons procédé à la collecte de données quantitatives libres d’accès au niveau de la population, des entreprises présentes sur le territoire, du tourisme, de l’industrie, des activités agricoles… L’objectif de cette première phase était de récupérer l’information existante et disponible pour alimenter le système en données. Nous avons ensuite construit des requêtes afin de pouvoir trier et analyser les données et réaliser ainsi un inventaire des caractéristiques du territoire d’étude. En complément de la collecte de données quantitatives, nous avons procédé à des entretiens avec une vingtaine d’acteurs du territoire d’étude PRIME. Ces données qualitatives couplées aux observations et expériences des membres du Groupe de Travail PRIME, nous ont permis d’affiner nos requêtes en identifiant les enjeux à prendre en compte dans une gestion post-accident nucléaire. Au niveau des données économiques, nous avons ainsi identifiés trois impacts principaux sur : les entreprises, le tourisme et le foncier. Si nous prenons l’exemple des impacts sur les sociétés, nous avons ordonné les informations selon la vulnérabilité des secteurs d’activité des établissements inventoriées sur le territoire en posant notamment la fragilité des entreprises liés au secteur agroalimentaire. Nous avons établi, dans le cadre d’un partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nîmes (Gard), l’intérêt d’acquérir un ensemble de données permettant d’évaluer l’impact économique d tenant compte des types de structures, de leurs effectifs, de leur date de création et de leur forme juridique. Dans un deuxième temps et afin de poser plus nettement ces enjeux économiques, il a été décidé de pouvoir disposer des niveaux de leurs chiffres d’affaires en achetant les données du fichier INSEE-SIRENE proposant une classification plus large et plus complète des entreprises du territoire d’étude. L’adéquation des données au problème posé et leur précision déterminent la qualité des résultats donc du SIG.

[1] Sujet principal de notre contrat postdoctoral au sein de l’IRSN/DEI/SESURE/LERCM.

[2] Les cartes représentent un moyen de communication mais aussi un support d’analyse et de compréhension. C’est à la fois un support de résultats et un instrument favorisant la dynamique de réflexion d’un groupe. Grâce à l’informatique chacun peut théoriquement concevoir et produire des documents cartographiques très élaborés (POIDEVIN, 1999). Les Systèmes d’Information Géographique (SIG) permettent de mettre au service des experts et des acteurs un volume important de données et d’informations. Mais il manque souvent à ces cartes des outils de synthèse et d’accompagnement de l’expertise comme les représentations systémiques qui représentent des outils appropriés pour produire une vision globale et intersectorielle des phénomènes complexes (GOUX-BAUDIMENT, 2000). Ceux-ci rendent les informations intelligibles, accessibles et pertinentes par rapport aux enjeux décisionnels.

[3] Un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d’un but (DE ROSNAY, 1957, cité par DESTHIEUX, 2005, p.93).



Figure 1 : Méthode de mise en œuvre du SIG décisionnel dans le projet PRIME

Toutes ces données ont été spatialisées[1] afin d’en faciliter la lecture et l’analyse par les membres du Groupe de Travail PRIME. Etant donné l’ampleur des informations récoltées et spatialisées, des regroupements thématiques ont été proposés et effectués afin de faciliter la lecture et l’analyse de l’information par les membres du Groupe de Travail PRIME. L’affichage de ces données dans l’outil SIG correspond à une représentation objective et pertinente de l’information par rapport au sujet traité en l’occurrence la gestion post-accident nucléaire. A cette étape du projet de recherche PRIME, les outils SIG doivent permettre d’identifier l’ensemble des enjeux et de choisir les critères à prendre en compte dans l’analyse multicritères. Les informations spatialisées accompagneront la réflexion des acteurs dans la phase de hiérarchisation des critères permettant d’obtenir la caractérisation du territoire face à une contamination radioactive. Le SIG est un instrument basé sur des données de source et de nature différentes. L’ASN préconise ainsi de développer l’usage des technologies modernes telles que les SIG comme outil d’aide à la décision. Cependant dans le cas du projet PRIME et de façon plus pragmatique, nous pouvons alors nous demander comment visualiser ces critères et donc quel est le support adéquat pour présenter de façon pertinente toute cette masse d’informations spatialisées sur des cartes posant chacune des enjeux spécifiques du territoire d’étude composé de 491 communes et comptant plus de 50 000 entreprises ?

[1] Ce travail technique de collecte des données, de transposition et de création d’une base de données et enfin de spatialisation a été effectué par Julie Ségato dans le cadre de son stage de fin d’étude de Licence professionnelle géomatique de l’IUT de l’Université de Provence, site de Digne-les-Bains (de mai à septembre 2008).



2. La restitution de l’information spatialisée aux acteurs : l’atlas


Nous avons vu que les SIG sont construits pour apporter une réponse à un problème ou à un ensemble de problèmes à dimension spatiale. Le SIG se compose de données structurées, intégrées et spatialisées pour permettre une décision précise et objective tenant compte des paramètres d’organisation d’un territoire. La définition d’un SIG varie en fonction de ses utilisateurs. Il sera perçu soit comme une boîte à outils soit comme une base de données spatialisée ou encore comme une suite de logiciels. Mais comme le rappelle Thierry Joliveau[1], un SIG se compose de l’ensemble des structures, des méthodes, des outils et des données constitué pour rendre compte de phénomènes localisées dans un espace spécifique et faciliter les décisions à prendre sur cet espace. Il présente par conséquent des données qui sont le produit de mesures et d’observations de la réalité. Les logiciels et les outils mis en œuvre sont interchangeables et correspondent plus à une pratique SIG[2]. Les données rassemblées, organisées, structurées et validées en vue d’un usage spécifique font la richesse du système décisionnel. Si nous considérons donc qu’un SIG est plus qu’une base de données, qu’il est un véritable outil d’aide à la décision, alors comment mettre en lumière l’apport décisionnel des SIG dans un projet de recherche participative tel que PRIME ?
L’idée première de PRIME est en effet de faire collaborer différents partenaires en associant les parties prenantes de la décision à l’élaboration de l’outil. Nous pouvons remarquer que les mêmes outils mis en œuvre dans des contextes organisationnels, sociaux et culturels différents donneront lieu à des décisions différentes. Un autre principe essentiel du projet PRIME repose sur la rationalisation de la décision en tenant compte du fait que pour les partenaires de ce projet meilleure est l’information, meilleure sera la décision. Etant donné les moyens techniques, financiers et organisationnels du projet PRIME, nous avons par conséquent envisagé de tester un support de présentation du type atlas. L’atlas peut se définir comme un ensemble complexe d’information à dominante cartographique mais également graphique, photographique et visuelle, visant à rendre compte de la manière la plus complète possible des enjeux d’un territoire face à un problème posé en l’occurrence une contamination radioactive.
Pour réaliser cet outil participatif, nous avons pris en compte les connaissances, la perception et la représentation des acteurs à travers les résultats du diagnostic du territoire. Nous avons complété ces informations par l’expérience des parties prenantes. Et nous avons enfin considéré les différentes activités professionnelles des membres du Groupe de Travail PRIME afin de concevoir un outil répondant à leurs attentes[3].

[1] Joliveau T., Géomatique et gestion environnementale du territoire. Recherche sur un usage géographique des SIG, Mémoire d’Habilitation à Diriger des Recherches, CRENAM Université Jean Monnet Saint Etienne/CNRS UMR 5600, décembre 2004, 491 pages.

[2] Dans le cadre du projet PRIME, l’interface ArcGis 9.2 a été privilégiée par les membres de l’équipe IRSN en réponse notamment à des questions techniques de gestion de couches d’information multiples.

[3] Dans le cadre du déroulement du projet PRIME, nous avons pu consacrer une demi-journée d’information des membres du GT PRIME aux spécificités des outils SIG et aux options offertes par les logiciels mis en œuvre dans le projet PRIME. Nous avons également exposé au cours de cette session les problèmes techniques et financiers rencontrés dans la collecte et l’acquisition des données.



3. La question de l’actualisation des informations territoriales :


La question de l’actualisation des données collectées et ordonnées englobe le problème plus large de l’accessibilité de l’information territoriale. L’information est de plus en plus accessible à travers le développement des nouvelles technologies et principalement de l’Internet. Mais comme pour tout autre sujet, toute information n’est pas fiable et trop d’information peut nuire au message final. Dans le cadre du projet PRIME, nous avons exposé en première partie, l’obligation de retenir des données intéressantes à mettre en œuvre dans une gestion post-accident nucléaire. Il est important de noter que toutes les données récoltées, ordonnées et présentées dans l’atlas PRIME ne seront pas forcément utilisées par les acteurs de la décision. Mais ils doivent pouvoir disposer d’une information validée et mise à jour régulièrement. C’est pourquoi dans la première phase du projet, nous avions envisagé de n’utiliser que des données libres d’accès. Nous avons vu dans le cas du traitement des impacts sur les entreprises que nous avons dû acquérir des données nationales payantes afin de compléter les données d’observation.

Par ailleurs, lors de la phase d’élaboration du projet, il avait été envisagé une transposition de l’information spatialisée à l’aide des outils webmapping. Cette approche très technique sur les nouvelles technologies mises à disposition des géographes et autres spécialistes des questions territoriales montrent l’écart technique entre ceux qui savent et pratiquent et le reste de la population.
Les outils informatiques permettent de grandes évolutions et peuvent faciliter la décision des acteurs.

Cependant dans un territoire majoritairement rural comme celui choisi dans le cadre du projet PRIME, l’usage des outils tels que le webmapping ou les SIG en ligne n’est pas envisageable à court terme. Cette démarche technique et scientifique qui faciliterait la mise à jours régulière et efficace des données spatialisées et ainsi d’une sorte d’atlas en ligne partagé entre les parties prenantes de la décision et les acteurs du territoire ne peut s’envisager que sur une gestion à long terme et durable du territoire.
Nous avons donc souhaité proposer aux membres du Groupe de Travail PRIME d’accompagner l’atlas et l’ensemble des outils mis en œuvre dans le projet PRIME d’un cahier des charges retraçant la démarche de recherche, les sites consultés, les structures contactées… En quelques sortes, nous avons souhaité établir la traçabilité des données utilisées dans la construction de l’analyse multicritères afin de faciliter pour les parties prenantes la mise à jour des données et l’utilisation du SIG décisionnel dans le cadre par exemple d’exercices de crise. Les outils initiés par les résultats du projet PRIME seraient disponibles à partir de septembre 2009.


Conclusion :


Par la mise en œuvre des outils d’aide à la décision tels que les SIG décisionnels, nous avons pu évaluer, dans le cadre du projet de recherche participative PRIME, toute la difficulté d’une part de l’accessibilité des données spatiales, de leur sélection et enfin de leur mise à jour. Les outils SIG permettent aux parties prenantes d’être en mesure, dans une gestion post-accident nucléaire, de prendre les décisions ambitionnant un retour à une situation acceptable pour les populations et une nouvelle dynamique de développement de leurs territoires en tenant compte des conséquences à long terme d’une contamination radioactive. Cependant, le projet PRIME a également posé la double question du coût de ces données et de leur accès libre et facile pour des acteurs non encore formés aux développements rapides de ces nouvelles sources d’information territoriale.


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