Communications 

Fragmentation des Habitats par les infrastructures de transport en Basse-Normandie :
Étude des réseaux écologiques et propositions de défragmentation


Session Environnement
 


Pierre VIGNE, Jean François BRETAUD
CETE Normandie Centre
Division Environnement, Infrastructures et Ouvrages d’Art
Service Environnement et Géomatique
Chemin de la Poudrière
BP 245
76 121 Le Grand Quevilly
Tel : 02 35 68 82 26

 

Mots-clés, logiciels ESRI utilisés et publics visés
 


Mots-clés : Fragmentation – corridors écologiques – coût de déplacement – trame verte

Logiciels ESRI utilisés :  ArcInfo V9.2 – Grid

Public visé : Tout public

 

Contexte :


Près de 10 000 km d’autoroute, 25 500 km de routes nationales, 1 600 km de lignes à grande vitesse, etc.  En divisant les habitats naturels, les réseaux de transport peuvent avoir deux principaux effets sur les espèces animales et végétales :
 
· Réduction de la taille des habitats de telle sorte que les populations d’espèces à domaine vital important ne peuvent plus y vivre ;
· Isolement des tâches d’habitats restantes de telle sorte que les individus ont peu de chances de se déplacer de l’une à l’autre ;
Dans cette situation, les espèces sont menacées d’extinction locale ou régionale. C’est par ces processus que la fragmentation des habitats due aux réseaux de transport et les phénomènes secondaires qui en résultent sont devenus les plus graves dangers qui pèsent sur la diversité biologique, à l’échelle de la planète.


Représentation schématique des effets écologiques primaires des infrastructures de transport.


 
1. Perte d’habitat pour la faune et la flore ;
2. Effets de barrière ;
3. Mortalité animale : collisions entre véhicules et faune ;
4. Perturbations et pollution ;
5. Fonctions écologiques des accotements (abords des infrastructures).



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figure 1

« On estime qu’un trafic routier supérieur à 10 000 véhicules par jour est imperméable à la plupart des espèces »
Guide technique Sétra - Aménagement et mesures pour la petite faune


S’inscrivant dans le cadre de la stratégie nationale de la biodiversité et faisant suite au constat préoccupant du bilan LOTI[1] de l’A84 au sujet des collisions avec la faune sauvage, le service Environnement et Géomatique du Cete Normandie Centre a initié une étude des réseaux écologiques dans le but de proposer des aménagements en faveur des espèces et d’améliorer la sécurité des usagers de la route.



[1] (Loi Orientation sur les Transports Intérieurs) - Bilan obligatoire de l’impact environnemental des mesures compensatoires et de l’infrastructure 3 à 5 ans après sa mise en service.


Échelle de travail :


Partant de l’hypothèse que les études de projet de l’A84 entre Caen et Rennes avaient sous estimé les cheminements de la faune dans le secteur, d’une part parce que la zone d’étude était trop réduite d’autre part parce que les cheminements dans le bocage sont mal connus. Il semblait pertinent d’avoir une approche à une échelle nouvelle et avec des techniques innovantes pour déterminer le réseau écologique : l’échelon régional, permet de mieux comprendre le phénomène observé de collisions, puis proposer des mesures correctrices bien positionnées.


Méthodologie :


L’établissement des réseaux écologiques a nécessité les étapes de travail suivantes :
 
1-  Constitution d’un comité de pilotage composé d’administrations et d’institutionnelles et définition des continuums écologiques à étudier.
 
2-  Recueil de données auprès des partenaires (administrations, associations, universitaires, bureau d’étude – environ 15 sources différentes) :
 
3-  Cartographie des obstacles naturels et artificiels, identification des continuums écologiques, identification des zones noyaux et les corridors, identification des points de conflits avec l’aménagement du territoire ;
 
4-  Définition du réseau écologique et propositions de défragmentation :
 
L’intégration et la structuration des données recueillies à l’intérieur d’un système d’information géographique et les traitements géomatiques réalisés sur la base d’une méthodologie développée par « Econat » (bureau d’étude Suisse), la Fédération des Parcs Naturels Régionaux, et la DIREN Franche-Compté ont permis la modélisation des deux continuums choisis dans le cadre de cette étude :
 
         · Continuum humide et aquatique ;
         · Continuum forestier et bocager ;


Continuum humide et aquatique :


Le continuum humide et aquatique a été abordé pour répondre à la fragmentation vis à vis des espèces cibles.
 
1- La modélisation du réseau humide et aquatique au niveau régional;
 
2- Les possibilités actuelles et potentielles de remontée des poissons migrateurs dans les cours d’eau classés à migrateurs :



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figure 2

a. Compilation dans une base de données des remontées actuelles et potentielles de 4 grands poissons migrateurs (ONEMA) et des obstacles à la remontée des salmonidés (CATER) ;b. Résultats par bassin versant et par espèce, avec la différence entre le linéaire de remontée actuel et potentiel et les obstacles à franchir. Exemple de la Douve :



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figure 3

3-  Les possibilités de déplacements de la loutre entre la population de la moyenne vallée de l’Orne et la population de la vallée de la Mayenne :



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figure 4

a. Utilisation des données de suivi annuel du CPIE des Collines Normandes et de Mayenne Nature Environnement ;

b. Matérialisation des possibilités de connexion entre les deux populations de Loutre distante de 55 km (vol d’oiseau);
Analyse de l’occupation du sol à la limite de séparation des bassins de l’Orne et la Mayenne (facteurs favorables et défavorables).


Continuum forestier et bocager :


Le continuum forestier et bocager concerne de nombreuses espèces aux exigences très différentes. Pour ce continuum, des espèces cibles ont également été déterminées de manière à préciser les paramètres du modèle et adapter l’interprétation des résultats de ce dernier :
 
1- Le Chevreuil et le Blaireau d’une part et le Cerf d’autre part.
 
Même si la modélisation est unique, l’interprétation de ce continuum est adaptée en fonction des espèces. Le cerf fera donc l’objet d’un traitement séparé des autres espèces. L’interprétation cartographique selon les concepts de l’écologie du paysage de ce corridor a été réalisée en utilisant 2 principales sources :
 
•Zone nodale: zonage ONCFS des massifs à cerf
•Zone de développement: autres massifs boisés > 1000 ha
•Corridor: forêts < 1000 ha et première classe de la carte du coût de déplacement
•Zone tampon: deuxième classe de la carte du coût de déplacement



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figure 5

En ce qui concerne les plus petites espèces forestières de type blaireau, chevreuil, l’interprétation cartographique selon les concepts de l’écologie du paysage de ce corridor a été réalisée en utilisant 2 principales sources :
 
•Zone nodale: massifs boisés > 20 ha
•Zone de développement: bois compris entre 1 et 20 ha
•Corridor: deux premières classes de la carte du coût de déplacement
•Zone tampon: troisième classe de la carte de coût de déplacement qui en compte quatre


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