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Connaître pour protéger et respecter, un atlas de l'environnement comme vecteur de sensibilisation


Session Collectivités Territoriales
 


Sébastien BENOIST : Responsable du pôle environnement de la CCPRF
Jérémy SLOTA : Assistant SIG au pôle environnement
Catherine MORALES : Responsable SIG de la CCPRF
Courriel : catherine.morales@cc-pays-de-la-roche-aux-fees.fr


COMMUNAUTE DE COMMUNES
AU PAYS DE LA ROCHE AUX FEES
Maison Du Développement
16, rue Louis Pasteur
BP 34
35240 RETIERS
Tél : 02.99.43.64.87                            
Fax : 02.99.43.63.77

 

Mots-clés et logiciels ESRI utilisés
 


Mots-clés : atlas, environnement, collectivité

Logiciels ESRI utilisés : ArcGIS 9

 

Le SIG au service de la gestion du territoire


Présentation du territoire de la communauté de communes « Au pays de la roche aux fées »



La Communauté de Communes « Au Pays de la Roche aux Fées » (CCPRF) couvre  497 km² et regroupe 19 communes au sud-est de l’Ille et Vilaine (Bretagne). Située à 20 minutes de Rennes, 60 minutes d’Angers et de Nantes, à 30 minutes de Vitré, elle est à la croisée des  départements 35, 44 et 49. Proche de Rennes et traversée par la route Rennes-Angers qui peu à peu passe en 4 voies, ses communes ont vu leur croissance s’accélérer considérablement  depuis quelques années ; Janzé est passée en 8 ans de 6000 à près de 8000 habitants.



L’arrivée de nouveaux habitants à un tel rythme implique la mise en place d’une gestion et d’une planification fines et concertées sur le territoire afin de répondre à tous les besoins de la population. C’est pourquoi les communes et la Communauté de Communes,  qui a vu ses compétences augmenter, ont décidé de se doter d’outils performants d’aide à la décision et de gestion territoriale.

Une organisation et des outils pour améliorer la gestion du territoire



Le projet de SIG intercommunal est né dans l'esprit des élus et techniciens de la Communauté de Communes du Pays de la Roche aux Fées suite à l’émergence de problématiques communes de gestion de l’information géographique.
Afin de ne pas partir sur ce projet, très innovant pour une communauté de communes de 28 000 habitants, sans éléments de réflexions, la collectivité a fait appel à un cabinet spécialisé qui a  élaboré un schéma géomatique sur le territoire de la CCPRF pour les années 2005 à 2008 suite à une étude des besoins et de l’existant.
Parallèlement, la numérisation du cadastre, réalisée dans le cadre de conventions départementales et achevée en 2006, a permis d’envisager des solutions concrètes à brève échéance.
Une démarche participative, impliquant les élus intercommunaux par le biais d’un comité de pilotage et de réunions de sensibilisation, a été forte à toutes les étapes du projet garantissant ainsi le bien fondé de l'opération.
Les besoins ainsi  clairement identifiés des 19 communes étaient de
·         disposer d’un outil de consultation simple des données actualisées du cadastre, de l’urbanisme et des réseaux,…
·         être en mesure de développer des négociations avec les fermiers et concessionnaires pour, à terme, disposer des données dont ils ont besoin pour la gestion quotidienne de leur territoire,
·         pouvoir réaliser des achats groupés d’applications métiers,
·         disposer d'une assistance technique sur les aspects liés à la géomatique.
 
Ceux des services de la CCPRF (environnement, tourisme, transport, habitat, développement économique, communication, culture, petite enfance) étaient  plutôt de gérer  des bases de données « pôles » relevant de ses domaines de compétence et de disposer d'outils de saisie complets, de suivi, d'analyse et d’aide à la décision.
 
Le choix des outils s'est alors porté sur la mise en place d'une application de consultation de données géographiques par extranet pour les communes, et d'outils d'administration et de saisie  de données performants dans les services de la CCPRF (ArcView).
L'ensemble des outils administrés et gérés par la Communauté de Communes sont reliés  à une base de données Postgres /Postgis et à des fichiers cartographiques en shp ou géodatabases dont les droits d'accès et de mise à jour sont très finement définis par commune, par service et répondent aux besoins de sécurisation des réseaux et des données.



Aujourd’hui, les utilisateurs habilités des communes accèdent à une application de consultation très simple qui leur permet de répondre rapidement à des besoins d’information sur le cadastre (90% de l’utilisation actuelle). Des données IGN viennent compléter l’information qui va s’enrichir en 2007 des données d’urbanisme (PLU), des données de réseaux disponibles, puis peu à peu, des données créées par les services de la Communauté de Communes : plans de désherbages, rénovation de façades, CEPE,….
Appréciés aujourd’hui par les utilisateurs, l’organisation et les outils en place permettent d’élargir  la diffusion de l’information et de valoriser le travail qui a pu être fait par la Communauté de Communes auprès des communes. C’est le cas des données environnementales établies et cartographiées par le pôle environnement de la Communauté de Communes dans le cadre du CEPE.


L’environnement : un enjeu majeur pour le territoire


Une démarche territoriale



Territoire rural, la Communauté de Communes du Pays de la Roche aux Fées bénéficie d'un environnement de qualité structuré autour de grands espaces forestiers, de deux grands plans d'eau et de deux bassins versants majeurs. Conscients que cet environnement devait être préservé et que la population locale était en attente d'actions sur l'amélioration de la qualité de l'eau ou la préservation du bocage, les élus ont souhaité engager une démarche environnementale sur le territoire.
 
Cette volonté s'est traduite par l'engagement d'un Contrat Eau Paysage Environnement (CEPE), outil contractuel mis en place par le Conseil Général d'Ille et Vilaine et basé sur le volontariat des collectivités. Ce CEPE, lancé en 2003 est organisé en 3 phases :



Le diagnostic technique a été réalisé par un bureau d'étude spécialisé mais il s'est beaucoup appuyé sur une démarche participative forte organisée autour d'un comité de pilotage (maîtres d'ouvrages et acteurs institutionnels de l'environnement locaux) mais aussi autour de Comité Locaux de l'Environnement (CLE) présents dans chaque commune et rassemblant des élus, des associatifs, des agriculteurs ou de simples citoyens. Ces 120 personnes ont été associées à toutes les phases de la démarche, diagnostic, détermination des enjeux et des actions. Au cours de ces phases, la cartographie participative a beaucoup été utilisée comme outil d'identification bien sûr mais également comme outil de mobilisation et d'échange.
 
L'ensemble de ce travail a permis d'aboutir à la définition de 8 enjeux environnementaux pour le territoire auxquels 41 actions devront répondre.



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De l'origine d'un atlas de l'environnement



La réalisation d'un atlas de l'environnement s'inscrit dans le premier enjeu de l'action environnementale de la Communauté de Communes "Développer l'information et la sensibilisation environnementale".
Le choix d'un atlas répond à trois besoins identifiés lors de la démarche participative du Contrat Eau Paysage Environnement :



Les informations environnementales contenues dans les télévisions, radio ou journaux régionaux ou nationaux ne reflètent pas la situation locale du territoire tant sur le plan du diagnostic que sur le plan des actions et des moyens mis en œuvre pour la préservation de l'environnement.
L'objectif de l'atlas est donc de refléter le plus fidèlement et le plus précisement la situation véritable de l'environnement sur le territoire de la Communauté de Communes



Il existe des informations environnementales directement communiquées au grand public (qualité de l'eau, collecte des déchets…) mais elles sont dispersées et ne permettent pas d'avoir une vision globale de la qualité environnementale d'un territoire. Pour aller plus loin, le grand public doit s'y retrouver dans le fourmillement de publication ou de sites internet officiels ou non et qui dispensent de l'information environnementale.
L'objectif de l'atlas est donc de rassembler et d'uniformiser l'ensemble des informations environnementales disponibles sur le territoire afin d'en assurer une vision globale et cohérente



Afin de pouvoir se prononcer et réfléchir sur les enjeux et actions environnementales du territoire, les Comités Locaux de l'Environnement ont eu accès au diagnostic réalisé par le bureau d'étude. A cette occasion, ils ont manifesté un intérêt tout particulier pour le document et ses nombreuses informations environnementales locales et souhaitaient pouvoir avoir accès plus facilement à ces informations.
L'objectif de l'atlas est donc de vulgariser un document de travail technique et de le mettre à disposition du plus grand nombre.
 
Le choix d'un atlas répond également à une sensiblité particulière des Comités Locaux de l'Environnement et du comité de pilotage quant à l'utilisation de la cartographie participative qui a jalonné toute la démarche.



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Organiser et structurer l'information environnementale


A la suite d’un travail bibliographique, une liste exhaustive de thématiques pouvant être abordées dans l’atlas a été établie. L’objectif était de réaliser un document qui soit le plus complet possible. Néanmoins, il a fallu réduire cette liste pour ne retenir que les thématiques qui pouvaient interpeller un public non sensibilisé à l’environnement. L’atlas devait principalement aborder les sujets qui renvoient aux préoccupations actuelles en matière d’environnement et surtout soutenir les actions locales qui vont dans le sens de la préservation du milieu ou qui cherchent à le restaurer, ainsi que celles qui concourent à la sensibilisation de la population locale.
A partir de ce point, un travail de collecte d’informations a pu débuter auprès de nos partenaires potentiels : administrations publiques, associations, prestataires de services privés… Une méthodologie a été préalablement définie pour garantir les résultats de cette étape de collecte.

Le stockage de l’information géographique



En raison de l’importance des données qui allaient être collectées et produites par exemple au moyen d’enquêtes, il semblait judicieux de trouver un moyen adapté pour les stocker. Il a été ainsi décidé de les regrouper temporairement au sein de bases de données pour faciliter leur exploitation. Ce choix a permis d’analyser et de traiter les données environnementales recueillies au fur et à mesure de leur acquisition afin de vérifier par exemple si celles-ci étaient exploitables à l’état brut ou s’il était nécessaire de les convertir dans le format adéquat. Cette étape a permis également d’évaluer la qualité des données réceptionnées c’est-à-dire s’assurer de leur exactitude et voir si celles-ci correspondaient aux attentes.

L’intérêt du SIG pour la réalisation de l’atlas



Parallèlement, l’outil qui servirait à la conception des cartes de l’atlas a été choisi. Pour déterminer l’application qui serait la plus adaptée pour répondre aux besoins du projet, il a fallu confronter les avantages et les inconvénients des différentes solutions informatiques possibles. Le pôle environnement de la Communauté de communes du Pays de la Roche aux Fées n’avait en fait que deux possibilités : utiliser un logiciel de dessin ou bâtir l’atlas sous une application SIG. La solution d’utiliser un logiciel de Cartographie Assistée par Ordinateur (CAO) a vite été écartée car ce type d’application ne présentait qu’un faible intérêt pour les besoins à venir de la collectivité.
Plusieurs facteurs ont orienté la décision. Dans la mesure où la quasi totalité des informations collectées sont géolocalisables (c'est-à-dire qu'elles peuvent être positionnées dans l'espace au moyen de coordonnées géographiques), il semblait indispensable de les traiter avec un outil adapté : le SIG. Si à cours terme le logiciel de dessin permet un gain de temps pour la réalisation des cartes, sur le long terme, un SIG donne de l'avenir aux données : elles peuvent être plus facilement réutilisées car disponibles sous la forme de couches d'informations structurées. L'outil SIG était donc à privilégier pour la conception de l'atlas de l'environnement compte tenu de ses capacités à hiérarchiser les données quel que soit leur volume. Il facilite aussi le partage et l’échange d’informations géographiques au sein même de la collectivité mais également avec ses partenaires. De plus, la base de données créée dans le cadre de ce projet d’atlas servira de support à la mise en place d'un observatoire local de l'environnement.
Enfin, l’objectif était d’amorcer la création d’une base de données dont la description minutieuse du territoire puisse faciliter la prise de décision pour les futurs projets d’aménagement et la gestion de l’espace communautaire.

L’élaboration des bases de données, l’intérêt du format géodatabase



Il existe plus d'une manière de gérer ses données avec un SIG. Celles-ci peuvent être stockées soit dans des tables dans le format propre au logiciel utilisé, soit au sein d'un Système de Gestion de Base de Données (SGBD) comme Microsoft Access.
Le logiciel ArcGIS, disponible à la Communautés de Communes du Pays de la Roche aux Fées, permet de stocker les objets vectoriels (ponctuels, linéaires ou surfaciques) et les données attributaires associées dans des géodatabases. Une géodatabase est une base de données contenant des données attributaires (tables), des données spatiales (éléments graphiques) ainsi que des informations complémentaires qui permettent de gérer et d’organiser les données (domaines, métadonnées, références spatiales).
Quels avantages y a-t-il à utiliser ce type de base de données ? La géodatabase permet à l'utilisateur de créer sa propre organisation en son sein qui correspond à la logique de sa thématique et des données qu'il utilise. Les informations sont placées dans des classes d'entités qui peuvent être rangées dans des jeux de classe d'entités pour davantage de clarté et structurer les données par thème. Ce type d'organisation convenait tout à fait pour la création de la base de données de l'atlas de l'environnement.



La géodatabase permet également d'accélérer la saisie des données attributaires lorsqu'une information est récurrente en recourant à la création de domaines. Un domaine contient une liste d'informations parmi lesquelles l'opérateur doit faire un choix. Lors de l'étape de saisie, le domaine se présente sous la forme d'un menu déroulant. Cette fonction évite aussi les erreurs de saisie.



En raison des multiples avantages qu'il présente, le format géodatabase a été retenu pour l'élaboration de la base de données de l'atlas. Une géodatabase a été créée pour chacun des huit enjeux précités. A l'intérieur de chacune d'entre-elles, les informations sont stockées par grandes thématiques sous des jeux de classe d'entités. Une neuvième géodatabase regroupe des fonds de carte, les cours d'eau et les axes routiers du territoire. Ces informations ont été placées dans une géodatabase indépendante pour faciliter leur utilisation pour d'autres projets et pour être mis à la disposition des autres services. Les géodatabases ont été utilisées pour les informations qui nécessitaient une localisation précise. Lorsque la localisation était communale ou départementale, les données ont été saisies sous une base de données Microsoft Access unique composée d'un nombre de tables équivalent à celui du nombre d'enjeux. Une table supplémentaire a été ajoutée pour les informations à l'échelle départementale. Pour utiliser ces données, une liaison entre les deux logiciels devait être établie. Le logiciel Access permet d'avoir une partie de la base de données de l'atlas qui soit indépendante du logiciel SIG. Son utilisation a permis d'accélérer la saisie des données et de mieux les structurer. A terme, les données de la base Access pourront si besoin être réintroduites et réparties sous forme de tables au sein des huit géodatabases.


L’atlas : un projet de création et de diffusion de l’information géographique


La diffusion de l'atlas de l'environnement sera faite auprès des élus afin de le valoriser en tant qu'outil d'aide à la décision mais également auprès des bibliothèques pour la diffusion grand public. Il sera également mis à disposition des écoles primaires et collèges. Pour la réalisation graphique du document, le parti a été pris de retravailler les cartes issues de Arcview sur le logiciel de dessin vectoriel Adobe Illustrator. En effet, ce logiciel offre plus de possibilités graphiques d'agrémentation des cartes. Ce travail a par ailleurs été facilité par la possibilité qu'offre Arcview d'exporter directement les cartes en format Illustrator en transposant les couches d'informations en calques.



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Dans un futur proche, l'atlas sera décliné dans une version PDF plus accessible et plus facilement utilisable à l’extérieur de la collectivité : salle de classe,... Par ailleurs, les cartes seront à disposition en consultation ou en téléchargement sur le futur site internet de la Communauté de Communes et certaines données pertinentes pourront être accessibles aux techniciens communaux à travers l’application extranet inter-communale de consultation cartographique.



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La vie après l’atlas (conclusion)


La vocation de l'atlas n'est pas unique et se veut évolutive dans le temps. La base de données de l'atlas de l'environnement servira en effet de support à la création d'un observatoire de l'environnement. Un certain nombre d'indicateurs de cette base seront retenus, les plus pertinents et les plus faciles à collecter. Cet observatoire viendra renforcer le rôle d'outil d'aide à la décision. L'atlas sera mis à jour régulièrement dans sa version PDF et téléchargeable. Un autre travail de la même ampleur que ce premier atlas pourra être éventuellement envisagé dans 5 à 10 ans pour mesurer les progrès accomplis ou les reculs constatés.


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