Accueil |Communications Utilisateurs |Session Plénière |Ateliers |Classe |Concours |Partenaires |Contacts 
 
 
AccueilPlan du site

Mise en place d’un SIG comme outil d’aide à la décision à l’INSTITUT NATIONAL DU CANCER


Session Santé
 


Bertrand GENTY – Spécialiste SIG et BDD – Direction des soins -
Courriel : bgenty@institutcancer.fr
Tél : +33 (0) 1 41 10 14 54 

Clément Monier – Spécialiste SIG et BDD – Direction de la Santé publique –
Courriel. : cmonier@institutcancer.fr
Tél : +33 (0) 1 41 10 14 63 

Institut National du Cancer
52, avenue André Morizet
92 513 Boulogne Billancourt Cedex

 

Mots-clés et logiciels ESRI utilisés
 


Mots-clés : SIG / Cancer / Soins / PMSI / Aide à la décision / Santé Publique

Logiciels ESRI utilisés : ARCGIS 9.2 / Network Analyst / Bridge SAS for ESRI / SAS

 

I - CONTEXTE DE DÉMARRAGE DU SIG AU SEIN DE L’INSTITUT NATIONAL DU CANCER :


Dans le cadre de la mise en oeuvre du grand chantier national de lutte contre le cancer le Président de la République a présenté le Plan cancer composé de 70 mesures début 2003, dont les propositions ont pour ambition de répondre aux besoins des patients, de leurs proches et des professionnels qui prennent en charge les personnes atteintes par cette maladie.La 71e mesure du Plan Cancer consiste à la création d’un Institut national du cancer. Un groupement d’intérêt public éponyme est donc créé en 2005.
 
Dès sa mise en place, la dimension géographique est prise en compte avec le recrutement de trois sigistes et de trois géographes. Un appel d’offre a donc été lancé pour l’équipement logiciel dont un SIG. Les outils ESRI ont été sélectionnés. Nous disposons de plusieurs licences ARCGIS et de modules complémentaires type Network Analyst. Parallèlement, les bases de données médicales étant parfois volumineuses, le logiciel SAS est utilisé pour stocker et pour analyser les données et le bridge sas for ESRI permet de faire le lien.




II - LES DONNEES INTEGREES


Les données intégrées dans le SIG de l’INCa sont les suivantes :

Données sur les patients :



Ces données sont extraites du PMSI, le programme de médicalisation des systèmes d’information. Le PMSI est un système d’information comprenant des données sur l’activité hospitalière. C’est une source de données qui permet d’aborder l’aspect quantitatif de la prise en charge hospitalière dont celle du cancer. Son étude et son utilisation sont donc indispensables pour mener une réflexion sur l’offre de soins hospitalière en cancérologie.
Depuis 2001 le « chaînage » a été mis en place. Un numéro d’anonymisation, théoriquement unique par patient, est venu enrichir la ligne correspondant à un séjour dans les bases PMSI. La qualité du chaînage, médiocre au début, s’est améliorée au fil du temps. En 2005 seuls 5 % des séjours ne contiennent pas de numéro d’anonymisation dans la base PMSI MCO cancer.
On dispose de données sur l’âge, le sexe, le code postal de résidence du patient, la longueur du séjour, le type de cancer. On distingue le PMSI MCO, qui recense les séjours en chirurgie du PMSI SSR, qui enregistre les soins de suite et de réadaptation.

Données sur les établissements de santé :



Tous les établissements de santé publics et privés installés en France remplissent chaque année un formulaire résumant l’activité de leurs effectifs et l’emploi de leurs infrastructures : ces formulaires sont gérés au ministère de la Santé et compilés dans la SAE (statistique annuelle des établissements). Cette base permet de rendre compte de l’organisation des soins et de caractériser de façon plus précise les établissements, décrire leurs facteurs de production (équipements des plateaux techniques et personnels intervenants), et de les situer géographiquement afin de faciliter la cartographie de l’offre de soins. 
Cette base de données contient donc des informations sur l’offre hospitalière, ainsi que l’activité des matériels (de radiodiagnostic et de radiothérapie par exemple) et des personnels des établissements de santé de 2001 à 2005.  Pour appréhender spécifiquement le cancer, la SAE n’apporte que des données sur la radiothérapie, la chimiothérapie, ainsi que sur les personnels et les appareils pour les pratiquer.

Données sur l’activité hospitalière issue du PMSI :



Un algorithme permet d’extraire de la base PMSI MCO nationale 2005 les séjours dont l’objet réel est la prise en charge pour une pathologie cancéreuse ou la prise en charge pour une pathologie liée au cancer. Pour chaque séjour est associé le code de l’établissement intervenant en cancérologie. Le couplage de la SAE et du PMSI permet de dresser une liste exhaustive des établissements intervenant en cancérologie.

Données sur les personnels soignants :



Le Répertoire ADELI permet d’avoir des données sur tous les médecins et d’en sélectionner les professionnels de la cancérologie. Sont disponibles des variables sur l’âge, le sexe, le lieu de travail, la spécialité.

Données sur les Décès :



Nous disposons des données sur les causes médicales de décès de 1968 à 2003. Il s’agit de la base Cepidc de l’INSERM. Les missions essentielles du CépiDc sont la production annuelle de la statistique des causes médicales de décès en France (540 000 décès par an).

Données sur la population, les « besoins » :



RGP 99 : Données du recensement général de la population en 1999, à l’échelle de la commune.
RGP 62 à 99 : Données de population « historiques » analyses complémentaires 1962, 1968, 1975, 1982, 1990 et 1999.

Fonds géographiques :



GEOFLA® : bases de données des entités administratives sur la France entière (métropole + DOM)
GEOFLP® : bases de données des entités postales sur la France métropolitaine
ROUTE500® : bases de données routières sur la France métropolitaine (500 000 km de routes), à petite échelle pour les calculs d’accessibilité.
BD CARTO® DOM : bases de données cartographiques de Guadeloupe, Martinique, Réunion et Guyane (entités administratives, réseau routier, équipement, occupation du sol, toponymie)
SABE : base de données cartographiques de 35 pays européens au 1/1 000 000
NavTeq : Données routières de la France entière à grande échelle pour le géocodage à l’adresse.


Schéma relationnel


Schéma d’organisation général du SIG.


III – LES INDICATEURS


La « prévalence hospitalière »



La « prévalence hospitalière » ,  avec le PMSI - base de données qui appréhende toutes les activités de court séjour – on ne peut pas calculer l’incidence du cancer, car nous ne savons pas s’il s’agit d’un nouveau cas ou bien de la poursuite du traitement d’un cancer déclaré plus tôt. En revanche, on peut approcher une forme de « prévalence hospitalière », c’est-à-dire le nombre total de patients pris en charge pour cancer (sans pouvoir affirmer non plus que le système de santé a pris en charge tous les cancers). Ce nombre permet par exemple de calculer un taux de recours aux soins (par type de cancer éventuellement). C’est un travail surtout de calcul statistique où le SAS bridge for ESRI nous permet de faire des cartes de prévalence hospitalière.



La « densité médicale »



La « densité médicale » est un indicateur classique en démographie médicale. Il permet de mesurer le taux d’ « équipement médical humain » d’un espace donné. En rapportant le nombre de professionnels de la cancérologie à la population, on peut repérer les lieux où l’accès aux soins peut être plus difficile. Il arrive que l’on utilise des dénominateurs différents en fonction des types de cancers : les femmes pour le cancer du sein ou de l’utérus, les hommes âgés pour le cancer de la prostate, etc.



Les indicateurs réalisés à partir des données de décès



Les indicateurs réalisés à partir des données de décès sont plus variés : on peut calculer et représenter des taux de mortalité standardisés (en s’affranchissant de la structure par âge pour rendre les espaces comparables entre eux), mais aussi des taux de mortalité prématurée (avant 65 ans) ainsi que des années potentielles de vie perdue qui permettent de voir les zones où doivent être concentrés les efforts de prévention et les régions qui payent un lourd tribut social au cancer. C’est un travail surtout de calcul statistique, où le SIG ne sert qu’à effectuer une représentation spatiale.



- Pour mettre en regard équipements, densité médicale, structures de soins et les « besoins » de la population, nous avons aussi eu recours à la construction d’un indicateur synthétique communal à partir de données socio-démographiques de l’insee pour combiner les variables comme l’âge, l’isolement, la précarité, la pauvreté, etc.




IV - LES FONCTIONS DU SIG – CONSTITUER DES FONDS GEOGRAPHIQUES POUR LA CARTOGRAPHIE DU SYSTEME DE SOINS RELATIF AU CANCER.


Géocodage des établissements qui interviennent en cancérologie ou prenant en charge des patients atteints de cancer :



Un travail de localisation géographique des établissements intervenant en cancérologie a été mené. Ce travail conséquent et couvrant le territoire national suit plusieurs étapes :
-          Rapprochement des informations du PMSI et de la SAE grâce au code de l’établissement pour rappatrier les données d’adressage contenues dans la SAE.
-          Rapprochement des informations géographiques issues des bases IGN.
-          Standardisation des formats d’adresse aux normes du logiciel.
 
Près de 1500 établissements qui interviennent en chirurgie du cancer ont été localisés à l’adresse.



Géocodage des établissements disposant d’un équipement d’imagerie et de radiothérapie :







Un travail de localisation à l’adresse des médecins est en cours pour les expertises relatives à la démographie médicale.

Constitution de la base géographique PMSI :



Chacun des séjours contenus au sein du PMSI a un code géographique permettant ainsi de cartographier les données issues du PMSI. Il s’agit du code géographique de résidence du patient ou du code géographique au sein duquel il a consommé des soins. Il correspond en principe à la taille géographique d’un code postal. L’Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation - qui gère le PMSI - propose également la correspondance entre les codes géographiques PMSI et les codes postaux.



Une correspondance entre le fond géographique communal et les codes postaux géographiques du PMSI a été réalisée pour obtenir des totaux de population à l’échelle des codes postaux et réaliser des cartes à des échelles plus fines que celles du département de recours aux soins. Seul inconvénient, il s’agit de données communales de population datant de 1999. Seules les échelles départementales ou régionales bénéficient d’estimations INSEE plus récentes.


V - LES FONCTIONS DU SIG – ILLUSTRATION DE RAPPORTS OFFICIELS OU DE PRODUITS EDITORIAUX COMME LES FICHES REGIONALES :


Le SIG est également utilisé dans ses fonctions les plus basiques, à savoir l’illustration de rapports officiels par des cartes descriptives très simples ou pour compléter des produits éditoriaux.






VI LES FONCTIONS DU SIG – COMPARER LES INDICATEURS ENTRE EUX


Le SIG permet d’apporter une validation scientifique de nos indicateurs en vérifiant la coincidence spatiale de nos mesures de prévalence, de mortalité, de densité médicale, de vieillissement, etc.  La corrélation spatiale nous permet alors de valider certaines hypothèses et de les proposer parfois à une validation scientifique plus large via la publication d’articles scientifiques.


Carte bivariée : Attraction hospitalière et mortalité.


Etablissements Cancer et Part des plus de 65 ans


VII – LES FONCTIONS DU SIG – PROMOUVOIR LA DIMENSION CARTOGRAPHIQUE DANS DES ETUDES D’IMPACT, DES RAPPORTS D’EXPERTISE LIES A DES THEMATIQUES ABORDANT LE SYSTEME DE SOINS EN CANCEROLOGIE :


Exemple de la mesure 36 du plan cancer :

Les fonctions du SIG ont été sollicitées pour aider au suivi de la mise en oeuvre des mesures relatives à la qualité des soins prévues par le plan cancer.
 
La mesure 36 prévoit l’établissement par L’INCa de critères d’agrément pour la pratique de la cancérologie dans les établissements publics et privés. L’INCa a élaboré ce dispositif d’autorisation en concertation avec la DHOS, les fédérations, les sociétés savantes, et des associations de patients. Les textes réglementaires sont parus au journal officiel début 2007.
 
Se basant sur l’hypothèse d’une des méthodes élaborées (mais non arrêtées) d’analyse de l’activité soumise à seuil, des études d’impact quantitatif du dispositif réglementé (analyse de l’activité à partir des bases nationales PMSI et cartographie des établissements) sont simulées pour les établissements pratiquant la chirurgie du cancer, la chimiothérapie et la radiothérapie.
 
Plusieurs étapes sont nécessaires pour réaliser la cartographie :
- Constituer une base géographique des établissements concernés à l’aide de la SAE et du PMSI. (1500 établissements)
- Constituer les liens nécessaires entre la base des établissements et les extractions quantitatives du PMSI par les statisticiens. Le bridge SAS for ESRI a facilité ces liens. Les échanges se font le plus souvent sur la base du numéro d’identification de l’établissement. (Numéro Finess)


DOCUMENT CARTOGRAPHIQUE « TEST SIMULATION »

Promouvoir sur le territoire des techniques moins invasives : Exemple d’un rapport d’expertise sur des pratiques innovantes -  La radiologie interventionnelle.

L’INCa produit de l’expertise pour éclairer le débat et mettre à disposition des décideurs publics une information qui fait défaut parfois ou bien qui est dispersée. La dimension cartographique a pu être introduite à plusieurs reprises au sein de groupes de travail composés d’acteurs de la santé découvrant les possibilités cartographiques des SIG.

(La radiologie interventionnelle comprend les procédures, ayant pour but le traitement ou le diagnostic d'une affection, réalisées par un médecin radiologue, sous contrôle d'un moyen d'imagerie (échographie, scanner, IRM).)
 
Extrait de carte sur l’évaluation de pratiques de soins en nombre d’actes réalisés et selon le type de l’établissement : La Radiologie Interventionnelle – Nombre d’actes thérapeutiques réalisés pour cancer
- Embolisation.



Les couleurs représentent une fourchette du nombre d’actes réalisés et le symbole le type d’établissement. Ce travail cartographique a été mené en étroite collaboration avec des statisticiens.


VIII – MISE EN OEUVRE D’UN SIG COMME OUTIL D’AIDE A LA DECISION AU SEIN DE LA DIRECTION DES SOINS :


L’évaluation des mesures mises en oeuvre au sein du plan cancer prévue pour 2008 nécessite de toute évidence une nouvelle approche et doit répondre à des questions concrètes et transversales que se posent aujourd’hui les chargés de mission et/ou les personnes chargées de coordonner des thémes spécifiques. Dans ce cadre, la direction des soins produira des rapports d’expertise d’aide à la décision pour les décideurs pour orienter les politiques et faire des choix.
 
A ce titre la cartographie doit renforcer en 2008 ses capacités d’analyse pour être en mesure de répondre à ces questions concrètes et surtout transversales.

Ex 1 : Rapport d’expertise sur l’Oncogériatrie : Croisement entre des critères liés aux pratiques médicales concernant les personnes âgées et des critères socio-économiques :
- Existe-t’il une variabilité des pratiques chez les personnes âgées atteintes de cancer suivant leur territoire de résidence ? (zones urbaines/zones rurales ?)

Ex 2 : Observation de l’état actuel et prévisionnel de l’Oncologie Radiothérapie en France : Croisement entre territoires de santé et l’état de l’Oncologie radiothérapie en France.
- Il s’agit d’observer les équipements, l’activité et le personnel des centres de radiothérapie par  territoire de santé. (Ces nouveaux découpages sont adoptés dans le cadre de la mise en oeuvre des SROS de 3e génération et remplacent les secteurs sanitaires. Ils identifient des découpages pertinents pour l’organisation des soins dont les frontières tiennent compte des réalités locales, indépendamment des limites administratives.)

Ex 3 : Evaluer la qualité de la prise en charge : Croisement de thèmes spécifiques abordant le système de soins en cancérologie.
- Produire des cartes des établissements intervenant en cancérologie équipés en visioconférence à la suite d’appels à projets financés par l’INCa et passant les seuils d’activité spécifiques en chirurgie des cancers et/ou en chimiothérapie et/ou en radiothérapie externe.


IX - UTILISATION DE FONCTIONS SIG PLUS AVANCEES POUR L’AIDE A LA DECISION


Il est possible de mettre en avant des fonctions plus avancées du SIG notamment par l’utilisation opérationnelle du module Network Analyst associé à ARCGIS.
 
Nos outils ont la possibilité de calculer des zones d’attraction (temps/distance) autour des établissements de santé ou bien de réaliser des matrices de distances afin de déterminer l’offre de soin la plus proche du domicile des patients ou bien calculer le total des distances parcourues.
 
Une matrice des distances a été réalisée entre le code postal de résidence du patient et les établissements intervenant en cancérologie sur le territoire nationale à titre d’essai. Il s’agit d’une matrice des distances (temps / distance) qui emprunte le réseau routier. Un travail d’échange et de stockage sur le serveur SAS est nécessaire compte tenu du volume important des données. Ce type de travail pourrait être utilisé pour des expertises plus approfondies en terme de recours au soin et d’attractivité des établissements.



Voici un autre exemple de carte réalisée à titre d’essai utilisant cette matrice depuis le CHU de Dijon :




© ESRI France