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Développer l'usage des SIG par la mutualisation : les Clionautes
1- Pourquoi former les enseignants à l'usage des SIG ? |  |  |
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Les Systèmes d'Information Géographique sont des outils de plus en plus répandus sous leur forme professionnelle bien sûr, mais aussi sous une forme plus grand public, étendue à la cartographie interactive. Ainsi chacun d'entre nous a accès à des SIG en ligne[1] ou à des informations cartographiées, notamment dans les documents édités par les collectivités territoriales. Sans compter que nous pouvons désormais construire notre propre carte sur Google Maps ou consulter des fichiers kmz pour Google Earth qui sont porteurs d'information sous forme cartographique (élections présidentielles et législatives françaises[2], situation au Darfour[3]...). Les SIG et les outils de cartographie interactive sont considérés par les médias et par les décideurs comme essentiels pour transmettre une information de manière efficace (par opposition au planisphère qui devient « ringard » et en tous cas bien moins accrocheur...). Les cartes issues des SIG abondent donc, séduisent, semblent rendre la réalité plus intelligible. Cet accès rapide à une vérité géographique n'est cependant qu'une illusion qu'il faut apprendre à nos élèves à décoder. Par exemple, les couches d'informations qu'il est possible d'interroger sur le SIGALE (SIG en ligne) du NPC ont, bien entendu, été pré-selectionnées par les autorités territoriales. Les cartes que nous pourrons produire à partir de ces données choisies par d'autres sont donc prédéterminées par cette sélection préalable. Concevoir une activité qui, au milieu d'une étude régionale par exemple, mette en évidence cet état de fait, c'est tout à la fois faire de la géographie, de la cartographie, de l'éducation du citoyen et valider un item du B2i ! On est déjà loin de la bivalence... De plus, les SIG permettent de faire une géographie séduisante et intelligente (non que ce soit le seul moyen, bien entendu...). Pour transmettre certaines notions de géographie, pour analyser certains phénomènes comme la gestion du risque naturel par exemple, le SIG est devenu indispensable. C'est d'autant plus vrai que l'outil oblige à changer l'approche pédagogique en rendant nécessaire la scénarisation de la séquence. Une séance de SIG magistrale ? Impensable ! Pour non pas « oublier » l'outil mais le rendre moins invasif et ne pas se noyer dans les problèmes techniques, il faut responsabiliser chacun. Toutes les activités autour du SIG sont donc construites comme des histoires, des jeux de rôle, des enquêtes dans lesquelles les élèves sont autonomes, responsables de leur formation et de leur apprentissage technique autant que géographique (ou historique aussi d'ailleurs, ça s'est vu[4] !!!). Motivation, regain d'intérêt en découlent. Enfin, s'il faut encore convaincre, il est important aussi d'apprendre à construire soi-même des cartes avec les SIG. Ces cartes sont un outil d'argumentation déjà utilisé par les collectivités, par l'état, par les entreprises. En donner les clefs aux futurs citoyens que sont nos élèves, c'est renforcer la démocratie, leur permettre de faire entendre leur voix dans un conflit d'usage, sur un projet local ou que sais-je encore. Utilisons les SIG en classe, donc, et formons nos collègues à nous suivre dans cette voie !!!! Pourtant, plus encore que les autres technologies de l'information et de la communication, les SIG font peur. Jusqu'à il y a peu, les enseignants ne pouvaient disposer que de logiciels professionnels aux fonctionnalités trop complexes sinon pour eux, du moins pour leurs élèves. Comprendre le fonctionnement d'un SIG (couches d'information, bases de données, requêtes, formats de fichiers...) n'est déjà pas simple, il faut encore trouver les données, dans le format qui convient. Il faut trouver la situation pédagogique adaptée à ce type d'outil, former les élèves à la prise en main du logiciel sans perte de temps, puisque nous sommes tenus par les programmes... C'est souvent insurmontable. Et pourtant... Certains d'entre nous y parviennent, alors pourquoi pas les autres ? [1] Sigale Nord-Pas de Calais http://www.sigale.nordpasdecalais.fr/ ou SIG du BRGM http://infoterre.brgm.fr/eSIG/index.jsp par exemple.
[2] http://earth.google.fr/elections2007/ et http://www.google.com/intl/fr/earth/elections2007/legislatives2007.html
[3] Avec le United States Holocaust Memorial Museum http://www.ushmm.org/googleearth/
[4] SIG historique de Strasbourg, par Thierry Hatt http://sirius.ac-strasbourg.fr/microsites/hist_geo01/sig-stg/ ou de Lyon, par Thierry Joliveau http://perso.orange.fr/thierry.joliveau/Biblio/Habilitation/Parcours1.pdf
2- Les Clionautes : inciter et former à l'usage des SIG |  |  |
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« Les Clionautes » sont une association d'enseignants d'histoire-géographie, surtout (mais pas seulement) dans le secondaire, qui s'est donné pour but de développer l'usage des TIC notamment dans le cadre d'une pédagogie de projet. Comme vous l'avez compris dans la première partie de cet exposé, les SIG rentrent pleinement dans la catégorie « outils adaptés aux valeurs que nous défendons »... Plusieurs d'entre nous, dans le cadre de leurs responsabilités académiques, se sont lancés dans l'aventure depuis quelques années et en sont ressortis convaincus par les logiciels SIG. Ils ont également compris que pour en diffuser l'usage, il fallait mutualiser et vulgariser autour de ces outils. Cécile de Joie et Jean-marc Bonnefoy dans l'académie de Dijon, par exemple, ont créé avec l'équipe TICE- SIG de l'académie un CD-rom (Fabricarto[1]) et un site de mise à jour très utile. Sylvain Genevois, avec l'équipe e-praxis de l'INRP, co-anime « l'observatoire des pratiques géomatiques[2] » et tente la voie de l'outil dédié aux enseignants (Géonote et Géowebexplorer). Il en existe d'autres. Les Clionautes, qui ne sont ni une institution académique ni un groupe de recherche, qui ne reçoit plus aucun financement régulier, n'ont pas les moyens de rémunérer le temps passé à explorer les potentialités d'un logiciel, à rechercher les données, à imaginer des scenarii pédagogiques. Nous avons cependant décidé de faire en sorte que les SIG ne soient plus un outil réservé aux aventuriers, aux passionnés de technologie, aux inventifs. – Les Clionautes jouent un rôle d'incitateur : ils incitent à l'usage des TICE en général, et par voie de conséquence à l'usage des SIG. Aucun enseignant ne se lancera dans l'utilisation des TIC par le SIG. En revanche, un enseignant qui a pris l'habitude de venir en salle informatique avec ses élèves, qui a utilisé des logiciels de cartographie ou des sites de cartographie en ligne, qui a monté un scenario avec Google Earth aura probablement envie d'aller plus loin. Il y a une progression dans l'utilisation des TIC en classe, et les SIG ne se situent pas en tête de liste ! – Les Clionautes mutualisent : La prise en main d'un logiciel professionnel, quel qu'il soit, prend beaucoup de temps. Les SIG nécessitent en outre de trouver des données cartographiques et statistiques adaptées au logiciel et à l'étude de cas envisagée. Sans compter que la situation pédagogique mise en oeuvre avec un SIG sort du cadre pédagogique habituel pour la plupart des classes, et qu'il faut donc imaginer des scenarii originaux qui intègrent la démarche géographique que l'on veut mettre en place et la prise en main du logiciel. Temps de préparation proportionnel à la difficulté de l'exercice, pour l'enseignant ! La mutualisation est donc indispensable pour dépasser le stade des avant-gardistes passionnés. Elle se fait essentiellement dans la rubrique SIG du site des Clionautes[3]. En outre, grâce à la liste de discussion h-francais[4], les commentaires et tutoriels sur les logiciels, les idées de mise en activité, les adresses de données téléchargeables circulent. De quoi donner des idées et les moyens de les mettre en application ! – Les Clionautes organisent également des formations : en octobre de chaque année, l'université d'automne des Clionautes rassemble une trentaine d'enseignants autour d'une thématique et d'un outil. Ces journées automnales mêlent formation théorique à l'outil et aux contenus, sorties sur le terrain et atelier de formation. En 2006, à Clamecy, pour travailler sur un projet d'aménagement rural, Jean-Marc Bonnefoy et Cécile De Joie nous ont formé à l'outil SIG[5]. Nous avons ensuite réalisé des activités autour du SIG sur un projet d'aménagement rural pour le collège et pour le lycée. Ce type de formation technico-pédagogique autour des SIG est rarement proposé dans les plans académiques de formation justement parce l'outil fait peur et que le nombre d'inscrits est trop restreint ; au niveau national nous avons eu du mal à rassembler vingt personnes. Cependant l'espoir est permis : la génération de jeunes enseignants qui arrive est peut-être mieux formée au TICE, voire formée aux SIG pour ceux qui ont une formation de géographe, et les prochaines UAC consacrées aux SIG connaîtront probablement un succès bien plus vif. Les enseignants d'histoire géographie, devenus grands utilisateurs de SIG, mutualiseront leurs scenarii, nous obligeant à créer une rubrique SIG sur Clio-collège et Clio-lycée[6] ! ;-) Bien sûr, nous sommes tous conscients que notre action militante et bénévole ne peut suffire à développer une pédagogique différente et un type de logiciel méconnu des enseignants d'histoire géographie. Cependant la forme non-institutionnelle de l'association « Les Clionautes » lui permet de compléter l'action de l'institution au travers des groupes académiques et des formations, et l'action des entreprises comme ESRI qui, au travers de ce colloque et de la communication qui l'accompagne, gagnera probablement d'autres collègues à ces pratiques.
[1] http://webpublic.ac-dijon.fr/pedago/histgeo/SIG/Carto/index.htm, adresse en panne lors de la rédaction de ce texte.
[2] http://praxis.inrp.fr/praxis/projets/geomatique/
[3] http://www.clionautes.org/spip.php?rubrique140
[4] http://www.clionautes.org/spip.php?article2
[5] http://www.clionautes.org/spip.php?rubrique185
[6] http://college.clionautes.org et http://lycee.clionautes.org
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