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L'apport du SIG à la gestion forestière


Session Foresterie
 


Rédaction : Cédric Ostailler
Technicien SIG
Courriel : cedric.ostailler@foretsetboisdelest.com

Forêts & Bois de l'Est
17 rue André Vitu
88 026 Epinal Cedex
03 29 29 11 20 – 06 71 62 89 55
cedric.ostailler@foretsetboisdelest.com
www.foretsetboisdelest.com

 

Mots-clés et logiciels ESRI utilisés
 


Mots-clés : Forêt, Sylviculture, gestion forestière, F&BE, UCFF, SIG

Logiciels ESRI utilisés : ArcView 9.2, ArcGIS Publisher

 

La cartographie est un outil de travail indispensable pour les forestiers. Tout d'abord pour trouver les limites des propriétés qu'ils gèrent, puis pour en faire l'état des lieux (ex : types de peuplements forestiers…) et suivre les actions de gestion prévues (localisation des travaux, surfaces…).

I Présentation


Les coopératives forestières sont des organismes qui interviennent pour la gestion des propriétés forestières privées. Les actions menées sont très variées ; elles vont du conseil de gestion jusqu'à la commercialisation de bois, en passant par les opérations de reboisement, d'entretien et la mobilisation des bois.
 
Les coopératives forestières françaises couvrent tout le territoire de la métropole et sont regroupées au sein de l'Union de la Coopération Forestière Française (UCFF).
En 2005, les coopératives rassemblent :
- 87 039 propriétaires adhérents pour 1 913 390 ha de forêt, dont 774 500 Ha certifié PEFC,
- 5 031 610 M3 de bois commercialisés,
- 600 employés,
- 3 940 entreprises sous-traitantes.
 
Elles interviennent dans des propriétés de surfaces très variées ; de quelques ares à plus d'un millier d'hectares. C'est pourquoi les cartes sont essentielles pour le travail de terrain des techniciens de ces organismes. On retrouve les cartes du cadastre, indispensables pour les limites, mais aussi toutes celles qui représentent les particularités et spécificités de chaque propriété (peuplements forestiers, chasse, relief…)
 
Ainsi c'est tout naturellement et, sous l'égide de l'Union nationale, que les coopératives forestières françaises ont fait le choix du développement du SIG dans leurs services depuis 2003.




II La gestion forestière


Le terme « gestion forestière » regroupe toutes les interventions de conseil, de besoins administratifs, de travaux forestiers, d'exploitation et de commercialisation de bois qui se déroulent tout au long de la vie d'un peuplement forestier. 
L’intervention de conseil permet au technicien d’apporter son savoir faire afin d’orienter les choix de gestion du propriétaire en fonction de ses souhaits, mais sans oublier de tenir compte des spécificités du terrain (relief, climat, écologie de la parcelle). Pour les propriétés de surface supérieure à 10 ha, il existe des documents de gestion qui font d’une part, l'état des lieux de l'existant et le prévisionnel de la gestion des massifs permettant d'atteindre les objectifs, et d’autre part, le suivi des coupes et travaux : c’est ce que l’on appelle Diagnostics ou Plan Simple de Gestion (PSG).
 
L'exploitation et la vente de bois représentent le plus souvent les principales recettes financières que le propriétaire peut obtenir de ses forêts. Les travaux forestiers sont les dépenses réalisées dans le cadre de la gestion, mais qui permettent à une forêt de se développer dans de bonnes conditions (plantations et entretiens des jeunes forêts). Parallèlement, on retrouve les martelages des éclaircies ou l'estimation des peuplements.
 
Les coopératives forestières travaillent de façon à obtenir le meilleur équilibre entre les objectifs du propriétaire, les dépenses en travaux, les recettes financières et l'équilibre environnemental de la forêt.
 
Pour cela, elles ont également développé un Progiciel qui permet le suivi des propriétés, de la planification à la réalisation des chantiers (de travaux et d'exploitation) intégrant la logistique des transports : il se nomme ProCoFor. C’est également un outil de gestion analytique des chantiers, de gestion des adhérents, de facturation, de gestion des stocks…etc.


III le SIG à Forêt & Bois de l'Est


Le premier outil SIG acquis par F&BE est un GPS. En effet, après la tempête de décembre 1999, il s'est vite avéré difficile de recenser les surfaces sinistrées des propriétaires à l’aide des moyens classiques (topofil et boussole). En plus d'apporter un gain de temps important aux techniciens, le GPS a apporté une précision indispensable aux dossiers de demandes de subventions pour le nettoyage et la reconstitution, alors allouées par l'Etat et l’Europe dans le cadre du phénomène exceptionnel de la tempête.
 
Aujourd'hui, ce sont toutes les cartes thématiques des documents de gestion qui sont réalisées sous SIG.
L'intérêt n'est évidemment pas l'édition de carte exclusivement. Les principaux objectifs sont :
 
-  L’exactitude des données : surfaces, périmètres, distances…Ceci permet par exemple de mieux appréhender et d’être plus juste dans les coûts de certains travaux et éviter ainsi le gaspillage. Par ex : le calcul précis, du nombre de plants à installer pour les surfaces à reboisées, les surface réellement travaillées lors d’actions sylvicoles (coût à l’hectare), la longueur des routes en réfection ou création…
L’exactitude est également indispensable pour des demandes ou des présentations de documents de gestion auprès des administrations; PSG, subvention Etat, Région…etc.


- Avoir un état et une répartition spatiale précise de sa forêt : surface par peuplement, par essence, correspondance avec les surfaces cadastrales. Observer du premier coup d’oeil les intérêts, les équilibres, les déficiences du massif ; la desserte, le mélange des essences adéquates, les équilibres des surfaces entre les divers choix sylvicoles…
 
-  Faire une lecture rapide et objective : ne pas avoir à feuilleter tous les documents, textes et tableaux, mais les consulter rapidement grâce à des représentations (par des symboles, des gradations…) de toutes les données qui peuvent être prises sur le terrain, calculées par la suite ou simulées. Tout voir, comprendre et analyser en quelques minutes sur une propriété et prendre les bonnes décisions.
 
- Transmettre les connaissances : de façon rapide, simple et parlante à des professionnels, aux successeurs, aux chasseurs, de conserver l’historique …

III.a) La base de données



Sous le SIG, chaque propriété est gérée de façon indépendante ; une géodatabase par propriété.
Dans la création d'une propriété, le point de départ de la base de données est le cadastre de celle-ci, afin de déterminer en premier lieu les limites du contour.
Puis le technicien, en charge de la gestion, transmet le détail des éléments constituant la propriété par des mesures GPS. Ces dernières peuvent être très variées, allant de la description des peuplements forestiers à l'implantation des miradors de chasse, en passant par la desserte, les types de stations… Nous faisons aussi régulièrement appel à l'IFN (Inventaire Forestier National) pour l'interprétation des limites des types de peuplements forestiers. En effet, à partir de leurs BD Ortho en infra-rouge, ils superposent les contours de propriétés que nous leurs transmettons et déterminent les limites visuelles de chaque changement de peuplement. Ceci nous permet un gain de temps important par rapport aux mesures GPS.
 
Le GPS est également beaucoup utilisé en navigation :
-         Dans le cadre de typologie de peuplement ou de stations forestières pour se rendre d'un point de mesure jusqu'au suivant.
-         Dans le cadre de recherche de borne(s) ou de limite(s) en forêt, il est une aide précieuse pour le technicien.
 
Après validation des données saisies dans le SIG  par le technicien de terrain, elles sont transférées au progiciel ProCoFor, dans lequel tout le suivi de la propriété est enregistré (chantiers, bilans financiers, historique…)





III.b) L'utilisation en gestion forestière



La première utilisation est consacrée aux documents administratifs, afin d'avoir des documents clairs et compréhensibles rapidement et des chiffres précis (surfaces et linéaires). Ces documents sont destinés aux propriétaires, mais aussi aux administrations qui les valident (Direction de l'Agriculture et Centre Régionaux de la Propriété Forestière).
 
La seconde utilisation est de faciliter l'accès aux informations et aux cartes pour les missions sur le terrain des techniciens forestiers :
-         être précis dans le calcul des surfaces et linéaires pour leur permettre de chiffrer au plus juste les devis de travaux,
-         avoir des cartes détaillées à transmettre aux entreprises sous-traitantes qui interviennent dans les parcelles et éviter ainsi les litiges de surfaces travaillées,
-         gagner du temps dans la réalisation des cartes qui sont obligatoires, dans la liste des éléments constituant les dossiers à transmettre à l'administration : documents de gestion, dossier de subvention…
-         faciliter l'accès aux données via ProCoFor et l'intranet.
 
Avec l'extension Publisher, nous mettons en consultation toutes les cartes réalisées dans chaque propriété pour les techniciens. Ils peuvent ainsi interroger et imprimer les cartes selon leurs besoins spécifiques. De plus, grâce à l'intranet mis en place depuis peu, la navigation sur le serveur pour la consultation des fichiers PMF est devenue plus aisée ; en sélectionnant le département, puis le nom du propriétaire et la propriété souhaitée, ils accèdent directement aux fichiers PMF.





III.c) L'utilisation dans le cadre de la démarche qualité



Depuis 2003, les coopératives forestières sont certifiées ISO 14001, elles sont le premier gestionnaire forestier européen certifié. C'est une certification de groupe obtenue via leur union nationale : l'UCFF.
 
Dans le cadre des procédures ISO, les techniciens consultent systématiquement, pour chacun de leurs chantiers si ces derniers ce situent dans le périmètre d'une zone sensible ou de protection environnementale et paysagère. Toujours dans le souci de leur faciliter l'accès aux données, via l'intranet, des fichiers PMF par département sont mis à leur disposition. Ces fichiers contiennent l'ensemble des périmètres obtenus auprès des administrations qui gèrent les espaces sensibles (DIREN, CG, DDAF…). Ces fichiers contiennent également l'ensemble des propriétés au fur et à mesure de leur numérisation, afin de les situer vis-à-vis de ces zones.
Sur ces mêmes fichiers PMF on peut également consulter les données Météo France, les forêts publiques ainsi que les régions forestières IFN.




CONCLUSION


 
Le SIG en forêt s'est aisément installé et remplace les "traditionnels" assemblages papiers (ciseaux et colle). Au fil des jours, les utilisateurs les plus sceptiques se sont aperçus du gain de temps important qu'ils réalisent dans la constitution de leurs dossiers administratifs, ainsi que la qualité et l'accès aux données, très appréciable, que cet outil leur apporte au quotidien.
 
Dans les coopératives forestières le SIG est un outil récent. Les bases de données ne sont pas encore entièrement constituées. Dès lors que ces dernières seront intégralement opérationnelles, le SIG deviendra un puissant outil d'analyse dans la gestion et la prospection.


© ESRI France