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Conservation des espaces naturels franciliens et gestion patrimoniale : la mise en œuvre du projet SIGP


Session Collectivités Territoriales
 


Jean MELOUNOU
Chef de projet SIG Patrimonial
Agence des Espaces Verts de la Région d’Ile-de-France
99 rue de l’abbé Groult
75015 Paris
 
Courriel : jean.melounou@aev-iledefrance.fr
Tel : 01 72 69 51 24

 

Mots-clés et logiciels ESRI utilisés
 


Mots-clés : Projet SIG, Région Ile de France, espaces naturels, gestion patrimoniale, cadastre, GPS,  portail cartographique, sites distants, VPN, Citrix, DWG, BD Parcellaire

Logiciels ESRI utilisés : ArcEditor 9.1, ArcSDE, ArcIMS, ArcPad, GPS Analyst, GPS Correct, 3D Analyst, Data Interoperability

 

Présentation de l’AEV


L’Agence des Espaces Verts de la Région Ile-de-France(AEV) est un établissement public régional à caractère administratif, créé en 1976 par la loi qui instituait la Région, afin de mettre en œuvre la politique régionale en matière de protection, de mise en valeur ou de restauration de milieux naturels, forêts, promenades, espaces agricoles périurbains.
Pour mener à bien ses missions, l’Agence agit notamment par le biais de l’acquisition foncière. Ces acquisitions sont réalisées au sein de 71 périmètres régionaux d’intervention foncière (PRIF) créés par le conseil régional d’Ile-de-France. La superficie totale des périmètres sur lesquels l’Agence des Espaces Verts est habilitée à intervenir s’étend sur quelque 33 000 hectares dont 12400 ha sont des propriétés régionales.



L’effectif de l’Agence s’établit actuellement à 114 agents répartis entre son siège à Paris et 6 sites distants distribués sur la Région Ile de France.


Le projet SIGP


Le projet SIGP (Système d’Information Géographique Patrimonial) a été lancé par la Direction Générale de l’AEV en 2005 avec pour volonté de doter les services d’outils informatiques adaptés à l’ampleur et à la nature du patrimoine géré. A cette époque, seule existait une base Access développée en interne qui répondait de manière partielle aux besoins. Par ailleurs, aucun outil SIG n’était déployé : la vision géographique se limitait à des plans Autocad produits sur commande par des bureaux d’étude et à un atlas papier actualisé annuellement.
 
Le projet visait à mettre en place les outils et moyens pour :
-          donner une autonomie à l’Agence en matière de production cartographique et d’analyse spatiale
-          améliorer la connaissance de l’espace régional et du patrimoine géré par l’Agence :
           o        données administratives, d’occupation du sol, environnementales …
           o        patrimoine en gestion : parcellaire foncier et forestier, bâti et équipements.
           o        gestion et suivi des travaux menés par l’Agence : opérations d’aménagement et entretien
-          mettre en place des outils de pilotage pour la production de bilans et de tableaux de bord décisionnels.
 
L’architecture proposée se fondait sur trois volets :
-          des outils SIG 
-          des progiciels de gestion patrimoniale interfacés avec les outils SIG
-          des outils décisionnels (de type Business Objects) chapeautant l’ensemble

A ce jour, seul le volet SIG est opérationnel.


Périmètre du SIG


Suite à l’étude de faisabilité, un appel d’offres a été lancé : il a été remporté par la société SWORD qui proposait les outils ESRI. La mise en œuvre était prévue sur une durée d’un an. Le cahier des charges prévoyait :
-          la fourniture des logiciels et leur paramétrage
-          le chargement des données de référence
-          le développement d’un portail cartographique
-          la mise en place d’une solution mobile pour le relevé de données sur le terrain
-          la formation des utilisateurs et de l’administrateur


Architecture SIG


Au niveau applicatif, l’AEV a fait l’acquisition de ArcSDE et ArcIMS en version 9.1, de 3 licences ArcEditor et 2 licences ArcView flottantes, ainsi que des extensions 3D Analyst et Data Interoperability.
 
Afin de permettre aux utilisateurs des sites distants d’accéder aux logiciels et en dépit du fait qu’ils ne disposaient pas d’un débit réseau suffisant à une utilisation d’ArcGIS en mode client-serveur, l’AEV s’est appuyée sur la technologie Citrix. Celle-ci permet de publier des applications à distance via le réseau VPN. Du fait de sa flexibilité et de son efficacité, cette architecture a été étendue à l’ensemble des utilisateurs, y compris ceux du site central.



L’architecture matérielle est elle bâtie autour de 4 serveurs  Windows 2003 Server:
-          1 serveur base de données hébergeant la base Oracle 10g / ArcSDE
-          1 serveur d’applications Citrix sur lequel est installé ArcEditor
-          1 serveur Web accueillant ArcIMS
-          1 serveur de fichiers NAS contenant les rasters et les données des utilisateurs.


Données acquises


L’orthophoto (prise de vue 2003, pixel 1 m), le SCAN25 et la BD Parcellaire ont été acquis auprès de l’IGN sur l’ensemble de la région Ile de France.
L’AEV a également acquis auprès de la société INTERATLAS l’orthophoto 2005 (pixel 12 cm) sur les zones d’emprise des PRIF et le modèle numérique de terrain correspondant.
L’IAURIF a fourni de nombreuses données thématiques (administratives, environnementales, économiques …) et notamment le MOS (base de données d’occupation du sol).
Enfin, les fichiers MAJIC II ont été acquis auprès de la DGI.
 
Le chargement des données MAJIC a été effectué à l’aide du logiciel FME. L’ensemble des données attributaires et vectorielles ont été intégrées dans la base ArcSDE, les rasters étant quant à eux stockés en système de fichiers ECW, MrSID et TIFF.
Les utilisateurs accèdent de manière transparente aux différentes données via des fichiers LYR organisés par producteur et par thématique.


Portail Cartographique


L’un des éléments principaux de la mise en place du SIG concernait le développement d’un portail cartographique. Ce site web de consultation cartographique en ligne devait offrir aux agents un accès aisé et convivial aux données géographiques, et notamment à la consultation du cadastre et des données DGI. Le portail, basé sur le couple ArcIMS / Kogis a ouvert en décembre 2006 et est rapidement devenu un outil incontournable pour les agents de l’AEV.
Les cartes y sont classées par thématiques. Des fonctions de localisation permettent de zoomer directement sur un périmètre régional, une commune, une section ou une parcelle.
Le portail propose des outils d’annotations géographiques pour la réalisation de plans de situation, ainsi que des fonctionnalités d’édition des entités géographiques stockées dans SDE.
Par ailleurs, il est possible de définir des marque-pages sous forme d’URL, ces derniers pouvant ensuite être transmis à des collaborateurs par messagerie électronique.
Autre fonctionnalité offerte : la possibilité d’attacher des documents bureautiques à des objets géographiques. Enfin, les fonctionnalités classiques telles que l’export de tableaux au format Excel ou de mises en page en PDF sont proposées.
L’accès aux données DGI se fait après authentification en accord avec les recommandations de la CNIL, et seul un nombre restreint d’utilisateurs bénéficie d’une autorisation. Ces derniers peuvent alors interroger les parcelles pour identifier leurs caractéristiques et leur propriétaire.


Vue générale du portail


Fiche descriptive d’une parcelle

Côté administration, le portail dispose d’un module de back-office qui permet de publier des cartes, de déclarer des utilisateurs du domaine (connexion à Active Directory) et de gérer leurs droits : possibilité de consulter les données DGI, de rattacher des documents, ou de consulter les différentes cartes.


Gestion des profils dans le module de back office


Module de saisie nomade GPS


Afin de répondre au besoin de saisie de données sur le terrain, 7 GPS professionnels ont été acquis auprès de la société D3E. Le modèle retenu est un PDA-GPS durci GEO XM, résistant aux chocs et aux intempéries et disposant d’une autonomie d’une journée. Ces GPS sont équipés du logiciel de saisie ArcPad et de l’extension GPS CORRECT qui permet le recueil de données nécessaires à la correction différentielle. La société SWORD a conçu et réalisé le modèle de données et les développements informatiques d’automatisation de la chaîne de traitement de données.

Le schéma global est le suivant : les classes d’entités des objets patrimoniaux, au nombre d’une trentaine, (bancs, poubelles, abris, ponts…) sont définis dans SDE. Le format de stockage retenu (SDO GEOMETRY) permet l’accès aux données SIG depuis les futurs applicatifs de gestion patrimoniale. Le dictionnaire de données s’appuie largement sur les domaines de valeur, afin de proposer des listes déroulantes qui facilitent la saisie des attributs sur le terrain.
Du point de vue ergonomique, l’utilisateur ajoute dans ArcMap les données qu’il souhaite mettre à jour puis exporte les classes d’entités correspondantes vers le répertoire de synchronisation du GPS. Cette opération, simple en apparence, est rendue complexe car les données doivent d’abord être converties en géodatabase personnelle et rendues compatibles avec l’extension GPS Analyst, qui assure les opérations de correction différentielle. Autre difficulté, les agents accèdent à ArcMap en mode Citrix, ce qui impose un paramétrage spécifique pour la synchronisation du GPS. La géodatabase est ensuite exportée en fichier de formes, seul format supporté par ArcPad.
Les objets sont alors éditables sous ArcPad via des formulaires spécifiques pour chacun d’eux.



Architecture GPS


Exemple de formulaire de saisie

Au retour de mission, les données font l’objet d’une correction différentielle via l’extension GPS Analyst puis sont injectées dans ArcSDE.

Exploitation de données patrimoniales


L’un des objectifs du projet était de permettre l’exploitation SIG de données issues de la base patrimoniale Access et notamment d’identifier les parcelles foncières en propriété.
Pour ce faire, les données Access sont d’abord importées dans Oracle via FME. Un ensemble de scripts SQL développés par SWORD entre ensuite en jeu pour mettre à jour la classe d’entités des parcelles sur la base des données de la base Access. L’ensemble de ces traitements est programmé quotidiennement, de manière à avoir une cartographie à jour des parcelles possédées par l’Agence.


Bilan et perspectives


1 an et demi après le lancement des travaux, le périmètre de mise en place est achevé. Le portail cartographique, du fait de sa simplicité d’utilisation et de ses fonctionnalités, a été bien adopté par les agents. Les utilisateurs disposant du logiciel ArcEditor ont été formés et utilisent quotidiennement les applications. Sur l’aspect GPS, l’utilisation est sur le point de démarrer.
On assiste actuellement à une montée en charge importante sur le plan opérationnel. Le chantier s’avère colossal car au-delà de l’utilisation de données fournies par des partenaires, il s’agit à présent de se focaliser sur la production et l’exploitation de données internes, que ce soit en lien avec la base patrimoniale existante et les données DGI ,ou encore les relevés terrain par GPS.
Par ailleurs, le déploiement des outils SIG ne constitue que le premier voler du projet et la mise en place des volets complémentaires (progiciels de gestion patrimoniale et décisionnel) est à l’ordre du jour.


© ESRI France