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Environnement et leishmaniose canine dans les Alpes-Maritimes
 | Session Santé |  | | | Raphaëlle Pin-Diop1,3, Pierre Marty2,3, Pascal Delaunay2,3, Renaud Lancelot4 1- Laboratoire Vétérinaire Départemental des Alpes-Maritimes, BP107, 06902 Sophia-Antipolis Cedex. raphaellepin@yahoo.fr. 2- Equipe de Recherche sur les Leishmanioses, Faculté de Médecine, 28, avenue de Valombrose, 06107 Nice Cedex 2. 3- Réseau d’Epidémio-Surveillance Franco-Italien des Zoonoses, Faculté de Médecine, 28, avenue de Valombrose, 06107 Nice Cedex 2. Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement, Campus International de Baillarguet, 34398 Montpellier Cedex 5.
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Résumé : Les leishmanioses sont des anthropozoonoses dues à des protozoaires flagellés du genre Leishmania, réparties sur tous les continents à l’exception de l’Océanie. Les parasites agents des leishmanioses sont transmis par la piqûre d’insectes vecteurs, les phlébotomes, présents dans la zone inter-tropicale et les régions tempérées. Ces maladies, qui menacent des millions de personnes, s’expriment sous différentes formes cliniques (cutanée, muco-cutanée ou viscérale) selon le parasite impliqué [1]. Les espèces parasitaires, vectorielles et vertébrées varient selon l’écosystème considéré et les cycles de transmissions de la leishmaniose sont donc spécifiques à un milieu donné.Dans le sud de la France et plus particulièrement dans les Alpes-Maritimes, la leishmaniose viscérale à L. infantum est endémique. Elle est transmise par Phlebotomus ariasi et P. perniciosus, le chien constituant le principal réservoir du parasite [2]. L’homme est contaminé par voie vectorielle, mais reste le plus souvent porteur asymptomatique. Les cas de leishmanioses viscérales cliniques sont observés essentiellement chez des enfants ou des personnes immunodéprimées. Les chiens sont beaucoup plus sensibles à la maladie et ce sont eux qui expriment le plus souvent la forme clinique. Le traitement ne permet qu’une amélioration clinique, l’animal restant infesté à vie [3]. La population canine du département constitue donc un important réservoir de parasites, distribué largement sur l’ensemble du territoire [4]. Le facteur limitant dans le cycle de la leishmaniose est donc le vecteur, dont les caractéristiques écologiques limitent l’extension. Les études réalisées sur P. perniciosus et P. ariasi montrent que ces espèces sont endo-exophiles et ont une capacité de dispersion limitée. Leur distribution est liée à de nombreux facteurs environnementaux, dont la végétation, l’altitude et le climat (hygrométrie, vent, température) [5]. L’objectif de cette étude était donc de tester l’association entre le taux de séroprévalence de la leishmaniose canine dans les Alpes-Maritimes et des données environnementales, afin d’identifier certains facteurs de risque. Pour cela, des données spatialisées relatives à l’occupation du sol, à la présence d’habitations, à l’altitude, à l’hydrographie et au climat ont été intégrées dans un Système d’Information Géographique [6, 7]. Le taux de séroprévalence des chiens a été calculé à partir des données d’épidémiosurveillance disponibles au laboratoire, sur une période allant de janvier 2000 à décembre 2006 (Figure 1). Les potentialités analytiques du SIG ont été utilisées pour mettre en forme, croiser et combiner les données spatialisées. Finalement, les variables spatialisées quantitatives ont été intégrées dans un modèle statistique (régression linéaire multiple) [8-12]. Ce modèle a permis de mettre en évidence une relation forte entre le taux de séroprévalence et certains types d’occupation du sol, l’altitude et la pente. L’émergence ou la ré-émergence de diverses pathologies, essentiellement vectorielles, sont au cœur de tous les débats dans le domaine de la santé publique. La leishmaniose ne fait pas exception, car même si à l’heure actuelle les cas humains sont rares, des modifications du complexe épidémiologique de la maladie sont toujours possibles. Son extension géographique, voire l’apparition de souches plus pathogènes, sont des scenarii envisageables. L’utilisation d’un modèle prédictif du risque permettrait de localiser les écosystèmes où la maladie pourrait s’implanter ou devenir endémique, en se basant sur les facteurs environnementaux identifiés comme facteurs de risque. Avant d’atteindre cet objectif, il faudrait toutefois tester un plus grand nombre de variables climatiques, ainsi que des variables sociologiques. Par ailleurs, un changement d’échelle permettrait d’affiner les prédictions, en passant du niveau administratif des communes au niveau local, c’est à dire en projetant les informations sur un maillage de 1km². Cette approche à grande échelle serait plus en adéquation avec les contraintes écologiques des éléments du cycle épidémiologique. Elle représente donc l’étape suivante de ce travail de modélisation de la leishmaniose dans les Alpes-Maritimes.
 | | Figure 1 : Taux de séroprévalence de la leishmaniose canine dans les Alpes-Maritimes, de 2000 à 2006 |
Bibliographie : 1. Anonyme, 2007. Leishmaniasis. World Health Organization. URL: http://www.who.int/leishmaniasis/disease_epidemiology/en/index.html (17/08/2007) 2. Marty P. et al., 2005. Un siècle de leishmaniose dans les Alpes-Maritimes. Riviéra scientifique. 89: 33-52. 3. Djerbouh A. et al., 2005. La leishmaniose canine en Algérie: essai de traitement par l'allopurinol. Annales de Médecine Vétérinaire. 149: 132-134. 4. Dereure J., 1999. Réservoirs de leishmanies. In Les leishmanioses. Ellipses (Ed.). AUPELF-UREF, Paris, pp. 109-130. 5. Rioux J.A. et al., 1969. Epidémiologie des leishmanioses dans le midi de la France. Monographie INSERM. 37, 223 p. 6. Curran P.J. et al., 2000. Linking remote sensing, land cover and disease. Advances in Parasitology. 47: 37-80. 7. Dale P.E.R. et al., 1998. An overview of remote sensing and GIS for surveillance of mosquito vector habitats and risk assessment. J. Vector Ecol.23(1): 54-61. 8. Beck L.R. et al., 1994. Remote sensing as landscape epidemiologic tool to identify villages at high risk for malaria transmission. Am. J. Trop. Med. Hyg.51(3): 271-280. 9. Chamussy H. et al., 1994. Initiation aux pratiques statistiques en géographie. Collection géographie. Masson, Paris, 203 p. 10. Margonari C. et al., 2006. Epidemiology of visceral leishmaniasis through spatial analysis, in Belo Horizonte municipality, state of Minas Gerais, Brazil. Mem. Inst. Oswaldo Cruz. 101(1): 31-38. 11. Oliveira C.D.L. et al., 2001. Spatial distribution of human and canine visceral leishmaniasis in Belo Horizonte, Minas gerais State, Brasil, 1994-1997. Cad. Saude Publica. 17(5): 1231-1239. 12. Werneck G.L. et Maguire J.H., 2002. Spatial modeling using mixed models: an ecologic study of visceral leishmaniasis in Teresina, Piaui State, Brazil. Cad. Saude Publica. 18(3): 633-637. |
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