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Collecte de données environnementales et socio-économiques et mise en place d'un serveur d'applications SIG à l'attention des gouvernements locaux de la région de Rukwa, Tanzanie


Session Gestion des ressources naturelles
 


Hélène Weber
Ecole d’Ingénieurs HES de Lullier
150, Route de Presinge
1254 Jussy / GE
Suisse

 

Mots-clés et logiciels ESRI utilisés
 


Mots-clés : Gestion communautaire des ressources naturelles, aires protégées, données environnementales, données socio-économiques, webserver, Tanzanie

Logiciels ESRI utilisés : ArcGIS 9.2 – ArcGIS Server

 

Introduction


La filière Gestion de la Nature de l’Ecole d’Ingénieurs HES de Lullier (EIL) a intégré dans sa stratégie le principe de collaboration avec les pays en voie de développement par des recherches appliquées et un transfert de compétences dans le domaine de la gestion des ressources naturelles.
Elle mène actuellement un projet dans l’ouest tanzanien, intitulé : «Participation à la gestion des ressources naturelles : le rôle des communautés ». Il a pour but d’évaluer l’application des politiques de gestion participative des ressources naturelles, afin d’en déterminer les facteurs de succès ou d’échec par des études de cas trans-sectorielles (faune, foresterie, apiculture, tourisme).
Ce projet vise aussi à promouvoir les échanges de compétences et d’expériences entre l’EIL, les partenaires institutionnels tanzaniens et les institutions de la société civile. Ces échanges incluent :

- Le développement des compétences des partenaires locaux au travers du suivi des activités de recherche des étudiants de l’EIL
- Le développement des compétences des partenaires locaux au travers de formations, stages et recherche appliquée adaptés à leurs besoins.


Cadre spatial et contextuel


La Tanzanie (35°44’17.148’’E – 6°10’18.38’’S) est à la fois l’un des pays économiquement les plus pauvres et biologiquement les plus riches du continent africain. Les revenus issus de la valorisation des ressources naturelles par des activités d’exploitation durable (tourisme de vision, tourisme de chasse, exploitation forestière ou encore apiculture) représentent l’une des principales sources de devises du gouvernement Tanzanien et l’une des contributions importantes au PNB national.
Les politiques nationales tanzaniennes ont toujours marqué un engagement ferme en faveur de la conservation des ressources, en témoigne notamment le fait que quasiment 30 % du territoire est classé en aires protégées.



La zone d’étude se situe à l’ouest de la Tanzanie (entre les latitudes 4°7’ - 8°44’ et les longitudes 30°2’ - 34°15’), et couvre quatre districts, pour une superficie de 137’000km2 et une population de 1'300'000 habitants (ce qui représente une augmentation démographique de 530% ces 40 dernières années, en moyenne 10 personnes au km2.)
Les communautés locales dépendent fortement des ressources naturelles pour leur subsistance (agriculture, récolte de nourriture, chasse, récolte de bois de feu, récolte de matériaux et de bois de construction, etc.)




Problématique et objectifs


L’augmentation démographique, couplée à l’inaccessibilité aux ressources (accès aux parcs nationaux, aux réserves forestières et aux réserves de chasse interdits aux communautés locales) conduit à une pression importante sur les ressources naturelles et à une dégradation importante du couvert forestier et des ressources fauniques des zones non protégées. A cela s’ajoute l’incapacité de l’Etat à poursuivre le financement de la gestion de ces aires protégées, hérité de la période coloniale et poursuivi durant plusieurs décennies. Or, sans un financement adéquat, ce système est rendu inefficace par le statut d’accès libre de la ressource qui ne permet pas d’en réguler l’exploitation, conduisant à l’échec des politiques de conservation.
 
La Tanzanie fait partie des Etats ayant clairement opté pour une nouvelle voie connue sous l’acronyme CBNRM (Community Based Natural Resource Management). Elle a adopté un cadre légal favorable à cette dévolution des responsabilités de gestion des ressources naturelles, qui se traduit par la mise en place de régimes fonciers communautaires et d’un cadre institutionnel permettant une gestion communautaire au sein des différentes politiques sectorielles de gestion des ressources naturelles (Faune, Forêt, Apiculture, Tourisme).
 
Dans ce contexte, ce projet vise à donner aux gouvernements locaux les moyens et outils nécessaires pour mettre en place des mécanismes de gestion des ressources naturelles. Il intègre une composante SIG, outil clé dans l’analyse des développements humains et la gestion des ressources.
Pour parvenir à cet objectif, des cours ayant trait à l’utilisation d’ArcView 9.2 ont été fournis aux partenaires locaux, afin de leur donner les bases nécessaires à l’utilisation de ce logiciel (stockage et gestion de données, applications pratiques). Dans le même temps, l’EIL a entrepris de mettre en place une base de données spatiale pour la zone concernée, regroupant une large gamme de données environnementales et socio-économiques. Cette base de données ainsi que sa gestion seront à terme transmise aux partenaires tanzaniens sous forme d’un serveur cartographique d’accès public.


Méthodologie


La mise en place de cette base de données a nécessité un inventaire de toutes les données disponibles en accès public, données cartographiques mais aussi données brutes (documents de projets, rapports de suivi). Par la suite, les « trous » dans la couverture de données ont été identifiés, et une quinzaine d’organisations travaillant en Tanzanie ont été contactées afin d’obtenir d’avantage d’informations.  D’autre part, l’EIL bénéficie aussi des données récoltées par les étudiants durant leur stage de fin d’étude.




Les données collectées proviennent donc d’un nombre important de sources et sont présentées sous différents formats (cartographiques, rapports, tables issues de questionnaires aux communautés, relevés GPS, pièges photos pour attester de la présence de mammifères nocturnes, etc). photo_1_camera_trap_porcupine

Un important travail d’harmonisation est donc en cours.




Le serveur cartographique web qui sera mis en place sera basé sur ArcGIS Server. Il permettra dans un premier temps la publication de données de type vecteur et raster, ainsi que les métadonnées liées, et fournira aux utilisateurs des géoservices. Ces données pourront être téléchargées. Dans un deuxième temps, les utilisateurs auront la possibilité d’éditer ces données.

Le SIG sera utilisé pour répertorier divers objets avec leurs caractéristiques, mais aussi pour saisir le suivi de certain de ces objets et enfin visualiser tous types de données.
Les objets actuellement saisis dans la base de données couvrent les domaines suivants :


         - Limites administratives                              - Démographie
         - Agriculture                                               - Topographie
         - Climat                                                     - Géologie et pédologie
         - Biologie, écologie et environnement           - Hydrologie
         - Economie                                                 - Réseaux (transport, équipements, etc)

  
Les fonds de plan utilisés varient de 1. 5'000’000 (IUCN) à – 1 :200’000 (Wildlife Division & TANAPA).

 
Cette application permettra une utilisation simplifiée du SIG et un accès rapide à l’information sans avoir suivi de formation particulière. Il sera possible de faire des requêtes simples et d’éditer des cartes.


Points forts du projet


Ce projet ne présente pas de technique innovante, mais il présente l’avantage de fournir aux partenaires tanzaniens et aux acteurs locaux un produit directement utilisable.

- Il permet tout d’abord de centraliser l’information géographique afin d’avoir une vision d’ensemble de la région.
- Il sera à terme transmis aux partenaires nationaux.
- Son utilisation sera accessible à un large public.
- Enfin, il sera évolutif et pourra être adapté aux besoins exprimés par les utilisateurs tanzaniens.


Conclusion


Ce serveur d’application SIG sera un outil efficace dans l’analyse des phénomènes humains et naturels, et dans la gestion des ressources. Il se présentera comme un outil d’aide à la décision transversal entre les différents secteurs environnementaux en Tanzanie.


© ESRI France