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Groupe Hospitalier du Havre


L'Hôpital, grand pôle générateur de flux dans une agglomération : exemple du Havre Restructuration hospitalière et plan de déplacements urbains (PDU)



Plan de déplacement d'entreprise (PDE) : Axe d'amélioration des conditions de travail à l'hôpital Proposition d'adaptation des transports en commun aux flux des personnels et des consultants (réseau, horaires, multimodalité)



Session Transport
 


Problématique commune résumée

Jean-François Mary, Géographe, Groupe Hospitalier du Havre

Dr Christian Drieu, Directeur médical du SAMU 76B, Groupe Hospitalier du Havre

Serge Roux, Directeur des ressources humaines et du développement social, Groupe Hospitalier du Havre

 

Mots-clés et logiciels ESRI utilisés
 


Composantes : Santé, hôpital, ville, transports, urbanisme

Mots-clés : attractivité, pôle emploi, pôle générateur de flux, migrations alternantes, localisation, desserte (hôpital), accessibilité, matrice, graphe, réseau, intermodalité, transport en commun, fréquences, tramway, nouveaux centres, établissement de santé, hôpital, « écocitoyenneté »

Le Havre, L’Estuaire (de la Seine)

Logiciels ESRI utilisés : ArcView 9.1 et 9.2, Network Analyst®

 

Le Groupe Hospitalier du Havre (GHH) souhaite s’engager dans une démarche type « Plan de déplacement d’entreprise » (PDE) dans la perspective du transfert de l’activité de pédiatrie et de gynécologie-obstétrique de l’hôpital “Flaubert” (centre ville) vers le site “Jacques Monod” (en périphérie) dans le Pavillon “Femme-Mère-Enfant-Urgences” (PFME-U) et son corollaire, la migration des malades, des consultants et plus de 600 agents.
Le but est d’intégrer notre Plan de déplacement d’entreprise dans le Plan de déplacement urbain de la CODAH (en cours de révision). L’hôpital du Havre, grand pôle générateur de flux dans l’agglomération et même dans l’Estuaire, ces flux allant se concentrer sur l’hôpital Jacques Monod.

1/ Le GHH, Hôpital de recours pour l’Estuaire


Le Groupe Hospitalier du Havre est le centre hospitalier de recours du territoire de santé de l’Estuaire (cf. Figure 1) en Haute-Normandie. L’Estuaire est un bassin de population de 450 000 habitants composé de l’agglomération du Havre, 250 000 habitants et de trois autres pôles, Fécamp, Bolbec-Lillebonne et Pont-Audemer. Cette mission de service public hospitalier lui a été attribuée par le schéma régional de l’organisation sanitaire (SROS 3) pour la période 2007-2011. Elle signifie pour ce territoire, que le Groupe Hospitalier du Havre doit offrir à tous les habitants de l’Estuaire, en permanence (24h/24 et 365j/an), des activités de médecine, de chirurgie, de gynécologie-obstétrique, de réanimation et un plateau technique adapté. Le Groupe Hospitalier du Havre a également la mission de la coordination des urgences (SAMU 76B).


Figure 1 : Le GHH est l’établissement de recours de l’Estuaire

Il est nécessaire de concevoir la problématique des transports à plusieurs échelles, pour l’Estuaire, et pour l’agglomération, selon différents modes de transports (pas seulement l’automobile). Localement, il convient de partager la réflexion avec les élus et les autorités en charge des dossiers. Le point d’équilibre est la communauté d’agglomération, en terme de flux urbains et dans ses relations avec les autres villes et « Pays » : Fécamp, Bolbec/Lillebonne, Pont-Audemer, mais aussi le nord du Pays d’Auge.


2/ Le bassin d’attraction de l’hôpital et les péages dans l’Estuaire


Les deux cartes sont complémentaires et même antagonistes :

- La carte « Attraction du Groupe Hospitalier du Havre », représente le ratio du nombre de bénéficiaires de soins hospitalisé en 2005 par rapport à la population résidente ; la carte indique les localisation des deux sites de médecine-chirurgie-obstétrique (dits « MCO ») de du Groupe hospitalier du Havre (dans le centre ville historique, l’hôpital « Flaubert » et au cœur de l’agglomération, l’hôpital « Jacques Monod » (point plus gros)
- L’autre carte cartographie le coût d’accès à l’hôpital Monod dans l’Estuaire avec représentation des péages des autoroutes et des franchissements.
- L’attraction opère sur la zone de gratuité du transport. Les péages représentent une « barrière » dans les pratiques de circulation des populations.


Figure 2 : Attraction du Groupe Hospitalier du Havre (file active, hospitalisation complète et semaine, toutes filières, 2005)

A l’échelle de l’Estuaire, les péages nuisent au rayonnement de l’hôpital, les frontières naturelles ayant été remplacées par des ponts aux tarifs élevés (10 euro A/R pour le Pont de Normandie avec un deuxième péage de 0,50 € juste derrière en direction de Deauville). Ce péage et l’absence de liaison ferroviaire entre les deux rives pénalisent l’attraction de l’hôpital sur la rive gauche de la Seine. Plus des trois quarts des bénéficiaires de soins en 2006 étaient originaires de la CODAH (77,1%).


Figure 3 : Coût d’accès routier (péages) à l’hôpital de recours de l’Estuaire

Le fonctionnement de l’hôpital se veut en phase avec les migrations alternantes et les déplacements de la population de l’Estuaire. En terme de bassin de vie, les zones d’emploi locales de Bolbec, Lillebonne, Fécamp et Pont-Audemer sont reliés au Havre (emplois décisionnels ou de niveau supérieur) formant un « grand Havre » de Cany à Beuzeville (situation vis-à-vis de la Basse-Normandie non connue).


3/ Analyse de la situation de l’hôpital Monod : bonne localisation mais mauvaise connexion aux réseaux


La localisation de l’Hôpital Jacques Monod, le plus gros site du Groupe Hospitalier du Havre, est satisfaisante, au centre de l’agglomération, en secteur limitrophe de trois communes denses et centrales (Le Havre, Harfleur, Montivilliers), à proximité de quartiers peuplés (Caucriauville, Mont Gaillard…), à quelques minutes du croisement des autoroutes « A29 » et « A131 », à quinze minutes du Pont de Normandie.


Figure 4 : Les sites du Groupe Hospitalier du Havre

Cependant, la desserte de l’hôpital est actuellement insuffisante, tant sur le plan routier que sur le plan des transports en commun. Au niveau routier, il n’y a actuellement qu’un seul accès public ce qui engendre des blocages répétés à certaines heures. Au niveau des transports en commun, la situation ne donne pas satisfaction ; les bus ne couvrent pas l’amplitude horaire des quarts du personnel hospitalier (arrivée sur les lieux de travail entre 5h-5h30 le matin et départ entre 21h30-22h le soir), ils mettent deux à trois fois plus de temps à rejoindre le centre-ville que l’automobile et La LER (Lézarde Express Régionale), ligne ferroviaire desservant l’hôpital Monod depuis 2001 a une fréquence d’une demi-heure, sans offrir d’interconnexion aisée avec le réseau de bus ou même l’hôpital (ni ascenseur, ni escalator).

Ce contexte fait craindre le pire pour 2008 quand l’ensemble des activités de court séjour sera localisé à Monod (cf. 4).
L’hôpital Jacques Monod, offre pourtant un potentiel de couverture et de desserte largement supérieur au site Flaubert. Une étude préliminaire avait démontré le caractère optimal du site dès 2000. Il s’agit de l’accessibilité théorique dans des conditions de trafic optimales. Cette conclusion s’est renforcée depuis pour des raisons de logement et de stratégie résidentielle, avec la population qui est de plus en plus redistribuée dans l’agglomération, voire en dehors (St Romain de Colbosc, Goderville, cf. Figure 2…).


Figure 5 : Accessibilité comparée des deux sites (centre ville « Flaubert » / « Jacques Monod »)

La carte ci-après (Figure 6) permet de comparer les deux voies d’accès à l’hôpital (en bleu marine, dont l’une est réservée aux bus et aux véhicules d’urgence) avec les cinq points d’accès (en rouge, équivalent quatre entrées/sorties complètes) autour du centre commercial voisin et qui objective la situation en « entonnoir » ne permettant pas à l’hôpital de profiter de sa localisation. Le réseau routier chute brutalement entre de la voie express d’importance régionale, à une voie aux caractéristiques morphologiques inadaptées au trafic (bretelle, gestion des feux tricolores…). Il conviendrait de réaliser une étude avec la direction des routes du département.


Figure 6 : Situation du réseau routier à proximité de l’Hôpital Jacques Monod


4/ Une situation inédite pour l’hospitalisation publique de l’Estuaire : le transfert de l’activité de pédiatrie et de gynécologie-obstétrique de l’hôpital de centre ville vers le site Jacques Monod courant 2008


La situation actuelle ne saurait être la référence du futur car l’hôpital Monod, au second semestre 2008, se trouvera dans une situation inédite en absorbant les 30 000 passages aux urgences enfants, l’ensemble des consultations de pédiatrie, de gynécologie-obstétrique, de néonatologie, et 1 800 accouchements supplémentaires actuellement réalisés au sein du site « Flaubert »…580 emplois directs migreront du site « Flaubert » au site « Monod » ainsi que la majorité des directions administratives, avec toutes les instances et les grands événements qui s’y rapportent (conseil d’administration, conférence sanitaire de territoire…)

Le contexte du futur Monod (on pourrait dire « Monod III » équivaut à absorber une grande entreprise. Il devient alors indispensable de connecter cet hôpital aux grandes voies de circulation et au réseau de transport en commun dominant de l’agglomération.


5/ Les flux prévisionnels consécutifs à cette redistribution


Une étude en cours s’attache à estimer les flux polarisés par le Groupe Hospitalier et plus particulièrement les flux entrant ou sortant du site Monod.


Tableau 1 : Évolution des chiffres clés pour l’hôpital Jacques Monod

En considérant d’abord les mouvements des patients, pour les flux, la mesure s’attache surtout :

- aux urgences ;
- aux consultants ;
- aux venues (hospitalisation de jour, de semaine ou chirurgie ambulatoire).

Les patients venant par leurs propres moyens ou bien en bénéficiant dans certains cas d’un transport sanitaire (urgent ou non)
Commentaires :

- Concernant les urgences, plus de 28 500 passages « enfants » s’ajouteront aux 37 000 passages « adultes ». A ces chiffres, il convient d’ajouter les 4 000 interventions du service mobile d’urgence et de réanimation du Havre (SMUR) basé à Monod, aux 800 transferts interhospitaliers (des établissements de santé de l’Estuaire vers Monod ou de Monod vers des centres spécialisés), 15 000 transports sanitaires urgents (TSU) et les 11 000 transports pompiers (VSAB). Tous ces transports aboutissent en majorité à l’Hôpital Monod.
- Le transfert de la pédiatrie, de la néonatologie, de la gynécologie-obstétrique et de l’anesthésie s’y rapportant fera évoluer la somme des consultations externes de Monod en court séjour de 82 000 consultations à plus de 105 000, soit une augmentation de plus de 25%. Concrètement, pour un jour ouvrable moyen, ce sera plus de 400 consultations externes contre 315 aujourd’hui (projection d’après la situation de 2005).
- En ambulatoire, l’estimation porte sur une augmentation de 2 200 venues annuelles pour passer de 15 700 à 17 900.

Dans le contexte sanitaire d’aujourd’hui, il faut s’attendre à un accroissement non négligeable sur les consultations (par rapport à cette situation de 2005) et à une forte tendance à l’augmentation de l’hospitalisation de jour (chirurgie ambulatoire et médecine de jour, ophtalmologie, ORL, stomatologie, orthopédie, diabétologie, dialyses, oncologie, chimiothérapie, examens biologiques, actes d’imagerie…) ce qui renforcera globalement ces flux.

Cinq catégories de flux sont à analyser dans le plan de déplacements d’entreprise de l’hôpital :


- Les patients, acheminés en transports sanitaires (urgences, hospitalisations) ;
- Les consultants ;
- Les personnels ;
- Les visiteurs ;
- Les flux logistiques et les livraisons.


6/ L’impact dans les migrations alternantes domicile-travail du personnel hospitalier


Le problème de l’accès au site Monod (cf. 3) est aussi pénalisant pour son attraction et son rayonnement. On pense aux malades, aux visiteurs mais aussi au personnel de l’hôpital.
Le GHH avec 310 médecins et plus de 4 000 agents est le deuxième employeur de l’Estuaire (derrière l’usine Renault de Sandouville) et le premier employeur de l’agglomération (dans la même catégorie que la Mairie du Havre). Il s’agit d’emplois permanents et stables. Au quotidien, l’accès à Monod est une source de problèmes pour un personnel déjà largement soumis au stress. D’un point de vue stratégique, dans un contexte de démographie médicale et paramédicale tendu, la situation nuit à l’image de l’hôpital.

Au niveau de l’analyse, on s’attachera à étudier les flux du personnel en intégrant la CODAH dans cette démarche. En effet, il est possible d’améliorer les conditions de travail du personnel en offrant de meilleures conditions de transport, dans une conception de développement durable urbain. En outre, l’argumentaire financier des transports en commun est recevable dans un contexte où la moitié des agents ont un niveau de rémunération en dessous de 1 200 euros mensuels.


7/ Transports en commun


- En terme de transports ferroviaires, Le Havre est mal relié à Paris et n’est relié à aucune autre région directement (en particulier la Basse-Normandie). C’est l’une des plus grandes villes de France non desservies par le TGV ou par un dispositif moderne et attractif de trains pendulaires. La vitesse commerciale ferroviaire s’est dégradée en un siècle et demi. Les relations régionales sont assez faibles, essentiellement structurées autour de l’axe Le Havre-Bréauté-Yvetot-Rouen, desservant Fécamp de manière correcte. Il n’y a ni franchissement de la Seine, ni desserte de Bolbec-Lillebonne. La structure de la LER est intéressante au niveau péri-urbain. Cependant le manque d’ascenseur ou d’escalator en détruit partiellement l’attrait (pénibilité) et l’efficacité (perte de quelques minutes) pour rejoindre l’hôpital ou le réseau de bus.

- Le réseau de bus (cf. carte Figure 7) est davantage organisé dans une desserte de centre ville (centre historique) plutôt que dans une logique de « nouveaux centres ». Le nœud entre la Lézarde Express régionale et l’hôpital n’est pas exploité, les fréquences sont de l’ordre de 12 minutes et l’amplitude horaire (bien qu’améliorée) ne couvre pas encore l’ensemble des quarts des personnes hospitaliers.


Figure 7 : Réseau du Transport en commun « Bus Océane » de l’Agglomération Havraise (CODAH)

- Les taxis ne jouent pas leur rôle car ils refusent souvent de venir chercher les malades à leur sortie d’hôpital, malgré l’existence d’une convention avec l’assurance maladie. Cette situation oblige à recourir aux services des ambulances, service plus onéreux pour l’assurance maladie. Il est impossible de trouver un taxi sur le site Monod après 20 heures, ce qui vient renforcer son isolement du site dès le début de soirée.
 
L’ensemble de l’offre en transports en commun fera l’objet d’une analyse avec le module Network Analyst® d’ESRI qui sera dévoilée à l’occasion de SIG 2007 et mis en rapport avec les besoins du personnel hospitalier (localisation résidentielle, horaires et lieux de travail) en les comparant et rapportant au déplacement individuel (automobile). L’ensemble sera géoréférencé et mis en cohérence grâce au logiciel ArcView®. L’objectif est de dépasser de 10% de pourcentage de personnels utilisateurs du transport en commun dans ses navettes domicile-travail.



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