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Dans le cadre de la recherche
et de la lutte contre les schistosomoses (bilharzioses) en Afrique
de l’Ouest et à Madagascar les SIG sont utilisés
comme outil d’analyse spatiale.
Les schistosomoses (ou bilharzioses), endémies eau-dépendantes,
sont recensées dans 76 pays en voie de développement.
Actuellement, ces parasitoses se placent au deuxième rang
des maladies parasitaires tropicales après le paludisme.
Plus de 600 millions d'individus sont exposés aux schistosomoses.
Chaque année 200 000 décès peuvent être
associés aux schistosomoses qui affectent les zones rurales
mais aussi les milieux périurbains et urbains.
Il s'agit donc là d'un risque sanitaire majeur notamment
en Afrique et à Madagascar, où le sous-développement
et son corollaire fréquent, l'absence d'hygiène fécale
et urinaire, favorisent la contamination.
La mise en œuvre d'aménagements hydro-agricoles, dans
une optique évidente d’essor économique régional,
voire national, a bien souvent précédé un développement
de bilharzioses. Ainsi le risque bilharzien apparaît-il favorisé
par une modification imposée à l'environnement par
des actions de développement, et surtout par sa gestion,
car le prix à payer correspond, malheureusement, à
un bouleversement des écosystèmes puis, trop souvent,
après un délai relativement court, à l'apparition
de maladies parasitaires
En complément des recherches spécialisées plus
que jamais nécessaires, recherche biologiques et médicales
par exemple, une approche la plus globalisante possible est donc
indéniablement utile pour expliquer les effets différenciés
de la parasitose sur les sociétés humaines, et inversement.
La perspective est donc à la fois transdisciplinaire et géographique,
à l'interface nature-sociétés ou environnement-santé.
Il s’agit d’appréhender ces interrelations et
évidemment de leur donner une traduction spatiale. Ce faisant,
on parvient à définir un risque sanitaire et à
fournir un outil de gestion de ce risque par les autorités.
Les outils d'observation et d'analyse spatiale interviennent à
ce niveau en intégrant les données issues des relevés
de terrain ce qui permet de décrire précisément
les terroirs, dans le but d'en apprécier quantitativement
et qualitativement les éléments spatiaux qui doivent
entrer dans la définition du risque bilharzien.
Une étude a été effectuée en ce sens
dans le Menabé (Centre-Ouest de Madagascar).
La digitalisation des différents objets ainsi que l'analyse
spatiale ont été réalisées à
l'aide du logiciel ArcView qui autorise la construction d'un système
d'information géographique (SIG) permettant de stocker et
de traiter l'information géoréférencée.
Le SIG a été exploité essentiellement pour
les mesures de surfaces et longueurs des objets géographiques
et pour le calcul des distances, dans une optique de comparaison
des structures des terroirs.
C’est ainsi qu’il a été possible de hiérarchiser
les villages de la région d’étude en fonction
du risque bilharziens en utilisant des variables spatiales ce qui
permet d’éviter l’utilisation des enquêtes
parasitologiques et malacologiques lourdes et coûteuses.
Actuellement un projet est en cours de réalisation au Burkina
Faso et à Madagascar. Il s’agit de coupler la télédétection
à un SIG afin de spatialiser les données environnementales
et de santé publique recueillies par les service de première
ligne dans le but de mettre en place un dispositif de surveillance
épidémiologique et de prévention du risque
à l’échelle nationale évitant la mise
en place de grandes campagnes de lutte aveugles et très coûteuses.
La réduction du coût des interventions permettra d’inscrire
plus facilement la lutte contre les schistosomoses dans le durable.
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