Santé  
   
  Utilisation des SIG dans la prévention du risque et la surveillance épidémiologique en Afrique de l’Ouest et à Madagascar
   
 

Emmanuel GRISORIO
Bertrand SELLIN

 
  RISEAL  
 
 


Dans le cadre de la recherche et de la lutte contre les schistosomoses (bilharzioses) en Afrique de l’Ouest et à Madagascar les SIG sont utilisés comme outil d’analyse spatiale.
Les schistosomoses (ou bilharzioses), endémies eau-dépendantes, sont recensées dans 76 pays en voie de développement. Actuellement, ces parasitoses se placent au deuxième rang des maladies parasitaires tropicales après le paludisme. Plus de 600 millions d'individus sont exposés aux schistosomoses.
Chaque année 200 000 décès peuvent être associés aux schistosomoses qui affectent les zones rurales mais aussi les milieux périurbains et urbains.
Il s'agit donc là d'un risque sanitaire majeur notamment en Afrique et à Madagascar, où le sous-développement et son corollaire fréquent, l'absence d'hygiène fécale et urinaire, favorisent la contamination.
La mise en œuvre d'aménagements hydro-agricoles, dans une optique évidente d’essor économique régional, voire national, a bien souvent précédé un développement de bilharzioses. Ainsi le risque bilharzien apparaît-il favorisé par une modification imposée à l'environnement par des actions de développement, et surtout par sa gestion, car le prix à payer correspond, malheureusement, à un bouleversement des écosystèmes puis, trop souvent, après un délai relativement court, à l'apparition de maladies parasitaires
En complément des recherches spécialisées plus que jamais nécessaires, recherche biologiques et médicales par exemple, une approche la plus globalisante possible est donc indéniablement utile pour expliquer les effets différenciés de la parasitose sur les sociétés humaines, et inversement.
La perspective est donc à la fois transdisciplinaire et géographique, à l'interface nature-sociétés ou environnement-santé. Il s’agit d’appréhender ces interrelations et évidemment de leur donner une traduction spatiale. Ce faisant, on parvient à définir un risque sanitaire et à fournir un outil de gestion de ce risque par les autorités.
Les outils d'observation et d'analyse spatiale interviennent à ce niveau en intégrant les données issues des relevés de terrain ce qui permet de décrire précisément les terroirs, dans le but d'en apprécier quantitativement et qualitativement les éléments spatiaux qui doivent entrer dans la définition du risque bilharzien.
Une étude a été effectuée en ce sens dans le Menabé (Centre-Ouest de Madagascar).
La digitalisation des différents objets ainsi que l'analyse spatiale ont été réalisées à l'aide du logiciel ArcView qui autorise la construction d'un système d'information géographique (SIG) permettant de stocker et de traiter l'information géoréférencée. Le SIG a été exploité essentiellement pour les mesures de surfaces et longueurs des objets géographiques et pour le calcul des distances, dans une optique de comparaison des structures des terroirs.
C’est ainsi qu’il a été possible de hiérarchiser les villages de la région d’étude en fonction du risque bilharziens en utilisant des variables spatiales ce qui permet d’éviter l’utilisation des enquêtes parasitologiques et malacologiques lourdes et coûteuses.
Actuellement un projet est en cours de réalisation au Burkina Faso et à Madagascar. Il s’agit de coupler la télédétection à un SIG afin de spatialiser les données environnementales et de santé publique recueillies par les service de première ligne dans le but de mettre en place un dispositif de surveillance épidémiologique et de prévention du risque à l’échelle nationale évitant la mise en place de grandes campagnes de lutte aveugles et très coûteuses. La réduction du coût des interventions permettra d’inscrire plus facilement la lutte contre les schistosomoses dans le durable.