Agriculture/Viticulture  
   
  Nomadisme, interopérabilité et ergonomie intuitive : les nouveaux défis pour les SIG en agriculture
   
  Jérôme CHAPOTIER
Thierry LACASSAGNE
  QUANTIX AGRO
   
 

SIG : vers l’exploitation virtuelle

Comme dans d’autres secteurs d’activité, l’agriculture voit monter en puissance les applications à caractère décisionnel. Qu’elles aient un objectif d’historisation (acquisition de connaissance, traçabilité, etc.) ou prospectif (prévision, simulation), ces applications embarquent de plus en plus d’informations relatives au fonctionnement des exploitations.

A ce titre on peut dire que le système d’information est une abstraction de la connaissance qu’a l’agriculteur de son entreprise et de son process de production.

L’agriculture étant par nature un sujet de choix pour les représentations géographiques, les SIG sont devenus des composants indispensables des logiciels décisionnels du secteur agricole. D’abord dédiés à leur usage premier, à savoir la représentation géographique des parcelles, les SIG deviennent de plus en plus un média pour l’organisation, la représentation et la manipulation de la connaissance disponible dans le système d’information de l’exploitation.

A ce titre on peut dire qu’ils sont une abstraction de l’exploitation en tant qu’objet physique et qu’ils permettent à l’utilisateur, que ce soit l’agriculteur ou le conseiller agricole, de disposer dans leur usage informatique d’une représentation virtuelle de l’exploitation.

Les besoins, en termes d’interface homme machine et d’ergonomie, qui naissent de cette évolution sont tels que les SIG doivent se doter, côté utilisateur, de fonctionnalités nouvelles adaptées aux objectifs métier couverts par les applications.

Les enjeux de l’interopérabilité

L’interopérabilité est la conséquence de la généralisation de l’usage des SIG dans les applications dédiées au secteur agricole. L’utilisateur est confronté à de nombreuses ressaisies et souhaite pouvoir échanger de façon aisée les données entre les différents logiciels. Cela concerne les applications fixes installées sur le PC de l’exploitant mais aussi les applications embarquées (import/export de cartes de rendement ou d’application par exemple).

Les SIG doivent donc trouver un langage commun pour échanger leurs informations. Mais l’interopérabilité n’est pas qu’un problème technique, elle nécessite une standardisation des définitions de données afin qu’une information puisse être utilisable par une autre au-delà de sa représentation numérique.

L’interopérabilité concerne aussi l’aspect multi utilisateurs des applications. L’agriculteur travaille en collaboration avec des interlocuteurs qui lui apportent conseils et compléments d’expertise dans la conduite de son exploitation et qui interviennent à l’aide d’applications qui peuvent être identiques ou différentes, sur les données de l’exploitation.

Nomadisme

La montée en puissance des techniques liées à l’agriculture raisonnée ou de précision implique un usage renforcé des applications décisionnelles à tout moment du cycle d’exploitation.

L’agriculteur en plus d’utiliser ses applications dans son bureau en vue d’analyser ou de préparer ses actions, doit pouvoir utiliser certaines fonctionnalités ou certaines informations au champ que ce soit pour la collecte de données ou pour l’aide à l’intervention. Par ailleurs, les techniciens qui apportent leurs conseils sont appelés à utiliser leurs applications chez l’agriculteur, loin de leur réseau d’entreprise.

Les applications décisionnelles basées sur les SIG doivent donc pouvoir fonctionner en mode connecté ou déconnecté et offrir des fonctionnalités avancées de synchronisation des données pour répondre à ces objectifs.