RESUME
:
Le
département de Korhogo est une région où la
pratique agricole et pastorale sont très développées.
Il est aussi appelé à connaître un développement
agro-industriel important. Les besoins en eau sont donc importants
pour le développement de toutes ces activités. Bien
que la situation ne soit pas encore alarmante, il n’en demeure
pas moins que la qualité des ressources en eau souterraine
est sans cesse mise à l’épreuve compte tenu
de la croissance des sources de pollution tant diffuses que ponctuelles.
Pour prévenir les risques de pollution de l’eau souterraine,
une des approches est la connaissance des zones spécialement
vulnérables. C’est dans ce but que cette étude
a été initiée en vue de produire une carte
de vulnérabilité intrinsèque des aquifères
de la région. La méthode utilisée pour réaliser
la carte est la méthode à cotation numérique
DRASTIC (Aller et al. 1987). L’intégration et la combinaison
des cartes de facteurs hydrogéologiques, en format GRID dans
le SIG sous environnement Arcview 3.2, a permis de calculer des
indices de vulnérabilité. Ces indices de vulnérabilité
obtenus par cette méthode, ont été regroupés
en trois classes (faible, moyenne et forte). Les résultats
indiquent que la région est dominée par la classe
de vulnérabilité moyenne (64 %) suivie par la classe
de vulnérabilité forte (24 % ) et enfin la classe
de vulnérabilité faible ( 13 % ). La classe à
forte vulnérabilité est située au nord dans
le secteur de la ville de M’bengue. Le centre et le sud du
département sont dominés par la classe de vulnérabilité
moyenne avec des passés de classe faible et forte. Le secteur
nord-est à sud-est du département, situé le
long du fleuve Bandama, est particulièrement dominé
par la classe de vulnérabilité forte. Les zones à
fort taux de nitrates se superposent au secteur sud-est permettant
ainsi de valider la carte de vulnérabilité établie.
Le secteur nord à forte vulnérabilité, bien
que le taux de nitrates soit faible, mérite une attention
particulière dans l’aménagement future du département.
Mots
clef : Côte d’Ivoire, SIG, vulnérabilité,
pollution, DRASTIC, gestion, protection, ressources en eau
1.
INTRODUCTION
Le
département de Korhogo qui sert de cadre à cette étude,
est une région semi aride avec des problèmes liée
à la gestion de l’eau. C’est une région
densément habitée (I.N.S., 2000). Les activités
agricoles liées fortement à la culture d’exportation
du coton occupent une grande partie de la superficie du territoire.
A la culture du coton, il faut associer celle du riz avec le développement
de nombreux bas fonds exploités et la culture d’igname
dont Korhogo est l’un des principaux producteurs. Comme nous
le constatons, le cadre d’étude est une grande région
agricole considérée comme la capitale de «l’or
blanc» qui est le coton. Cette agriculture extensive utilise
beaucoup d’intrants agricoles comme les engrais chimiques.
Parallèlement à l’agriculture, on note que la
région est aussi une région pastorale avec le développement
de grandes fermes pour l’élevage à laquelle
il faut ajouter d’élevage itinérant pratiqué
par les bouviers peuhls. C’est une région qui est appelée
à connaître un développement important eu égard
à sa position de zone carrefour située sur la route
des commerçants venant du Mali et du Burkina Faso. Dans les
années à venir, cette région connaîtra
aussi le développement de la culture d’exportation
de l’anacarde en vue de freiner l’exode des bras valides
vers le sud à la recherche d’un mieux être. De
nombreux projets agro-industriels sont prévus. C’est
donc une région promue à un bel avenir sur le plan
agropastoral comme industriel. Cependant, le développement
ne va pas sans poser de problèmes liés à la
qualité des ressources en eau souterraine. Bien que la situation
ne soit pas encore alarmante, il n’en demeure pas moins que
la qualité de la ressource en eau souterraine est sans cesse
mise à l’épreuve à cause de la croissance
des sources de pollution tant diffuses que ponctuelles. Pour prévenir
les risques de pollution de l’eau souterraine, une des approches
est la connaissance des zones spécialement vulnérables.
Les cartes de vulnérabilité ainsi produite indiquent
les zones les plus vulnérables à la contamination.
Notre étude a pour objectif de réaliser une carte
de vulnérabilité intrinsèque des aquifères
dans un but de faire une cartographie régionale des zones
vulnérables afin de prévenir les risques de pollution
dans la région, et d’aider les pouvoirs publiques dans
l’aménagement, la gestion, la protection des eaux souterraines
pour une sensibilisation des populations aux choses environnementales.
Pour atteindre notre but, la méthodologie appliquée
pour réaliser notre carte de vulnérabilité
est la méthode DRASTIC.
2.
PRESENTATION GENERALE
2.1. Cadre physiographique et climatique
La
zone d’intérêt est le département de Korhogo,
situé au Nord de la Côte d’Ivoire, entre les
longitudes 5°15 et 6°20 Ouest et les latitudes 8°30
et 10°25 Nord ( figure :1). Le relief de la zone est monotone
avec des altitudes variant en moyenne entre 300 et 400 m . On note
dans le paysage des inselbergs granitiques culminant parfois à
plus de 500 m d’altitude. La région de Korhogo est
constituée de plateaux latéritiques de hauteurs variant
de 0 à 3 m, témoins d’une ancienne pénéplaine.
Ces plateaux sont affectés d’une pente très
faible et régulière vers le fleuve Bandama .Le climat
tropical humide de la région se traduit par une moyenne annuelle
de précipitation fluctuant autour de 1200 mm.
(Figure
1 : Cadre géographique de la zone d’étude)
2.1. Cadre géologique
Le contexte géologique et tectonique de cette région
s’intègre dans l’histoire du craton ouest africain.
Plusieurs travaux (Lemoine, 1988 ; Kouamelan, 1996 ; Doumbia, 1998
et Ouattara, 1998) ont porté sur la géologie et la
tectonique de cette région. Il ressort de ces études
que la tectonique est polyphasée et a abouti à la
mise en place d’une fracturation très développée
dans ces formations. D’un point de vue lithologique on peut
distinguer deux grands ensembles (Figure2) :
· les formations birimiennes qui sont des formations volcaniques,
volcano-sédimentaires et sédimentaires, métamorphisées
déposées dans les sillons intracratoniques ;
·
les granitoïdes éburnéens qui sont des massifs
granitiques au sein desquels on y distingue plusieurs générations
de granites.

(Figure
2 Carte géologique téléanalytique du département
de Korhogo (Jourda, 2005) )
2.2. Contexte hydrogéologique
En
tenant compte de la nature des roches constituées essentiellement
de formations granitique et cristallophyllienne, on distingue deux
types d’aquifères : les réservoirs d’altérites
et les réservoirs de fissures. De ces deux types d’aquifères,
seuls les réservoirs de fissures offrent des ressources en
eau pérennes et sont les plus fiables du point de vue de
sa productivité liée au réseau souterrain de
fractures comme l’attestent les travaux d’Enguelenc
(1978-1979), Savadogo (1984), Biémi (1992) et de Savané
(1997) réalisés dans le même contexte géologique.
3.
MATERIELS ET METHODOLOGIE
3.1 Données utilisées
Les
données suivantes ont été utilisées
:
·
les images Landsat ETM+ : scènes 197-54 et 197-55 du mois
de février 2000 ;
· la mosaïque de 6 cartes topographiques au 1/200000
;
· les données de forages des campagnes de l’hydraulique
villageoise ;
· les données hydroclimatiques des villes de Korhogo,
Dianra, Sirasso, Komborodougou, Niofoin , M’bengue et Tortiya
;
· la carte géologique au 1/200000 de Korhogo
3.2
Méthodologie
3.2.1. Description de la méthode utilisée : méthode
DRASTIC
Le
terme vulnérabilité des aquifères comprend
deux niveaux d’approche :
· la vulnérabilité intrinsèque, qui
considère les conditions physiques naturels du milieu ;
· la vulnérabilité spécifique, qui fait
intervenir non seulement les paramètres naturels, mais également
les propriétés du contaminant (sa nature, sa mise
en place), des activités humaines, ou même des populations
à risque ( Murat V. et al., 2000).
Dans
le cadre de notre étude, on n’abordera que l’évaluation
de la vulnérabilité intrinsèque qui est définie
plus précisément par Verba et Zaporozec (1994) comme
étant une propriété intrinsèque des
systèmes aquifères qui dépend de la sensibilité
qu’ont ces systèmes aux impacts humains et\ou naturels.
La vulnérabilité est différente de risque de
pollution, qui dépend non seulement de la vulnérabilité
mais aussi de l’existence significative de la charge polluante
(Osborn et al. 1998).
La
méthode utilisée dans le cadre de cette étude
pour réaliser la carte de vulnérabilité est
la méthode DRASTIC développée par l’Agence
américaine de la Protection de l’Environnement, E.P.A.
(Aller et al. (1987). C’est une méthode à cotation
numérique empirique qui repose sur trois hypothèses
de base suivantes :
·
les sources de contamination potentielles se trouvent à la
surface du sol ;
· de la surface du sol, les contaminants potentiels atteignent
l’aquifère par le mécanisme d’infiltration
efficace ;
· la nature des contaminants potentiels n’est pas pris
en compte dans le calcul de l’indice.
Elle
prend en compte 7 paramètres, qui sont pondérés
par un facteur (Poids) de multiplication variant de 1 à 5
selon son importance. A chaque paramètre est attribué
une échelle comprenant des classes où une côte
(1 à 10) est attribuée selon la particularité
du milieu.
Les sept paramètres hydrogéologiques dont les initiales
donnent l’acronyme DRASTIC sont :
D
: profondeur à la nappe
R
: recharge
A
: type d’aquifère
S
: type de sol
T
: topographie
I
: impact de la zone vadose
C
: conductivité hydraulique
L’indice
DRASTIC, mesure de la pollution potentielle, est calculé
par la sommation du produit des côtes et des poids pour chaque
facteur hydrogéologique de la manière suivante :
Indice
DRASTIC = DrDw + RrRw + ArAw + SrSw + TrTw + IrIw + CrCw
r:
ranting ( côte)
w: weights ( poids )
La
vulnérabilité augmente avec l’indice DRASTIC
et cet indice représente une mesure relative de la vulnérabilité
des eaux souterraines. Un site avec un indice DRASTIC faible n’est
pas à l’abri d’une contamination, mais il est
moins susceptible à la contamination par rapport à
un site ayant un indice DRASTIC élevé (Osborn et al.,
1998).
3.2.2.
Source des données des paramètres DRASTIC
Dans
ce paragraphe, nous indiquerons la source des données ainsi
que le cheminement et les hypothèses qui ont mené
à l’estimation de chacune des côtes.
3.2.2.1. Profondeur de l’eau
Nous
avons utilisé les niveaux statiques des forages de la base
de données de Korhogo. Ces données nous ont été
fournies par le service de l’hydraulique villageoise de la
direction territorial de l’hydraulique humaine du nord. Les
interpolations ont été faites, selon une grille de
500x500m sous Arcview , à partir de 894 forages que compte
la base de données. Le paramètre profondeur de l’eau
est un paramètre très important dans l’évaluation
de la vulnérabilité de l’aquifère. La
classe de profondeur comprise entre 0 et 1.5 m n’existe pas
dans notre secteur d’étude. Nous avons donc seulement
six classes au niveau du facteur profondeur de l’eau.
Tableau
1 : Codification de la classe des profondeurs
3.2.2.2.
Recharge efficace
Nous
avons utilisé les données de 8 stations pluviométriques.
Sur ces 8 stations, nous avons calculé le bilan hydrique
(86-95) selon la méthode de Tornthwaite en utilisant les
données de température de la satation de Korhogo.
Nous avons défini 3 sous bassin versant. Pour le secteur
Nord (M’bengue) nous avons fait une approximation en l’assimilant
à un seul bassin versant.
Tableau
2 : Sous bassin versant
Nous
avons également calculé les écoulements moyens
annuels en utilisant les données hydrologiques des rivières
Badénou, Bandama enregistrées à ces différentes
stations hydrométriques. La rivière Bou n’ayant
pas de mesure hydrologique disponible, nous avons attribué
la valeur d’écoulement du Bandaman blanc mesurée
à la station située sur la route Korhogo-Badikaha.
Les résultats sont consignés dans le tableau 3.
Tableau
3: Valeurs de l’écoulement moyen annuel dans les sous
bassins versants

La
valeur d’écoulement moyen annuel étant relativement
plus élevée dans le sous bassin versant 2 (secteur
de Korhogo) par rapport aux sous bassin versant 3 et 1 correspondant
respectivement aux secteurs de Sirasso et de M’bengue. Cela
s’explique aisément par le fait que les sous bassin
versant 1 et 3 sont à cheval sur le couloir à haute
densité de fractures (figure 3). Le secteur étant
encore plus fracturé influençant l’écoulement
de surface et par conséquent l’infiltration efficace.

(Figure
3: Carte de densité de linéaments en longueur cumulée
par maille de 5 km et limite de bassin versant).
Tableau
3a : Valeurs de recharge nette moyen dans les sous bassin
La
valeur élevée de la recharge au nord est due au fait
que cette zone est très fortement fracturée comme
l’indique la carte de densité de linéaments
(figure 3).
Nous obtenons trois classes de recharge en relation avec les sous
bassins correspondants précédemment définis.
Tableau
4 : Codification des classes de la recharge efficace
3.2.2.3.
Milieu aquifère et Impact de la zone vadose
Nous
avons utilisé la carte géologique de la région
qui mentionne les différents terrains existants. La zone
d’étude est dominée par les terrains granito-migmatitiques
(62.5%) et quelques plages de schistes-grauwackes, métasédiments
et métavulcanites (33.5). Ces derniers ont été
interprétés comme des shalles. Les résultas
sont les suivants :
Tableau
5 : Codification des classes du milieu aquifère
On
constate que le milieu aquifère et la zone vadose ont les
mêmes classes et les mêmes côtes.
Tableau
6 : Codification des classes de l’impact de la zone vadose

Cela
s’explique aisément en ce sens que les deux critères
sont tous deux tributaires de la nature géologique des terrains
et donc de la carte géologique.
3.2.2.4. Type de sol
La
géologie de la région étant exclusivement cristallo-métamorphique.
Le sol qui dérive de l’altération, en milieu
tropical de savane, de ces types de roches est pratiquement absent
et s’il est présent, l’épaisseur est très
faible. Ce qui est confirmé par l’interprétation
de près de 200 coupes de forages qui ont mis en évidence
la faiblesse des épaisseurs des sols dans la majorité
des cas (0.1 m) et dans certains cas l’absence même
de celui-ci. Ces observations nous ont conduit à choisir
la classe ci-dessous pour le paramètre des sols.
Tableau
7 : Codification de la classe du type de sol
3.2.2.5.
Topographie
A
partir des cartes topographiques au 1/200000, nous avons numérisé
les courbes de niveau qui ont servi à la réalisation
du MNT. A partir de celui-ci, nous avons généré
la carte des pentes. La région n’est pas très
accidentée et les pentes sont en général faibles.
95 % de la superficie de la région a une pente comprise entre
0 et 2 %.
Tableau
8 : Codification des classes de la topographie
3.2.2.6. Conductivité hydraulique
Nous
avons déterminé les conductivités à
partir des linéaments relevés sur les images satellites
ETM+. La carte du réseau de linéaments a été
maillée salon la taille de 5 km x 5km et nous avons calculé
les tenseurs de perméabilité induite par une méthode
de simulation des écoulements des eaux souterraines (Francis
O., 1970). Le problème de la répartition ainsi que
celui de la continuité spatiale des valeurs ne se posent
plus. Les perméabilités de la région sont comprises
entre 0.1 10 -6 et 0.5 10 -6 m/s. Partant de ces valeurs de perméabilité,
nous obtenons les résultats suivants :
Tableau
9 : Codification de la classe de la conductivité hydraulique
Nous
obtenons ici une seule classe dont la côte est très
faible parce que nous sommes en milieu de socle cristallo-métamorphique.
Dans ces milieux, la perméabilité est très
faible et varie entre 10 -7 et 10 -5 et cette plage correspond à
la première classe de celles définies par la méthode
DRASTIC pour la conductivité.
3.2.3.
Procédure d’évaluation de la vulnérabilité
du département de Korhogo
Les
différentes étapes de la procédure d’évaluation
sont résumées dans le modèle conceptuel des
données (MCD) de la figure 4.
4
RESULTATS
Un
résumé statistique des indices DRASTIC est porté
dans le tableau 10
Tableau
10: Résumé statistique des indices DRASTIC
La
valeur minimum est de 77 et celle la plus élevée de
158. La comparaison des index DRASTIC, d’autres études
à la notre, montre qu’il existe une corrélation
entre les valeurs d’index et le type d’aquifère.
Tableau
11: Comparaison des index DRSTIC moyens et les facteurs hydrogéologiques
avec d’autres régions

(Figure
4: Modèle conceptuel des données pour la réalisation
de la carte de vulnérabilité intrinsèque de
Korhogo par la méthode DRASTIC)
L’analyse
de la figure 5 révèle que la région est en
grande partie couverte par la classe de vulnérabilité
moyenne (63.5%) suivie de la classe de vulnérabilité
forte (23.4 %) et enfin la classe de vulnérabilité
faible (13.09%). La méthode DRASTIC fait plus ressortir les
zones à moyenne et forte vulnérabilité. Ce
résultat a été déjà constaté
dans une étude de comparaison des méthodes effectuée
en Suisse (Kimmeier F. et al., 2001).

(Figure
5: Répartition spatiale, en pourcentage, des degrés
de vulnérabilité à la pollution)
L’observation
de la carte de vulnérabilité (figure 6) montre que
la classe de vulnérabilité forte est beaucoup plus
présente au Nord dans la sous-préfecture de M’bengue.
Cette zone est particulièrement remarquable parce qu’elle
est à très forte perméabilité, très
forte densité de linéaments, très forte recharge
efficace et à très
faible
écoulement de surface. C’est une zone à inondation
du fleuve Badénou. Celle-ci est donc sensible et doit être
surveillée parce que c’est une zone agricole. Il y
a une autre zone à forte vulnérabilité située
au Sud-Est le long du Bandama. Le Centre et le Sud du département
sont couvertes en majorité par la classe de vulnérabilité
moyenne.

(Figure
6: Carte de vulnérabilité intrinsèque de Korhogo
selon la méthode DRASTIC)
La
classe à vulnérabilité faible est essentiellement
située dans le secteur ouest suivant l’axe Sirasso-
Niofoin avec quelque point autour de Korhogo et Sinématiali.
Le secteur nord-est à sud-est du département ,situé
le long du fleuve Bandaman, est particulièrement souligné
par la classe de vulnérabilité forte Ces zones sont
densément occupées (figure 7) et avec des activités
agricoles très développées
(culture de coton et de riz) . A ces activités agricoles,
il faut ajouter la pratique de l’élevage itinérant
qui est aussi importante dans la région.

(Figure
7: Carte de la densité de population du département
de Korhogo. (I.N.S., 2000))
Le
secteur Nord-Est autour de Korhogo , Sinématiali et komborodougou
est à surveillé parce que la densité de population
est élevée et cette zone est vulnérable. C’est
donc une zone où le risque de pollution des eaux souterraines
est élevé. Ce risque est justifié par la carte
de concentration de nitrates ci-dessous qui servira à valider
la carte de vulnérabilité.
Validation
de la carte de vulnérabilité
Nous
avons effectué une campagne de prélèvement
d’échantillons en vue de faire des analyses des valeurs
de nitrates dans les ouvrages de Korhogo dans le but d’une
validation de notre carte de vulnérabilité. Le résumé
statistique de cette campagne figure dans le tableau 12. Les taux
de nitrates contenus dans les eaux souterraines de la région
sont dans l’ensemble bas et sont compris entre 0 et 10 mg/l
pour près de 83 % des échantillons. Cependant, nous
avons quelques points où les valeurs sont relativement élevées
(Pederekaha (51 mg/l), Ladjolakaha (58 mg/l), Diégon (69
mg/l), Galangbo (45 mg/) et Pangarikaha (46 mg/l) ).
Tableau
12: Statistique sur les valeurs de nitrates (mg/l) mesurées
dans les ouvrages (mars 2002 )

Ces
valeurs dépassent la norme OMS (50 mg/l) de qualité
des eaux d’alimentation. Dans ces cas isolés, nous
pouvons parler de cas de pollution par les nitrates. L’extrême
Sud-Est de la région, dont la vulnérabilité
est moyenne à forte, présente aussi des plages de
nitrates qui vont de la valeur forte à très forte
(figure 8).

(Figure
8: Carte des concentrations (mg/l) en nitrates du département
de Korhogo).
Ce
résultat confirme et valide la carte de vulnérabilité
intrinsèque de la région. Le secteur nord à
forte vulnérabilité, bien que le taux de nitrates
soit pour l’instant faible, mérite une attention particulière
dans l’aménagement de son espace afin de prévenir
toute pollution de cette zone.
5.
DISCUSSION
La
difficulté dans la réalisation d’une carte de
vulnérabilité selon la méthode DRASTIC est
liée au nombre des facteurs hydrogéologiques (7) pris
en compte. Les valeurs de certains facteurs, comme la recharge,
a été déterminée en extrapolant beaucoup
de données comme les valeurs d’écoulement des
cours d’eau. A cela, il faut ajouter une limitation liée
à la précision de la mesure de la profondeur de la
nappe. Cette précision étant fonction de l’intervalle
des isobathes de niveau de la nappe. Plus les intervalles sont larges
et moins précise est l’estimation de la profondeur
de la nappe et cela pose le problème de la continuité
des données. Les valeurs de conductivités hydrauliques
utilisées dépendent de la méthode prise pour
les estimer. Etant en milieu de socle, les valeurs de perméabilité
trouvées sont-elles celles des altérites ou des aquifères
de fissures? Cette carte décrit une vulnérabilité
relative des aquifères basée sur les données
disponibles de différents niveaux de précision et
de résolution. La résolution elle-même dépendant
du nombre et de la proximité des points de mesures. Plusieurs
cartes de différentes résolutions ont été
combinées et cela peut poser des problèmes d’échelle
par exemple. Cependant, la combinaison de résolution est
acceptable pour évaluer la vulnérabilité relative
des aquifères mais non adéquate pour déterminer
la vulnérabilité spécifique d’un site
donné (Osborn et al., 1998). C’est une carte conçue
à une échelle de 1/200 000 pour une étude régionale
et ne devrais pas être utilisée à des échelles
plus grandes car cela créerais des erreurs d’analyse
parce que beaucoup de détails sont perdus lors de son élaboration.
En dépit des différentes limitations soulevées
de ce genre de carte, il n’en demeure pas moins que la carte
de vulnérabilité intrinsèque selon la méthode
DRASTIC est fiable et permet d’avoir une idée sur les
zones sensibles qu’il va falloir prendre en compte lors de
l’aménagement du département.
CONCLUSION
L’application
de la méthode DRASTIC à permis de réaliser
la carte de vulnérabilité intrinsèque des aquifères
du département de Korhogo. L’analyse de celle-ci met
en évidence trois classes de vulnérabilité
d’inégale répartition spatiale :
·
une classe à vulnérabilité faible couvrant
13 % du département et essentiellement située dans
le secteur Ouest suivant l’axe Sirasso- Niofoin avec quelque
point autour de Korhogo et Sinématiali ;
·
une classe à vulnérabilité moyenne, de loin
la plus importante, couvrant 64 % de la superficie du territoire
et identifier au centre et au sud;
·
et enfin une classe à vulnérabilité forte couvrant
23 % du département identifier dans la zone nord autour de
la ville de M’bengue et au Sud-Est situé le long du
fleuve Bandama.
Les zones à fort taux de nitrates se superposent aux zones
de fortes vulnérabilités; validant ainsi la carte
de vulnérabilité. Dans le secteur Nord à forte
vulnérabilité, bien que le taux de nitrates soit pour
l’instant faible, une attention particulière doit être
portée dans l’aménagement de son espace afin
d’y prévenir toute pollution.
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REMERCIEMENTS
Nous tenons à adresser nos remerciements à l’UNESCO/PHI
(Bureau régional de Nairobi) et au Gouvernement français,
pour le financement et aux organismes (SODECI, D.H.H.) pour leur
aide et collaboration sans lesquels cette étude n’aurait
pas été possible.
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