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Le Grand Dijon, Communauté
de l’agglomération dijonnaise, regroupe 21 communes
depuis le 1er Janvier 2004 situées autour de Dijon, capitale
des ducs de bourgogne. Le territoire communautaire s’étend
sur 21000 hectares pour une population de 250000 habitants soit
48 % de la population de la Côte d’or.

I/
CONTEXTE GENERAL :
Le Grand Dijon dans le
cadre de sa politique relative au développement partagé
et durable s’est fixé pour objectif la création
d’un réseau pédestre sur le territoire de l’agglomération.
Ces circuits offriront
aux randonneurs la pratique totale de leurs loisirs sans recours
à la voiture. Ils permettront à tout un chacun de
redécouvrir sa propre commune, de rejoindre les itinéraires
de randonnées à l’extérieur de la ville
et de découvrir les communes voisines par des sentiers agréables,
entretenus et sans véhicules motorisés.
A terme, la pratique
de ces chemins contribuera à la réalisation d’un
autre objectif de la Communauté : équilibrer la fréquentation
des promeneurs entre l’est et l’ouest de l’agglomération.
Ce projet se trouve inscrit
dans le Contrat d’agglomération et en relation avec
d’autres actions comme :
- La protection et la mise en valeur d’espaces libres d’intérêt
d’agglomération.
- Les sentiers du Grand Dijon.
- La création de jardins thématiques liés aux
cheminements verts.
- La sensibilisation à l’environnement
Après une première
phase de diagnostic sur l’ensemble des cheminements piétons,
des espaces et sites remarquables de l’agglomération,
le Grand Dijon a procédé à la deuxième
phase : l’établissement du schéma directeur
des sentiers du Grand Dijon, en faisant appel aux compétences
du Comité Départementale de Randonnée Pédestre
de Côte d’Or (CDRP 21).
Moyens mis en place :
Organisation
1ère phase : diagnostic : le service environnement avec une
stagiaire
2ème phase : Elaboration du schéma directeur : avec
un prestataire spécialisé : le CDRP a travaillé
directement sur le SIG
Outil
Utilisation du SIG du Grand Dijon (Arcview 8)
II/
DIAGNOSTIC
1
/ Objectifs
Il s’agit d’identifier
les circuits piétons existants ou en projet ainsi que les
sites et espaces naturels remarquables. Le diagnostic couvre l’ensemble
du territoire des 21 communes.
Ce travail doit servir
de support à la réalisation d’un schéma
directeur des cheminements. A partir de ce schéma, le balisage
des circuits sera effectué ainsi que la réalisation
d’un topo guide. Il s’agit d’itinéraires
de randonnées (plan de villes et cartes) accompagnés
des commentaires et explications permettant au public de parcourir
ces itinéraires. Des animations et la mise en place d’équipements
pédagogiques seront également mis en place.
L’objectif est ainsi de faire découvrir de nouveaux
itinéraires sur l’est de l’agglomération
et de tenter de diminuer la fréquentation excessive d’espaces
naturels fragilisés (principalement au nord et à l’ouest).
C’est donc un outil
d’aide à la décision qu’il s’agit
de réaliser pour créer par la suite le schéma
directeur.
2/ Structuration des données nécessaires au diagnostic
Principes au service
des objectifs
- Pérennisation des données dans le temps
- recoupement avec des couches différentes : bus, pistes
cyclables
- aspect juridique : cadastre
- facilité dans les processus d’acquisition de données,
leurs modifications
Formalisation des types et sous-types des données SIG :
Le système SIG permet de rentrer différents types
de données dont des surfaces, des linéaires et des
points. Il convenait donc d’ordonner les différentes
informations pour les transcrire sous format numérique.
Trois couches ont été structurées :
les surfaces correspondent aux sites verts, les lignes aux chemins
et les points aux points remarquables.
Chacune de ces trois couches a été renseignée
de façon plus précise. Ainsi, une classification dans
chaque couche a été établie, telle que :
- le type(ex : circulation, sentier)
- le sous-type(ex : chemin rural, chemin d’exploitation,..)
- l’état(ex : existant, projet,…)
- le propriétaire(ex : commune, privé,…)
- le CODCOMM : code INSEE de la commune sur lequel est situé
le chemin, la surface ou le point
Les
chemins
Ils
sont divisés en 3 types : sentier, circulation et hydrographie(hydro).
Nous avons choisi de différencier les circulations, des sentiers
par la largeur des chemins. Ceci permettra d'identifier des tronçons
sur lesquels des aménagements spécifiques pourront
être aménagés.
D'autre part, nous avons choisi de distinguer l'état du chemin
en projet, du chemin potentiel pour différencier les projets
de la commune des potentialités proposées.
Les
sites verts
Ils sont divisés en 5 types et plusieurs sous- types. Quelques
précisions sont à apporter pour la distinction entre
des :
- Espaces sportifs et espace vert d'accompagnement sportifs : les
espaces d'accompagnement sont situés à proximité
d'un gymnase ou d'un cours de tennis avec moins de végétation
que les espaces sportifs.
- Jardins familiaux et petits jardins : les petits jardins(maraîchage,
verger, horticulture) sont privés alors que les jardins familiaux
appartiennent à la commune ou à une association. Donc,
si c'est la propriété de la commune nous avons peut-être
la possibilité de les traverser.
Pour
faciliter la lisibilité des cartes, les cultures de céréales,
étant majoritaires sur le territoire, apparaissent en blanc
sur les cartes.
Les
points remarquables




3
/Le recueil des données
Une fois la structure établie, il fallait recueillir les
données. Pour cela plusieurs sources d'information étaient
possibles : la cartographie existante mais non spécifique,
les données littéraires, le recours à des entretiens
directs et à des visites de terrain.
Tous ces éléments ont permis un recoupement de l’information.
Cartographiques
Un travail de recensement a été effectué dans
les divers documents des services de la communauté, notamment,
les services du PLU, du SIG, du transport, et bien sûr du
service environnement.
Pour les fonds de cartes
informatisés, nous disposons des données géographiques
relatives à : la voirie, les équipements publics nommés,
les réseaux, la nature du bâti cadastré, le
cadastre parcellaire, les voies surfaciques, l’hydrographie,
les voies ferrées, les limites communales et les espaces
verts sur Dijon, la nature des propriétés publiques,
l’orthophtoplan, les données topographiques des espaces
naturels de la carte IGN (celles-ci étant incomplètes,
il fallait les vérifier ou les compléter)
Les
entretiens
Les entretiens prennent une place centrale dans le projet car ils
permettent de valider et compléter les données existantes.
Il fallait donc les préparer avec soin afin d’en optimiser
le résultat. C’est pourquoi un travail préparatoire
consistait à structurer les éléments en notre
possession afin d’optimiser les entretiens.
Visite de terrain.
Les visites sur le terrain ont servi à :
- susciter des informations complémentaires de la part des
acteurs.
- confirmer des éléments incertains ou contradictoires
Une démarche structurée commune par commune.
Réunions de lancement pour présentation de la démarche
Une fois cette méthode déterminée et validée
par l’élue référente, nous avons invité
respectivement les maires et les autres partenaires à l'occasion
de deux réunions afin de leur présenter les objectifs
et la méthodologie du projet.
4/
Mise en oeuvre
LES
ENSEIGNEMENTS DE LA MISE EN ŒUVRE ET LES APPORTS METHODOLOGIQUES
« L'enthousiasme de la classification »: nous avons
été rapidement confrontés lors de la rentrée
des données dans le SIG a une tendance forte à multiplier
les types et les sous-types, tendance motivée par un désir
de précision. Toutefois, nous avons pris conscience que ce
désir de perfection aussi légitime qu'il fut devait
être réprimé au regard des objectifs et des
contraintes de temps qui étaient les nôtres. Cette
prise de conscience nous a même conduit à corriger
la classification conçue initialement. Par exemple, il ne
s'avéra pas pertinent de distinguer les mails et les coulées
vertes.
Un
des enseignements de ce travail d'informatisation des données
fut l'importance de la couche orthophotoplan. En ayant la chance
de disposer d'un orthophotoplan de 2002, nous avons pu recouper
les informations de façon précise et corriger des
tracés qui avec le temps ne correspondaient plus à
la réalité sur le terrain. Par exemple, de nombreux
chemins ruraux se trouvent déviés ou coupés.
Il va de soi que l'utilisation de cartes IGN récentes peut
parfois jouer un rôle complémentaire à l'orthophotoplan
notamment lorsque les cheminements se situent dans des zones boisées
ou fortement accidentées pour lesquelles la photo aérienne
n'est guère exploitable. L’orthophotoplan a également
servi pour rectifier et compléter la base de données
végétation de la carte IGN.
La validation des données insuffisamment prise en compte
dans la méthode
Initialement
prévu à une rencontre, la participation des acteurs
que ce soit les maires ou les partenaires nous est vite apparue
comme un élément central du diagnostic. En effet,
qui mieux que les personnes vivant sur le territoire pouvaient valider
et corriger notre diagnostic ?
Face
à cette prise de conscience, nous avons multiplié,
malgré la surcharge de travail, les relations avec ces partenaires
en appliquant un processus itératif de validation. Ce fut
le cas avec le Comité de randonnée pédestre,
l'Office National des Forêts, Office National de la Chasse,
l'association l'Aile Brisée et l'ensemble des communes. Les
cartes, commune par commune, furent soumises à leur jugement,
rectifiées afin d'être envoyées une seconde
fois aux mairies pour une validation finale. Ainsi, nous avons pu
optimiser la fiabilité des données du diagnostic directement
auprès des personnes les plus compétentes.
L’IMPORTANCE
DES ACTEURS ET DONC DE LA DYNAMIQUE DE LANCEMENT
Ce travail n'aurait pas été possible sans la participation
active et motivée des acteurs. Sur cet aspect, nous avions
sans doute sous estimée l'importance de la dynamique crée
lors de la réunion de lancement. La conviction avec laquelle
l’élue référente a présenté
le projet, a été capitale.
5/
Résultats
AU
TOTAL, 4775 DONNEES ONT ETE CREEES ET RENSEIGNEES.
Le
diagnostic final est difficile a présenter dans ce rapport
car l'essentiel du travail cartographique se trouve dans la base
de données du SIG de la communauté. Nous ne pouvons
qu'en donner des aperçus sous forme de sortie papier mais
celles-ci ne rendent pas du tout compte de l'aspect dynamique de
l'outil informatique, par exemple de la possibilité de recueillir
des informations en cliquant sur un tracé ou un point remarquable.
Une
cartographie complète a été réalisée
sur l’agglomération et communes par communes
6/
Des difficultés à surmonter
La difficulté à rester dans l’objectivité
du diagnostic :
Il est apparu qu'il s'avère difficile de rester dans les
limites du diagnostic et de ne pas déborder sur les phases
ultérieures. En effet, le diagnostic est effectué
en fonction d'objectifs et ces objectifs doivent rester constamment
à l'esprit pour rendre le travail le plus pertinent possible
mais ne doivent pas interférer sur celui-ci. Par exemple,
il était difficile de ne pas déjà faire des
propositions de circuits et de garder la réserve nécessaire
à l'objectivité de l'analyse. L'absence d'implication
dans la suite du projet permet seule de rester avec un regard de
spectateur, car c'est ainsi que nous définirions dans ce
cas la notion d'objectivité : ne pas être impliqué.
Cependant, il nous a
semblé qu’il découpait un processus plus continu
et que les acteurs auraient pu apporter une contribution plus créatrice
si dans le même temps ils avaient été interrogés
à la fois sur l’existant et sur leur proposition de
circuits.
Le facteur temps et l’ampleur
du territoire à couvrir : nécessité d’un
planning très serré
La durée initiale de cette mission confiée à
une stagiaire était de 3 mois
Il a fallu la prolonger de 3 mois.
III
/ Elaboration du schéma directeur
Différentes étapes
ont été établies :
-
Analyse du diagnostic

- Propositions de circuits et concertation avec les élus
de chaque commune
- Réalisation
d’ une cartographie du schéma directeur de chaque circuit
ainsi que la carte générale de tous les circuits et
liaisons dans l’agglomération.
1/
Propositions de circuits et concertation avec les élus de
chaque commune :
Pour établir des
propositions, il était nécessaire de tenir compte
de plusieurs éléments :
- du diagnostic et de
son analyse préalablement effectuée ;
- des connexions avec le réseau de transport Divia et le
schéma de pistes cyclables ;
- des volontés de chaque commune ;
- des plans locaux d’urbanisme, en particulier des futures
zones à urbaniser ;
- des projets de la LINO, de la zone d’activité économique
au Sud de l’agglomération ;
- des associations de chasseurs et de pêcheurs ;
- des sentiers existants traversés par des parcelles privées
;
Ce dernier point fut un élément déterminant
dans le choix de certains tracés afin de limiter au maximum
le nombre de propriétaires privés concernés
dans chaque circuit tout en conservant un attrait touristique et
sportif.
Pour ce faire, nous avons
été amenés à rencontrer plusieurs fois
les élus et, certains propriétaires privés
pour assurer la faisabilité des projets,
Au niveau de la base
de données, le diagnostic a été repris. Plusieurs
champs ont été rajoutés et complétés
:
- Circuit : permet de
différencier les circuits, des liaisons.
- Code circuit : un numéro a été attribué
sur chaque circuit ou liaison pour identifier les tronçons
appartenant à un circuit ou une liaison
- Nature sol : informe sur la nature du sol de chaque tronçon
- Nom propriétaire : indique le nom du propriétaire
- Programmation : permet de déterminer sur chaque tronçon
si celui-ci est existant ou en projet donc nécessite des
travaux de sécurité ou de création pour être
accessible à la randonnée pédestre
Chaque élu a été informé des difficultés
présentes sur chaque itinéraire concernant sa commune,
en particulier des sentiers traversant les parcelles privées
avec le nom des propriétaires concernés. Ceci a permis
de vérifier l’aspect foncier avec les communes et de
vérifier en amont chaque proposition.
Toutes
les communes ont été sollicitées pour valider
et proposer une dénomination pour chacun des circuits retenus.
2/Réalisation du schéma directeur des sentiers
du Grand Dijon :
47
circuits ont été retenus dont 1 pour handicapés
et 1 pour personnes âgées.
Une
cartographie générale de tous les circuits et des
liaisons au 1 :25000 a été établie.
Au total, on comptabilise environ 380 km de circuits et liaisons.
Des propositions d’aménagements ont été
faites pour améliorer la sécurité des randonneurs
dans les traversées de routes, fossés, rivières,
voie ferrée.

IV/
ETUDE FONCIERE :
Pour l’étude
foncière, les éléments du cadastre étaient
indispensables.
Ainsi, plusieurs champs ont été rajoutés et
renseignés dans la base de données initiale :
- le statut juridique
: qui a été classé en 7 catégories :
Chemin de hallage, Chemin rural, Domaine privé état,
domaine privé département, domaine privé communal,
voie public, non renseigné
- le CODEIDENT : indiquant le code INSEE, numéro de section,
numéro de parcelles
- l’adresse du propriétaire
- le numéro de tronçon
Grâce à
ces données, une cartographie a pu être établie
pour chaque circuit accompagnée d’un tableau correspondant
aux éléments de la base de données.
Ainsi, grâce à la base de données et au publipostage,
220 conventions de passage entre propriétaires privés,
commune et communauté d’agglomération ont été
complétées et envoyées aux différentes
communes de l’agglomération pour signature.
Les éléments pour établir une délibération
dans chaque commune avec un modèle de délibération
a également été joint au courrier.
V
/ CE QU'IL RESTE A FAIRE :
Aussitôt les conventions
de passage signées, la communauté d'agglomération
effectuera le balisage des circuits ainsi que l'édition du
topo-guide. Cette dernière se trouvera grandement facilitée
grâce à la disponibilité des cartographies.
Pour le suivi des données SIG, la communauté d’agglomération
compte confier cette mission à l'organisme qui sera chargé
d'entretenir le balisage. En utilisant le même outil et en
travaillant sur les couches du Grand Dijon, les différentes
mises à jour viendront régulièrement réactualiser
les données du SIG.
Parallèlement, il est prévu que la gestion des panneaux
signalétiques et matériels urbains relatifs aux sentiers
s'effectue à l'aide du SIG.
CONCLUSION
Grâce
à l'utilisation du SIG dès le début du projet,
le passage du diagnostic aux propositions de circuits a pu se faire
naturellement et les données propres à l'ensemble
des cheminements en cours de mise en œuvre se trouvent aujourd'hui
organisées de manière rigoureuse et évolutive.
L'utilisation des autres couches du SIG a permis d'optimiser les
choix de tracés et inversement, les données de ce
projet contribuent aujourd'hui aux différentes analyses d’urbanisme,
d'aménagement, de révision de PLU, d'environnement
menées par le Grand Dijon.
Ce projet a été l'occasion d'utiliser le SIG comme
ce qu'il doit être, c'est-à-dire un véritable
outil communautaire. En effet, au sein d'une collectivité
comme le Grand Dijon, il est indispensable que chaque service puisse
contribuer à la création de données qui, mises
en forme, peuvent servir à tous, permettant un enrichissement
progressif de tous par tous. Portée par la mission charte
de l'environnement, la mise en œuvre des Sentiers du Grand
Dijon est en accord avec la logique de transversalité propre
aux politiques de développement durable. Le SIG devient donc,
l'exemple de cette mise en œuvre, un outil qui interroge les
pratiques des différents services car situé à
l'articulation de différents besoins et objectifs de la communauté.
Cette
utilisation partagée d'un outil de travail ne peut cependant
se faire que si chaque utilisateur accepte d'enrichir le fond commun
en faisant l'effort d'y inscrire les données qu'il est amené
à créer. L'investissement en temps et en formation
représente un investissement utile et souhaitable car il
enrichit les capacités collectives dans une stratégie
bénéfique à tous : j'utilise, j'enrichi.
De plus, la politique de développement durable du Grand Dijon
aura de plus en plus besoin de ce type d'outil que ce soit sur des
questions purement environnementales (bruit, air, pistes cyclables,
transports urbains, eau..) ou des problèmes d'aménagements
du territoire, de logements, de politique social...
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