Tourisme et randonnées  
   
  Le SIG, outil adéquat au service du projet des sentiers du Grand Dijon
   
  Christine GAUTHE
Sébastien APPERT
  Le Grand Dijon
 


Le Grand Dijon, Communauté de l’agglomération dijonnaise, regroupe 21 communes depuis le 1er Janvier 2004 situées autour de Dijon, capitale des ducs de bourgogne. Le territoire communautaire s’étend sur 21000 hectares pour une population de 250000 habitants soit 48 % de la population de la Côte d’or.

I/ CONTEXTE GENERAL :

Le Grand Dijon dans le cadre de sa politique relative au développement partagé et durable s’est fixé pour objectif la création d’un réseau pédestre sur le territoire de l’agglomération.

Ces circuits offriront aux randonneurs la pratique totale de leurs loisirs sans recours à la voiture. Ils permettront à tout un chacun de redécouvrir sa propre commune, de rejoindre les itinéraires de randonnées à l’extérieur de la ville et de découvrir les communes voisines par des sentiers agréables, entretenus et sans véhicules motorisés.

A terme, la pratique de ces chemins contribuera à la réalisation d’un autre objectif de la Communauté : équilibrer la fréquentation des promeneurs entre l’est et l’ouest de l’agglomération.

Ce projet se trouve inscrit dans le Contrat d’agglomération et en relation avec d’autres actions comme :
- La protection et la mise en valeur d’espaces libres d’intérêt d’agglomération.
- Les sentiers du Grand Dijon.
- La création de jardins thématiques liés aux cheminements verts.
- La sensibilisation à l’environnement

Après une première phase de diagnostic sur l’ensemble des cheminements piétons, des espaces et sites remarquables de l’agglomération, le Grand Dijon a procédé à la deuxième phase : l’établissement du schéma directeur des sentiers du Grand Dijon, en faisant appel aux compétences du Comité Départementale de Randonnée Pédestre de Côte d’Or (CDRP 21).

Moyens mis en place :
Organisation
1ère phase : diagnostic : le service environnement avec une stagiaire
2ème phase : Elaboration du schéma directeur : avec un prestataire spécialisé : le CDRP a travaillé directement sur le SIG

Outil
Utilisation du SIG du Grand Dijon (Arcview 8)

II/ DIAGNOSTIC

1 / Objectifs

Il s’agit d’identifier les circuits piétons existants ou en projet ainsi que les sites et espaces naturels remarquables. Le diagnostic couvre l’ensemble du territoire des 21 communes.

Ce travail doit servir de support à la réalisation d’un schéma directeur des cheminements. A partir de ce schéma, le balisage des circuits sera effectué ainsi que la réalisation d’un topo guide. Il s’agit d’itinéraires de randonnées (plan de villes et cartes) accompagnés des commentaires et explications permettant au public de parcourir ces itinéraires. Des animations et la mise en place d’équipements pédagogiques seront également mis en place.
L’objectif est ainsi de faire découvrir de nouveaux itinéraires sur l’est de l’agglomération et de tenter de diminuer la fréquentation excessive d’espaces naturels fragilisés (principalement au nord et à l’ouest).

C’est donc un outil d’aide à la décision qu’il s’agit de réaliser pour créer par la suite le schéma directeur.


2/ Structuration des données nécessaires au diagnostic

Principes au service des objectifs
- Pérennisation des données dans le temps
- recoupement avec des couches différentes : bus, pistes cyclables
- aspect juridique : cadastre
- facilité dans les processus d’acquisition de données, leurs modifications


Formalisation des types et sous-types des données SIG :
Le système SIG permet de rentrer différents types de données dont des surfaces, des linéaires et des points. Il convenait donc d’ordonner les différentes informations pour les transcrire sous format numérique.
Trois couches ont été structurées :
les surfaces correspondent aux sites verts, les lignes aux chemins et les points aux points remarquables.
Chacune de ces trois couches a été renseignée de façon plus précise. Ainsi, une classification dans chaque couche a été établie, telle que :
- le type(ex : circulation, sentier)
- le sous-type(ex : chemin rural, chemin d’exploitation,..)
- l’état(ex : existant, projet,…)
- le propriétaire(ex : commune, privé,…)
- le CODCOMM : code INSEE de la commune sur lequel est situé le chemin, la surface ou le point

Les chemins

Ils sont divisés en 3 types : sentier, circulation et hydrographie(hydro). Nous avons choisi de différencier les circulations, des sentiers par la largeur des chemins. Ceci permettra d'identifier des tronçons sur lesquels des aménagements spécifiques pourront être aménagés.
D'autre part, nous avons choisi de distinguer l'état du chemin en projet, du chemin potentiel pour différencier les projets de la commune des potentialités proposées.



Les sites verts

Ils sont divisés en 5 types et plusieurs sous- types. Quelques précisions sont à apporter pour la distinction entre des :
- Espaces sportifs et espace vert d'accompagnement sportifs : les espaces d'accompagnement sont situés à proximité d'un gymnase ou d'un cours de tennis avec moins de végétation que les espaces sportifs.
- Jardins familiaux et petits jardins : les petits jardins(maraîchage, verger, horticulture) sont privés alors que les jardins familiaux appartiennent à la commune ou à une association. Donc, si c'est la propriété de la commune nous avons peut-être la possibilité de les traverser.

Pour faciliter la lisibilité des cartes, les cultures de céréales, étant majoritaires sur le territoire, apparaissent en blanc sur les cartes.

Les points remarquables

3 /Le recueil des données

Une fois la structure établie, il fallait recueillir les données. Pour cela plusieurs sources d'information étaient possibles : la cartographie existante mais non spécifique, les données littéraires, le recours à des entretiens directs et à des visites de terrain.
Tous ces éléments ont permis un recoupement de l’information.
Cartographiques
Un travail de recensement a été effectué dans les divers documents des services de la communauté, notamment, les services du PLU, du SIG, du transport, et bien sûr du service environnement.

Pour les fonds de cartes informatisés, nous disposons des données géographiques relatives à : la voirie, les équipements publics nommés, les réseaux, la nature du bâti cadastré, le cadastre parcellaire, les voies surfaciques, l’hydrographie, les voies ferrées, les limites communales et les espaces verts sur Dijon, la nature des propriétés publiques, l’orthophtoplan, les données topographiques des espaces naturels de la carte IGN (celles-ci étant incomplètes, il fallait les vérifier ou les compléter)

Les entretiens
Les entretiens prennent une place centrale dans le projet car ils permettent de valider et compléter les données existantes. Il fallait donc les préparer avec soin afin d’en optimiser le résultat. C’est pourquoi un travail préparatoire consistait à structurer les éléments en notre possession afin d’optimiser les entretiens.
Visite de terrain.
Les visites sur le terrain ont servi à :
- susciter des informations complémentaires de la part des acteurs.
- confirmer des éléments incertains ou contradictoires
Une démarche structurée commune par commune.
Réunions de lancement pour présentation de la démarche
Une fois cette méthode déterminée et validée par l’élue référente, nous avons invité respectivement les maires et les autres partenaires à l'occasion de deux réunions afin de leur présenter les objectifs et la méthodologie du projet.


4/ Mise en oeuvre

LES ENSEIGNEMENTS DE LA MISE EN ŒUVRE ET LES APPORTS METHODOLOGIQUES

« L'enthousiasme de la classification »: nous avons été rapidement confrontés lors de la rentrée des données dans le SIG a une tendance forte à multiplier les types et les sous-types, tendance motivée par un désir de précision. Toutefois, nous avons pris conscience que ce désir de perfection aussi légitime qu'il fut devait être réprimé au regard des objectifs et des contraintes de temps qui étaient les nôtres. Cette prise de conscience nous a même conduit à corriger la classification conçue initialement. Par exemple, il ne s'avéra pas pertinent de distinguer les mails et les coulées vertes.

Un des enseignements de ce travail d'informatisation des données fut l'importance de la couche orthophotoplan. En ayant la chance de disposer d'un orthophotoplan de 2002, nous avons pu recouper les informations de façon précise et corriger des tracés qui avec le temps ne correspondaient plus à la réalité sur le terrain. Par exemple, de nombreux chemins ruraux se trouvent déviés ou coupés. Il va de soi que l'utilisation de cartes IGN récentes peut parfois jouer un rôle complémentaire à l'orthophotoplan notamment lorsque les cheminements se situent dans des zones boisées ou fortement accidentées pour lesquelles la photo aérienne n'est guère exploitable. L’orthophotoplan a également servi pour rectifier et compléter la base de données végétation de la carte IGN.


La validation des données insuffisamment prise en compte dans la méthode

Initialement prévu à une rencontre, la participation des acteurs que ce soit les maires ou les partenaires nous est vite apparue comme un élément central du diagnostic. En effet, qui mieux que les personnes vivant sur le territoire pouvaient valider et corriger notre diagnostic ?

Face à cette prise de conscience, nous avons multiplié, malgré la surcharge de travail, les relations avec ces partenaires en appliquant un processus itératif de validation. Ce fut le cas avec le Comité de randonnée pédestre, l'Office National des Forêts, Office National de la Chasse, l'association l'Aile Brisée et l'ensemble des communes. Les cartes, commune par commune, furent soumises à leur jugement, rectifiées afin d'être envoyées une seconde fois aux mairies pour une validation finale. Ainsi, nous avons pu optimiser la fiabilité des données du diagnostic directement auprès des personnes les plus compétentes.

L’IMPORTANCE DES ACTEURS ET DONC DE LA DYNAMIQUE DE LANCEMENT
Ce travail n'aurait pas été possible sans la participation active et motivée des acteurs. Sur cet aspect, nous avions sans doute sous estimée l'importance de la dynamique crée lors de la réunion de lancement. La conviction avec laquelle l’élue référente a présenté le projet, a été capitale.

5/ Résultats

AU TOTAL, 4775 DONNEES ONT ETE CREEES ET RENSEIGNEES.

Le diagnostic final est difficile a présenter dans ce rapport car l'essentiel du travail cartographique se trouve dans la base de données du SIG de la communauté. Nous ne pouvons qu'en donner des aperçus sous forme de sortie papier mais celles-ci ne rendent pas du tout compte de l'aspect dynamique de l'outil informatique, par exemple de la possibilité de recueillir des informations en cliquant sur un tracé ou un point remarquable.

Une cartographie complète a été réalisée sur l’agglomération et communes par communes

 

6/ Des difficultés à surmonter

La difficulté à rester dans l’objectivité du diagnostic :
Il est apparu qu'il s'avère difficile de rester dans les limites du diagnostic et de ne pas déborder sur les phases ultérieures. En effet, le diagnostic est effectué en fonction d'objectifs et ces objectifs doivent rester constamment à l'esprit pour rendre le travail le plus pertinent possible mais ne doivent pas interférer sur celui-ci. Par exemple, il était difficile de ne pas déjà faire des propositions de circuits et de garder la réserve nécessaire à l'objectivité de l'analyse. L'absence d'implication dans la suite du projet permet seule de rester avec un regard de spectateur, car c'est ainsi que nous définirions dans ce cas la notion d'objectivité : ne pas être impliqué.

Cependant, il nous a semblé qu’il découpait un processus plus continu et que les acteurs auraient pu apporter une contribution plus créatrice si dans le même temps ils avaient été interrogés à la fois sur l’existant et sur leur proposition de circuits.

Le facteur temps et l’ampleur du territoire à couvrir : nécessité d’un planning très serré
La durée initiale de cette mission confiée à une stagiaire était de 3 mois
Il a fallu la prolonger de 3 mois.

III / Elaboration du schéma directeur

Différentes étapes ont été établies :

- Analyse du diagnostic


- Propositions de circuits et concertation avec les élus de chaque commune

- Réalisation d’ une cartographie du schéma directeur de chaque circuit ainsi que la carte générale de tous les circuits et liaisons dans l’agglomération.

1/ Propositions de circuits et concertation avec les élus de chaque commune :

Pour établir des propositions, il était nécessaire de tenir compte de plusieurs éléments :

- du diagnostic et de son analyse préalablement effectuée ;
- des connexions avec le réseau de transport Divia et le schéma de pistes cyclables ;
- des volontés de chaque commune ;
- des plans locaux d’urbanisme, en particulier des futures zones à urbaniser ;
- des projets de la LINO, de la zone d’activité économique au Sud de l’agglomération ;
- des associations de chasseurs et de pêcheurs ;
- des sentiers existants traversés par des parcelles privées ;
Ce dernier point fut un élément déterminant dans le choix de certains tracés afin de limiter au maximum le nombre de propriétaires privés concernés dans chaque circuit tout en conservant un attrait touristique et sportif.

Pour ce faire, nous avons été amenés à rencontrer plusieurs fois les élus et, certains propriétaires privés pour assurer la faisabilité des projets,

Au niveau de la base de données, le diagnostic a été repris. Plusieurs champs ont été rajoutés et complétés :

- Circuit : permet de différencier les circuits, des liaisons.
- Code circuit : un numéro a été attribué sur chaque circuit ou liaison pour identifier les tronçons appartenant à un circuit ou une liaison
- Nature sol : informe sur la nature du sol de chaque tronçon
- Nom propriétaire : indique le nom du propriétaire
- Programmation : permet de déterminer sur chaque tronçon si celui-ci est existant ou en projet donc nécessite des travaux de sécurité ou de création pour être accessible à la randonnée pédestre


Chaque élu a été informé des difficultés présentes sur chaque itinéraire concernant sa commune, en particulier des sentiers traversant les parcelles privées avec le nom des propriétaires concernés. Ceci a permis de vérifier l’aspect foncier avec les communes et de vérifier en amont chaque proposition.

Toutes les communes ont été sollicitées pour valider et proposer une dénomination pour chacun des circuits retenus.


2/Réalisation du schéma directeur des sentiers du Grand Dijon :

47 circuits ont été retenus dont 1 pour handicapés et 1 pour personnes âgées.

Une cartographie générale de tous les circuits et des liaisons au 1 :25000 a été établie.


Au total, on comptabilise environ 380 km de circuits et liaisons.


Des propositions d’aménagements ont été faites pour améliorer la sécurité des randonneurs dans les traversées de routes, fossés, rivières, voie ferrée.


IV/ ETUDE FONCIERE :

Pour l’étude foncière, les éléments du cadastre étaient indispensables.
Ainsi, plusieurs champs ont été rajoutés et renseignés dans la base de données initiale :

- le statut juridique : qui a été classé en 7 catégories : Chemin de hallage, Chemin rural, Domaine privé état, domaine privé département, domaine privé communal, voie public, non renseigné
- le CODEIDENT : indiquant le code INSEE, numéro de section, numéro de parcelles
- l’adresse du propriétaire
- le numéro de tronçon

Grâce à ces données, une cartographie a pu être établie pour chaque circuit accompagnée d’un tableau correspondant aux éléments de la base de données.
Ainsi, grâce à la base de données et au publipostage, 220 conventions de passage entre propriétaires privés, commune et communauté d’agglomération ont été complétées et envoyées aux différentes communes de l’agglomération pour signature.
Les éléments pour établir une délibération dans chaque commune avec un modèle de délibération a également été joint au courrier.

V / CE QU'IL RESTE A FAIRE :

Aussitôt les conventions de passage signées, la communauté d'agglomération effectuera le balisage des circuits ainsi que l'édition du topo-guide. Cette dernière se trouvera grandement facilitée grâce à la disponibilité des cartographies.
Pour le suivi des données SIG, la communauté d’agglomération compte confier cette mission à l'organisme qui sera chargé d'entretenir le balisage. En utilisant le même outil et en travaillant sur les couches du Grand Dijon, les différentes mises à jour viendront régulièrement réactualiser les données du SIG.
Parallèlement, il est prévu que la gestion des panneaux signalétiques et matériels urbains relatifs aux sentiers s'effectue à l'aide du SIG.

CONCLUSION

Grâce à l'utilisation du SIG dès le début du projet, le passage du diagnostic aux propositions de circuits a pu se faire naturellement et les données propres à l'ensemble des cheminements en cours de mise en œuvre se trouvent aujourd'hui organisées de manière rigoureuse et évolutive. L'utilisation des autres couches du SIG a permis d'optimiser les choix de tracés et inversement, les données de ce projet contribuent aujourd'hui aux différentes analyses d’urbanisme, d'aménagement, de révision de PLU, d'environnement menées par le Grand Dijon.
Ce projet a été l'occasion d'utiliser le SIG comme ce qu'il doit être, c'est-à-dire un véritable outil communautaire. En effet, au sein d'une collectivité comme le Grand Dijon, il est indispensable que chaque service puisse contribuer à la création de données qui, mises en forme, peuvent servir à tous, permettant un enrichissement progressif de tous par tous. Portée par la mission charte de l'environnement, la mise en œuvre des Sentiers du Grand Dijon est en accord avec la logique de transversalité propre aux politiques de développement durable. Le SIG devient donc, l'exemple de cette mise en œuvre, un outil qui interroge les pratiques des différents services car situé à l'articulation de différents besoins et objectifs de la communauté.

Cette utilisation partagée d'un outil de travail ne peut cependant se faire que si chaque utilisateur accepte d'enrichir le fond commun en faisant l'effort d'y inscrire les données qu'il est amené à créer. L'investissement en temps et en formation représente un investissement utile et souhaitable car il enrichit les capacités collectives dans une stratégie bénéfique à tous : j'utilise, j'enrichi.
De plus, la politique de développement durable du Grand Dijon aura de plus en plus besoin de ce type d'outil que ce soit sur des questions purement environnementales (bruit, air, pistes cyclables, transports urbains, eau..) ou des problèmes d'aménagements du territoire, de logements, de politique social...