Agriculture/Viticulture  
   
  Top@gri, le SIG avec la « brique réglementaire » de l’agriculteur
   
  Gwenaël ANSQUER
Jean-Christophe CHEVALIER
  GIE carto des ADASEA  
   
 

On a longtemps fait le procès des SIG et de leur coût élevé d’investissement et de fonctionnement au sein des structures qui avaient commencé à les utiliser.
Ainsi, les Systèmes d’Information Géographique ont longtemps été réservés à quelques experts ou décideurs. Ces technologies sont accessibles depuis peu à des particuliers dont les agriculteurs. Le domaine agricole fait aujourd’hui office de précurseur dans ce domaine.

L’élan donné par la réglementation
Depuis cette année, les États membres de l’Union Européenne doivent disposer d’un système d’information géographique pour l’identification des parcelles agricoles. L’état français a donc constitué un référentiel national des îlots PAC. Ces îlots PAC (pour les aides liées aux surfaces), auparavant déclarés de façon « alphanumérique » prennent donc une dimension géographique. La PAC graphique constitue donc une procédure majeure d’élaboration d’un référentiel géographique, géré par le SIG d’une administration .
Autre exemple, celui des mesures agri-environnementales CAD dont l’instruction administrative des dossiers prend également une dimension géographique. Comme pour la PAC, le « dessin « des éléments engagés en CAD fait désormais partie de l’instruction, ce qui n’avait pas été le cas des CTE .

Ainsi, les SIG longtemps utilisés « pour faire des cartes » prennent une dimension réglementaire et accompagnent cette nouvelle agriculture fortement réglementée.
Par ailleurs, la réglementation, dans son dimension de contrôle administratif, demande de plus en plus à l’agriculteur de rentrer dans des démarches d’enregistrement de pratiques ; généralement à des fins environnementales de respect des apports d’engrais, ou d’entretien des éléments paysagers notamment. On notera que cette demande d’enregistrement est aussi présente pour les coopératives au sein des filières agro-alimentaires où, dans ces cas précis, l’objectif est lié à la traçabilité et au suivi de production.

Des cartes mais pas d’outil logiciel

En réponse aux besoins des agriculteurs, les organismes agricoles ont longtemps réalisé des cartes représentant îlots, parcelles engagées avec des mesures agri-environnementales et autres îlots culturaux, et proposé des cartographies d’exploitation (sous la forme de posters par exemple) aux agriculteurs. Des cahiers d’enregistrement étaient également proposés, mais cela ne suffit pas. L’agriculteur veut aller plus loin en matière d’interactivité avec sa cartographie.

Le constat est simple : la gestion des exploitations est de en plus complexe, la multiplicité des thématiques et des niveaux d’échelles spatiales différentes liés à des contraintes économiques et environnementales demandent des outils performants spécifiquement dédiés. Du point de vue réglementaire et administratif, la donnée géographique de référence se constitue petit à petit ; avec pour entités principales l’îlot PAC et la parcelle.

Notre projet est le suivant : il faut transmettre à l’agriculteur cette information géographique à base « administrative » sous une forme numérique dans un outil géographique dédié, qui lui servira pour le suivi réglementaire et technique de ses îlots et parcelles.

Aussi, l’utilisation des données géographiques à travers la gestion de leur exploitation est un bon moyen de faire adhérer les agriculteurs aux technologies SIG ; mais quoi de plus normal pour une activité autant impliquée dans la gestion de l’espace.

Top@gri , un SIG chez l’agriculteur

C’est dans ce cadre qu’est né le projet Top@gri ® (Topographie Opérationnelle du Parcellaire de l’@griculteur) fin 2003. Pour répondre aux exigences de suivi agro-environnemental, le GIE Cartographie & Développement des ADASEA a développé en 2004 ce progiciel, outil cartographique simple et économique pour les agriculteurs. L’agriculteur dispose ainsi de ses données sur son exploitation pour enregistrer ses pratiques et optimiser ces différents choix techniques.

Top@gri ® intègre donc des référentiels administratifs et cartographiques reconnus tant raster que vecteur (orthophotoplans, PAC graphique, toutes les parcelles de l’exploitation dont celles engagées avec mesures agri-envionnementales) à partir desquels l’agriculteur va saisir ses interventions et pratiques agricoles via une interface cartographique adaptée et intuitive.


 

 


Des outils classiques de consultation et d’édition cartographique

L’entrée privilégiée de Top@gri® est cartographique. L’utilisateur visualise ses parcelles (données vectorielles), appelle le menu contextuel et a ainsi accès aux cahiers d’enregistrement. La grande originalité de Top@gri ® est d’avoir en permanence une correspondance et une interactivité entre l’intervention à la parcelle et le respect des engagements pris sur cette parcelle. Ainsi, des messages d’information sont envoyés à la fin de chaque saisie pour alerter l’agriculteur en cas de non respect de ses engagements.
Grâce à la cohérence entre les éléments cartographiques et les enregistrements, les risques d’erreur sont minimisés et l’agriculteur responsabilisé. Le suivi est ainsi simplifié pour l’agriculteur. Lors d’un possible contrôle, l’agriculteur peut éditer et montrer tous ses documents archivés dans sa machine.
Des outils d’édition cartographique permettent à l’agriculteur de mettre à jour ses parcelles sur la base des fonds raster BD Ortho® ou Scan25® en fonction de ses prévisions d’assolement et de ses contraintes environnementales.

 

 

 
Des perspectives intéressantes

La diffusion d’un SIG simplifié nécessite la mise en place de programmes de formation pour une prise en main rapide auprès d’un public de non initié. La population s’adapte vite à cette logique de représentation de son espace de travail, poussée il est vrai par les procédures administratives.

D’autre part, le caractère interactif et instantané de l’outil géographique donne non seulement la possibilité de confronter des alternatives au niveau de l’exploitation (assolement, contraintes environnementales, d’épandage, de bandes enherbées, ….), mais aussi au niveau d’un groupe d’exploitations (échanges fonciers, …), d’une commune, …rendant à l’information géographique sa contribution à la connaissance d’un territoire et contribuant ainsi à l’aménagement rural.

1 mais dont les données sont propriétés de l’agriculteur
2 CAD : Contrat d’Agriculture Durable
3 CTE : Contrat Territorial d’Exploitation
4 représentants 75 départements adhérents