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Le
contexte
Le groupe VAHYNE se donne pour principale problématique l’étude,
à une échelle « régionale » de
la variabilité hydrologique sur le continent africain. Cette
variabilité est appréhendée à une échelle
régionale. Le programme s’intéresse non pas
aux origines climatiques de cette variabilité mais aux impacts
qu’elle est supposée induire sur les ressources en
eaux et sur les modifications qu’elle peut entraîner
sur la relation « pluie-débit ». L’échelle
régionale d’une part, et la prise en compte des différents
éléments structurants du milieu (sols, végétations,
géologie, etc.), d’autre part, imposent de s’appuyer
sur une base de connaissances environnementales couvrant la zone
étudiée.
Les objectifs de SIEREM sont de trois ordres. Le premier objectif
de SIEREM est de récupérer et réunir les données
disponibles sur l'ensemble de la sous-région. Pour cela,
un inventaire des sources de données a d'abord été
effectué afin d'estimer le volume et le format des données
qui sont à traiter. Le deuxième objectif est de construire
système d'information permettant d'intégrer les données
et qui fourni des outils pour les gérer et les utiliser.
Enfin, le dernier objectif du projet SIEREM est de fournir des inventaires
et des outils de récupération et de manipulation des
données aux utilisateurs finaux. Ces outils doivent leur
permettre d'avoir rapidement une idée exacte des données
présentes afin de choisir leur zone d'étude.
Les données
Les données prises en compte sont de deux types principaux:
hydroclimatologiques d'une part et de caractérisation physique
du milieu d'autre part.
Le premier type de données se compose essentiellement de
séries chronologiques de pluie, de débit et de variables
météorologiques mesurées habituellement aux
stations synoptiques. Ces séries chronologiques sont caractérisées
par des informations descriptives appelées "metadonnées"
qui définissent et situent les stations de mesures ainsi
que les modes opératoires d'obtention de la donnée.
Le deuxième type de données sont les données
de caractérisation physique des bassins versants. Ces données
sont nécessaires à l'étude et portent sur toutes
les connaissances qui permettent de mieux appréhender les
comportements hydrologiques des bassins versants de la région.
La nature du sol et son type d'occupation sont des exemples d'informations
nécessaires pour définir ce comportement. De plus,
le modèle numérique de terrain permet de définir
le contour géographique du bassin et, en fournissant une
information sur les lignes de pente, permet d'en dessiner le réseau
de drainage.
Plusieurs sources de données étaient à notre
disposition pour construire se système d'information. Parmi
les plus importantes, on citera la base de données historiques
de l'ancien Laboratoire d'Hydrologie de l'Orstom représentant,
pour les pluies, quelques 83 000 années de données
journalières réparties sur prés de 3 000 postes
et une vingtaine de pays. En ce qui concerne les données
de débit des rivières, nous disposions d'environ 20
000 années de débits journaliers pour 1 000 stations
de mesures sur une vingtaine de pays. Ces séries de données
ont été complétées avec celles récoltées
dans le cadre du programme ICCARE mené par l'Antenne Hydrologique
d'Abidjan de l'IRD et le projet FRIEND AOC du Programme Hydrologique
International de l'Unesco.
Les données météorologiques sont essentiellement
celles mesurées par l'ASECNA (Agence pour la Sécurité
de la Navigation Aérienne en Afrique et Madagascar)
Les données physiques récupérées sur
support électronique sont d'abord le réseau hydrographique
extrait de la couverture mondiale du DCW. Le Digital Chart of the
World (DCW) est une base de données géographiques
au 1/1 000 000. Y sont stockées les données géographiques,
des attributs de données et du texte qui peuvent être
exploités avec ArcInfo et ArcView. Ces données étaient
originellement produites par ESRI pour les services cartographiques
de la défense américaine et distribuées sur
support magnétique.
Le
développement du Système d’Informations Environnementales
La méthode de modélisation du système d’information
que nous avons utilisée est la méthode Pollen, adaptée
de la méthode OMT, basée sur 2 principes :
- Représentations graphiques
- Étapes logiques du cycle de vie du système
• Modélisation conceptuelle des données (diagramme
objet, dictionnaire)
• Modélisation des traitements (modèle fonctionnel,
dictionnaire des fonctions)
• Identification des système, sous-systèmes
et réservoirs de données (diagramme des systèmes,
dictionnaires ..)

Figure 1 - Modélisation conceptuelle des données
chronologiques.

Figure
2 - Modélisation conceptuelle des données spatiales.

Figure
3 - Diagramme d’objet général.
Figure
4 – Modélisation des traitements : modèle fonctionnel
#1.

Figure 5 – Modélisation des traitements : modèle
fonctionnel #2.
Conception
du système
Ce système fonctionne selon un schéma qui identifie
chaque maillon du système d’information comme un sous-système.
Chaque élément du rouage est identifié par
un contenant (sous-système), un contenu (identification du
réservoir de données), un mode interne de fonctionnement
(diagramme du système) et sa terminologie interne propre
(dictionnaire des sous-systèmes).
Identification des sous-systèmes
• Gestion des données chronologiques
• saisie, visualisation, inventaire extraction.
• SGBD
• stockage, gestion des données et des méta-données.
• SIG
• gestion objets spatiaux, services de cartographie et de
requête.
• Acquisition des données cartographiques
• stockage des cartes thématiques.
• calcul de contour des bassins versants
• détermination du chevelu d'un bassin hydrographique.
• Exploitation des données cartographiques
• calcul et extraction des informations physiques d'un bassin
versant.
• Gestion de fichiers
• stockage des fichiers des couches thématiques, de
contour et de chevelu.
• Visualisation d’un endroit
• sélection d'un endroit et visualisation des photographies.
Conception
- Identification des réservoirs de données
• SGBD
- stocke les instances des classes définissant les données
hydro-météorologiques et les méta-données...
• SIG
- stocke les données spatiales...
• Gestion de fichiers
- organisé (arborescence)
- stocke logiquement les fichiers d'image NDVI, les fichiers des
photographies.
Moyens mis en oeuvre
Développement d’un logiciel client d’extraction
des données hydroclimatologiques (ORION).

Figure
6 – Fenêtre d’extraction de données du
Burkina Faso avec Orion.
Les
données spatialisées
C’était le domaine où notre expérience
était la moins éprouvée puisqu’au début
du projet, nous n’avions aucune donnée spatialisée.
Le
réseau hydrographique
En préalable, il était nécessaire de disposer
d'une couche avec le tracé des cours d'eau. Nous avons choisi
d'utiliser comme base de départ les fichiers DNL du Digital
Chart of the World. De cette base, nous avons constitué une
couche de polylignes par bassin hydrographique. Pour chaque cours
d'eau, tous les segments ont été regroupés
afin que la rivière ne soit constituée d'une seule
ligne allant de la source à la confluence avec un autre cours
d'eau ou à l'embouchure pour le fleuve déterminant
le bassin.
Nous avons effectué cette opération en utilisant les
cartes topographiques dont nous pouvions disposer et avons également
alimenté la table attributaire de ces couches en documentant
: le nom de la rivière, un code de cinq caractères
alphanumériques pour la rivière, le code du bassin
(utilisé également dans la base de données
chronologiques), l'ordre d'affluence de la rivière dans le
bassin, un code de pérennité du cours d'eau et le
code du cours d'eau dans lequel il se jette.
Nous montrons en figure 7 la zone sur laquelle nous avons effectué
cette opération. L'alimentation de la table est évidemment
dépendante des documents disponibles sur la zone. Par exemple,
sur la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée,
le Sénégal, le Cameroun, nous avons pu disposer des
cartes au 1/200 000 alors que sur d'autres pays nous avons dû
nous contenter de cartes au 1/1 000 000, voire une échelle
inférieure.

Figure
7 – Réseau hydrographique des bassins gérés
dans la base de données spatialisées.
Le
tracé des bassins
Au moment où nous avons commencé cette tâche,
sur l'Afrique, n'était disponible que GTOPO30 comme modèle
numérique de terrain couvrant la totalité de la zone
d'étude. Le pas de 30 secondes d'arc était tout à
fait adéquat pour l'échelle de notre étude.
La qualité était par contre assez hétérogène.
Nous avons utilisé sur ce MNT les modules hydrologie avec
Spatial Analyst, en effectuant les opérations de flow direction,
puis flow accumulation et enfin le module delineate basin.
À partir de ce processus automatique, il a fallu ensuite
regrouper les polygones pour définir les bassins aux points
de mesure sélectionnés. Nous avons rencontré
de sérieux problèmes sur certaines aires où
le relief est très peu marqué. C’est aussi sur
ces aires que le réseau numérisé était
défaillant. C’est à ce stade du développement
que nous avons trouvé dans les publications de l’IRD
(monographie du fleuve Niger, du Sénégal...) les solutions
aux tracés automatiques défaillants.
Nous avons pendant cette étape de développement dû
corriger les coordonnées d'un certain nombre de stations.
Ceci s'expliquant par l'absence de moyens efficaces pour relever
les coordonnées à l'époque où les équipements
ont été installés, mais aussi au fait que l'utilisation
d'outils de représentation spatiale en hydrologie n'avait
pas encore été couplé avec la base de données
chronologiques.
La
grille au pas de un demi degré
Le modèle hydrologique utilisé a comme unité
d'étude une grille au pas d'un demi degré. Il a fallu
constituer une couche de polygones à ce pas. Chaque cellule
pour le modèle étant caractérisée par
la valeur XY de son centroïde.
Les sols
La quantité d'eau interceptée par le sol est l'un
des paramètres en entrée du modèle. Antérieurement,
dans les modèles de type bilan hydrologique, ce paramètre
était fixé empiriquement. Le fait de prendre en compte
la nature du sol est un plus certain dans notre approche.
Il nous fallait disposer d'une couverture pédologique de
traitement homogène sur une zone couvrant plus de 6 millions
de kilomètres carrés. Nous avons choisi d'utiliser
la carte des sols de la FAO. Cette carte est diffusée sur
support numérique depuis 1993.
Cette carte est au 1/5 000 000, elle comporte 4 930 unités
de sols différentes. Chaque unité est caractérisée
par une classe de sol dominant, une ou deux classes de sol associé,
jusqu'à trois inclusions, un nombre qualifiant la texture
du sol (de grossier à fin), et une lettre minuscule caractérisant
la pente de l'unité de sol.
Les classes correspondent ce qu'on peut qualifier en raccourci de
"profondeur racinaire", et que nous avons décidé
d'utiliser comme profondeur d'infiltration. Chaque classe est donnée
pour une fourchette de valeurs. Nous avons dans un premier temps
remplacé les pourcentages dans chacune des classes par les
valeurs absolues pour le minimum, la moyenne et le maximum de chaque
fourchette. Nous avons ajouté ces champs (intitulés
SMIN, SMOY, SMAX) à la couverture des sols.
Nous avons ensuite découpé la couverture pédologique
avec les contours des bassins. Puis, nous avons intersecté
cette couche avec la grille du modèle.
Nous avons alors pondéré les valeurs S à la
superficie occupée dans la maille, sommé à
l'intérieur de la maille les valeurs pondérées
pour n'obtenir que trois valeurs de quantité de pluie interceptée.
Nous avons ajouté aux valeurs données par la FAO,
celle calculée par Reynolds à partir d'autres critères.
Tous ces calculs ont été faits sur les 356 bassins
destinés à être modélisés. Nous
avons utilisé ArcGis 8.2 pour mener à bien ces calculs.
Le
site SIEREM
Depuis le début, nous avons développé ce système
d'informations environnementales pour servir d'appui à la
modélisation. C'était une expérience nouvelle
pour toute l'équipe, un challenge que nous avons eu à
cœur de réussir. Le stade final fut la réalisation
d'un site Internet présentant tout ce travail et proposant
un certain nombre de "produits" issus de notre activité.
La partie des données chronologiques
Sur ce site, dès la page d'accueil, on peut s'orienter soit
vers les inventaires des données chronologiques qui sont
celles qui sont utilisées pour la modélisation avec
les contacts des services propriétaires et gestionnaires
de ces données. L'accès à cette partie du site
se fait par une carte d'Afrique composée de boutons, chaque
pays données est un bouton (figure 8), un clic sur un pays
amène à une page où apparaissent les différents
types de données climatiques observées dans ce pays,
un clic sur le type de données affiche la liste des stations
qui mesurent ce type de données, la ou les période(s)
d'observation.
Figure
8 – Page d’accès aux données.
Si
dans la liste une station a fait l'objet d'un traitement spatialisé,
un lien permet d'accéder au serveur ArcIms.
Lorsque les méta-données sont documentées,
un lien permet d'y accéder.
La
partie données spatialisées
L'autre carte disponible amène aux données hydrographiques,
de nouveau, une liste apparaît sur laquelle figurent les stations
hydrologiques se situant dans le bassin dont la carte est affichée
à gauche de l'écran.
Un icône dans la partie inférieure gauche de cet écran
permet de se diriger sur une première carte cliquable du
bassin hydrographique, cette carte affiche tous les sous-bassins
tracés pour le fleuve. Un clic sur un sous-bassin lance l'application
ArcIMS.
Chaque sous-bassin comporte le tracé de la zone drainée
au point de mesure, le tracé du cours d'eau, les frontières
politiques, une couche de géologie (figure 10), les classes
de végétation de Holdridge découpées
au demi-degré carré (figure 11), et enfin les capacités
en eau des sols (figure 12) mentionnées précédemment
calculées au demi-degré carré. Le visiteur
peut accéder à la table attributaire de chaque couche
en la rendant active et en utilisant l'outil information. Il est
possible d'enregistrer l'image du sous-bassin au format .jpg.
Un bouton intitulé "produits" permet au visiteur
de télécharger les cartes bitmap des contours des
pays, les images des bassins découpés dans le modèle
numérique de terrain SRTM30.
Nous prévoyons à terme de fournir à la demande
les couches ArcView à charge pour le bénéficiaire
de nous citer comme référence à chaque utilisation
de ces données.
Figure
9 Géologie du bassin du Chari à Ndjamena.

Figure
10 Classes de végétations de Holdridge sur le bassin
du Chari à Ndjamena.

Figure
11 Capacités en eau des sols sur le bassin du Chari à
Ndjamena.
Les
chiffres à retenir :
27417 années pour 342 postes de données météo,
19749 années pour 891 stations de données de débit,
70651 années pour 2737 postes de données de pluie,
356 bassins délimités et alimentés en données
spatialisées sur une zone de plus de 6 millions de kilomètres
carrés.
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