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mots-clés : géomatique, risque, prévention,
incendie de forêt, éclosion, occupation du sol
AVANT-PROPOS
On rappellera, en forme de préalable sémantique, qu’il
est de coutume de définir le risque (R) comme le produit
d’une relation entre un aléa (A) et
une vulnérabilité (V) : R
= A x V, soit entre un danger (naturel ou technologique)
et la plus ou moins grande sensibilité d’une société
à ce danger. Si cette définition permet d’éviter
les typologies simplistes, la reconnaissance de deux composantes
essentielles dans la définition du risque, reste une source
de partition dans les modes opératoires de son analyse et
de son traitement (science de l’aléa d’un côté,
de la vulnérabilité de l’autre), peu adaptée
à la problématique des risques(1). (Voir
COMBY.J, 2005).
Il est important de distinguer la notion de risque de celle de catastrophe,
qui sont aujourd’hui trop souvent confondues. Le risque est
avant tout une construction, celle d’un événement
virtuel dont la manifestation éventuelle (la catastrophe
avérée) n’aura jamais avec lui de totale correspondance,
en temps, espace et intensité (A. DAUPHINE, 2002). En cela
toute estimation, représentation (cartographique entre autres),
du risque est pour partie au moins, imparfaite et subjective et
sa valeur est avant tout indicative.
L’homme est quasi-systématiquement à l’origine
(volontaire ou involontaire) des départs de feu, et s’il
n’est pas toujours simple de contrôler les « comportements
» à risque, la lutte contre le feu peu gagner beaucoup
en efficacité grâce à une connaissance la plus
précise possible des causes et des localisations potentielles
des éclosions.
1. OBJECTIFS DE L’ÉTUDE
Si depuis longtemps, un lien étroit est pressenti par les
acteurs de la gestion des incendies (forestiers et pompiers) entre
les types d’occupation du sol (et les pratiques associées)
et l’éclosion des feux, il n’a jamais été
vérifié par une méthode scientifique(2).
Fort de ce constat la DRAF PACA a proposé (au titre du programme
CFM 2003) la réalisation d’une étude sur le
thème confié en partenariat à l’Umr 5600
du Cnrs et au service de Direction Départementale de l’Agriculture
et de la Forêt (DDAF Var) (3).
Les questionnements de l’étude ont été
posés en ces termes : existe-t-il une relation vérifiable
entre l’occupation du sol et le risque incendie de forêt
? Si cette relation est vérifiée peut-elle être
cartographiée ? Enfin, peut-on développer sur le Var,
département test, une méthode d’analyse qui
soit ensuite applicable à l’ensemble de la région
PACA, voire à d’autres régions ou territoires
?
Le
présent exposé, constitue un état partiel de
l’avancement du projet qui vise essentiellement à mettre
en évidence les apports de la cartographie à l’illustration
et à la validation d’une relation éventuelle
entre l’occupation du sol et le risque incendie. Dans ce but
il présente une sélection de quelques unes des réflexions
méthodologiques et des premières conclusions de l’étude.
La géomatique a permis dans un premier temps de « valider
» les données disponibles à l’intérieur
d’une base de données spatialisée cohérente,
et dans un deuxième temps de définir les échelles
géographiques de traitement possibles : quels sont les avantages
et inconvénients de chaque échelle d’analyse,
autrement dit, quelle analyse pour quelle échelle géographique
?
2. LES BASES DE DONNÉES UTILISÉES
La présentation succincte des données utilisées
différentie les données statistiques et les données
géographiques. Ces dernières outre l’apport
de nouveaux thèmes d’informations permettent l’exploitation
cartographique des premières. Selon les thèmes, les
données statistiques se rapportent à des maillages
géographiques différents (entités administratives,
entités en grille carroyée, polygones de délimitation).
La base de données construite compte alors des données
issues de différents producteurs, proposant des maillages
et attributs distincts du point de vue de leur dimension spatiale,
temporelle et conceptuelle.
2.1.
Données statistiques
La source d’information sur les éclosions de feux provient
de la base Prométhée. L’analyse géographique
de ces évènements passe par la mise en relation des
éclosions avec les principales caractéristiques de
l’espace varois : peuplement, occupation saisonnière.
Les données utilisées sont issues de la base Insee
du recensement de la population de 1999 (maillage communal). Dans
cette première ébauche seules la population et les
résidences secondaires ont été utilisées
; d’autres variables pourraient être étudiées
en particulier celles qui permettent d’appréhender
les dynamiques des territoires.
La
base Prométhée
Pour rappel, Prométhée est une base de données
consacrée aux incendies de forêts, conçue et
mise en service en 1973. Elle est accessible sur Internet http://www.promethee.com
(4) depuis novembre 1997.
La base couvre quinze départements de la région méditerranéenne
(Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône,
Var, Vaucluse, Aude, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales,
Corse-du-Sud, Haute-Corse, Ardèche et Drôme).

Prométhée
a pour objectif de fédérer et d'harmoniser les données
en provenance de sources diverses et de redistribuer les résultats
à tous ceux qui sont concernés par la problématique
des incendies de forêts.
La
base de données est mise à jour quotidiennement et
recense les variables qui permettent d'identifier l'incendie. Deux
types d’informations sont saisis : des informations concernant
la localisation spatio-temporelle (le département, la commune,
le lieu-dit, la date (jour, mois, année), les coordonnées
DFCI du point d'éclosion, l'alerte, (heure et origine) et
des informations spécifiques aux feux de forêts (la
date et l’heure de première intervention, la date et
l’heure de fin d’intervention, la surface parcourue
et l'indication (éventuelle) du feu en cours) et aux feux
de l'espace rural et périurbain (le type de dommage et l'indication
de menace pour la forêt).
Toutes ces variables (mise à part le lieu-dit et l'origine
de l'alerte) sont obligatoires. Des données complémentaires
peuvent être saisies.
La
base de données Prométhée comporte un historique
des feux sur une période de plus de 30 ans (1973-2005) et
distingue les feux de forêt des feux périurbains.
2.2. Données géographiques
2.2.1.
BD Carto et occupation du sol
Les données géographiques de la BD Carto (Ign) sont
utilisées comme repérage et comme thème d’analyse.
L’information occupation du sol de 1999 est issue du traitement
et de l’analyse d’une couverture régionale d’images
satellitaires Landsat (résolution 30m) réalisée
par le Crige-Paca.
2.2.2.
La base géographique des carrés Dfci
Pour se repérer aisément, les pompiers utilisent un
quadrillage Dfci. Ce quadrillage, à échelle emboîtée
(à quatre niveaux), est appliqué sur les cartes Ign
au 1/25 000.
Premier niveau de repérage : la France est découpée
en carrés de 100 km de côté. Les colonnes sont
numérotées de A à N et les lignes de B à
N (sans le I ni le J). Le carré est nommé par les
2 lettres.
Deuxième niveau : chaque carré de 100 km est découpé
en 25 carrés de 20 km de côté. Les colonnes
et les lignes sont numérotées de 0 à 8 en n’utilisant
que les chiffres pairs.
Troisième niveau : chaque carré de 20 km est découpé
en 100 carrés de 2 km de côté. Les colonnes
sont numérotées de A à L (sans le I ni le J)
et les lignes de 0 à 9. Dans cette étude, nous nommerons
ce niveau « grille 1 case ».
Quatrième niveau : chaque carré de 2 km de côté
est divisé en 5 parties numérotées de 1 à
5. Ce niveau de repérage existe depuis 2000. Dans cette étude,
nous nommerons ce niveau « grille 5 cases ».

3. LES VARIABLES RETENUES : DISTRIBUTION
TEMPORELLE ET CAUSES DES ÉCLOSIONS
L’information sur l’occupation des sols n’étant
disponible que pour l’année 1999, il a été
choisi de ne traiter que les éclosions des feux de forêt
sur la période 1997 à 2001 (1717 éclosions),
afin de garder la meilleure cohérence possible entre les
sources d’information géographiques et statistiques.
Cette contrainte justifie l’absence d’analyse sur l’évolution
des phénomènes.
Deux
données essentielles de la base Prométhée ont
été retenues : la localisation spatio-temporelle des
éclosions et les causes.
On
constate deux périodes propices aux éclosions dans
l’année : début du printemps (février
et mars) et l’été (juin à septembre)
avec un pic d’éclosions pour les 2 mois d’été
juillet et août (figure 3).

Le
dépouillement des causes fait apparaître la prédominance
des causes indéterminées, qui sous-entend la difficulté
de renseigner cette information (figure 4). La malveillance apparaît
comme la première cause d’éclosion, suivie des
causes involontaires liées aux travaux particuliers ou professionnels.
La part de cause naturelle ne compte que pour 6 à 7% des
éclosions.

La
figure 5 visualise l’existence d’une distribution temporelle
différente pour chacune des causes.
Deux causes présentent une distribution à deux périodes
propices aux éclosions : cause inconnue et causes involontaires
liées aux particuliers. Les éclosions pour lesquelles
la cause n’est pas connue ou non renseignée ont un
cycle annuel identique à la répartition des éclosions
dans l’année (cf. figure 3) ; on peut penser qu’il
n’y a pas d’effet saisonnier sur la qualité de
renseignement de la base. Pour les causes involontaires liées
aux particuliers, le pic de printemps est bien plus marqué
(éclosions probablement dues aux travaux des résidants
à la fin de l’hiver, débroussaillage, taille
des arbres).
Les
autres causes ne présentent quant à elles qu’une
seule période.
Les causes involontaires dues aux travaux professionnels se concentrent
au printemps (février-mars) et sont peut-être dues
à la reprise des travaux forestiers et agricoles.
Pour la malveillance et les causes naturelles le pic estival est
déterminant et peut s’expliquer par l’augmentation
saisonnière de population et le phénomène de
foudre en été.

Pour
des raisons évidentes il était difficile de retenir
les « causes inconnues » dans les analyses. Il a donc
été choisi de retenir préférentiellement
les trois autres types majeurs de cause d’éclosions
:
- involontaires liées aux particuliers,
- involontaires liées aux travaux professionnels,
- dues à la malveillance.
Cette
exclusion imposée par une carence d’informations, constitue
à l’évidence un très fort biais qui limite
la représentativité et la valeur indicative des résultats.
Cependant elle ne constitue qu’un handicap relatif pour cet
exposé dont les objectifs, précédemment exposés,
ne souffrent que partiellement de cette forte imprécision.
4. TRAITEMENTS GÉOMATIQUES : UN APPORT
À PLUSIEURS DIMENSIONS
La constitution d’une série de cartes permet d’alimenter
la réflexion sur la localisation et conjointement les causes
associées aux départs de feu. Le SIG permet notamment,
à cette étape du raisonnement, par la spatialisation
des informations, d’étayer les hypothèses pressenties
par les acteurs de la gestion du risque sur les zones d’éclosions
en les liant à trois facteurs explicatifs : périodes
d’incidence dans l’année, causes et occupation
du sol. Il a été délibérément
choisi d’accompagner les cartes de peu de commentaires afin
de faciliter l’estimation de la dimension informative et de
la valeur indicative des documents produits. Dans le même
but, ces commentaires sont souvent essentiellement descriptifs.
Enfin si les documents réalisés ont pour but de montrer
que la cartographie permet de vérifier voire étayer
les hypothèses, ils ont aussi pour vocations de montrer que
la mise en carte conduit parfois à réviser les premières
analyses en produisant de nouveaux questionnements.
Pour répondre à ces objectifs deux échelles
d’analyse sont retenues : celle administrative des limites
communales, privilégiée dans la plupart des statistiques
publiques et celle des carrés Dfci. Cette mise en parallèle
permet d’illustrer les intérêts respectifs qui
s’associent à deux choix méthodologiques (maillage
hétérogène ou régulier) tout en évoluant
d’un mode d’approche empirique à une analyse
fine des sources d’information.
4.1. Travail sur un maillage hétérogène
: cartographie à la commune
Comme sur l’ensemble du littoral méditerranéen,
la côte varoise est l’espace sur lequel se concentre
préférentiellement la population. Deux pôles
se dessinent : Toulon et Saint-Raphaël (figure 6). Cette littoralisation
est renforcée par la forte présence des résidences
secondaires (figure 7) créant un corridor continu d’urbanisation
de Saint-Raphaël à Hyères, puis de La Seyne-sur-Mer
à Saint-Cyr-sur-Mer.

La
confrontation de ces espaces densément occupés avec
la localisation des éclosions laisse apparaître un
lien certain mais non déterminant entre ces deux phénomènes
(figure 8). Parallèlement, on observe une concentration des
éclosions le long des principaux axes de communication et
une poche d’éclosions autour de Draguignan.
La corrélation spatiale apparente entre une occupation humaine
intensive de l’espace et le départ de feux demande
à être confirmé ou infirmé grâce
à une analyse plus fine prenant en compte la localisation
plus précise, la période et la cause de l’éclosion.

4.2. L’apport de la cartographie au carré Dfci
Les données référencées dans Prométhée,
permettent de localiser géographiquement chaque éclosion
par commune, ou par carré Dfci. Le choix de les localiser
à l’échelle géographique la plus fine
possible impose le maillage au carré Dfci 1 case (5).
Les éclosions ont été géocodées
grâce à l’outil de peuplement de polygones en
choisissant une répartition aléatoire des points dans
ce dernier (6).
Ce
maillage régulier permet d’exploiter les fonctionnalités
de croisement d’information du Sig dans le but de vérifier
les hypothèses émergées précédemment.
Dans un premier temps nous cherchons à localiser les carrés
touchés par les éclosions, et à quelle fréquence
elles se réalisent. Ensuite, est mise en relation temporalité
et causalité des éclosions, afin de déterminer
si il existe une relation ou non. Enfin, en ajoutant la troisième
information occupation du sol, l’accord entre les causes des
éclosions et la caractérisation de l’occupation
du sol du carré est vérifié (dans un premier
temps, seule l’étude des principales causes d’éclosions
a été réalisée ; il serait intéressant
de poursuivre l’exercice avec les autres causes).

La
figure 9 confirme une fréquence plus forte d’éclosions
sur le littoral, à proximité d’une voie de communication,
et dessine plus nettement le périmètre autour de Draguignan.
La distribution temporelle et la répartition par cause gagnent
également en précision avec ce changement d’échelle.
L’analyse recentrée sur les mois les plus touchés
(figure 10) confirme l’importance de la zone de Draguignan,
mais fait apparaître une saisonnalité marquée
en été des éclosions du littoral.

Le
lien pressenti entre cause et saisonnalité de l’éclosion
semble se confirmer dans le cas des éclosions de printemps
et des causes liées aux travaux professionnels et de particuliers
(figure 11). En effet les carrés dans lesquels on trouve
des éclosions de printemps sont pour la plupart concernés
également par les causes liées aux travaux.

Pour
le phénomène de malveillance, ce lien cause-saisonnalité
est moins évident. Le phénomène de malveillance
(figure 12) n’explique pas toutes les éclosions d’été.
Les carrés concernés par les éclosions estivales
non touchés par la malveillance sont plus nombreux que les
carrés où seule la malveillance est présente.
Le phénomène de malveillance se concentre autour des
mêmes secteurs : Draguignan, Toulon-Hyères, Ramatuelle
et Saint-Raphaël.
La
grille homogène par carrés Dfci, nous permet enfin
d’intégrer l’information d’occupation du
sol, afin d’explorer le questionnement principal de l’étude.
La couche de l’occupation du sol par carré Dfci (7)
est moins précise que la carte d’occupation du sol
d’origine, mais elle a l’avantage d’être
à la même échelle géographique que toutes
les informations décrivant les éclosions, permettant
ainsi des comparaisons possibles.

Nous
pouvons alors constater :
· une prédominance des zones couvertes par la forêt
et l’activité agricole
· peu de carrés uniquement urbains (seuls Toulon
et Fréjus)
· des zones mixtes le long des voies de communication
À
la lecture de la figure 15, on observe que les éclosions
se déclarent principalement sur les espaces boisés
et les zones mixtes. Cette concentration justifie la nécessité
d’une meilleure connaissance de la composition de ces zones
(figure 16). La combinaison forêt-activités agricoles
est majoritaire à l’exception des carrés autour
des grandes villes du département.
La
mise en relation spatiale de l’occupation du sol et des causes
met encore une fois à l’épreuve les hypothèses
jusqu’ici pressenties. Si la concordance entre cause de l’éclosion
et occupation du sol pour les travaux forestiers (figure 17) et
la malveillance (figure 18) se confirme, la relation entre cause
due aux travaux agricoles et l’occupation du sol (figure 19)
n’est pas évidente. Ces dernières éclosions
se situent essentiellement en zone mixte et espace forestier ! Nous
n’avons à ce jour pas d’explication à
cette localisation surprenante.
Conclusion
L’approche cartographique du risque incendie dans le Var permet
de faire plusieurs constats.
Sur
un plan pratique
Il apparaît clairement que la répartition des éclosions
n’est pas homogène sur le territoire et que des secteurs
à forte densité peuvent être distingués.
La complexité du phénomène d’éclosion
ainsi que son caractère aléatoire rendent illusoires
la formulation de lois mathématiques directes entre ces localisations
et les facteurs qui en sont la cause.
Cependant la cartographie permet d’observer des tendances
quant à la relation entre le nombre d’éclosions,
leur distribution dans le temps, dans l’espace, et conjointement
leurs causes et les types d’occupation du sol. On notera pour
l’exemple : la forte concentration des actes de malveillance
sur l’été, la présence fréquente
de voie de communication dans les secteurs à forte densité
d’éclosion, de façon moins systématique
une population résidante plus dense, ou plus localement encore
comme sur le littoral sud-est une implantation préférentielle
de résidences secondaires.
Sur
un plan technique
Le travail à l’échelle du carré Dfci
rend l’analyse plus précise quant à la définition
de zones potentiellement à risque ; l’utilisation de
la grille à 5 cases et le relevé de la position de
chaque éclosion par GPS différentiel renforceraient
cette précision.
Enfin, un renseignement systématique de la cause de l’éclosion,
dans la base Prométhée, permettrait également
d’affiner l’analyse et de répondre à certaines
incohérences rencontrées lors de la confrontation
entre cause et occupation du sol.
Dans tous les cas l’exposé proposé ne constitue
qu’une ébauche des possibilités offertes par
la cartographie dans la gestion du risque. Les perspectives ouvertes
par la géomatique et en particulier les Sig sur ce thème
sont nombreuses comme l’on déjà mis en évidence
les travaux de plusieurs géographes dont en particulier ceux
de M. PROPECK-ZIMMERMAN et de O. DE SAINT-GERAND sur le risque industriel
(1996, 2002). L’amélioration des connaissances pour
le risque incendie de forêt nécessite d’approfondir
chaque étape de l’analyse.
En premier lieu celle des sources, en révisant et en complétant
les bases de données à disposition (à titre
d’exemple par une localisation plus fine des départs
de feux, par la détermination précise de la localisation
de l’habitat isolé dans les espaces boisés,
etc.)
En second lieu en affinant le traitement des données et la
méthodologie notamment par une évaluation fine des
critères de sélections des indicateurs de risque (8):
par exemple densité de population, densité du bâti,
interface bâti-boisé, dynamique de l’occupation
du sol (transfert d’activité, mutation de l’espace
agricole ou espace forestier vers l’habitat), comptages de
flux (population de vacanciers, flux routiers).
Pour conclure, la carte possède une dimension fonctionnelle
qui lui confère un caractère très attractif
pour les applications pratiques en matière de gestion des
risques. Il convient cependant de ne pas oublier que la validité
des représentations qu’elle offre du risque est limitée,
notamment, par sa capacité à traduire la diversité
des relations entre le risque et le territoire (COMBY J., 2004).
En effet comme le souligne V. NOVEMBER (2002), la mise en relation
du risque et du territoire fait apparaître d’autres
espaces que l’espace visible, dans lequel le risque est présent.
Bibliographie
BECK U., 2003, La société du risque
: sur la voix d’une autre modernité, Champs, Flammarion,
521 p.
COANUS T. (dir.), DUCHENE F., MARTINAIS E., 2000,
La ville inquiète. Développement urbain, gestion du
danger et vie quotidienne sur trois sites « à risque
» de la grande région lyonnaise (fin XIXe - fin XXe),
rapport pour le programme « Génie urbain et environnement
», contrat de plan État-Région Rhône-Alpes,
laboratoire RIVES (ENTPE), 621 p.
COMBY J., 1998, Les paroxysmes pluviométriques
dans le couloir rhodanien et ses marges, Thèse de doctorat,
Université Jean Moulin Lyon III, 670 p.
COMBY J., 2004, Mise en carte et risques de dérives
technocratiques dans la prévention des risques, Risques Naturels
et Aménagement en Europe, Armand-Colin, Paris, pp 79-88.
COMBY J., 2005, De la climatologie aux pratique
de l’aménagement du territoire : le risque comme champ
problématique, Habilitation à Diriger les Recherches,
Université Jean Moulin Lyon III, 2 Vol, 227 et 122 p.
CURE A-C., 2005, Les relations entre l’occupation
du sol et les éclosions d’incendie de forêt :
application au département du Var, LCRE Université
Lyon 3
DAUPHINE A., 2001, Risques et catastrophes, Armand
Colin, 288p.
FIQUET A., 2000, L’intérêt de
la cartographie dans l’analyse du risque d’incendie
de forêt appliqué département du Var, mémoire
de maîtrise, LCRE Université Lyon 3
FIQUET A., 2001, SIG et gestion du défrichement
: l’élaboration de la carte verte de Roquebrunes-sur-Argens,
LCRE Université Lyon 3
Guide méthodologique. Plans de prévention
des risques incendie de forêt, La Documentation française,
2002
ISTED, 2005, Système d’information
géographique et gestion des risques
NAPOLEONE C., 2005, Prix fonciers et immobiliers,
et localisation des ménages au sein d’une agglomération
urbaine, Thèse Cemagref Aix-en-Provence
NOVEMBER V, 2002, Les territoires du risque, Peter
Lang, 332p.
PROPECK-ZIMMERMANN E., SAINT-GERAND T., 2001, Modélisation
cartographique des RTM : de la connaissance du risque à sa
gestion ou objectiver le risque dans un SIG pour l’objectiviser,
Acte du colloque Risque et territoire, CNRS UMR 5600, Vol 1, pp
171-184
ZIMMERMANN E., 1996, De l’usage de la cartographie
dans l’appréhension des Risques Technologiques Majeurs,
Revue de Géographie de Lyon, Vol 71, 1/96, pp 1-16.
(1)
Comme le souligne U. BECK, 2003, « les risques, même
lorsqu’ils apparaissent muets, recouverts d’un habillage
de chiffres ou de formules, restent par définition liés
à un point de vue », « le risque est donc en
quelques sorte une vue de l’esprit » (J. COMBY, 1992,
1998). En cela nous partageons l’approche de T. COANUS (2002)
pour qui « le terme de « risque » renvoie plus
logiquement à un processus mental, individuel ou collectif,
qui vise à définir et anticiper l’événement
redouté. De ce point de vue et au risque de surprendre les
praticiens et scientifiques spécialistes de la Nature, le
risque relève autant d’une économie des représentations
que d’un processus de calcul plus ou moins sophistiqué
». Toute évaluation, en particulier celles répondant
exclusivement ou presque de critères relatifs à un
mode spécifique de représentation (sciences dures,
sciences économiques, etc.) est sujette à des réductions
fonctionnalistes dangereuses. Replacée dans une réflexion
pluridisciplinaire elle peut au contraire constituer un réel
apport. Là est le but de cet exposé.
(2) On notera que parallèlement à cette étude
une action est engagée depuis janvier 2004 par le GIS Incendie
de forêt sur ce thème et par l’équipe
« Ville » de l’ISTED (Institut des Sciences et
des Techniques de l'Equipement et de l'Environnement pour le Développement)
(3) Ce projet s’inscrit dans une collaboration déjà
ancienne entre le Laboratoire de Climatologie Risque et Environnement
(LCRE) du Centre de Recherche en Géographie et Aménagement
(CRGA) de l’Université Jean Moulin, CNRS UMR-5600 et
la DDAF du Var, concrétisée par la réalisation
de plusieurs études sur l’évaluation de l’intérêt
de la cartographie dans l’analyse du risque d’incendie
de forêt appliqué au département du Var (2000,
A. FIQUET, LCRE Univ-Lyon3), et celui des Sig dans la gestion du
défrichement et l’élaboration des cartes vertes
(application à la commune de Roquebrunes-sur-Argens, 2001,
A. FIQUET, LCRE Univ-Lyon3).
(4) site conçu en collaboration entre le Conservatoire
national de la Forêt méditerranéenne, Météo-France,
le Conseil Général des Bouches-du-Rhône et l’IGN
(5) Comme nous l’avons vu précédemment,
depuis 2000 un repérage Dfci sur 5 cases a été
mis en place. Travaillant sur la période 1997-2001, la base
Prométhée ne localise pas de façon systématique
l’éclosion avec cette grille 5 cases (sur les 1717
éclosions de la période, seules 942 ont la précision
de la 5e case). Dans un souci d’harmonisation, nous avons
décidé de localiser toutes les éclosions avec
la grille 1 case, localisation un peu moins précise mais
homogène.
(6) Pour éviter une superposition de toutes les
éclosions d’un même carré sur un seul
point (label ou centroïde)
(7) Les polygones d’origine de l’occupation
du sol ont été regroupés en fonction des types
d’occupation des sols suivants : Forêt (Forêt
et milieux semi-naturels), Agricole (Territoires agricoles), Eau
(Surface en eau et zones humides), Artificialisé (bâti
isolé + zones industrielles ou commerciales + zones portuaires
+ aéroport), Urbain (tissu urbain continu + tissu urbain
discontinu). La superficie occupée par chacun des types dans
chaque carré Dfci est calculée afin de définir
des carrés mono-dominants si le type principal représente
plus de 66,6% de la surface du carré et des carrés
mixtes (caractérisation sur les 2 premiers types présents
dans le carré).
(8) Nombre de ces améliorations et précisions
sont en cours de développement dans l’étude
qui sert de support à cet exposé. Les travaux ont
déjà mis en évidence, par exemple, les limites
de la représentativité de certains indicateurs territoriaux
utilisés pourtant de manière récurrente.
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