
Figure
3 : Multi fenêtrage d'ARTEMIS et interface SigTA Op.
La
localisation du lieu du sinistre et/ou de l'appel s'effectue indifféremment
lors de la saisie d'une fiche d'alerte sous ARTEMIS avec la possibilité
de zoomer sur la cartographie ou via l'interface de SigTA Op. Cette
dernière dispose bien entendu d'outils de navigation mais
permet également des requêtes attributaires et spatiales
rudimentaires ainsi que des calculs de surfaces et d'itinéraires
avec gestion des obstacles (blocages) en dynamique.
L'apport de l'interface cartographique que n'avait pas l'ancien
SIGTA est notable et a enthousiasmé les premiers stagiaires.
Cependant ses fonctionnalités ne constituent une réelle
plus-value que si les données géographiques sur lesquelles
elles s'appuient sont de qualité...
1.2.
Cartographie et information géographique au sein du SDIS
91 : organisation du service et avancement des travaux.
C'est
ce que à quoi s'emploie le service Cartographie & Information
Géographique (C&IG) créé en 2001 et qui
s'est structuré en deux pôles d'activités distincts
en 2004 :
* Le pôle "Information Géographique" collecte,
traite, administre et saisit les données géographiques
de la base de données du SIG. Il se charge également
des études et analyses prospectives et élabore les
cartes thématiques correspondantes.
* Le pôle "Cartographie" se situe en aval du précédent
dans la chaîne de traitement car il a pour missions l'habillage
des données à des fins de production de cartes opérationnelles
et de documents cartographiques à grande échelle ainsi
que le façonnage de ces produits.
Cette organisation bipolaire a été voulue afin de
conserver et de valoriser l'expérience acquise par le SDIS
91 dans le domaine de la cartographie vectorielle depuis 1994 tout
en montant en puissance le développement du SIG initiée
en 1999. L'objectif fixé pour 2005 était ainsi l'homogénéisation
du fonctionnement de ces deux activités en transférant
progressivement la production des cartes papier du monde PAO vers
le SIG. Cet objectif est quasiment atteint puisque le pôle
"Cartographie" est en phase de finalisation des atlas
opérationnels qui marquent le renouvellement de la chaîne
de production de cartes pliées réalisées jusque
fin 2003 avec le logiciel de PAO Adobe Illustrator. Ces atlas ont
été conçus en collaboration avec un groupe
de travail sapeur-pompier et en exploitant la base de données
géographiques du SIG-SDIS91 élaborée par le
pôle "Information Géographique".
Les lourds travaux de saisie pour la construction et l'enrichissement
de cette base ont été précédés
par une non moins conséquente modélisation des données
qui tend à trouver sa stabilité. Il a en effet fallu
s'imprégner du fonctionnement du logiciel ARTEMIS puis composer
avec son modèle de données, ainsi qu'avec ceux des
bases de données acquises par voies d'achat ou de convention,
mais également nos propres données métier (moyens
en eau, points d'intérêt "pompier" tels que
: établissements répertoriés, résidences,
bornes d'appels d'urgence, barrage gaz, voies à clés,
"voies échelles", etc...). Les travaux de saisie
et d'enrichissement se sont organisés en hiérarchisant
les diverses bases disponibles suivant leur exhaustivité
et leur récence. On peut estimer à 75% le taux d'achèvement
sachant que la vérification terrain s'avérera incontournable
en certains endroits...
Le SIG-SDIS91 prend désormais sa place de référent
cartographique grâce à une base de données unique
à même de répondre aux divers besoins recensés
au SDIS 91. Mais les impératifs opérationnels induisent
une fréquence de mise à jour des données que
ne peuvent actuellement assurer les éditeurs privés.
Le SDIS 91 doit alors s'improviser producteur de données
et élaborer les méthodes et outils adaptés
à la détection, la collecte et l'intégration
des données modifiées...
2. CONCEPTION DES CIRCUITS DE MISES À
JOUR : ASPECTS FONCTIONNEL ET TECHNIQUE.
La phase de conception s'est appuyée sur une vision introspective
du service C&IG et de ses missions ainsi que sur un projet de
fin d'études mené au SDIS 91 de février à
septembre 2004 par Florent Morellet, élève-ingénieur
topographe de l'INSA Strasbourg. Conformément aux différents
objectifs qui avaient été fixés, son étude
a porté en premier lieu sur l'analyse des circuits de mise
à jour existants afin de déceler les sources et les
types d'information, puis de définir les besoins des utilisateurs
actuels et futurs de la cartographie et du SIG. Les résultats
ont permis la définition concertée d'un circuit optimisé
de mise à jour des informations (acteurs et vecteurs). Ensuite,
l'étude du système de mise à jour des données
devait déboucher sur le choix d'une solution logicielle technique
et méthodologique.
2.1.
Exploitation de l'information géographique (IG) au SDIS 91.
Les
principales missions du service Cartographie & Information Géographique
(cf. figure 4) ont considérablement évolué
depuis que l'ancienne "cellule Cartographie" chargée
de confectionner les cartes opérationnelles papier s'est
mutée en "service Cartographie & Information Géographique"
avec une compétence SIG. Ce sont les nouvelles technologies
liées au numérique, les progrès fulgurants
de l'informatique en termes de performances et de coûts, mais
aussi plus spécifiquement les besoins en analyse des risques
et du territoire et la perspective du changement de SIGTA (en 1997)
qui ont poussé le SDIS 91 - comme de nombreux autres SDIS
- à se doter de tels outils.
La base de données géographiques est ainsi devenu
le dénominateur commun des trois types d'exploitation de
l'IG qui sont faites au sein du SDIS 91 :
* Opérationnel avec la production d'atlas et de cartes pour
les engins de secours, ainsi que la constitution et la maintenance
de la base de données SIG-SDIS91 alimentant ARTEMIS;
* Prévisionnel avec l'élaboration de cartes thématiques
dans le cadre SDACR1 ou du RO2 ainsi que le suivi d'études
prospectives telles que l'implantation d'un nouveau centre de secours,
l'optimisation de l'envoi des secours à l'aide de calculs
de zones de couvertures, etc;
* Informatif et communicatif (voire participatif !) avec la publication
des données et leurs visualisation possible soit via l'intranet
et ArcIMS, soit via ArcReader.
Ces exploitations différentes conditionnent le fonctionnement
du service qui a adapté son organisation (cf. § 1.2)
à ses missions inter-services En outre c'est la modélisation
des données et donc leur mise à jour qui en sont également
conditionnées (cf. § 2.2.1).

Figure
4: Exploitation des données géographiques au SDIS
91.
Car
le service C&IG est l'administrateur de la base de données
SIG-SDIS91 et se veut garant de sa qualité et de son intégrité,
mais il doit l'exhaustivité et l'actualisation de cette dernière
aux prévisionnistes correspondants cartographie avec lequel
existe une forte interaction. Il y a donc les services gestionnaires
de données, principaux interlocuteurs, ainsi que les utilisateurs
dont les besoins sont variés.
2.2.
Analyse et optimisation organisationnelle des circuits existants
de l'information géographique au sein du SDIS 91.
Afin
d'optimiser la circulation de l'information géographique,
il était nécessaire d'analyser les circuits existants
en constituant un schéma fonctionnel global des acteurs et
vecteurs de l'information cartographique au sein du SDIS 91. La
connaissance de ces processus a résulté d'une large
consultation menée auprès d'un panel important d'agents
du SDIS travaillant à la direction départementale
et dans les groupements territoriaux (structures déconcentrées).
Ces rencontres ont été également l'occasion
de communiquer sur le développement du SIG-SDIS91.
La synthèse de cette première étude a permis
:
* de distinguer les principaux flux et vecteurs de données
à caractère géographique parmi lesquelles figurent
notamment les données métiers tels que hydrants (points
d'eau naturels et artificiels) et établissements répertoriés
(ETARE) mais également tout élément lié
au réseau routier et au repérage en milieu urbain.
* de formaliser une organisation mise en place progressivement dès
1994 pour l'actualisation des cartes papier réalisées
sous Adobe Illustrator; dans cette organisation les sapeurs-pompiers
prévisionnistes en groupements territoriaux occupent une
place importante en tant que "correspondants cartographie"
chargés de remonter les informations de mise à jour
(via des croquis, photocopies puis de mise à jour à
l'aide de fichiers Illustrator).
* d'identifier les besoins en IG et les profils des utilisateurs
(cf. tableau 1) : les besoins les plus exigeants en terme de fréquence
de mise à jour sont ceux du personnel en CTA3 et au CODIS4,
composantes du futur CDAU. En amont, ce sont des services comme
la Prévision ou les Opérations qui sont davantage
gestionnaires de la composante attributaire de ces données.

Tableau1
: Synthèse des besoins en mise à jour des utilisateurs
de l'IG (F. Morellet).
Ainsi,
en sélectionnant dans un premier temps les différentes
sources des données centralisées par le service C&IG,
la connaissance de l'existant et des besoins des utilisateurs a
permis l'élaboration des nouveaux circuits d'information
(cf. figure 5) selon cinq critères liés aux données
: leur disponibilité, leur exhaustivité, leur authenticité,
leur précision ("cohérence géométrique")
et leur coût.
Cette analyse a en outre conforté le principe de mise à
jour déconcentrée : continuer de s'appuyer sur les
prévisionnistes correspondants cartographie les plus à
même de constater et de relever les changements avec la précision
et la justesse qu'ils doivent à leur connaissance du terrain.
Le nombre d'intermédiaire est réduit à son
minimum. La centralisation des informations par le SIG permettra
une répercussion quasi-immédiate des mises à
jour à l'ensemble des utilisateurs. De plus, en choisissant
la solution technique adéquate, une correction saisie par
le bureau Prévision peut être répercutée
dans le courant de la journée dans la base de données
du SIG après validation par le service C&IG et synchronisation
des bases SIG et ARTEMIS. Ce système fonctionne également
en dehors des heures ouvrables puisque ARTEMIS permettra aux opérateurs
CDAU de saisir une voie ou un élément manquant pour
pouvoir continuer de traiter l'alerte sans encombres. Ces informations
de mise à jour provenant du terrain (interventions, requérants)
parviendront au service C&IG grâce à des "post
it" et via le processus de synchronisation (détection
de nouveaux enregistrements) puis seront transmises aux bureaux
Prévision territoriaux pour confirmation par saisie. Enfin,
grâce à une customisation appropriée de l'interface
ArcIMS déjà existante sur l'intranet du SDIS et à
une sensibilisation à l'importance de l'actualisation des
données du SIG, les agents auront la possibilité d'être
un maillon de ces circuits de mises à jour en partageant
des changements constatés dans leur environnement.

Figure
5 : Diagramme conceptuel des nouveaux flux d'information cartographiques
(F. Morellet et C. Paggiolo).
En
regard de cette organisation doivent être conçus ou
adaptés les outils informatiques et les méthodologies
de saisie.
2.3.
Analyse technique et fonctionnelle.
Le
SIG est devenu le référent unique de l'IG au SDIS
91. L'analyse technique a consisté à intégrer
au mieux l'outil SIG dans l'organisation existante du travail de
manière à minimiser voire éviter toute surcharge
de travail importante, pour la saisie comme pour l'administration
des données, due aux changements et à l'emploi de
nouveaux outils.
Les sapeurs-pompiers prévisionnistes en groupement territorial
ne sont pas spécialistes en SIG. Néanmoins ils sont
tous formés à l'utilisation d'Adobe Illustrator et
à Microsoft Excel et mettent à jour respectivement
à l'aide de ces deux logiciels les composantes géométriques
et attributaires des mêmes objets (hydrants, établissements
répertoriés). Les outils SIG permettent une gestion
comparable sous une seule et même interface avec en sus la
notion de géoréférencement des données.
Son utilisation par les prévisionnistes s'avérait
donc appropriée, de manière à limiter les interfaces
de saisie, les formats de données numériques et optimiser
le transfert de ces dernières vers le service C&IG.
Parallèlement à cela l'utilisation du SIG ne devait
pas bouleverser outre-mesure les habitudes de travail et les besoins
satisfaits par les logiciels en place : génération
de statistiques, édition d'états, etc.
En outre, une constante, qui n'en est dans le fond pourtant pas
une, dans le fonctionnement du SDIS est le phénomène
de turn-over : les sapeurs-pompiers occupent généralement
un poste pour une durée de trois ans et dans le cadre des
prévisionnistes, l'activité cartographique n'est pas
leur mission principale (elle ne constitue que 20% de leur temps
de travail).
L'étude des fonctionnalités nécessaires aux
prévisionnistes s'est donc basée sur des critères
d'ergonomie, de convivialité et de simplicité d'utilisation.
Les possibilités de visualiser, manipuler, éditer
et exporter sous un format particulier les données étaient
incontournables.
Enfin, concernant les méthodes de travail, si elles sont
communes à tous les groupements territoriaux, il existe cependant
des particularités qu'il conviendra de ne pas gommer lors
du changement d'outils informatiques avec l'utilisation du SIG.
3. MISE EN ŒUVRE : ILLUSTRATIONS DES
DISPOSITIONS ORGANISATIONNELLES ET TECHNIQUES APPLIQUÉES.
Dans le cadre de la mise en œuvre, les méthodes de travail
existantes ainsi que les préconisations faites à la
suite de l'élaboration des circuits optimisés de mises
à jour sont donc prises en considération. Et cette
mise en œuvre se prépare dès la modélisation
des données jusqu'à la personnalisation de l'interface
de saisie...
3.1.
Modélisation des données géographiques. Exemple
du réseau routier.
La
modélisation n'entre pas directement dans la mise en œuvre
des circuits de mises à jour mais s'en trouve fortement dépendante
et constitue donc le premier maillon de ces circuits ! En effet,
s'il était permis de remanier les modèles de données
NavStreets(tm) ou Géoroute(r) pur l'adapter aux besoins,
le modèle de référence était celui d'ARTEMIS.
Dans ce cadre bien délimité, l'outil de synchronisation
des bases SIG et ARTEMIS, nommé SigTA Exp et développé
par ESRI France, a toutefois laissé quelques latitudes de
modélisation au service C&IG de manière à
ne pas brider ses propres besoin ni plus complexifier sa gestion
des données et leur mise à jour en liaison avec les
bureaux Prévision. Dans une problématique urbaine
comme celle des secours en Essonne, l'exemple du réseau routier,
qui constitue la couche d'information primordiale et critique du
SIG, illustre bien ces propos.
Les aménagements routiers ainsi que la construction prolifique
de nouveaux lotissements requièrent l'actualisation de cette
couche par le SDIS 91 à un rythme plus régulier que
les mises à jour des éditeurs de données (cf.
§ 2.2, tableau 1). Aussi il ne faut pas omettre de saisir les
règles de circulation de chaque tronçon permettant
à ArcGIS et SigTA Op de calculer les itinéraires de
façon pertinente. Néanmoins, dans le modèle
NavStreets(tm), si ces règles se présentent sous forme
d'attributs du thème routier, certaines sont consignées
dans des tables indépendantes (CDMS (conditions de manœuvres),
ZLEVELS). C'est aussi le cas des inaccessibilités physiques
(obstacles permanents) et des restrictions de passage liés
aux dimensions de véhicules (largeur, hauteur, poids). Or
ces restrictions doivent figurer sur les cartes opérationnelles
aux endroits où les sapeurs-pompiers sont censés précisément
les trouver. Cette contrainte de visualisation cartographique de
l'objet conforte la nécessité de transformer ces attributs
ou tables en une couche de ponctuels "Restrictions" liés
topologiquement et attributairement aux tronçons de routes
auxquels ils "appartiennent". Cette nouvelle modélisation
facilite la mise à jour de ces informations aussi bien pour
l'administrateur que pour le prévisionniste. Ce dernier saisit
sous ArcMap un élément qu'il voit sur le terrain (bloc
de pierre, barrage à clé, panneau indicateur) et renseigne
uniquement la nature (et la valeur) de la restriction via un formulaire
Access. Le ponctuel "accroché" au tronçon
dont il récupère automatiquement l'identifiant et
le nom de la voie lui confère ses attributs (cf. figure 6).
Saisie géométrique sous ArcMap :

Saisie à l'aide d'un formulaire Microsoft Access

Figure
6 : Saisie des restrictions au réseau routier.
3.2.
IHM et masques personnalisés pour la saisie attributaire.
De
la même manière que pour la modélisation des
restrictions au réseau routier, le parti a été
pris d'exploiter la compatibilité des géodatabases
ArcGIS avec le format Access pour la saisie des informations alphanumériques.
Dans le cas des hydrants, leur inventaire et leur suivi sont assurés
sous Excel par les prévisionnistes. Le service C&IG a
donc conçu un formulaire Access convivial afin d'accompagner
les prévisionnistes au changement au profit du SIG. Cette
nouvelle méthode de travail a été soumise aux
prévisionnistes en avril 2005 puis mise en œuvre en
juillet dernier. L'interface Access comporte un menu d'accueil (cf.
ci-contre) où l'utilisateur a le choix entre plusieurs fonctionnalités.
Bien que la saisie ne s'effectue plus directement au sein d'un tableau,
la possibilité est lui offerte d'éditer un état
formaté ou encore d'exporter la liste mise à jour
au format Excel afin de procéder aux analyses statistiques
dont il a l'habitude dans ses missions de prévision. A contrario
d'Excel, Access a l'avantage de permettre le paramétrage
de domaines de valeurs de manière à circonscrire voire
à empêcher les saisies erronées ou "personnalisées"
telles que celles constatées lors de l'import des fichiers
Excel des quatre groupements.


La
figure 7 présente le formulaire de modification d'un hydrant
où l'on retrouve les champs à caractère opérationnel
(présents dans le modèle ARTEMIS), ceux qui servent
exclusivement aux bureaux Prévision ainsi que des champs
d'hyperliens (photos) utilisés particulièrement par
le groupement Sud.
L'utilisation de ces formulaires Access préfigure l'étape
suivante à franchir avant fin 2005 de leur couplage avec
ArcMap dans les conditions de saisie sur le terrain. Pour ce faire
des licences ArcGIS supplémentaires ont été
acquises et les tests matériel de type "SIG mobile"
ont été entrepris.
3.3. Acquisition de logiciels de saisie : ArcEditor 9.0 et ArcView
9.0.
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