Prévention et lutte contre l’incendie - SDIS   
   
  Conception et mise en œuvre des circuits de mise à jour des données géographiques au SDIS 91.
   
 

Yann KACENELEN
Chef du service Cartographie et Information Géographique

Christophe PAGGIOLO
Technicien SIG, service Cartographie et Information Géographique


Service Départemental d’Incendie et de Secours de l’Essonne


 
 

 

Résumé :
Le nouveau système informatisé de gestion et de transmission de l'alerte du SDIS 91 sera opérationnel dès janvier 2006 et son interface cartographique d'aide à la localisation et à la décision sera alimentée par le SIG mis en place.
Le traitement efficace d'un appel d'urgence et l'envoi prompt des secours sur intervention seront donc en grande partie permis par une information géographique exhaustive, précise et actualisée au mieux. C'est pourquoi la mise à jour des données du SIG-SDIS91 constitue l'une des préoccupations majeures du service Cartographie & Information Géographique du SDIS. Il s'agit de mettre en place une organisation et les moyens techniques adéquats pour assurer rapidement la remontée des informations constatées sur le terrain et leur intégration dans la base de données. Or cela débute dès la modélisation des données et se poursuit jusqu'à l'interface logicielle de leur saisie...

Mots-clés : sapeurs-pompiers, SDIS, traitement de l'alerte, SIG, cartographie numérique, bases de données, mise à jour, méthodologie, organisation.


PLAN

1. CONTEXTE : AVANCEMENT DU PROJET CDAU ET DE LA CARTOGRAPHIE OPÉRATIONNELLE AU SDIS 91.

1.1. Quid du projet de Centre départemental d'appels d'urgence et du renouvellement du Système informatisé de gestion et de transmission de l'alerte ?
1.2. Cartographie et information géographique au sein du SDIS 91 : organisation du service et avancement des travaux.

2. CONCEPTION DES CIRCUITS DE MISES À JOUR : ASPECTS FONCTIONNEL ET TECHNIQUE.

2.1. Exploitation de l'information géographique (IG) au SDIS 91.
2.2. Analyse et optimisation organisationnelle des circuits existants de l'information géographique au sein du SDIS 91.
2.3. Analyse technique et fonctionnelle.

3. MISE EN ŒUVRE : ILLUSTRATIONS DES DISPOSITIONS ORGANISATIONNELLES ET TECHNIQUES APPLIQUÉES.

3.1. Modélisation des données géographiques. Exemple du réseau routier.
3.2. IHM et masques personnalisés pour la saisie attributaire.
3.3. Acquisition de logiciels de saisie : ArcEditor 9.0 et ArcView 9.0.
3.4. Test de matériel durci (tablettes PC) pour la saisie sur le terrain.

4. CONCLUSION : DU CHEMIN PARCOURU MAIS LA ROUTE EST ENCORE LONGUE ET LE TEMPS COMPTÉ POUR ÊTRE OPÉRATIONNELS...


Nota : La communication du SDIS 91 à SIG 2005 entre dans la continuité de celle qu'il a faite à SIG 2004. Le présent dossier ne reprend donc pas de façon exhaustive les éléments abordés l'an passé tels que la présentation de la structure du SDIS 91 et du projet CDAU mais dont certains seront toutefois rappelés succinctement le 6 octobre prochain. Pour de plus amples détails, le lecteur est invité à se référer au dossier "Le SIG-SDIS91 au service du traitement des appels d'urgence" téléchargeable à l'adresse : www.esrifrance.fr/sig2004/concours/pdf/applications/sdis91.pdf.


1. CONTEXTE : AVANCEMENT DU PROJET CDAU ET DE LA CARTOGRAPHIE OPÉRATIONNELLE AU SDIS 91.

1.1. Quid du projet de Centre départemental d'appels d'urgence et du renouvellement du Système informatisé de gestion et de transmission de l'alerte ?

Le Centre départemental d'appels d'urgence (CDAU) ouvrira ses portes en janvier 2006. En son sein, sapeurs-pompiers et personnels du SAMU collaboreront pour traiter plus efficacement les demandes téléphoniques de secours en Essonne (appels des numéros 18, 15 et du numéro européen 112).

 

Dans le cadre de ce projet de centralisation des appels, le SDIS 91 a renouvelé son Système informatisé de gestion et de transmission de l'alerte (SIGTA) afin d'assurer efficacement le traitement des quelques 2000 appels d'urgence par jour - ainsi que l'envoi des moyens le cas échéant. Le logiciel choisi, ARTEMIS d'EDS Answare, est couplé à une interface cartographique développée par ESRI France et baptisée SigTA Op (cf. figure 3). Ce nouveau système a été implanté sur une plateforme test à l'École Départementale d'Incendie et de Secours à Fleury-Mérogis en février 2005 (cf. ci-contre). Déjà de nombreuses sessions de formation des futurs utilisateurs ont eu lieu parallèlement à la vérification d'aptitude du produit avant mise en exploitation partielle dès novembre 2005.

 

 

 

Figure 3 : Multi fenêtrage d'ARTEMIS et interface SigTA Op.

La localisation du lieu du sinistre et/ou de l'appel s'effectue indifféremment lors de la saisie d'une fiche d'alerte sous ARTEMIS avec la possibilité de zoomer sur la cartographie ou via l'interface de SigTA Op. Cette dernière dispose bien entendu d'outils de navigation mais permet également des requêtes attributaires et spatiales rudimentaires ainsi que des calculs de surfaces et d'itinéraires avec gestion des obstacles (blocages) en dynamique.
L'apport de l'interface cartographique que n'avait pas l'ancien SIGTA est notable et a enthousiasmé les premiers stagiaires. Cependant ses fonctionnalités ne constituent une réelle plus-value que si les données géographiques sur lesquelles elles s'appuient sont de qualité...

1.2. Cartographie et information géographique au sein du SDIS 91 : organisation du service et avancement des travaux.

C'est ce que à quoi s'emploie le service Cartographie & Information Géographique (C&IG) créé en 2001 et qui s'est structuré en deux pôles d'activités distincts en 2004 :
* Le pôle "Information Géographique" collecte, traite, administre et saisit les données géographiques de la base de données du SIG. Il se charge également des études et analyses prospectives et élabore les cartes thématiques correspondantes.
* Le pôle "Cartographie" se situe en aval du précédent dans la chaîne de traitement car il a pour missions l'habillage des données à des fins de production de cartes opérationnelles et de documents cartographiques à grande échelle ainsi que le façonnage de ces produits.
Cette organisation bipolaire a été voulue afin de conserver et de valoriser l'expérience acquise par le SDIS 91 dans le domaine de la cartographie vectorielle depuis 1994 tout en montant en puissance le développement du SIG initiée en 1999. L'objectif fixé pour 2005 était ainsi l'homogénéisation du fonctionnement de ces deux activités en transférant progressivement la production des cartes papier du monde PAO vers le SIG. Cet objectif est quasiment atteint puisque le pôle "Cartographie" est en phase de finalisation des atlas opérationnels qui marquent le renouvellement de la chaîne de production de cartes pliées réalisées jusque fin 2003 avec le logiciel de PAO Adobe Illustrator. Ces atlas ont été conçus en collaboration avec un groupe de travail sapeur-pompier et en exploitant la base de données géographiques du SIG-SDIS91 élaborée par le pôle "Information Géographique".
Les lourds travaux de saisie pour la construction et l'enrichissement de cette base ont été précédés par une non moins conséquente modélisation des données qui tend à trouver sa stabilité. Il a en effet fallu s'imprégner du fonctionnement du logiciel ARTEMIS puis composer avec son modèle de données, ainsi qu'avec ceux des bases de données acquises par voies d'achat ou de convention, mais également nos propres données métier (moyens en eau, points d'intérêt "pompier" tels que : établissements répertoriés, résidences, bornes d'appels d'urgence, barrage gaz, voies à clés, "voies échelles", etc...). Les travaux de saisie et d'enrichissement se sont organisés en hiérarchisant les diverses bases disponibles suivant leur exhaustivité et leur récence. On peut estimer à 75% le taux d'achèvement sachant que la vérification terrain s'avérera incontournable en certains endroits...
Le SIG-SDIS91 prend désormais sa place de référent cartographique grâce à une base de données unique à même de répondre aux divers besoins recensés au SDIS 91. Mais les impératifs opérationnels induisent une fréquence de mise à jour des données que ne peuvent actuellement assurer les éditeurs privés. Le SDIS 91 doit alors s'improviser producteur de données et élaborer les méthodes et outils adaptés à la détection, la collecte et l'intégration des données modifiées...


2. CONCEPTION DES CIRCUITS DE MISES À JOUR : ASPECTS FONCTIONNEL ET TECHNIQUE.


La phase de conception s'est appuyée sur une vision introspective du service C&IG et de ses missions ainsi que sur un projet de fin d'études mené au SDIS 91 de février à septembre 2004 par Florent Morellet, élève-ingénieur topographe de l'INSA Strasbourg. Conformément aux différents objectifs qui avaient été fixés, son étude a porté en premier lieu sur l'analyse des circuits de mise à jour existants afin de déceler les sources et les types d'information, puis de définir les besoins des utilisateurs actuels et futurs de la cartographie et du SIG. Les résultats ont permis la définition concertée d'un circuit optimisé de mise à jour des informations (acteurs et vecteurs). Ensuite, l'étude du système de mise à jour des données devait déboucher sur le choix d'une solution logicielle technique et méthodologique.

2.1. Exploitation de l'information géographique (IG) au SDIS 91.

Les principales missions du service Cartographie & Information Géographique (cf. figure 4) ont considérablement évolué depuis que l'ancienne "cellule Cartographie" chargée de confectionner les cartes opérationnelles papier s'est mutée en "service Cartographie & Information Géographique" avec une compétence SIG. Ce sont les nouvelles technologies liées au numérique, les progrès fulgurants de l'informatique en termes de performances et de coûts, mais aussi plus spécifiquement les besoins en analyse des risques et du territoire et la perspective du changement de SIGTA (en 1997) qui ont poussé le SDIS 91 - comme de nombreux autres SDIS - à se doter de tels outils.
La base de données géographiques est ainsi devenu le dénominateur commun des trois types d'exploitation de l'IG qui sont faites au sein du SDIS 91 :
* Opérationnel avec la production d'atlas et de cartes pour les engins de secours, ainsi que la constitution et la maintenance de la base de données SIG-SDIS91 alimentant ARTEMIS;
* Prévisionnel avec l'élaboration de cartes thématiques dans le cadre SDACR1 ou du RO2 ainsi que le suivi d'études prospectives telles que l'implantation d'un nouveau centre de secours, l'optimisation de l'envoi des secours à l'aide de calculs de zones de couvertures, etc;
* Informatif et communicatif (voire participatif !) avec la publication des données et leurs visualisation possible soit via l'intranet et ArcIMS, soit via ArcReader.
Ces exploitations différentes conditionnent le fonctionnement du service qui a adapté son organisation (cf. § 1.2) à ses missions inter-services En outre c'est la modélisation des données et donc leur mise à jour qui en sont également conditionnées (cf. § 2.2.1).

Figure 4: Exploitation des données géographiques au SDIS 91.

Car le service C&IG est l'administrateur de la base de données SIG-SDIS91 et se veut garant de sa qualité et de son intégrité, mais il doit l'exhaustivité et l'actualisation de cette dernière aux prévisionnistes correspondants cartographie avec lequel existe une forte interaction. Il y a donc les services gestionnaires de données, principaux interlocuteurs, ainsi que les utilisateurs dont les besoins sont variés.

2.2. Analyse et optimisation organisationnelle des circuits existants de l'information géographique au sein du SDIS 91.

Afin d'optimiser la circulation de l'information géographique, il était nécessaire d'analyser les circuits existants en constituant un schéma fonctionnel global des acteurs et vecteurs de l'information cartographique au sein du SDIS 91. La connaissance de ces processus a résulté d'une large consultation menée auprès d'un panel important d'agents du SDIS travaillant à la direction départementale et dans les groupements territoriaux (structures déconcentrées). Ces rencontres ont été également l'occasion de communiquer sur le développement du SIG-SDIS91.
La synthèse de cette première étude a permis :
* de distinguer les principaux flux et vecteurs de données à caractère géographique parmi lesquelles figurent notamment les données métiers tels que hydrants (points d'eau naturels et artificiels) et établissements répertoriés (ETARE) mais également tout élément lié au réseau routier et au repérage en milieu urbain.
* de formaliser une organisation mise en place progressivement dès 1994 pour l'actualisation des cartes papier réalisées sous Adobe Illustrator; dans cette organisation les sapeurs-pompiers prévisionnistes en groupements territoriaux occupent une place importante en tant que "correspondants cartographie" chargés de remonter les informations de mise à jour (via des croquis, photocopies puis de mise à jour à l'aide de fichiers Illustrator).
* d'identifier les besoins en IG et les profils des utilisateurs (cf. tableau 1) : les besoins les plus exigeants en terme de fréquence de mise à jour sont ceux du personnel en CTA3 et au CODIS4, composantes du futur CDAU. En amont, ce sont des services comme la Prévision ou les Opérations qui sont davantage gestionnaires de la composante attributaire de ces données.


Tableau1 : Synthèse des besoins en mise à jour des utilisateurs de l'IG (F. Morellet).

Ainsi, en sélectionnant dans un premier temps les différentes sources des données centralisées par le service C&IG, la connaissance de l'existant et des besoins des utilisateurs a permis l'élaboration des nouveaux circuits d'information (cf. figure 5) selon cinq critères liés aux données : leur disponibilité, leur exhaustivité, leur authenticité, leur précision ("cohérence géométrique") et leur coût.
Cette analyse a en outre conforté le principe de mise à jour déconcentrée : continuer de s'appuyer sur les prévisionnistes correspondants cartographie les plus à même de constater et de relever les changements avec la précision et la justesse qu'ils doivent à leur connaissance du terrain.
Le nombre d'intermédiaire est réduit à son minimum. La centralisation des informations par le SIG permettra une répercussion quasi-immédiate des mises à jour à l'ensemble des utilisateurs. De plus, en choisissant la solution technique adéquate, une correction saisie par le bureau Prévision peut être répercutée dans le courant de la journée dans la base de données du SIG après validation par le service C&IG et synchronisation des bases SIG et ARTEMIS. Ce système fonctionne également en dehors des heures ouvrables puisque ARTEMIS permettra aux opérateurs CDAU de saisir une voie ou un élément manquant pour pouvoir continuer de traiter l'alerte sans encombres. Ces informations de mise à jour provenant du terrain (interventions, requérants) parviendront au service C&IG grâce à des "post it" et via le processus de synchronisation (détection de nouveaux enregistrements) puis seront transmises aux bureaux Prévision territoriaux pour confirmation par saisie. Enfin, grâce à une customisation appropriée de l'interface ArcIMS déjà existante sur l'intranet du SDIS et à une sensibilisation à l'importance de l'actualisation des données du SIG, les agents auront la possibilité d'être un maillon de ces circuits de mises à jour en partageant des changements constatés dans leur environnement.

Figure 5 : Diagramme conceptuel des nouveaux flux d'information cartographiques
(F. Morellet et C. Paggiolo).

En regard de cette organisation doivent être conçus ou adaptés les outils informatiques et les méthodologies de saisie.

2.3. Analyse technique et fonctionnelle.

Le SIG est devenu le référent unique de l'IG au SDIS 91. L'analyse technique a consisté à intégrer au mieux l'outil SIG dans l'organisation existante du travail de manière à minimiser voire éviter toute surcharge de travail importante, pour la saisie comme pour l'administration des données, due aux changements et à l'emploi de nouveaux outils.
Les sapeurs-pompiers prévisionnistes en groupement territorial ne sont pas spécialistes en SIG. Néanmoins ils sont tous formés à l'utilisation d'Adobe Illustrator et à Microsoft Excel et mettent à jour respectivement à l'aide de ces deux logiciels les composantes géométriques et attributaires des mêmes objets (hydrants, établissements répertoriés). Les outils SIG permettent une gestion comparable sous une seule et même interface avec en sus la notion de géoréférencement des données. Son utilisation par les prévisionnistes s'avérait donc appropriée, de manière à limiter les interfaces de saisie, les formats de données numériques et optimiser le transfert de ces dernières vers le service C&IG.
Parallèlement à cela l'utilisation du SIG ne devait pas bouleverser outre-mesure les habitudes de travail et les besoins satisfaits par les logiciels en place : génération de statistiques, édition d'états, etc.
En outre, une constante, qui n'en est dans le fond pourtant pas une, dans le fonctionnement du SDIS est le phénomène de turn-over : les sapeurs-pompiers occupent généralement un poste pour une durée de trois ans et dans le cadre des prévisionnistes, l'activité cartographique n'est pas leur mission principale (elle ne constitue que 20% de leur temps de travail).
L'étude des fonctionnalités nécessaires aux prévisionnistes s'est donc basée sur des critères d'ergonomie, de convivialité et de simplicité d'utilisation. Les possibilités de visualiser, manipuler, éditer et exporter sous un format particulier les données étaient incontournables.
Enfin, concernant les méthodes de travail, si elles sont communes à tous les groupements territoriaux, il existe cependant des particularités qu'il conviendra de ne pas gommer lors du changement d'outils informatiques avec l'utilisation du SIG.


3. MISE EN ŒUVRE : ILLUSTRATIONS DES DISPOSITIONS ORGANISATIONNELLES ET TECHNIQUES APPLIQUÉES.


Dans le cadre de la mise en œuvre, les méthodes de travail existantes ainsi que les préconisations faites à la suite de l'élaboration des circuits optimisés de mises à jour sont donc prises en considération. Et cette mise en œuvre se prépare dès la modélisation des données jusqu'à la personnalisation de l'interface de saisie...

3.1. Modélisation des données géographiques. Exemple du réseau routier.

La modélisation n'entre pas directement dans la mise en œuvre des circuits de mises à jour mais s'en trouve fortement dépendante et constitue donc le premier maillon de ces circuits ! En effet, s'il était permis de remanier les modèles de données NavStreets(tm) ou Géoroute(r) pur l'adapter aux besoins, le modèle de référence était celui d'ARTEMIS. Dans ce cadre bien délimité, l'outil de synchronisation des bases SIG et ARTEMIS, nommé SigTA Exp et développé par ESRI France, a toutefois laissé quelques latitudes de modélisation au service C&IG de manière à ne pas brider ses propres besoin ni plus complexifier sa gestion des données et leur mise à jour en liaison avec les bureaux Prévision. Dans une problématique urbaine comme celle des secours en Essonne, l'exemple du réseau routier, qui constitue la couche d'information primordiale et critique du SIG, illustre bien ces propos.
Les aménagements routiers ainsi que la construction prolifique de nouveaux lotissements requièrent l'actualisation de cette couche par le SDIS 91 à un rythme plus régulier que les mises à jour des éditeurs de données (cf. § 2.2, tableau 1). Aussi il ne faut pas omettre de saisir les règles de circulation de chaque tronçon permettant à ArcGIS et SigTA Op de calculer les itinéraires de façon pertinente. Néanmoins, dans le modèle NavStreets(tm), si ces règles se présentent sous forme d'attributs du thème routier, certaines sont consignées dans des tables indépendantes (CDMS (conditions de manœuvres), ZLEVELS). C'est aussi le cas des inaccessibilités physiques (obstacles permanents) et des restrictions de passage liés aux dimensions de véhicules (largeur, hauteur, poids). Or ces restrictions doivent figurer sur les cartes opérationnelles aux endroits où les sapeurs-pompiers sont censés précisément les trouver. Cette contrainte de visualisation cartographique de l'objet conforte la nécessité de transformer ces attributs ou tables en une couche de ponctuels "Restrictions" liés topologiquement et attributairement aux tronçons de routes auxquels ils "appartiennent". Cette nouvelle modélisation facilite la mise à jour de ces informations aussi bien pour l'administrateur que pour le prévisionniste. Ce dernier saisit sous ArcMap un élément qu'il voit sur le terrain (bloc de pierre, barrage à clé, panneau indicateur) et renseigne uniquement la nature (et la valeur) de la restriction via un formulaire Access. Le ponctuel "accroché" au tronçon dont il récupère automatiquement l'identifiant et le nom de la voie lui confère ses attributs (cf. figure 6).

Saisie géométrique sous ArcMap :



Saisie à l'aide d'un formulaire Microsoft Access

Figure 6 : Saisie des restrictions au réseau routier.

3.2. IHM et masques personnalisés pour la saisie attributaire.

De la même manière que pour la modélisation des restrictions au réseau routier, le parti a été pris d'exploiter la compatibilité des géodatabases ArcGIS avec le format Access pour la saisie des informations alphanumériques. Dans le cas des hydrants, leur inventaire et leur suivi sont assurés sous Excel par les prévisionnistes. Le service C&IG a donc conçu un formulaire Access convivial afin d'accompagner les prévisionnistes au changement au profit du SIG. Cette nouvelle méthode de travail a été soumise aux prévisionnistes en avril 2005 puis mise en œuvre en juillet dernier. L'interface Access comporte un menu d'accueil (cf. ci-contre) où l'utilisateur a le choix entre plusieurs fonctionnalités. Bien que la saisie ne s'effectue plus directement au sein d'un tableau, la possibilité est lui offerte d'éditer un état formaté ou encore d'exporter la liste mise à jour au format Excel afin de procéder aux analyses statistiques dont il a l'habitude dans ses missions de prévision. A contrario d'Excel, Access a l'avantage de permettre le paramétrage de domaines de valeurs de manière à circonscrire voire à empêcher les saisies erronées ou "personnalisées" telles que celles constatées lors de l'import des fichiers Excel des quatre groupements.

La figure 7 présente le formulaire de modification d'un hydrant où l'on retrouve les champs à caractère opérationnel (présents dans le modèle ARTEMIS), ceux qui servent exclusivement aux bureaux Prévision ainsi que des champs d'hyperliens (photos) utilisés particulièrement par le groupement Sud.
L'utilisation de ces formulaires Access préfigure l'étape suivante à franchir avant fin 2005 de leur couplage avec ArcMap dans les conditions de saisie sur le terrain. Pour ce faire des licences ArcGIS supplémentaires ont été acquises et les tests matériel de type "SIG mobile" ont été entrepris.


3.3. Acquisition de logiciels de saisie : ArcEditor 9.0 et ArcView 9.0.

 

 

 

La licence ArcEditor 9.0 acquise en juin 2005 vient renforcer les rangs des licences flottantes (au nombre de deux jusqu'alors) déjà utilisées par le service C&IG, augmentant ainsi nos possibilités de mise à jour en interne. Mais cette acquisition supplémentaire a été motivée par l'organisation de la mise à jour déconnectée finalement choisie (cf. figure 8). Cette troisième licence ArcEditor sera partagée entre les prévisionnistes et leur permettra quotidiennement ou hebdomadairement d'extraire les données stockées sur le serveur de données (SQL Serveur 2000 + ArcSDE 9) afin de les copier sur leur tablette PC et de procéder aux saisies sur le terrain. Grâce à cette même licence et de façon automatique, une fois les modifications effectuées sur le terrain elles seront renvoyées au serveur pour contrôle par le service C&IG puis intégration dans la base de données du SIG puis synchronisation avec ARTEMIS.

Une fois les données extraites avec ArcEditor, c'est avec ArcView que les bureaux Prévision effectueront les levés. Cinq licences fixes ArcView 9.0 ont été acquises : une pour chacun des quatre groupements et une supplémentaire pour le service C&IG en cas de dépannage (ou de saisie urgente !).

 

 

Le choix définitif d'ArcView a succédé à celui d'ArcPad qui avait été envisagé à l'issue de l'étude technique menée par F. Morellet. Le logiciel présentait bien le meilleur compromis entre coût d'investissement, fonctionnalités (navigation, GPS), facilité d'utilisation et portabilité (PDA, tablette PC et laptops). Toutefois ArcPad ne lit que le format shapefile. Or bien que ce dernier s'avère parfois plus robuste que la géodatabase (GDB) et qu'ArcEditor dispose d'une barre d'outils dédiée "ArcPad", l'export en shapefile réduit les possibilités offertes par les GDB, notamment la gestion des métadonnées et l'historisation des modifications (grâce à l'ArcScript "EditorID"). Ou la compensation de ces pertes passe par du développement de scripts qui "réinventent l'eau tiède" et sont consommateurs de temps et de ressources. De plus, ArcView possède des outils de saisie plus élaborés, une barre d'outils pour le levé par GPS mais ne permet pas, comme ArcEditor, l'écriture sur une base ArcSDE.

L'administrateur de la base SIG-SDIS91 peut ainsi procéder, soit à intervalles réguliers, soit lorsque le nombre important ou l'urgence des mises à jours le justifie, à leur intégration dans la base SIG après réconciliation des versions publiques crées dans ArcSDE pour chaque groupement territorial. Il convient pour cela de suivre un processus organisationnel strict (un planning régulier) afin d'éviter toute confusion et perte de données.
Cette organisation reste ensuite à simuler concrètement lors de tests approfondis aient été effectués sur du matériel ad hoc.

3.4. Test de matériel durci (tablettes PC) pour la saisie sur le terrain.

Le SDIS a expérimenté l'emploi de SIG mobile lors d'une campagne de levés d'hydrants menée d'août 2002 à mars 2004. Équipés du logiciel TerraSync et de matériel de réception GPS PathfinderPocket de Trimble, les deux prévisionnistes du groupement Sud ont sillonné leur territoire et positionné les 1700 points d'eau dont ils ont en charge le maintien du bon état opérationnel en relation avec les sociétés des eaux concessionnaires. Cette campagne de levé a permis d'alimenter la base de données SIG et répondait également à une demande du groupement qui souhaitait disposer des "zones d'ombre" de ses moyens en eau, des "zones de couverture" - dans le jargon Network Analyst - de 200 mètres autour de ces ponctuels.

 

 

 

En pratique, l'utilisation d'un PDA HP a rapidement cédé sa place à celle d'un ordinateur portable pour une question de surface d'écran. De même, le récepteur GPS a montré quelques faiblesses au niveau de son autonomie d'énergie et sa connectique s'est révélée encombrante
L'emploi de matériel de saisie informatique sur le terrain requiert de celui-ci qu'il soit robuste, fiable et aisément déployable. C'est pour cela et grâce aux enseignements tirés de la campagne de levés, que le service C&IG s'oriente vers des tablettes PC durcies (cf. photo ci-contre) répondant aux normes IP54, aux configurations performantes (processeur et affichage) et dotées de récepteurs GPS intégrés ou connectés en liaison Bluetooth.


4. CONCLUSION : DU CHEMIN PARCOURU MAIS LA ROUTE EST ENCORE LONGUE ET LE TEMPS COMPTÉ POUR ÊTRE OPÉRATIONNELS...


Alors que le service C&IG poursuit ses copieux travaux de saisie et d'enrichissement de la base de données SIG, la question de la mise à jour de ces données n'est pas restée en suspens. Car c'est dès la modélisation des données qu'elle survient et qu'elle nécessite une réponse appropriée si l'on ne souhaite pas remettre sans cesse son modèle en question pour des raisons de mises à jour peu commodes, absconses pour un utilisateur non spécialiste des SIG ou une administration trop lourde et trop complexe de ces mêmes données. À ce jour, le modèle de données SIG-SDIS91 est vraisemblablement parvenu à maturité et reste à être éprouver par injection des données dans ARTEMIS à l'aide de SigTA Exp.
Si techniquement l'apparence, les fonctionnalités et l'interaction des outils informatiques (SIG) ont été perçues et mises en œuvre, il demeure que l'organisation des différents acteurs des mises à jour des données géographiques reste à éprouver.
Pour ce faire, le service C&IG doit encore procéder en interne à des tests de matériel, à leur acquisition et à la rédaction des méthodologies de saisie. Ensuite, un groupe de travail constitué par les prévisionnistes de groupement sera consulté pour rendre son avis sur les méthodes de travail qui lui seront proposées. Après approbation de ces derniers et de la hiérarchie, une formation leur sera dispensée avant "mise en service" en décembre prochain.
Ainsi, en plus du fonctionnement correct d'ARTEMIS suite aux injections finalisées des données du SIG-SDIS91, il conviendra de savamment orchestrer ces circuits de mises à jour sur le plan technique comme sur le plan organisationnel et de réajuster si les performances escomptées ne sont pas atteintes. Il s'agit principalement de satisfaire les fréquences d'actualisation, sachant d'ores et déjà que la disponibilité de ces mises à jour sera fonction de celle des prévisionnistes de groupements, compte tenu de leurs missions premières qui sont prioritaires (et non cartographiques...). Il est prévu toutefois que le service C&IG puisse assurer du levé de terrain si besoin est, à l'aide du même matériel que celui fourni aux prévisionnistes. Le service C&IG pourra également s'appuyer sur les convention d'échanges de données géographiques qu'il a signées avec divers partenaires publics et privés et sur la participation (bénévole) des agents du SDIS lorsqu'ils pourront consulter la base de données via l'intranet.


1 Schéma Départemental d'Analyse et de Couverture des Risques.
2 Règlement Opérationnel.
3 Centre de Traitement de l'Alerte.
4 Centre Opérationnel Départemental d'Incendie et de Secours.