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I
- Introduction
Toute
problématique de recherche spatiale relevant du recours aux SIG
passe par 2 phases distinctes : la conception du système lui-même
sous forme d’un modèle de structure du phénomène envisagé
et sa création sous forme d’une
geodatabase. Qu’il
s’agisse de la phase conceptuelle ou de la phase de concrétisation
logicielle, le principe est de
décomposer le monde réel en phénomènes successivement de
plus en plus « simples » en fonction d’une problématique
donnée. Afin de pouvoir apporter des éléments de réponse à celle-ci,
une méthodologie est définie puis articulée, structurée par des
méthodes appartenant à l’analyse spatiale.
Les
différents phénomènes simples qui, ensemble, concourent à exprimer
une certaine partie de la complexité du monde réel se manifestent
aussi bien dans qu’à travers
l’espace « spatial ». C’est par ce
biais très particulier qu’ils peuvent être analysés. La finalité
de l’analyse spatiale est de tenter d’apporter des éléments
de réponse à certaines questions intrinsèques que pose tout phénomène:
Où? Quoi?. Quand? Comment? Pourquoi? En d’autres termes, c’est
tenter de comprendre comment l’espace spatial participe à
l’émergence des différents phénomènes spatiaux et thématiques,
quelles sont les liaisons spatiales et/ou thématiques qui peuvent
exister entre les phénomènes, comment appréhender les interactions
spatiales, comment ces phénomènes sous forme de processus prennent
forme, existent, se diffusent ou disparaissent et ceci aussi bien
au niveau local que global.
Les
phénomènes observés sont souvent l’expression de phénomènes
complexes résultant de la combinaison et/ou de la composition et
de l’interaction de phénomènes simples sous-jacents qu’il
faut révéler afin de les comprendre, les décrire, les expliquer.
La configuration de l’espace spatial n’est autre que
l’expression, l’instanciation d’un phénomène d’ordre
général lui-même composé de sous-phénomènes plus simples devant
être mis au jour.
Une
des façons d’expliciter voire de comprendre l’espace
spatial est de concevoir des modélisations spatiales et des modèles
spatiaux susceptibles de révéler des processus qui, à
leur tour, induisent des
phénomènes spatiaux. Parmi les modèles spatiaux les plus connus,
on peut citer les modèles d’optimisation de l’espace
de Von Thünen, des places centrales de Christaller et Lösch, la
modélisation hydrologique, les modèles numériques de terrain, les
modèles de diffusion, le modèle des aires d’influence de Bogue
connu sous le nom de polygones de Thiessen, le modèle des flux de
migration de population connu sous le nom de modèle gravitaire,
les modèles d’interaction spatiale, etc.
II - L’Analyse Spatiale sous ArcGIS
: les géotraitements
L’espace
spatial est continu mais le contenu des phénomènes qui s’expriment
aussi bien dans qu’à travers
l’espace, peut présenter des discontinuités, des zones
de flou, des transitions, des ruptures. Aussi, une question se pose
souvent :comment reconstruire une continuité spatiale à partir
de tels phénomènes?. Afin de trouver des éléments de réponse à ces
questions, des géotraitements sont réalisés mettant en oeuvre des
méthodes d’analyse spatiale. Cet article se propose une revue
synoptique des traitements disponibles, illustrée d’exemples
d’applications empruntés à diverses disciplines.
Les
méthodes d’analyse spatiale implémentées sous ArcGis, à travers
les géotraitements, sont basées sur deux modèles distincts de structuration
de l’information spatiale et thématique suivant que le contenu
ou le contenant des objets géographiques composant les phénomènes
est privilégié. Le premier correspond à un graphe planaire topologique
sans isthme auquel lui est associé son graphe dual topologique,
tandis que le second correspond à une structure maillée topologique
géoréférencée à laquelle est associé un graphe dual topologique
(cf fig. 1), Le premier modèle correspond au mode vecteur alors
que le second correspond au mode raster.

Figure 1 : Structures spatiales et/ou thématiques sous
ArcGis - ArcInfo correspondant à la définition théorique
de la structuration de l’information spatiale et/ou thématique
- F. PIROT 2004
Dans
cette présentation, seront exposées d’une façon plus détaillée
certaines méthodes de l’algèbre de carte à savoir les géotraitements
basés sur des structures maillées géoréférencées appelées GRID.
L’analyse spatiale versus algèbre de carte sous ArcGis-ArcInfo,
ArcInfo workstation est mise en oeuvre par l’intermédiaire
de l’ensemble des géotraitements ou geoprocessing. L’algèbre
de cartes connue sous le nom de Map Algebra est une façon de réaliser
de la modélisation spatiale à l’aide d’un langage de
programmation de haut niveau permettant aussi bien des calculs simples
comme les opérations mathématiques, arithmétiques, trigonométriques,
booléennes, statistiques simples, etc. , que des calculs complexes
comme par exemple les statistiques multidimensionnelles, les modélisations
spatiales en 3D, les modélisations spatiales hydrologiques tant
au niveau local que global.
II
-1 Structure et nature des données
Afin de mettre en oeuvre les géotraitements, l’information
spatiale et thématique doit être structurée suivant des lignes et
des colonnes pour former des mailles. Une fois chaque maille géoréférencée,
lui est associée une information thématique. Cette structure porte
le nom de GRID. Cette structure de GRID possède des caractéristiques
topologiques. De plus, un graphe dual topologique est associé à
celle-ci, graphe dual dont chaque sommet est le centre de chaque
maille.
L’information thématique associée à l’information spatiale
peut être soit de nature discrète soit de nature continue au niveau
de l’espace géographique. De plus, elle peut correspondre
aux différents niveaux de mesure mathématique à savoir: le niveau
nominal ou d’équivalence où l’information thématique
se situe au même niveau, le niveau ordinal où une notion d’ordre,
de hiérarchie est introduite à l’intérieur de l’information
thématique, le niveau d’intervalle pour lequel la valeur zéro
varie et le niveau de rapport pour lequel la valeur zéro est absolue.
L’algèbre
de carte permet de créer des informations spatiales et thématiques
nouvelles sous forme d’un GRID. Ces informations sont le(s) résultat(s) de calculs réalisés à partir de
un ou plusieurs GRID et ceci maille par maille, aussi bien au niveau
spatial local, focal, zonal que global.
C’est en 1990 que Dana Tomlin a introduit les concepts permettant
de prendre en compte les variations spatiales lors du traitement
des phénomènes. Il a dénommé ces fonctions locales, focales, zonales
et globales, selon leurs propriétés respectives.
Les fonctions locales ne prennent en
compte les phénomènes qu’au niveau d’une maille. Cf
fig 2

Fig 2 : Fonctions locales traduites d’après USER’S
GUIDE,
Cell-based Modeling with GRID / ESRI 1991
Les
fonctions focales ou de voisinages ne prennent en compte les phénomènes
qu’au niveau de la maille et de celles qui lui sont immédiatement
voisines. Dans ce type de géotraitement, la maille et ses voisines
immédiates sont définies par une fenêtre à l’intérieur de
laquelle le géotraitement est réalisé. Le résultat est affecté à
la maille qui se trouve au centre de la fenêtre. Cf fig 3

Fig 3 : Fonctions focales traduites d’après USER’S
GUIDE,
Cell-based Modeling with GRID / ESRI 1991
Les
fonctions zonales ne prennent en compte les phénomènes
qu’au niveau de zones définies par un ensemble de mailles.
cf fig 4

Fig 4 : Fonctions zonales traduites d’après USER’S
GUIDE,
Cell-based Modeling with GRID / ESRI 1991
Les
fonctions globales prennent en compte les phénomènes au niveau de
l’intégralité des mailles du GRID. Le géotraitement est appliqué
à l’ensemble des mailles.
PRESENTATION
DE METHODES D’ANALYSE SPATIALE sous ArcGis -ArcInfo, ArcInfo
workstation (F. Pirot)



III
- : EXEMPLES EN SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIETE :
III - 1 Exemple d’application des méthodes d’Algèbre
de Cartes : la représentation du pouvoir social et économique des
notables du Bronze moyen en France orientale
Le cas d’étude présenté ici fait partie de la thèse de Estelle
Gauthier en Archéologie à l’Université de Bourgogne (1),
consacrée à l’étude comparative de la consommation du métal
à l’Age du Bronze en France orientale et en Transdanubie.
Ce sujet novateur pour la discipline et son approche originale nécessitent
la mise en place d’un protocole d’étude ayant une forte
composante d’analyses spatiales ; ce fut notamment l’occasion
d’employer plusieurs méthodes d’algèbre de carte accessibles
avec le logiciel ESRI-ArcGis-ArcInfo 8.3, qui permettent de comparer
la répartition des indicateurs archéologiques dans différentes régions
et à différentes étapes de l’Age du Bronze. L’exemple
choisi reprend une partie seulement du travail de thèse : la représentation
du pouvoir social (le « prestige ») et du pouvoir économique (la
« richesse ») au Bronze moyen (1600-1350) en France orientale.
1
– le lien entre la consommation du métal et la représentation
de la richesse et du prestige des notables
La
société de cette époque est hiérarchisée et dominée par une classe
de notables qui exerce une domination sur la population et un contrôle
sur les échanges, en particulier la circulation du bronze. Les élites
expriment leur pouvoir par des actes qui reflètent leur prestige
et leur richesse : la construction de vastes monuments funéraires
richement dotés en armes et en parures, des dépôts d’objets
métalliques enterrés ou immergés dans les eaux des rivières, des
marais ou des lacs.
Le bronze est un matériau onéreux du fait de la relative rareté
de ses deux composants principaux, le cuivre et l’étain. Très
inégalement réparti, ces minerais ne se trouvent que dans quelques
régions d’Europe ; les principales ressources utilisées à
l’Age du Bronze proviennent des Iles Britanniques et d’Espagne,
pour l’étain, des Alpes, d’Espagne et des Carpates,
pour le cuivre. Néanmoins, le bronze était travaillé dans l’ensemble
de l’Europe moyenne et de grandes quantités de métal ont circulé
le long des réseaux d’échanges à longues distance mis en place
à cette période. Or la mise en terre des objets de bronze implique
qu’une partie du métal disponible est retirée de la circulation
au profit des seuls notables. Les dépôts sont donc des outils de
démonstration de leur richesse. Ils peuvent aussi être interprétés
comme le résultat d’actes sociaux, voire cultuels, ils servaient
à honorer des divinités ou des individus puissants. La composition
des ensembles donne des indications sur les activités des élites
(guerre, parade, banquets) et reflète ainsi un certain degré de
prestige.
La répartition des découvertes archéologiques permettra de savoir
si ces formes de pouvoir s’expriment dans les mêmes zones
ou si des différences régionales existaient. Les indicateurs disponibles
sont qualitatifs, ils sont donc très difficiles à comparer. Il est
préférable de les transformer en informations quantitatives, en
évaluant la valeur de représentation sociale et économique de chacun
d’eux grâce à un système de scores.
Les
indicateurs du « prestige » sont :
- la densité d’implantation
car une concentration d’habitats et de nécropoles laisse penser
à un regroupement de la population autour d’une autorité locale.
- les tombes permettent non seulement de s’assurer du devenir
du corps du défunt, mais aussi de créer un lieu de mémoire accessible
allant jusqu’au marquage territorial et de justifier la position
sociale des descendants. Les marqueurs sociaux sont le mobilier
(céramiques, objets de métal, matières précieuses) et la structure
de la tombe (coffrages, tumulus, enclos).
- la valeur sociale des bronzes découle de la rareté et de la fonction
de ces objets que l’on peut hiérarchiser depuis les ustensiles
à usage courant, les outils, jusqu’aux pièces de grand prestige,
comme les casques, les cuirasses, les diadèmes.
- la valeur sociale des dépôts est indiquée par des témoins plus
ou moins évidents d’un rituel, par la présence d’objets
de prestige, par le nombre total d’objets métalliques rassemblés,
par le nombre de séries d’objets de même famille, et par la
présence d’équipements personnels.
- les trouvailles isolées, en rivière notamment, peuvent avoir une
fonction similaire à celle des dépôts. Leur redondance laisse supposer
qu’elles ne sont pas de simples pertes mais qu’elles
résultent peut-être d’un acte cultuel. Trois critères sont
pris en compte pour le calcul des scores : la valeur sociale de
l’objet lui-même, la fréquence de la famille en trouvailles
isolées et le milieu (surtout s’il est humide : rivière, lac,
marécage).
Les indicateurs de la « richesse » sont :
- la valeur économique des objets est déduite de leur matériau,
de la complexité de leur fabrication et de leur masse.
- la valeur économique des dépôts est calculée en fonction de la
masse totale de métal rassemblé, du taux de fragmentation, de la
masse moyenne des objets, de la proportion de haches et de lingots
qui sont des formes de stockage du bronze.
- le nombre total d’objets métalliques retrouvés par commune
- la masse totale de bronze par commune
- le nombre de site comportant du métal ; ces trois derniers indicateurs
permettant de se faire une idée de la fréquence de l’utilisation
du bronze dans une zone.
On dispose de 905 sites : 79 habitats, 39 dépôts, 276 trouvailles
isolées, 511 tombes. Les données ont été spatialisées aux centroïdes
des communes, dans le système de projection Lambert II étendu. Pour
simplifier les analyses, des scores de 0 à 6 points ont été donnés
aux communes en fonction des dix indicateurs cités précédemment
(2).
2
. Recherche des zones d’expression du prestige et de la richesse
des notables
Une
représentation ponctuelle pourrait être utilisée pour présenter
la répartition des scores. La figure 1 présente, par exemple, la
distribution par commune des scores de la valeur économique des
dépôts du Bronze moyen en France orientale. Les régions les mieux
représentées sont le centre de la Bourgogne, le confluent Seine/Yonne,
le département de l’Allier et du Jura, ainsi que le Sud du
Haut-Rhin.
Fig 11
De
telles cartes peuvent réalisées pour chaque indicateur ; mais de
par sa nature, la carte en points ne facilite pas la lecture globale
des informations : la distribution est souvent trop vaste et trop
irrégulièrement dispersée dans l’espace de la zone étudiée.
L’information fournie par la carte de répartition est également
trop détaillée et trop complexe à interpréter dans cet état. Les
comparaisons sont difficiles en particulier lorsque l’on doit
superposer un grand nombre d’entités différentes. Une autre
solution est proposée ici : l’utilisation des méthodes
d’algèbre de cartes. On préférera tout d’abord
un mode maillé (raster) sous forme de grilles car l’information
est à la fois spatiale (coordonnées spatiales de chaque maille)
et thématique (la valeur de la maille est visualisée par la teinte
et/ou la couleur). Ce type de représentation a l’avantage
de rendre possible la comparaison directe des valeurs de surfaces
de même taille (mailles) et aussi de réaliser des opérations (algèbre)
sur les valeurs de plusieurs grilles simultanément, pour peu qu’elles
soient parfaitement superposables. On procédera donc en plusieurs
étapes :
La première consiste à passer d’une représentation ponctuelle
à une représentation en mode maillé en créant une grille
(ou « grid » en anglais). Le logiciel ESRI - ArcGis ArcInfo 8.3
- ArcInfo Workstation 8.3 - module Grid donne la possibilité de
convertir les couvertures ponctuelles en grilles grâce à la fonction
« pointgrid » prenant notamment en compte la couverture, le champ
portant l’information thématique choisie et la taille de la
maille :
(*)POINTGRID
(<cover>,{value_item},{lookup_table},{weight_table},{cellsize},{NODATA
| ZERO})
La
taille du maillage doit être la plus petite possible et chaque maille
ne doit comporter qu’un seul point au maximum de manière à
ne perdre aucune information. Les données ayant été spatialisées
sur les centroïdes communaux et la distance minimale entre eux étant
de 800m, le maillage choisi ici est de 500m de côté.
L’information reste alors discrète ; la seconde étape consiste
donc à reconstituer la continuité spatiale en prenant en compte
le voisinage de chaque maille. Une des méthodes conçues par C. Dana
Tomlin en 1990 est particulièrement apte à reconstituer la continuité
de l’espace sans supposer la continuité du phénomène analysé
: la méthode des sommes focales calcule pour chaque
maille la somme des valeurs de toutes les mailles de son voisinage
(3). La grille étant mobile, le calcul est donc réalisé
successivement pour chaque maille de 500 m de côté (4)
(fig. 2). La taille du voisinage dépend de la taille de la zone
étudiée, de l’hétérogénéité de la répartition des entités
ponctuelles et de la nature du phénomène étudié. Pour l’Age
du Bronze, il est raisonnable de penser que les territoires des
notables ont des surfaces de 100 à 2500 km². On précise ensuite
la taille du voisinage en fonction du résultat que l’on souhaite
obtenir de manière à reconstituer le mieux possible la continuité
spatiale. Des surfaces de 900 km² autour de chaque maille semblent
être les plus adaptées pour ce cas d’étude.
Le
logiciel ESRI - Arcgis Arc Info 8.3 – Arc Info Workstation
8.3 – module Grid permet aussi d’utiliser les fonctions
focales et notamment les sommes focales (focalsum) :
(*) FOCALSUM (<grid>, <RECTANGLE>, <width>,
<height>, {DATA | NODATA})
Le calcul ne tient pas directement compte de la taille du voisinage
mais du nombre de mailles de la grille de départ qui le composent
(en largeur et en hauteur).
On
obtient ainsi une carte présentant les principales zones de concentration
de l’indicateur choisi. La figure 3 montre bien une correspondance
entre la carte de répartition ponctuelle (fig. 1) et la représentation
par les sommes focales : la valeur économique des dépôts est très
forte dans le Jura, l’Allier, près du confluent Seine/Yonne,
le Sud du Haut-Rhin et en Bourgogne. Le résultat est donc similaire,
mais cette nouvelle carte présente de nombreux avantages : il est
à présent beaucoup plus facile de comparer quantitativement les
différentes régions entre elles car la grille des sommes focales
présente non seulement les zones de concentrations, mais aussi leur
emprise spatiale (certaines zones étant plus étendues que d’autres)
et leur valeur relative (certaines présentent des découvertes archéologiques
plus nombreuses ou plus riches).
A la différence des méthodes d’interpolation qui visent à
reconstituer la continuité du phénomène lui-même, cette méthode
peut présenter aussi bien des diminutions progressives que des ruptures
brutales, ce qui est particulièrement avantageux pour les données
archéologiques, et des Sciences humaines en générales, sujettes
à des répartitions hétérogènes, contrairement aux données de Géographie
physique et de l’Environnement plus souvent continues.
Un autre intérêt de la méthode est de permettre la combinaison de
plusieurs indicateurs quantifiés sur une même grille. Les maillages
étant identiques et parfaitement superposables, il est possible
de réaliser des opérations algébriques sur les valeurs des mailles.
On souhaite à présent combiner les cinq indicateurs de la valeur
sociale et les cinq indicateurs de la valeur économique pour obtenir
deux nouvelles grilles. Plusieurs méthodes sont possibles, le calcul
de la somme et de la moyenne donnent des résultats très similaires
: les mailles de la nouvelle grilles porteront une valeur cumulée
ou moyenne de celle des grilles de départ (5). On peut
aussi prendre en compte uniquement la valeur maximale qui peut apporter
plus de nuances, mais le résultat reste néanmoins très proche.
La somme des grilles est ici préférée pour sa simplicité (fig. 4).
Il existe deux manières de procéder dans le logiciel ESRI - Arcgis
Arc Info 8.3 - Arc Info Workstation 8.3 - module Grid :
(*) SUM (<grid, ..., grid>) ........................
ou
........................
(*)
<grid> +…+ <grid>
La grille obtenue pour l’expression de la valeur sociale présente
des zones privilégiées dans le Jura, en Alsace, le
long de la vallée de la Saône et au niveau du confluent
Seine/Yonne. On remarque que la représentation économique
se fait globalement dans les mêmes zones (fig. 5), avec néanmoins
de légère différences dans le département
de l’Allier et à l’Ouest de Chalon-sur-Saône
(Saône-et-Loire).

Il
faut dire que dans ces deux cartes, les bornes des dégradés de couleur
ont été choisies de manière à présenter les plus fortes valeurs
des mailles, mais le maximum de la valeur économique atteint 77,
tandis que celui de la valeur sociale ne dépasse pas 61. Une différence
algébrique des valeurs de la représentation sociale et économique
grâce à une soustraction de ces deux grilles met en évidence ces
différences (fig. 6) : la valeur économique est souvent supérieure
à la valeur sociale, tout particulièrement dans l’Allier,
la vallée de la Saône et le Jura ; mais elles sont presque équivalentes
en Alsace. Pour obtenir cette carte unique comparant les deux valeurs
avec le logiciel ESRI - Arcgis Arc Info 8.3 - Arc Info Workstation
8.3 - module Grid, on procède de la façon suivante :
(*) <grid> - … - <grid>

La
répartition des zones de forte expression du pouvoir a permis de
localiser les notables les plus puissants ou du moins ceux qui démontrent
leur richesse ou leur prestige par des manifestations qui ont entraîné
la redécouverte de nos jours d’objets métalliques. La différence
observée dans les scores indique que l’expression de la richesse
est privilégiée par rapport à la représentation du prestige. En
effet, au Bronze moyen, même si la hiérarchie sociale existe, la
classe des notables est peu différenciée et leur pouvoir social
reste limité (6). Le bronze est essentiellement utilisé
par l’élite mais il est difficile d’accès en France
orientale. Des gisements de cuivre sont connus dans le Morvan et
les Vosges (7), le contrôle de leur exploitation est un
enjeu évident pour les notables de cette période, comme le confirme
la répartition des découvertes non loin de ces deux zones, le long
des axes de communication (rivières) qui permettent l’acheminement
des produits. Mais ces ressources semblent limitées et les minerais
de cuivre et surtout d’étain doivent aussi être importés depuis
le monde Atlantique, le Sud de la France ou les Alpes. Tout ceci
explique la valeur importante accordée au matériau et le fait que
la démonstration de la richesse liée à la possession du métal soit
privilégiée par les notables.
3
. Régionalisation des modes d’expression du pouvoir
Mais
n’existe-t-il pas des différences régionales dans ces modes
d’expression ? La classification des zones en fonction des
indicateurs archéologiques qu’elles ont fourni permet de répondre
à cette question : la méthode de classification non supervisée des
nuées dynamiques consiste à créer des groupes dans un ensemble de
données de manière à ce que la variance intragroupes soit la plus
petite possible et la variance intergroupes la plus grande possible.
« L'hypothèse est d'avoir des groupes dont les éléments sont séparés
par une distance nulle à l'intérieur d'un groupe et par une distance
maximale pour une paire d'éléments pris dans deux groupes différents
» (8). Il est aussi possible d’utiliser cette méthode
avec le logiciel ESRI - Arcgis Arc Info 8.3 - Arc Info Workstation
8.3 - module Grid ; ce sont les fonctions isocluster et mlclassify
Il faut tout d’abord constituer
un stack rassemblant les grilles (ici celles de la valeur sociale)
avec la commande MAKESTACK <stack> LIST <grid ... grid>
La fonction Isocluster sert ensuite à constituer les noyaux :
(A) ISOCLUSTER (<stack>,<nclasses>,{niterations},{min_class_size},{sample_interval})
On remarque que le nombre maximal de classes à obtenir est choisi
par l’utilisateur.
La fonction Mlclassify classe ensuite les données dans les groupes
:
(I) MLCLASSIFY (<stack>,<signature>,{reject_fraction},
{EQUAL | SAMPLES | FILE},{a_priori_file},{o_reject_grid})
Reject Fractions: .0 .005 .01 .025 .05 .1 .25 .5 .75 .9 .95 .975
.99 .995
Parmi
les cinq classes obtenues pour la représentation de la valeur sociale
au Bronze moyen en France orientale, on constate que deux d’entre
elles concernent des zones qui présentent peu de données archéologiques
(classes 1 et 2, fig. 7). Deux autres peuvent être regroupées car
elles concernent les mêmes contextes de découvertes : les zones
de classe 3 et 5 comportent surtout des dépôts et des trouvailles
isolées, mais dans des proportions différentes, ce qui explique
que deux classes distinctes ont été constituées. Les zones de classe
4 ont fourni essentiellement des habitats et des tombes. La répartition
de ces catégories montre très clairement une différence entre les
marges orientales de la zone d’étude et toute la partie Ouest,
en particulier la vallée de la Saône, le confluent Seine/Yonne et
le département de l’Allier.

Comment
expliquer cette différence ? Deux hypothèses peuvent être considérées
:
- un problème de documentation archéologique.
Dans certaines régions, en fonction des conditions de conservation,
du paysage, des priorités des chercheurs ou des sauvetages, certains
types de vestiges sont plus souvent découverts. En Alsace, par exemple,
dans la région de Haguenau ont été découvertes et fouillées intégralement
des nécropoles du Bronze moyen (9), rassemblant plusieurs
centaines de tumulus richement dotés en mobilier métallique. Certaines
zones peu prospectées mais fortement cultivées ont plutôt fourni
des dépôts. Citons aussi le cas de sablières dans la région du confluent
Seine/Yonne (10) ou des fouilles sub-aquatiques aux alentours
de Chalon-sur-Saône (11).
- une réelle différence dans les modes d’expression des notables
de ces régions. La division radicale de la France orientale entre
des zones où l’on rencontre des habitats et de nombreux tumulus
et d’autres où les dépositions métalliques sont privilégiées
incite à penser qu’il ne peut s’agir seulement d‘un
problème documentaire. L’extrême Est de la France fait en
effet partie de la Culture des Tumulus Orientaux qui s’étend
sur une bonne partie de l’Europe moyenne, en particulier en
Allemagne, et jusqu’en Hongrie (12). C’est
une culture qui privilégie la représentation individuelle des notables
dans des tombes riches en armes et surtout en parures. L’Ouest
de la zone d’étude fait seulement partie des marges de cette
culture ; elle est donc moins fortement touchée par son dynamisme.
D’autre part, la valeur du bronze semble y être plus élevée
: on y trouve des dépôts composés de nombreuses haches et de lingots
formant de lourds stocks de métal. Or les régions les plus riches
sont précisément celles où l’on peut contrôler l’exploitation
des ressources du Morvan et la diffusion des produits par la Saône
et la Loire. On ne rencontre pas de tels dépôts en Alsace, et les
tumulus sont rares dans la partie occidentale. Malgré les problèmes
liés à la documentation archéologique, il est donc possible qu’il
ait existé deux groupes ayant eu des pratiques sociales différentes
en raison de stratégies socio-économiques elles-mêmes différentes.
Les méthodes d’algèbre de cartes appliquées
à ce cas d’étude ont donc permis de répondre à bon nombre
de questions et notamment celle de la localisation zones où installés
les notables les plus puissants de France orientale au Bronze moyen.
On a ensuite pu dire que l’expression de la richesse et du
prestige se font dans les mêmes lieux et donc par les mêmes notables,
mais que ceux-ci privilégient l’expression de leur richesse
en raison de l’enjeu représenté par la possession du bronze
à cette époque. On peut enfin supposer qu’il existait une
bipartition de la France orientale concernant le choix des pratiques
d’expression du pouvoir entre les notables les plus orientaux
qui préfèrent une représentation très individuelle de leurs fonctions
de guerriers et de femmes parées et ceux de l’Ouest et du
Sud qui insistent davantage sur le stockage et la circulation du
métal dans de très lourds dépôts. Ces méthodes d’algèbre de
carte ont pu être employées sous certaines conditions : utiliser
des valeurs comparables, un maillage toujours identique et le plus
fin possible. Elles peuvent ainsi apporter les résultats suivants
: restaurer la continuité spatiale d’un phénomène ponctuel
sans supposer la continuité de celui-ci, faire apparaître ses principales
zones de concentration avec leur emprise spatiale et leur valeur
relative, combiner ou comparer plusieurs indicateurs, déterminer
des catégories de zones. Les possibilités sont donc nombreuses,
sachant qu’il existe bien d’autres méthodes d’algèbre
de carte et d’innombrables occasions de les utiliser pour
une grande variété de disciplines et de thèmes.
III
. 2 Espace urbain et maladies diarrhéiques à Yaounde - Cameroun
: Analyses thématique et spatiale de l'influence du niveau
de vie des ménages sur la morbidité diarrhéique des enfants de moins
de cinq ans à Yaoundé (Cameroun)
Cet exemple est tiré de la thèse de Antoine Bakwate BANZA-NSUNGU,et
de celle de Hénock Blaise NGUENDO-YONGSI. Les géotraitements ont
été réalisés au sein du CCT MASSIG - CNRS-SIS-CEIAS-UMR8564
1. Problématique
Les
maladies diarrhéiques demeurent un problème important de santé publique
au Cameroun, malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics
pour tenter de réduire le nombre élevé de décès imputables à ces
maladies. Les enfants de moins de cinq ans en sont les principales
victimes, en raison de la fragilité de leur organisme souvent affaibli
par la malnutrition et bien d'autres pathologies associées aux diarrhées
(rougeole, parasitoses). En zone urbaine, les diarrhées infantiles
touchent particulièrement les ménages à faible revenu et vivant
dans de mauvaises conditions d'hygiène et d'habitat. Nombre de ces
ménages résident dans des zones difficiles d'accès et nécessitant
de gros travaux d'aménagement. Ces zones sont caractérisées notamment
par un accès très limité à l'eau potable, un système d'assainissement
défectueux ou rudimentaire et des conditions de logement n'obéissant
pas aux normes urbanistiques.
Soulignons que cette situation est exacerbée par la paupérisation
de la majorité de la population sous l'effet d'une crise économique
qui a duré plus de deux décennies. Bien qu'agissant à des degrés
divers, cette crise touche toutes les couches sociales indépendamment
de leur milieu de résidence. Les habitants de Yaoundé qui paraissent
pourtant favorisés en matière d'environnement et d'accès aux équipements
(offre de soins, assainissement), voient leur « avantage urbain
» compromis par les difficultés économiques éprouvées par l'ensemble
de la population camerounaise.
En outre, la forte croissance démographique qui caractérise la ville
de Yaoundé n'est pas de nature à améliorer une situation sanitaire
des enfants déjà préoccupante. En effet, le taux d'accroissement
annuel moyen de la population de Yaoundé (6 %) a conduit celle-ci
à l'occupation de l'espace non planifié par les pouvoirs publics.
Ainsi, on assiste à l'émergence des quartiers spontanés, généralement
caractérisés par l'insalubrité du milieu et la précarité des conditions
d'habitat. La promiscuité qui prévaut dans ces quartiers populaires
conduit à la recrudescence des maladies transmissibles et notamment
des maladies diarrhéiques. Il n'est donc pas étonnant de constater
que les taux de mortalité et de morbidité par diarrhées sont plus
élevés chez les enfants vivant dans ces secteurs que chez les résidents
des zones rurales camerounaises.
2.
Objectifs de l'étude
Partant
des inégalités socio-économiques et des disparités spatiales des
ménages à Yaoundé, cette étude évalue l'influence du niveau de vie
sur le risque diarrhéique chez les enfants de moins de cinq ans.
Concrètement, l'étude s'emploie à mesurer le risque diarrhéique
encouru par ces enfants en fonction des conditions d'habitat (logement
et secteur de résidence). La mesure de l'effet différentiel des
inégalités socio-économiques et des disparités permettent d'identifier
respectivement les facteurs de risque et les zones à risque diarrhéique.
3.
Matériels et méthodes
3.1.
Traits caractéristiques du champ géographique de l'étude
La
ville de Yaoundé s'étend sur une superficie de 256 km². Sa population
actuelle est estimée à environ 1 800 000 habitants et elle augmente
au taux annuel moyen de 6,25 %. Deuxième agglomération urbaine du
Cameroun (après Douala), elle est à la fois la capitale politique
du pays et le chef-lieu provincial (Centre) et départemental (Mfoundi).
Son site est très accidenté, avec plusieurs collines plus ou moins
raides séparées par des vallées profondes et généralement inondables.
Plusieurs études biomédicales montrent que la situation sanitaire
des enfants est plus préoccupante dans les fonds des vallées marécageuses
que sur les crêtes des collines. Une analyse des motifs de fréquentation
du milieu hospitalier à Yaoundé a permis de mettre en évidence l'importance
des maladies diarrhéiques parmi les pathologies infantiles. En 1999
par exemple, les maladies diarrhéiques occupaient la 6e place et
représentaient 9 % des motifs de consultation enregistrés au cours
de l'année (Banza-Nsungu et al., 2002).
3.2.
Sources des données
Cette
étude s'appuie sur les données d'une enquête réalisée en avril-mai
2002 auprès de 3 034 ménages de Yaoundé. Cette enquête, menée en
collaboration entre l'Institut de formation et de recherche démographiques
(IFORD), l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et
le Centre Pasteur du Cameroun (CPC), s'est faite en ciblant les
ménages abritant un âgé de 6 à 59 mois, et, au de ces ménages, un
seul de cet âge. La ville de Yaoundé a été découpée en 105 secteurs
de résidence (portions d'espaces délimitées par les grands axes
routiers et les obstacles naturels, indépendamment des quartiers
administratifs). Vingt de ces secteurs ont été tirés au sort. Le
tirage des ménages s'est fait de manière aléatoire, dans cet échantillon
de 20 secteurs de résidence. Les informations collectées dans chacun
des ménages concernaient des variables médicales (survenue ou non
d'un épisode diarrhéique chez l'enfant-cible au cours des 15 jours
précédant le passage de l'équipe d'enquête, variable dépendante)
et des variables environnementales et socio-démographiques (variables
explicatives). Les informations retenues pour cette étude sont celles
qui rendent compte du degré de salubrité aux alentours du logement,
du standing du logement et des biens de valeur économique possédés.
Par
ailleurs, chacun des logements des ménages enquêtés était localisé
dans un système d'information géographique (SIG, carte numérisée)
de la ville de Yaoundé datant de 1992 et actualisé en 1996. Cette
base nous a, dans un premier temps, servi de base de sondage. Ainsi,
toutes les informations collectées lors de l'enquête ont pu être
ensuite géoréférencées. Ces informations sont structurées soit selon
un graphe planaire topologique (couverture) soit selon un maillage
topologique (grid). Elles ont subi quelques transformations [passage
du mode vecteur (module ARC) au mode maillé (module GRID), passage
d'ARC/INFO Worksation à ARCGIS-ArcInfo 8.3], en vue de leur adaptation
à l'analyse spatiale et de la cartographie des résultats de cette
analyse.
3.3.
Approches et techniques d'analyse statistique
Compte
tenu de la nature dichotomique de la variable dépendante (1 = enfant
diarrhéique ; 0 = enfant non diarrhéique), nous avons appliqué,
dans notre analyse, des modèles de régression logistique. L'application
de cette technique a été effectuée à l'aide des logiciels STATA
(analyse thématique) et ARC/INFO-GRID (analyse spatiale).
3.3.1
Variables et indicateurs
a) Inégalités socio-économiques
Les
inégalités socio-économiques ont été appréhendées à partir de trois
indicateurs du niveau de vie construits à l'aide de la méthode des
''scores'', appliquée à un certain nombre de variables dichotomiques
rendant respectivement compte :
- du degré de salubrité des abords
du logement (7 variables),
- du confort du logement (6 variables) et
- des biens de valeur économique possédés par le ménage (10 variables).
Les
indicateurs construits sont des variables ordinales, dont les valeurs
varient de 0 au nombre total des variables constitutives de ces
indicateurs (respectivement 6, 7 ou 10). Pour chaque indicateur,
la progression des valeurs indique l'amélioration socio-économique
ou environnementale des ménages.
b)
Disparités spatiales
Les
disparités spatiales ont été prises en compte à partir des caractéristiques
urbanistiques des 20 secteurs de résidence sélectionnés dans notre
échantillon. Une catégorisation de ces entités géographiques selon
le mode d'occupation du sol a permis de distinguer 6 secteurs planifiés
et 14 secteurs à habitat spontané (non planifiés).
3.3.2
Approches analytiques
a)
Analyse thématique
Trois
modèles bruts de régression ont d'abord été construits séparément
et ont permis l'évaluation du pouvoir prédictif de chaque variable
indépendante sur la survenue des diarrhées infantiles (procédure
''lroc''). Ensuite, les trois variables indépendantes ont été introduites
progressivement dans le modèle par ordre d'importance décroissant
de leur pouvoir prédictif, jusqu'à la construction du modèle saturé
(à trois variables). Cette étape a permis d'apprécier les effets
nets des trois variables explicatives retenues dans cette étude,
et la variation de ces effets sous l'influence mutuelle de ces dernières.
b) Analyse spatiale
Au
préalable, les données en mode vecteur (couverture des points) ont
été transformées en grilles (données maillées ou grids) de 2 m de
côté chacune. Au total, quatre modèles de régression ont été construits,
dont trois pour chaque thème (ou variable explicative) et, d’autre
part, un pour les trois thèmes à la fois. Les résultats de cette
analyse ont été exprimés sous forme de points représentant les probabilités
de diffusion spatiale des maladies diarrhéiques dans la ville. La
couleur de ces points varie du bleu (risque faible) au rouge (risque
élevé), en passant par le jaune (risque intermédiaire). Pour faciliter
la visualisation des zones à risque, ces résultats ont été convertis
de la structure maillée topologique (grid, mode raster) en une structure
de points topologique (couverture, mode vecteur). Le semis de points
ainsi produit a conduit à la création des lattices (module « 3D
analyst'' de l’interface graphique ARCMAP sous ARCGIS-ArcInfo).
A partir de cette dernière structure des données, des réseaux de
triangles irréguliers (TIN) ont été créés (module ''3D analyst''
de l’interface graphique ARCMAP de ArcGis-ArcInfo). Les résultats
de ce géotraitement (sous forme surfacique) correspondent aux quatre
cartes thématiques des disparités spatiales des diarrhées.
4.
Résultats
Les
résultats de l'analyse thématique montrent une forte association
entre, d’une part, les trois indicateurs du niveau de vie
des ménages (considérés séparément ou ensemble) et le risque de
survenue des diarrhées chez les enfants. On observe une relation
négative entre les conditions d'habitat et ce risque. Parmi les
trois indicateurs du niveau de vie retenus, le standing du logement
apparaît être celui qui contribue le plus à l'explication de la
morbidité diarrhéique des enfants, avec une contribution de 19,1
% au pouvoir prédictif du modèle de régression logistique. Viennent
ensuite l'indicateur de l'état des abords du logement (18,0 %) et
enfin celui du nombre de biens de valeur économique possédés (17,5
%). Cependant, il convient de signaler que les contributions de
ces trois indicateurs sont relativement proches. C'est pourquoi
il semble plus intéressant de concentrer les analyses sur les effets
simultanés de ces trois indicateurs (23,1 %).
Il
ressort également de l'étude que les taux de prévalence diarrhéique
sont plus élevés dans les secteurs d’habitat spontané (Briquetterie,
Elig-Edzoa, Messaa-Carrière, Mokolo/Madagascar) que dans les secteurs
planifiés (Bastos, Biyem-Assi, Camp SIC-Cité verte, Essos, Ngousso).
Dans la première catégorie, le niveau de morbidité dépasse en effet
celui observé à l'échelle de la ville (14,4 %) et culmine à Mvog-Ada
(23,8 %). En revanche, les plus faibles taux de prévalence se trouvent
à Ngousso/Yanda (6,8 %) et au Camp SIC-Cité verte (7,4 %). Ce résultat
a été conforté par celui relatif aux probabilités d'apparition des
diarrhées dans les différents secteurs de la ville, valeurs estimées
par l'analyse spatiale. Sous réserve à la fois d'une qualité acceptable
et d'une quantité suffisante des données disponibles, il devrait
dès lors être possible d'approcher le profil épidémiologique des
ménages en fonction de leur niveau de vie, quelles que soient les
zones comprises dans un espace de référence.
Au
regard de ce qui précède, on se rend compte de la complémentarité
des deux approches méthodologiques adoptées dans l'étude. Ainsi,
l'analyse thématique a permis de hiérarchiser les facteurs de risque
diarrhéique et l'analyse spatiale a montré la possibilité d'extrapolation
de ce risque à l'ensemble du champ géographique couvert par l'étude.
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pour l’extraction de concepts à partir de textes. Application
au filtrage d’informations textuelles, thèse de doctorat de
l'Université Louis Pasteur de Strasbourg, Strasbourg, 2000, 265p.
(1) E. Gauthier 2005b.
Je tiens à remercier à cette occasion mes directeurs de thèse, Claude
Mordant, professeur à l’Université de Bourgogne et Miklós
Szabó, Pr. Directeur de l’institut d’Archéologie à l’Université
Eötvös Loránd de Budapest, Françoise Pirot (UMR 8564 - MSH, Paris)
pour m’avoir encadrée et aidée pendant toute la durée de ma
thèse et Laure Saligny (Pôle géomatique et cartographie –
MSH, Dijon) pour son aide et ses conseils. Cette thèse sera soutenue
le 11 octobre 2005 à l’Université de Bourgogne.
(2) Les scores ont été calculés de manière à pouvoir comparer
la France orientale et la Transdanubie (Hongrie occidentale) pendant
4 étapes de l’Age du Bronze
(3) C. D. Tomlin 1990
(4) E. Gauthier 2004
(5) E. Gauthier 2005
(6) Thèse E. Gauthier 2005b
(7) Travaux de F. Monna, C. Petit, J.-P. Guillaumet, ACR
Bronze, direction J.-F. Piningre
(8) N. Turenne 2000
(9) F.-A. Schaeffer 1926
(10) C. et D. Mordant, J. Piette, D. Simonin, P. Gouge
1999-2000
(11) Bonnamour 1969
(12) Mordant 1989
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