1.
L’ IAURIF : Institut d’Aménagement et d’Urbanisme
de la Région Ile-de-France
Depuis
les années cinquante, l’explosion démographique
et économique de la région Ile-de-France pose des
problèmes cruciaux d’aménagement : extension
de l’urbanisation, congestion des transports routiers et ferrés,
etc. Pour étudier et résoudre ces questions, l’Etat,
en 1960, crée l’Institut d’Aménagment
et d’Urbanisme de la Région Parisienne (IAURP), avec
comme mission de préparer les schémas directeurs de
1965 (à l’origine des villes nouvelles, du RER, de
l’aéroport Charles-de-Gaulle, du pôle de la Défense…).
Devenu par la suite IAURIF (pour Région Ile-de-France) et
rattaché en 1983 au Conseil régional lors de la création
des régions administratives, cet organisme emploi actuellement
200 personnes autour de thématiques diverses, qui vont du
développement régional au logement en passant par
les transports, l’environnement, la formation, la sociologie
des Franciliens, etc.
Sa
mission consiste à produire des analyses et faire des propositions
dans tous ces domaines, afin de conseiller non seulement les instances
politiques régionales, mais aussi des collectivités
territoriales, les Conseils généraux, ou divers services
et organismes publics tels que le Conseil économique et social,
l’Insee, la Caisse des dépôts, etc. Chaque année,
l’Institut établit avec le Conseil régional
et les grands acteurs régionaux une liste des études
qu’il devra mener pour le compte de ceux-ci. Par exemple :
la préparation du contrat de plan, des études thématiques
de synthèse (la géographie de l’emploi, la comparaison
du réseau de transport francilien avec ceux de Londres ou
Tokyo), etc. L’IAURIF peut aussi répondre à
des commandes correspondant à des contrats de prestation.
Suite aux études qu’il conduit, l’IAURIF publie
des rapports détaillés, disponibles pour un prix modique.
Il produit des notes rapides de 4 à 6 pages qui font un point
précis sur un sujet donné. L’IAURIF publie aussi
régulièrement les « Cahiers », qui rassemblent
des contributions de spécialistes sur un thème d’actualité.
Avec 56 000 volumes, 650 collections de périodiques et 110
000 documents iconographiques, la médiathèque de l’IAURIF
est l’un des principaux centres documentaires français
sur l’aménagement et l’urbanisme.
2.
Le SIGR, un outil indispensable à l’IAURIF
De
telles missions ne peuvent se concevoir sans cartographie ni données
géographiques. Le besoin SIG, clairement perçu dès
le début, reçoit une première réponse
au début des années 1980 grâce à un développement
interne sous VAX/VMS et des terminaux graphiques. La première
compilation d’informations réalisée par le service
géomatique est le MOS, Mode d’Occupation du sol. Il
s’agit d’une couche de l’occupation du sol de
l’Ile-de-France, avec un total de 83 postes de légende,
mise à jour tous les 4 ans environ. Un produit dérivé,
DensiMOS, est le résultat du croisement entre le MOS et les
îlots de population de l’INSEE.
Devant
l’importance grandissante de la cartographie, l’IAURIF
a décidé de créer, à la fin des années
1980, un véritable SIG, le SIGR (système d’information
géographiques régional) et de migrer sur un logiciel
adapté. C’est finalement ESRI qui est choisi suite
à un appel d’offres passé en 1990. Un saut technologique
qui s’accompagne d’une réorganisation générale
de la base de données.
Aujourd’hui,
l’Institut dispose d’ArcGIS 9, la base de données
tournant sous Oracle avec le connecteur ArcSDE. Côté
client, l’Institut dispose de 75 postes SIG dont une trentaine
sont utilisés essentiellement pour des travaux SIG, les autres
pour des consultations occasionnelles.
Le MOS, dressé au 1/5.000, constitue le référentiel
géographique interne à l’IAURIF pour toutes
les autres couches du SIGR : le MNT, les découpages administratifs
(îlots, communes, etc.), des données socio-économiques,
les transports, l’environnement, l’hydrologie, l’habitat…
Plusieurs centaines de couches géographiques constituent
la base de données du SIGR.
Le
département « DSIGR » compte actuellement six
personnes. Un nombre insuffisant pour faire face aux besoins cartographiques
quotidiens des différents services. Progressivement, depuis
1990, chaque département technique (Environnement, Aménagement,
Economie, etc.) a donc embauché au moins un géomaticien
de formation travaillant à plein temps avec les logiciels
ESRI. Moyennant quoi, le département « SIGR »
assure le fonctionnement global du système, participe à
certaines études, centralise et administre les données
de référence, opère certains développements
et assure des sessions de formation internes, ainsi que –
classiquement – de l’assistance de niveau 2 (c’est-à-dire,
l’assistance technique aux géomaticiens des services
en cas de problèmes).
Afin
de proposer aux chargés d’études un outil simple
de cartographie, les développeurs ont crée l’application
« l’Assistant du SIGR », en utilisant à
la fois Map Objects et Visual basic, avec l’aide d’ArcInfo
et d’AML. Premières fonctions de l’Assistant
du SIGR : visualiser à l’écran des cartes, et
consulter les attributs des objets (communes, hydrographie, etc.)
L’outil correspondant a été baptisé Visiaurif.
Il a été pensé pour être le plus simple
et le plus efficace possible. Les cartes, une fois constituées,
peuvent être copiées/collées dans des documents
de bureautique aussi bien sous forme d’image vectorielles
que matricielles.
L’utilité de Visiaurif dépasse largement les
besoins internes de l’IAURIF. Raison pour laquelle l’IAURIF
a décidé de « thématiser » son
outil en le déclinant en des versions thématiquement
spécialisées, appelées « SIG dédiés
» : développement économique, habitat et logement,
politique de la ville, tourisme, etc.

Exemple d’une carte de la Région Ile-de-France
sous l’application « Visiaurif »
Anciennement,
toutes les données étaient adaptées au système
UNIX + stations de travail. Maintenant, avec ArcSDE, l’Assistant
et les SIG dédiés, tout a changé. Afin d’optimiser
la gestion et l’administration de ses données géographiques,
l’IAURIF a lancé en juillet 2004 un projet de restructuration
de son SIGR. Ce projet a pour objectif principal de fournir à
tous les salariés de l’IAURIF une vision claire et
exhaustive de l’ensemble des données géographiques
disponibles sans cesse croissantes. Il vise également à
optimiser les échanges de données avec ses nombreux
partenaires.
3. Projet de restructuration du SIGR
Le
projet de restructuration du SIGR, lancé en juillet 2004
par le département « DISGR », a pour finalité
de:
- mieux connaître l’existant en matière de
données,
- faciliter l’accès et la recherche des données,
- faciliter la gestion et le partage des données,
- faciliter l’administration du système,
- de maintenir le SIGR dans un état stable.
La
nouvelle architecture du SIGR s'appuie désormais sur des
métadonnées centralisées dans une base unique
dite "Base de connaissance SIGR".
Initialement
estimé à 1 an – homme, de juillet 2004 à
juin 2005, le projet continue durant l’année 2005,
afin de migrer les données dans cette nouvelle architecture
et de mettre en place les formations adaptées.
Objet
du projet
«
Le but du projet est d’adapter l’administration et la
gestion du SIGR à l’augmentation sans cesse croissante
des jeux de données géographiques gérés
par l’Institut, avec notamment l’apparition des SIG
dédiés (technologie MapObject) et de la technologie
ArcGIS.
Le
projet porte l’accent sur la centralisation, l’organisation,
l’homogénéisation (spatiale et sémantique)
et la documentation des données afin d’aboutir à
une Base de Données Géographique de Référence.
Des
outils de recherche et de consultation sur cette nouvelle architecture
permettront un accès ouvert et simplifié à
l’ensemble des données géographiques de l’Institut.
La
formation des nouveaux utilisateurs, l’élaboration
d’un « Guide de bonne conduite » et la mise en
place d’un processus de Contrôle-Qualité, permettront
de veiller à la cohérence et à l’uniformité
des jeux de données entrants et sortants de l’Institut
».
La
durée du projet a été initialement estimée
à 1 an, de juillet 2004 à juin 2005. L’architecture
actuellement en place, le projet se poursuit durant toute l’année
2005 (migration des données, mise en place de formation,
etc.)
Déroulement
du projet
Le
projet de restructuration du SIGR s’articule en 5 phases distinctes.
Ces phases couvrent l’objectif de réorganiser les données,
d’offrir un nouveau système d’exploitation de
ces données (gestion des métadonnées, moteur
de recherche) et de maintenir le SIGR dans un état stable
(communication, formation, contrôle-qualité).
1.
Phase I : audit des données
Objectif
:
L’audit des données a pour objectif de faire un état
de l’existant. Il a été demandé à
tous les correspondants SIG de fournir un listing des données
utilisées au sein de leur département, notamment dans
les SIG dédiés. L’analyse de ces listings était
basé sur la source et le flux des données, sur les
mises à jour et sur les données à placer en
données communes.
Synthèse
:
L’analyse a montré que l’Institut dispose de
nombreuses données géographiques (environ 2 000 jeux
de données dont seulement 600 en données communes)
et qu’environ 75 % étaient issues des SIG dédiés.
On
estime à environ 30 % le nombre de données dupliquées.
Ces doublons entraînent pour chaque utilisateur une confusion
au niveau du choix des données et une administration difficile.
De plus, les données sont rarement documentées (renseignement
des métadonnées).

Répartition des données géographiques de
l’Institut
Evolutions nécessaires :
1.
Réorganisation des données, avec comme tâche
prioritaire la suppression des doublons au sein des SIG Dédiés.
Ce travail sera fait par les administrateurs de données,
avec accord des correspondants SIG et des responsables des SIG dédiés.
2. Amélioration de la qualité des données.
D’une part au niveau de la qualité géographique
(géocodage, calage sur le jeu de données MOS) et d’autre
part au niveau de la qualité sémantique (nom et type
des champs, vérification des incohérences).
3. Mise en place d’une méthodologie de création
et de mise à jour des données, avec notamment une
documentation systématique des données, une meilleure
communication avec les administrateurs et une validation par un
contrôle qualité.
2. Phase II : organisation thématique commune
Objectif
:
A ce jour, chaque organisation de données est différente
: dans les SIG dédiés, au sein des données
communes dans « K:\Sigr\DonneesCommunes », au sein des
données communes dans ArcSDE. L’objectif est de créer
une « Organisation Thématique Commune », dite
« OTC ». C’est une arborescence de domaines et
de thématiques. Cette organisation thématique commune
devrait largement faciliter la recherche des données. Elle
sera aussi appliquée à SDE. En ce qui concerne les
données communes au format SHP, elles seront organisées
sur le réseau, selon cette arborescence, toujours dans «K:\Sirg\DonnéesCommunes».

Caractéristiques de l’ «Organisation Thématique
Commune» de l’IAURIF
Planning :
Après analyse des listings et une recherche documentaire
à l’Institut et auprès d’autres organisations
similaires, une première ébauche de l’OTC a
vu le jour. Elle a été présentée aux
correspondants SIG ainsi qu'aux chargés d’études
experts de chaque domaine, puis validée par eux.
Cette organisation compte à ce jour 26 domaines tels que
le transport, l’éducation ou l’environnement
et environ 120 thématiques.
Cette
nouvelle organisation est déployée à partir
d’Août 2005.
3. Phase III : métadonnées
Enjeu
:
La gestion des métadonnées est très importante
dans une architecture telle que l’IAURIF compte tenu du choix
des données, de la richesse des thématiques et de
leur gestion décentralisée. Le système de gestion
des métadonnées d’ESRI a été retenu
et adapté aux besoins de l’Institut.
Evolution
:
Le modèle de présentation standard jusque-là
utilisé a été adapté aux besoins des
utilisateurs de l’Institut. Le « modèle de métadonnées
IAURIF » est le fruit d’une enquête réalisée
au sein de l’IAURIF, basée sur les standards actuels
afin de rester en phase avec les partenaires avec lesquels l’Institut
échange une partie de ses données.
Modèle de métadonnées IAURIF sous ArcCatalog
Afin de faciliter le renseignement de ces métadonnées,
un « éditeur de métadonnées IAURIF »
a été développé. L’interface reprend
celle du modèle de métadonnées et la saisie
des informations est assistée.

Editeur de métadonnées IAURIF (application développée
sous Visual Basic) qui remplace l’éditeur par défaut
dans ArcCatalog
Déploiement :
La diffusion de ces outils est prévu pour l’été
2005.
4.
Phase IV : évolution de l’architecture du SIGR
Objectif
:
L’organisation actuelle des données du SIGR ainsi que
le manque de documentation (métadonnées) rendent la
recherche et la consultation des données assez complexe,
voir dans certains cas impossibles.
L’objectif de cette nouvelle architecture est de proposer
un outil qui permette à l’ensemble des salariés
de l’Institut (licence non requise), d’accéder
au listing complet des données géographiques de référence
ainsi qu’à leur documentation. Un chargé d’étude
qui ne disposerait pas du logiciel ArcGIS pourrait par exemple rechercher
et consulter toutes les données d’une thématique
particulière.
Architecture
:
La documentation des données a été centralisée
dans une base de données de type Oracle appelée «
Base de connaissance SIGR ». Cette dernière reprend
une partie des champs définissant les métadonnées
et permet ainsi la recherche et la consultation des données
via un moteur de recherche développé à cet
effet.

Les métadonnées, le cœur de la nouvelle architecture
du SIGR
La base de connaissance SIGR est renseignée automatiquement
tous les soirs avec les informations contenues dans les métadonnées,
d’où l’importance d’une bonne documentation.

Moteur de recherche et de consultation des données géographiques
de référence (application développée
sous « .NET »)
Diffusion
:
La base de connaissance est aujourd’hui opérationnelle,
le moteur de recherche et de consultation devrait être diffusé
durant l’été 2005.
5. Phase V : maintenance du SIGR
Contrôle-qualité
:
Un contrôle qualité est désormais réalisé
sur chaque jeu de données entrant dans l’OTC et référencé
comme « donnée géographique de référence».
Les contrôles s’appliquent sur ses 3 composantes : la
sémantique (nom, champs, structure, attributs), la géographie
(géocodage, calage géographique, précision)
et la documentation (métadonnées).
Communication
:
La rubrique « Données » du site Intranet de l’IAURIF
a pour vocation de centraliser toutes les documentations relatives
au SIGR au sens large (données, outils, formation, etc.).

Section « Données » de l’Intranet de
l’IAURIF
Un «guide de bonne conduite » devrait voir le jour afin
d’accompagner les géomaticiens débutants (essentiellement
stagiaires).
Formation
:
L’objectif à long terme est :
· la prise en charge de tous les nouveaux utilisateurs
SIGR,
· une formation à la carte pour les salariés
de l’IAURIF,
· l’élaboration d’un catalogue de formations
(outils, méthodologie, données, architecture),
· la mise en place d’un groupe de formateurs spécialisés.
Copyright
: Iaurif - © 2005
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