CONTEXTE
Le processus de décentralisation amorcé en Côte
d’Ivoire dans les années 1990 a conféré
aux collectivités locales une autonomie de gestion dans certains
secteurs d’activités. Ainsi ces collectivités
peuvent entreprendre toute action visant à améliorer
le cadre de vie de leurs administrés. Pour accomplir ce principal
objectif, les collectivités entreprennent des actions visant
à acquérir des fonds au nombre desquels la collecte
des taxes communales sur les activités économiques
dans leur espace géographique.
INTRODUCTION
Toute activité s’exerçant sur un territoire
communal est assujettie à des taxes qui sont payées
aux services des impôts ou directement à la commune.
Ces taxes varient selon la nature et le type d’activités
exercées. On peut ainsi noter :
- L’impôt synthétique qui est payé au
service des impôts
- La taxe communale journalière
- La taxe communale forfaitaire
- La taxe sur l’occupation du domaine public
- La collecte des taxes s’est toujours faite de façon
déstructurée où des collecteurs sont envoyés
sur le terrain, encaissent les taxes qu’ils reversent ensuite
chez le régisseur de la commune sans autres moyens de vérification
de la part des autorités. Cette façon d’opérer
entraîne d’énormes déperditions de fonds
préjudiciables à la municipalité, réduisant
du coup les moyens d’actions et d’investissements
dans la commune.
Comment arriver à réduire, voire maîtriser
ces disfonctionnements afin d’élaborer des budgets
tenant compte des réelles capacités financières
de la commune ? Telle est la véritable problématique
qui se pose à la majorité des collectivités
décentralisées. Par ailleurs, les systèmes
d’information géographique de par leur capacité
de traitement de données spatiales et d’aide à
la prise de décision peuvent aider à mieux maîtriser
l’espace et la matière imposable.
OBJECTIFS
Les objectifs visés par la réalisation de ce SIG sont
:
* Améliorer de façon substantielle les recettes
de la collectivité locale à travers une localisation
précise des activités économiques et commerciales
; et une bonne maîtrise des modes de collecte des taxes.
* Mettre à la disposition des autorités communales
une banque de données à référence
spatiale concernant toutes les activités imposables sur
leur territoire et dont la mise à jour est facile.
* Développer un outil d’aide à la prise de
décision pour la gestion quotidienne reposant sur une meilleure
connaissance du potentiel foncier et économique administré
par la collectivité locale.
* Vulgariser l’outil SIG à travers son appropriation
par les décideurs qui ont à charge la gestion des
collectivités décentralisées.
LA
MISE EN ŒUVRE
La méthodologie est axée autour du processus d’élaboration
d’un système d’information géographique.
Pour ce faire il est primordial d’associer à la réalisation
du projet tout le personnel opérationnel de la commune. Il
faut en outre informer et sensibiliser au mieux les opérateurs
économiques sur le bien fondé du projet.
* Le choix du matériel et des logiciels
Il est important pour la mise œuvre du projet de choisir des
logiciels très pratiques d’utilisation. Aussi nous
avons choisis d’utiliser le logiciel ARCVIEW 3.1 de ESRI.
*
L’acquisition et la numérisation des plans
Ces plans sont constitués essentiellement des cartes du cadastre
de la zone communale et certains plans du schéma directeur
d’aménagement. Ils sont par la suite numérisés
sur une table à digitaliser ou scanner puis vectorisés
directement sur ARCVIEW. Vu la très forte urbanisation de
la commune, les zones ne figurant pas sur les différents
plans y sont intégrées à l’aide d’un
complètement à partir de photographies aériennes
et de relevés GPS. Les cartes vectorisées sont par
la suite projetées en système de coordonnées
approprié avant d’être assemblées. Un
numéro de lot et d’îlot est attribué à
chaque parcelle.
*
Les enquêtes terrain
Elles consistent à collecter des données relatives
aux activités économiques sur le territoire communal.
Pour ce faire il est élaboré une fiche d’enquête
de commun accord avec les autorités communales. Il est aussi
produit plusieurs plans de structuration de la commune.
Une équipe d’enquêteurs est ensuite recrutée,
formée et repartie en fonction d’un découpage
effectué par zone dans chaque quartier de la commune. Chaque
enquêteur est muni de fiches d’enquête et de plans
détaillés de son secteur.

Fiche d'enquête

Plans d’enquête
Les
informations sont ensuite collectées auprès de chaque
acteur économique et transcrites sur les fiches. Ces fiches
sont ensuite validées par rapprochement avec les plans des
secteurs et saisies.
*Le
traitement des données
Les données ainsi saisies sont corrigées et mises
en relation avec les plans numériques sous le logiciel ARCVIEW
3.1 afin de procéder à la validation. Un rapport comprenant
les plans de localisation et le listing des activités sont
ensuite produits afin de harmoniser les montants des taxes perçues
par type d’activités. On procède ensuite à
la correction des données avant de produire le rapport final.

Tableau
de saisie
*L’implantation
du système
Les plans numériques au format « Shape file »
ainsi que les tables au format « Dbase IV » des activités
économiques de la commune réalisés sont installés
dans les services des taxes et des services techniques. L’exploitation
du système se fait sous environnement ARCVIEW3.1. Le personnel
d’exploitation et de maintenance du système a bénéficié
d’une formation à l’utilisation du logiciel.
Un contrat de partenariat pour assurer la maintenance de l’outil
à été établi en vu d’assister
pour les six premiers mois le personnel technique de la mairie.

Exploitation
ANALYSE DES RESULTATS
Il ressort des résultats que 80% à 90% des activités
ont été enquêtées. Aussi tous les types
de taxes communales ont été répertoriés.
Les statistiques par type de taxe montrent un écart très
important entre les montants encaissés et les montants escomptés
sur la base du travail réalisé.

L’exemple d’une zone est édifiant dans la mesure
où sur les activités enquêtées dans l’occupation
du domaine public nous sommes passé d’un montant mensuel
de 358500Frs recensés à 624000Frs estimés.
La spatialisation des activités montre aussi les aires de
concentration des activités économiques. Toutes ces
données statistiques et graphiques ont permis aux autorités
communales d’affiner leur stratégie de collecte des
taxes dans la gestion de la commune.
Comme
problèmes rencontrés au cours de la réalisation
du projet nous avons affronté trois (3) difficultés
principales :
1-
l’accès à l’information fiable
Cette difficulté s’est située à deux
niveaux ; à savoir au niveau des opérateurs économiques
qui rechignaient à donner les vrais montants des taxes
qu’ils payaient et au niveau de certains agents de la mairie
qui ont hésité parfois à nous donner les
informations utiles sur les procédures de recouvrement
des taxes.
2-
la participation
La participation des administrés à l’opération
ne s’est pas toujours faite de façon correcte en
ce sens qu’il a fallu acheminer des courriers administratifs
aux responsables coutumiers afin d’avoir leur accord pour
le commencement de l’opération.
3- la capacité organisationnelle locale
Elle se situe au niveau du personnel d’appui technique de
la commune qui a souvent fait défaut à l’opération.
CONCLUSION
La demande d’information spatiale au regard de la prise de
décision peut être envisagée sous différentes
perspectives. Dans ce cas d’optimisation des recettes municipales
elle s’est avérée d’un apport très
appréciable pour les autorités qui à travers
cette plate forme informatique ont estimée que les décisions
prises étaient désormais éclairées.
Au-delà de cet aspect il serait souhaitable que les autorités
s’approprient l’utilisation des SIG dans la gestion
de leur commune notamment dans la gestion des ordures ménagères
et les plans d’aménagement des espaces verts.
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