Le pays Dogon, comme le Mali et toute la zone sahélienne sont soumis à des sécheresses récurrentes caractéristiques du climat sahélien marqué par une très forte variabilité interannuelle des précipitations.
La dernière grande sécheresse des années 70-80 a eu des conséquences dramatiques en terme de pertes humaines et de dégradation des ressources et des milieux dans toute cette région.
Si les données climatiques de cette dernière décennie et les travaux récents (Nicholson, 2005) semblent montrer que cet épisode particulièrement sec s’est achevé à la fin des années 90, le contexte global de changement climatique laisse planer le risque de nouvelles sécheresses plus fréquentes à venir.
Par ailleurs, si la sécheresse a eu d’indéniables impacts sur les ressources et les milieux, ses conséquences ont été exacerbées dans ces régions par des pressions anthropiques croissantes et des mutations des modes d'occupation et de gestion combinées.
Il est donc impératif d'établir un bilan des processus de dégradation de ces milieux et ressources déjà actifs et/ou en développement, leurs rythmes et modalités de développement et d'analyser les interactions entre milieu naturel et pressions anthropiques, de manière à prévoir et mieux maîtriser les évolutions futures des réponses géomorphologiques et écologiques de ces systèmes sahéliens aux changements climatiques.
L'objectif principal de ce projet est de spatialiser les changements du milieu et de quantifier leurs modalités et rythmes à l'échelle des différentes entités spatiales qui constituent le pays Dogon, c'est-à-dire non seulement la falaise de Bandiagara, zone classée patrimoine mondial de l’humanité, mais également son arrière pays le plateau Dogon et la plaine du Séno, étroitement reliés sur le plan culturel, écologique et socio-économique.
Un premier état des lieux du milieu de deux sites de la plaine du Séno (Région de Sadia) et du plateau (Ounjougou) sur une période de plus de 50 ans (depuis les années 50 jusqu'à aujourd'hui) par télédétection satellitaire et aérienne met en évidence les stratégies d’adaptation locale des populations aux changements climatiques passés.