Communications 

Implementation du SIG dans l’environnement d’une Compagnie Pétrolière Petite à Moyenne


Session Autres
 


Joseph Simantov, PhD
joseph_simantov@hotmail.com

TMC Petroleum Consultants sàrl
c/o Multifiduciaire SA, 1,
Carrefour de Rive,
CH 1211 Genève 3

 

Mots-clés, logiciels ESRI utilisés et publics visés
 



Logiciels ESRI utilisés : ArcGIS 9.2

Public visé : Tout public

 

L’implementation du SIG dans une Compagnie Pétrolière petite à moyenne doit répondre à des exigeances particulières, spécifiques à ce type d’environnement. Ces éxigeances sont précisément la conséquence de l’échelle des opérations de ce type de Compagnie, par opposition à ce qu’on définit couramment comme « Grandes Compagnies pétrolières », et elles présentent quelques grandes tendances qui peuvent être statistiquement regroupées.
 
L’objet de cette communication n’est pas la présentation de l’implémentation d’un choix technologique précis dans une Compagnie spécifique ; l’accent est mis sur les divers critères et paramètres qui peuvent influencer ce choix en mettant en valeur ou en limitant les fonctionnalités du système choisi pour ce type d’environnement. Il est bien évident que des alternatives technologiques pourraient également fournir des solutions satisfaisantes ; ceci cependant dépasse le cadre de ce travail.
 
Tout le long de cette communication, le terme « Compagnie Pétrolière Petite ou Moyenne » désignera une Compagnie active dans le secteur de l’exploration-production pétrolière, dont les opérations seront limitées dans quelques pays, et dont les objets d’exploration et/ou exploitation ne dépasseront pas quelques unités. Bien entendu, chaque Compagnie possédant son propre potentiel de croissance, cette définition ne saurait en aucun cas être définitive ; elle est considérée comme représentant un certain état d’une Compagnie pendant une période de temps précise, tout en restant ouverte à toute modification et/ou reconsidération résultant du développement des opérations dans le temps.
 
C’est donc dans ce contexte que le SIG est appelé à fournir des solutions à des problématiques spécifiques. Comme ceci peut se confirmer par un simple regroupement statistique des observations effectuées dans diverses Compagnies localisées dans différents pays, le SIG est appelé à répondre à deux questions fondamentales :
 
-          Où se trouve un certain objet (puits, champ, concession, pipeline, etc)?
-          Que sait-on sur cet objet ?
 
Traditionnellement, la réponse à la première question est fournie par une carte de la région concernée. Toujours traditionnellement, la deuxième question trouve, quant à elle, sa réponse dans une recherche bibliographique dans les archives de la Compagnie ou dans la bibliographie disponible.

Dans une grande partie des compagnies petites à moyennes, la production des cartes est souvent effectuée en utilisant soit des logiciels CAD, ou bien de logiciels de publication, comme « Illustrator ». Ces mêmes logiciels sont utilisés lorsqu’il y a besoin de produire des images spécifiques, comme des sections géologiques, qui accompagnent les documents et rapports officiels. Il arrive souvent que des Compagnies appartenant au segment qui nous intéresse, utilisent des systèmes SIG, et dans ce cas, l’utilisation très fréquemment se limite à l’expression la plus basique du travail, c’est à dire à la production de cartes et/ou illustrations à petite échelle.
 
Quant aux fonctionnalités plus spécifiques di SIG, comme par exemple, les correlations spatiales et topologiques, la création et la mise en valeur de zones-tampons,  elles semblent attirer l’intérêt des techniciens de ces Compagnies, mais elles semblent rarement constituer l’élément majeur en faveur du SIG. La raison est simple : vu l’échelle relativement réduite des opérations, dans la plupart des cas la corrélation spatiale des informations est bien connue et évidente, et, il arrive souvent que les techniciens de la Compagnie n’ont simplement pas le temps pour investiguer ces fonctionnalités.
 
L’importance de l’utilisation du SIG pour accéder à des données directement ou indirectement géoréférencées semble, par contre, constituer un argument qui attire nettement plus l’attention. Le besoin exprimé le plus souvent dans le contexte d’une petite Compagnie, est celui de la possibilité de sélectionner un objet sur l’écran et de pouvoir visualiser des documents, rapports et images qui lui sont associés, soit par référencement attributaire dans une base de données ou par géocodage.
 
Dans un deuxième temps, les utilisateurs souhaitent pouvoir mettre en relation des données stockées dans des bases de données distinctes avec des objets géoréferencés, sans nécessairement fusionner les bases concernées. Il est nécessaire de préciser à ce point que dans la majorité des Compagnies Pétrolières petites à moyennes, les données sont stockées suivant un schéma d’organisation par projet, et que l’existence d’un système de gestion de bases de données au niveau de l’entreprise est plutôt rare.  De plus, il arrive très souvent dans ce contexte  qu’un ingenieur ou un géologue possède une ou plusieures sources de données sous forme de petites bases de données, parfois dans le plus simple format, Excel, Access ou même sous forme de listing en fichier-texte, et qu’il souhaite les exploiter dans un projet tout en les gardant physiquement séparées, par exemple, pour une vérification.

Cette image est complétée par le besoin très souvent exprimé de pouvoir visualiser également des fichiers spécifiques-métier, tels des diagraphies digitales de puits, des données sismiques etc. A noter que le besoin de l’accès à ces types de fichiers en se servant du SIG est prèsque toujours limité à la consultation ; en fait, les données contenues dans ces fichiers sont exploitées en utilisant des stations de travail et des logiciels spécifiques d’interprétation.
 
Un autre besoin qui a été également formulé était la possibilité d’utiliser une ou plusieures informations provenant des données affichées par le SIG, pour déduire plus de données et/ou informations à partir du Web, en intra ou Internet.
 
A noter également que, dans le contexte d’une petite Compagnie, il est rarement nécessaire d’effectuer du traîtement graphique (numérisation, édition/correction) de données en grande échelle, et en constituer des bases de données permanentes au niveau de l’entreprise. Dans la plupart des cas, les Compagnies achètent des données toutes prêtes auprès de revendeurs de données, ou bien elles les reçoivent également en état directement utilisable lors de la mise à disposition de données pour, par exemple, un appel d’offres.
 

De nombreuses solutions commerciales existent, permettant de fournir des éléments de réponse à un ou plusieurs des points ci-dessus. Il est cependant rare de pouvoir fournir une solution « clefs-en main » qui permet de répondre au plus grand nombre des besoins, sans faire appel à des développements extérieurs ou à des personnalisations importantes. De plus, le facteur budgétaire commence à devenir un élément important lorsque ces deux derniers points sont abordés pendant la phase de rédaction du cahier de charges.
 
En fonction de ces considérations, un projet-pilote a été élaboré et présenté à deux petites Compagnies pétrolières. Le but de ce projet-pilote était de démontrer la possibilité de l’implementation d’un système combiné SIG-Gestion de données (« Data Management ») dans un environnement soumis aux contraintes ci-dessus exprimées.
 
Les éléments suivants ont été retenus pendant la rédaction du cahier de charges, qui était prèsqu’identique pour les deux Compagnies concernées :
 
-          Utilisation d’un modèle de base de données simple, non-verouillé, pouvant être étendu au fur et à mesure que les opérations des Compagnies se développaient.
-          Utilisation de fichiers graphiques en format natif, avec le minimum de conversion nécessaire.
-          Possibilité d’effectuer des liens avec des bases de données extérieures en formats standard.
-          Exploitation en lien permanent d’une base de données de documents référencés, avec possibilité de visualiser des fichiers en formats reconnaissables sous Windows
-          Possibilité d’intégrer des logiciels de visualisation(« Viewers ») pour les fichiers-métier.
-          Mise à disposition des informations aux utilisateurs à travers une interface simple, comportant les fonctionnalités jugées nécessaires.
-          Mise à disposition de ces mêmes informations aux utilisateurs travaillant hors-siège, à travers une interface Web.
-          Enfin, des restrictions budgétaires imposant l’utilisation des moyens les plus simples possibles.
 

Le projet a été réalisé autour d’un noyeau SIG composé par ArcGIS/ArcView 9.2 (version d’évaluation). Les systèmes de gestion de la base de données retenus étaient SQLServer Express 2005 et Access, et les données graphiques ont été exploitées sous format « shapefiles ».
 
Une interface Web provisoire a été réalisée en utilisant Mapserver/Apache, dans le but de démontrer la fonctionnalité de la mise à disposition des données par une interface Web. Ce choix technologique a été imposé précisément par la non-disponibilité d’une licence ArcIMS lors de l’élaboration du projet.
 
Les données utilisées pour le projet provenaient des répositories de données pétrolières publiques du Service Géologique des Etats-Unis, et de diverses sources de données culturelles gratuites accessibles sur Internet.
 
Deux petits modules ont été développés en VBA, permettant d’une part d’effectuer des liens avec des bases de données extérieures, et d’autre part d’effectuer, en utilisant des moteurs de recherche, sur le Web des recherches basés sur des mots-clefs spécifiques, combinés aux valeurs attributaires d’objets graphiques sélectionnés.
 
L’accès à des documents associés aux objets graphiques a été effectué par un mécanisme simple de dossiers dédiés, en se servant des ‘Mime-Types’.
 
Enfin, l’accès aux fichiers-métier a été effectué en se servant de logiciels-métier de visualisation gratuits, comme par exemple gSegyView pour la visualisation des sections sismiques, disponibles en téléchargement sur internet.
 
A noter que, pour les besoins du projet-pilote, et étant donné la confidentialité générale des données réelles, des fichiers sismiques obsolètes ont été associés d’une façon complètement aléatoire aux profils sismiques. De même, des données anciennes de diagraphies ont été aléatoirement associées aux données des puits.
 
Le système ainsi élaboré en version expérimentale a permis de gérer avec succès un important ensemble de données, comportant l’ensemble du domaine pétrolier de l’Etat de Louisiane, USA. L’ensemble ainsi consitué comportait environ 280,000 puits, 20,000 blocs de concessions, des champs, plateformes, pipelines et profils de navigation sismique, ainsi qu’un important ensemble de données topographiques (« culturelles »).


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