Communications 

Spatialiser la dissidence à Cologne au XVIe siècle. "Geocoding" des dissidents religieux dans le paysage urbain d'après le plan d'Arnold Mercator (1571).


Session Histoire
 


Mathilde Monge
monge.mathilde@gmail.com
 
Université Paris 1-Panthéon Sorbonne
CHMR,
17, rue de la Sorbonne, 75005 Paris

 

Mots-clés, logiciels ESRI utilisés et publics visés
 


Mots-clés : Histoire Religieuse, Anabaptistes, Cologne, Histoire Moderne, Histoire Urbaine, Clandestinité, HBDS, Geodatabase, adressage postal, Geocoding.


Logiciels ESRI utilisés : ArcInfo (ArcCatalog et ArcMap), geocoding, network, ArcInfo-Workstation (Arc, ArcEdit, Network) sous Windows XP Professionnel.


Copyright : Bibliothèque Nationale de France (plan Mercator)

 

C’est entre les XIVe et XVIe siècles que se produit dans l’Europe entière ce que l’on a qualifié par la suite de « territorialisation ». Le pouvoir, autrefois défini spatialement par l’emplacement ponctuel de son centre et par l’extension (de type thématique) de juridictions, tendait à se définir de plus en plus selon la surface sur laquelle s’étendait son autorité. Selon Daniel Nordman, c’est à l’époque moderne que naît la « frontière territoriale ». D’autres limites spatiales prennent de plus en plus d’importance dans les représentation et les interactions des acteurs de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne, comme les limites de paroisses, les limites de nouveaux districts, etc. Ce processus intervient à toutes les échelles, de l’échelle très locale à l’échelle internationale. En particulier dans le Saint Empire Romain Germanique (qui recouvrait la surface de l’Allemagne, de l’Autriche et du Nord de l’Italie actuelle depuis le Haut Moyen-Âge jusqu’en 1806), ces processus compliquent encore – pour nos yeux du XXIe siècle – l’espace de vie des contemporains. Il était composé d’une multitude d’Etats souverains de taille variable, chacun d’eux territorialement atomisé par les enclaves, exclaves, principautés lilliputiennes et territoires dépendants en droit mais souverains sur leurs terres.
Ceux que les polémistes catholiques et luthériens ont qualifié depuis 1525 d’anabaptistes (re-baptiseurs) sont considérés comme de dangereux séditieux et légalement passibles de la peine de mort dans tout l’Empire à partir de l’Edit impérial de 1529. Bien évidemment, l’application de cet Edit était apprécié par chaque souverain et seigneur sur ses propres terres. De fait, les dissidents religieux passent beaucoup d’un territoire à l’autre, et habitent souvent près des limites afin d’échapper aux autorités, usant ainsi des discontinuités temporelles et spatiales. La « survie » de la dissidence passe donc par l’obéissance à une ou des stratégies, où l’espace et ses discontinuités sont une ressource. Nous nous proposons de retourner cette affirmation en demandant quels sont les critères qui régissent l’implantation spatiale, la mobilité et les logiques d’acteurs dans le tissu urbain en tenant compte des relations interpersonnelles et de la temporalité.
Nous le réalisons à l’échelle de la ville libre d’Empire de Cologne. Cologne, 40 000 habitants entre le XVIe et le XVIIIe siècle, est une des plus grandes villes du monde germanique et capitale économique et culturelle de la Rhénanie du Nord (Chaix, 1994). C’est un territoire autonome dont la surface excède à peine celle de son espace urbain enserré de ses murailles médiévales. Les autorités municipales disposent de l’exercice de la basse justice et du contrôle de son territoire, ce qui les conduit à emprisonner et interroger les dissidents religieux. Ils prêtent une attention particulière aux lieux fréquentés par les prisonniers et par les personnes qu’ils connaissent.

Mon propos est de localiser les événements localisables mentionnés par les anabaptistes, dans la perspective de spatialiser le phénomène. Cette démarche appelle la conception et la mise en place d’un SIG pour localiser à l’adresse les dissidents religieux et analyser spatialement les informations ainsi obtenus en les mettant en relation spatiale avec des caractéristiques (descripteurs) thématiques particuliers. Ce travail s’est fait en collaboration avec Mme Françoise Pirot, dans le cadre du laboratoire CNRS M2ISA (UMR. 8564).
La méthode de localisation utilisée est celle de la segmentation dynamique et du géocodage (geocoding), afin de « créer des entités géométriques à partir de description d’emplacement » qui pourront être analysées spatialement. Cette méthode est en cours d’application pour le SIG sur Paris au XIXe siècle conçu et réalisé au CNRS (collaboration M2ISA UMR 8564, l’UMR 6063 et l'UMR8558/Laboratoire de Démographie Historique ; l’expérience de Mmes Pirot et Varet-Vitu a été déterminante pour la progression de ce travail. Leur méthode est présentée dans la communication faite à la conférence SIG 2007 (Pirot, Varet-Vitu, Saint-Gerand, 2007). Nous nous focaliserons sur les thèmes particuliers à notre travail qui n’ont pas été abordés dans à cette occasion et mettrons l’accent sur deux leitmotiv traversent la conception et la réalisation du SIG :
1. Modéliser selon la méthode HDBS (Hypergraph Based Data Structure) la problématique générale du travail de thèse en cours qui est à l’origine de ce travail.[1] On peut la formuler brièvement de cette façon : comment les anabaptistes sont-ils intégrés par la société de l’époque moderne ?
2. La contrainte première d’un travail sur le XVIe siècle (d’un travail d’historien en général) est le caractère limité et hasardeux des informations présentes dans le monde réel (les documents d’archive). C’est également le cas pour l’objet de la recherche, les dissidents religieux. Des « séries complètes » d’informations homogènes sont de l’ordre de l’utopie. Spatialiser les phénomènes étudiés correspond d’ailleurs à la création d’une « meta-source ». Nous allons montrer comment nous avons déterminé un juste milieu entre « adapter la modélisation et le SIG à l’information disponible » et « contraindre l’information disponible pour l’adapter à la problématique »
3. Les modules de ArcGis-ArcInfo (géoréférencement, création de route system) ne sont a priori pas adaptés aux logiques propres de la ville du XVIe siècle et de ses représentations planaires.

[1] « De la persécution à l’assimilation. Les anabaptistes rhénans dans leur monde social (1533-1692, Ville libre d’Empire de Cologne et duchés de Juliers-Berg) ». Thèse de doctorat réalisée en cotutelle, sous la direction de Wolfgang Kaiser (Professeur à l’Université Paris I, Directeur d’Etudes à l’EHESS) et de Thomas Kaufmann (Professeur d’histoire religieuse à la Georg-August Universität Göttingen et membre du Zentrum für Mittelarlterliche- und Frühneuzeitforschung Göttingen).

Nous présenterons ces problématiques en trois étapes, qui suivent la logique de la conception et de la réalisation.
- la collecte et la critique des sources
- La création de l’information spatiale nécessaire au geocoding et à la contextualisation des phénomènes
- Construction d’une geodatabase personnelle issue de la modélisation de la problématique avec la méthode HBDS, et conception de l’adress locator.

1. Les sources


1.1. Un plan à vol d’oiseau : le plan Mercator de 1571



1.1.1 Impossible de se fonder sur la cartographie actuelle de la ville
La première condition pour construire un SIG est de disposer d’une référence spatiale à peu près fiable. Mais il est impossible de simplement récupérer des données existantes pour la ville du XXIe siècle – qui existent pour Cologne – dans la mesure où le tracé des rues de la vieille ville a été en partie modifié depuis le XVIe siècle. La première vague de modification intervint à partir des années 1840 à l’occasion de l’achèvement de la cathédrale. Le roi de Prusse en profita pour lancer de grands travaux de prestige dans le quartier de la cathédrale, et fit ainsi construire la gare de Cologne au pieds du monument ; pour ce faire, plusieurs pâtés de maisons et rues disparurent.
Suite à la destruction quasi-totale du bâti urbain dans les bombardements de de la seconde guerre mondiale,  comme ce fut le cas dans de très nombreuses villes allemandes, les habitants décidèrent de prendre un « nouveau départ » après la guerre en reconstruisant d’une façon moderne, c’est-à-dire dans le style des années 1950. Les maisons anciennes encore debout ont été abattues, le tracé des rues, bien qu’en général conservé, a été souvent recalibré. Certains îlots peu densément bâtis ont été percés afin d’ouvrir le passage à une voie rapide. Une église a été détruite (St Maria am Gradus) pour laisser la place au parvis entre la cathédrale et le Rhin, ouvrant ainsi une promenade fréquentée et laissant la place à deux musées d’importance majeure.

1.1.2. Le plan « Mercator » de 1571
Il faut donc s’appuyer sur les apports de la « géographie historique » pour retrouver l’occupation de l’espace telle qu’elle était au XVIe siècle. Pour cela, trois sources possibles : l’archéologie, les atlas contemporains, et les sources écrites (descriptions par des contemporains ou sources administratives, comme les cadastres par exemple). Je me suis appuyée sur un plan que l’on peut considérer comme fiable, et qui nous est parvenu par miracle, à savoir le plan réalisé par Arnold Mercator en 1571.
Arnold Mercator (1537-1587), géomètre, graveur et cartographe, était le fils de Gerhard Mercator (†1594), qui a révolutionné la cartographie à l’époque moderne, auteur du système de projection qui porte son nom. Comme son père, il a passé une partie de sa vie à Cologne, capitale culturelle et économique de l’ouest du Saint-Empire Romain Germanique. En 1570, le Conseil Municipal lui commande un plan de la ville, plan qu’il réalise l’année suivante.
L’original, un plan à vol d’oiseau enluminé à grande échelle (1 : 24500), mesure 1,08 m de hauteur pour 1,70 m de largeur. Il est intitulé Colonia Agrippina anno Domini MDLXX (Cologne, [ville d’]Agrippine, année du Seigneur 1570). Il est conservé aux archives municipales, en mauvais état (Van Ortroy, 1978, p. 67 et suiv.). Heureusement, à la fin du XIXe siècle, des archivistes retrouvèrent aux archives municipales de Breslau (aujourd’hui Wroclaw, en Pologne) une copie contemporaine de ce document, sous la forme d’une gravure sur cuivre en parfait état de conservation, à la même échelle que l’original. Elle est intitulée Absolutum est opus Teutoburgi anno Domini MDLXXI ultima Augusti per Arnoldum Mercatorem.
Une réduction photolithographique a été réalisée par la ville de Cologne et publiée dans une brochure en 1897, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque Nationale de France (BNF), département Cartes et Plans (Hansen, 1897). C’est cette reproduction que nous avons fait numériser par le service de reproduction de la BNF et sur laquelle nous nous appuyons. (fig.1). Dans l’idéal, il faudrait croiser les informations que l’on peut tirer du plan Mercator avec les apports de l’archéologie urbaine. Nous disposons ainsi une représentation de la ville, qui, parce que les principes des techniques utilisées pour la réaliser sont un des bases de la cartographie moderne, peut être géoréférencée. Toutes les informations tirées de cette représentation (par exemple l’emprise spatiale des surfaces cultivées) sont à lire au prisme du regard de son auteur.
Nous avons également eu recours au plan de la ville de Cologne publié dans le premier volume de l’atlas Civitates Orbis Terrarum de 1572, plan disponible sur le site de l’Université de Jérusalem. Beaucoup moins précis que le plan Mercator – il était en effet destiné à un ouvrage tiré à de nombreux exemplaires - il s’appuie néanmoins de toute évidence sur celui-ci. Le graveur a représenté le même plan, mais où le point de fuite est à l’est (il est à l’ouest sur le plan Mercator). On peut donc voir « l’autre côté » des rues et pâtés de maison masqués par les bâtiments représentés en perspectives sur le plan Mercator. La gravure a été réalisée à Cologne, comme le plan Mercator, et leurs auteurs y demeuraient.

1.2. Un « annuaire » : Die Topographie der Stadt Köln im Mittelalter (Hermann Keussen)



L’information sémantique présente sur la carte est importante (de nombreux noms de rues, quelques noms de bâtiments) mais incomplète. La ville de Cologne a fait l’objet de nombreuses recherches et publications à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, époque où bâti était encore très semblable à ce qu’il était au XVIe siècle. Nous nous sommes ainsi appuyée sur le travail de Hermann Keussen, qui a publié un « annuaire » historique de deux volumes in-folio, accompagné de plans détaillés par « quartier ». La partie systématique de cette annuaire rassemble, classé par tronçon de rue puis par maisons, toutes les informations que l’auteur a pu réunir sur l’aspect du bâti, ses occupants et les mutations survenues entre le XIIe et le XVIe siècle (v. 1100-v.1600) à partir de tous les actes et récits accessibles. L’appareil cartographique consiste en plans détaillés par quartier pour chacune des divisions du livre, où une information thématique importante est donnée, et en 7 cartes globales de la ville de Cologne (par époque).
Nous n’avons toutefois pas utilisé les plans publiés dans le livre de Hermann Keussen pour la création directe des données spatiales. En effet, il ne semble pas que ce soit l’oeuvre de cartographes professionnels, et toutes les tentatives pour assembler conjointement les cartes détaillées ont abouti à des échecs patents. En outre, le cartographe n’a pas donné la source de son plan. Il est très possible qu’il se soit appuyé sur un plan de la ville datant du XVIe siècle mais qui n’a pas la qualité de celui de Mercator.

1.3 Les documents d’archives



Les informations thématiques spécifiques à ma recherche proviennent en grande partie des archives de la ville de Cologne et des archives de Düsseldorf. J’ai travaillé sur les  comptes-rendus d’interrogatoire des détenus. Les prisonniers étaient d’abord interrogés sur leur domicile, puis en général sur leur « passé » de dissident religieux. Sur la totalité des interrogatoires dépouillés, l’information thématique sur les lieux de résidence, de travail, de réunion des détenus et des personnes avec qui ils sont en contact est importante.
En outre, le Conseil municipal chercha dans la deuxième moitié du siècle à contrôler les étrangers présents en ville. À cet effet, les officiers en charge arpentaient l’espace urbain, selon un ordre qui reste à définir, et notaient les maisons où se trouvaient des « personnes suspectes », qui n’allaient pas à la messe, ou bien celles dont on ne savait pas si elles avaient fait baptiser leurs enfants. La guerre aux Pays-Bas induisit une production de sources exceptionnelle et précieuse. D’autres types de sources apportent également des informations : des suppliques (lettres écrites par les sujets à leur souverain pour lui adresser une demande particulière ou pour porter plainte), des testaments, les comptes-rendus des synodes réformés, etc...
Ces sources ont été traitées dans une base de données Microsoft Access.


2.Créations des données spatiales


2.1. Géoréférenciation du plan Mercator



2.1.1. Données de référence et système de coordonnées
Comme référence pour la géoréférenciation (avec le module de georeferencement sous ArcMap), nous disposions de données numériques (cartes au 1 :10 000 géoréférencées) fournies par le Landesvermessungsamt Nordrhein-Westfalen (Office de géométrie et d’arpentage du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, abrégé en LvA-NRW). Le système de référence du LvA-NRW est Gaub-Krüger, Méridien 3 degrés, Ellipsoid de Bessel, Datum de Potsdam (point central Rauenberg).
Malheureusement, il y avait de la part des services du LvA-NRW une confusion entre système de coordonnées géographiques et systèmes de coordonnées projetés. Il y a ainsi deux possibilités différentes dans les Coordonates systems proposés par ESRI.
-                          DHDN 3 Degree Gauss Zone 3 (ArcGis\Coordonate Systems\Projected Coordonate Systems\National Grids\DHDN 3 Degree Gauss Zone 3)
-                          Deutsche Hauptdreiecknetz (ArcGis\Coordonate Systems\Geographic Coordonate Systems\Europe\Deutsche Hauptdreiecknetz)
Nous nous sommes finalement servi des données en accès libre sur le site du LvA-NRW, à l’échelle du 1 :5000 (échelle cadastrale) pour rectifier le plan Mercator. Nous avons également complété par une carte au 1 :50 000 édité par le LvA-NRW sur laquelle figure la ville de Cologne, scannée au format TIFF et rectifiée sous ArcMap avec le module de georeferencement.
Cependant, des erreurs survenues par la suite ont montrée que, pour ce type d’opération où tout doit être fait à partir de données qui ne sont pas ad hoc, il est préférable – pour ne pas dire infiniment plus simple - de travailler en coordonnées géographiques.
Nous avons choisi le système de coordonnées géographiques CGS Bessel 1841, dans la mesure où l’ellipsoide de Bessel est la base de la géométrie et de l’arpentage en Allemagne. On voit que les Bounding coordonates exprimées en coordonnées locales ou projetées se sont calquées sur les coordonnées en degrés décimaux. Nous avons ainsi pu projeter les couvertures déjà créées mais de fait inadaptés en utilisant la commande project dans Arc.


La « déformation visuelle » qui résulte de ce choix et qui peut rendre une carte difficile à voir n’est pas un handicap, elle peut être ponctuellement corrigée dans ArcMap. Il faut préalablement à tout ajout de donnée définir le système de projection au niveau du Layer (Propriétés\Système de projection). Les données s’ajustent ensuite à la volée dans ArcMap, si elles sont en coordonnées géographiques. Elles ne sont pas modifiées dans la donnée d’origine.

2.1.2 Trouver des points de calage
Il n’y a bien sûr pas sur le plan Mercator de coordonnée géographique ou d’isohypse qui puisse permettre de trouver des correspondances exactes sur une carte actuelle. En outre, nous l’avons dit, le paysage urbain de Cologne a subi des transformations.
Nous avons combiné deux méthodes. La première consiste à définir des points de calage en fonction d’éléments remarquables du paysage urbain, la seconde à définir des points de calage en fonction de correspondances fictives entre deux cartes (une carte actuelle et le plan Mercator).
Points de calage en fonction d’éléments remarquables dans le paysage urbain
Les bâtiments « patrimoniaux » s’imposent pour définir des points de calage à l’intérieur de la carte :
-                          Bâtiments religieux (et parmi ceux-ci uniquement les églises, la plupart des chapelles, croix et calvaires, repères essentiels du paysage urbains, ont disparu)
-                          Bâtiments « publics » notables (Halles, Rathaus, Turm (prison))
-                          Les murailles : le tracé de l’ancienne muraille romaine et du mur d’enceinte médiéval subsiste dans le tracé des rues.
Les points « sûrs » sont le croisement externe des travées visibles dans la représentation en perspective. En effet, les canons du temps exigeaient que l’on représente les fiertés de la ville – et en particulier les bâtiments religieux de prestige – de façon surdimensionnée par rapport au reste du bâti urbain. Ainsi, Arnold Mercator a représenté la cathédrale de façon totalement démesurée (et en perspective), comme le reste des églises d’ailleurs, qui sont nombreuses.
J’ai créé une table de liens au format texte. Les coordonnées des deux premières colonnes (les coordonnées en x et en y, par point, du document à géoréférencer, édité sous ArcMap) sont obtenues grâce à la fonction Identify du menu Tools. Les coordonnées des deux suivantes (les coordonnées en latitude et en longitude exprimées en degrés décimaux) sont celles des points correspondants sur le détail du cadastre en ligne sur le site du LvA-NRW. Ces coordonnées de points de calages sont ensuite chargées à partir des fonctions de géoréférencement (fig.8). Toutefois, les résultats obtenus sont médiocres. En effet, il n’y a pas de point de calage dans les coins du plan Mercator, ce qui cause des distorsions importantes, donc de longues et fastidieuses rectifications.


Points de calages « fictifs »
Pour rectifier correctement le plan Mercator, il faut passer par « le chemin des écoliers ». Une copie du scan non rectifié du plan Mercator a été superposée au scan non rectifié de la carte papier actuelle au 1 :50 000 dans le logiciel de dessin vectoriel Adobe Illustrator. Le scan Mercator a ensuite été déformé de manière à ce que le tracé des murailles externes corresponde au tracé sur le plan actuel. Il ne restait plus ensuite qu’à marquer les coins du plan Mercator sur le plan actuel. Nous avions quatre points de calage fictifs aux coins de l’image à rectifier dont nous avons utilisé les coordonnées géographiques. (fig.3)


2.2. Création de données spatiales 1 : quelle information spatiale créer ?



La création de données spatiale est subordonnée à la méthode utilisée pour spatialiser les phénomènes étudiés. Dans ce cas précis, nous utilisons la méthode de la segmentation dynamique.
« La segmentation dynamique est un processus de calcul pour localiser géographiquement les événements stockés dans une table d’événements ou faits. On entend par événement, la nature du phénomène étudié comme les accidents, la pollution de l’eau dans les rivières, etc. La segmentation dynamique permet d’associer à n’importe quelle portion linéaire ou ponctuelle plusieurs ensembles d’attributs décrivant les événements. »
 
« Plusieurs composants entrent dans la réalisation de la méthode :
-         Un référentiel spatial linéaire qui est l’ossature spatiale du phénomène : graphe linéaire topologique
-         Création d’un « route system » : le « route system » se crée à partir du linéaire existant
-         Calibration totale ou partielle du « route system » matérialisée par la détermination des positions relatives ou des mesures de toute nature
-         « Route measures » : mesures disposées le long d’un référentiel spatial
-         « Event data » : base de données contenant les événements ou faits. »[1]

[1] Pirot, Saint-Gerand, Varet-Vitu, Modélisation.

Mais au XVIe siècle on ne se repérait pas dans le paysage urbain comme on le fait aujourd’hui. Voici un exemple de données sémantiques que l’on peut tirer des archives :
 
« Confession de Heinrich von Bornheim.
Lundi 15 mai de l’année 1600 Heinrich de Bornheim, interrogé à la Tour de Franconie [i.e. prison] par les sieurs Thurmmeister Peter ter Laen dit Lennep et Melchior Gaill, représentant de la Ville, a confessé qu’il habite au Sack dans la rue Spitzen, qu’à la dernière messe des lumières (Leichtmess) cela faisait un an qu’il avait épousé sa femme. Il est serviteur dans le vignoble de Kerstgen dans la ruelle Wehr, s’est marié à l’église Saint-Jean, cela fait bien un an ou dix mois qu’il habite en ville. » (HAStK 30 G 232 fol. 289r).
 
Synthèse : table d’événements, ou event data (pour Heinrich von Bornheim)


Les informations thématiques extraites des sources conduisent à se référer à des routes, mais aussi à des entités remarquables du paysage urbain (l’église Saint Jean). Les habitants des villes du XVIe siècle se repéraient dans l’espace urbain grâce au nom des maisons (très populaire à Cologne était Zum Schwarzen Bären = A l’ours noir, ou bien Zom gülden Aepel = A la pomme d’or, etc.), aux monuments patrimoniaux, et même aux habitants connus (très courant est : « en face de la maison de Untel, dans la Rue Longue »).  

2.3 Création de données spatiales 2 : le route system



La procédure suivie a été globalement la même que celle du projet SIG-Paris (Pirot, Varet-Vitu, Saint-Gerand, 2007). Trois étapes ont été nécessaires pour la création du route system :
1/ Création d’unités spatiales par rapport auxquelles se positionne le filaire
2/ Création du filaire (commande Centerline, puis correction « à la main » dans ArcEdit)
3/ Création du Route-System (feature class du filaire) et nommage des rues
 
1/ Création d’unités spatiales
L’unité spatiale pour définir le tracé des rues par généralisation est l’ilôt urbain. Ils sont d’abord créés en mode vecteur, manuellement (ArcEditor sous ArcMap) dans shapefile (fig.10), puis le fichier est utilisé pour créer une couverture sous Arc (ArcInfo Workstation). La topologie de polygone peut donc être créée.
Le tracé des arcs est du ressort du choix de l’historien : les limites sont en général inexactes parce que cachées par le dessin des maisons en perspective. Le quartier de la cathédrale (complexe lié à l’activité du chapitre) est complètement masqué par la représentation du bâtiment.
 
2/ Création du filaire de rues.
La commande centerline sous Arc a été utilisée. Elle permet de faire dériver le tracé d’arcs uniques de celui de deux arcs espacés d’une distance donnée. Ces données ont une topologie de ligne.
Plusieurs filaires incomplets ont été créés, correspondant aux diverses largeurs des rues. Ils ont ensuite été assemblés (ajout des filaires incomplets à l’un d’entre eux, commande Append sous Arc).

Le problème majeur de notre cas particulier est l’inadaptation de l’outil. (sous Arc). En effet, le programme créé permet, comme je l’ai dit, de faire dériver le tracé d’une ligne de celui de deux lignes d’espacement défini. Il ne tient pas compte de la topologie de polygone. Or, dans le cas de Cologne, de nombreux ilôts sont très petits. Le programme a donc tracé des lignes à l’intérieur des ilôts. Tout a donc été rectifié « à la main » sous ArcEdit (ArcInfo Workstation) pour obtenir des données de type polyligne. La topologie de ligne du filaire complet a ensuite été reconstruite.


Dans ArcMap,
Plan Mercator rectifié
Filaire de rue
Ilôts

3/ Création du route system
 
          « un route system est des données de lignes (fig.12) pour lequel a été défini un système de mesure. Les valeurs de mesure peuvent être utilisées pour localiser des événements » (Guide ESRI)
Le route system a été créé sous Arc dans la couverture du filaire de rues, à partir des données de lignes (commande Create Route)
Un nom a ensuite été attribué à chaque tronçon. La gauche et la droite ont été différenciées. Pour cela, la référence a été le travail de Hermann Keussen, qui a classifié sont annuaire en fonction des côtés d’îlots bâtis, les nommant par le nom de la rue suivie d’un chiffre romain. (fig.5 et fig 6). Le but recherché était d’obtenir une certaine compatibilité avec les outils de travail existants et qui ne seront jamais remplacés, de manière à pouvoir les utiliser malgré leurs quelques imperfections.



Le quartier commerçant du Heumarkt : l’information sémantique d’origine d’après la modélisation de Keussen (en bas, fig. 6) et son application dans le route system et le nommage des tronçons (en haut, fig. 5).
 
 
Nous n’avons pas défini de système de mesure. Dans la mesure où il est possible de créer autant de route feature class que l’on souhaite pour une même couverture, rien n’empêche d’adopter une nouvelle convention de nommage par la suite tout en conservant l’ancienne.
Dans cette perspective, il faudrait procéder de la sorte : l’attribution de numéro (de la maison) au niveau des noeuds de début et noeud de fin de chaque tronçon sous ArcEdit. Il y a deux références possibles pour cette numérotation. La première est la numérotation « classique », qui n’est apparue qu’au XVII-XVIIIe siècle dans le paysage urbain européen. De nombreuses maisons du XVIe siècle existaient encore à cette époque et la documentation conserve la trace des numéros qui leur ont été attribués.
La deuxième possibilité est d’adopter la numérotation attribuée arbitrairement par Hermann Keussen : recommencée à chaque tronçon et de chaque côté de la rue, de la maison 1 à n.

2.4. Création de données spatiales 3 : les points remarquables du paysage urbain



Dans la mesure où une partie des localisations est relative aux éléments du paysage urbain, nous avons créé les bâtiments « remarquables » du tissu urbain colonais, en nous appuyant sur les plans par quartier de Hermann Keussen. La localisation n’est évidemment pas exacte au mètre près. En outre, certaines rectifications (notamment sur l’emplacement de bâtiments aujourd’hui disparu comme des chapelles) devront probablement être faites.
          Comme pour la création des îlots, la création s’est fait avec Editor sous ArcMap dans des shapefile. Puis les shapefile ont servi à créer des données dont la géométrie est ponctuelle et disposant d’une topologie. (fig.7)


Les points remarquables du paysage urbain : les bâtiments religieux (chapelles, églises, monastères, hôpitaux) sont les plus cités.


3. Création d’une geodatabase


3.1. Modèle Conceptuel de Données



Parallèlement à la création des données « de base » (filaire et mise à jour de la base Access pour l’information thématique) un Modèle Conceptuel de Données a été élaboré selon la méthode HBDS de manière à répondre à la problématique générale du travail de thèse de doctorat, c’est-à-dire les modalités d’intégration des dissidents religieux à la société moderne (point théorique dans Arab, 2005, p. 30 et suiv.).


          Le but de la recherche en cours est de cerner la manière dont les dissidents religieux sont intégrés par la société moderne, comment une société – dans tous les aspects discernables dans les sources – intègre un corps étranger.
          Le modèle conceptuel de données est en quelque sort « à deux têtes » : les individus et les groupes. Il se divise également en deux catégories : la scène sociale et les espaces, créés par les interactions et par lequel les interactions sont conditionnées (définition de Martina Löw). Nous ne détaillerons pas les relations entre les classes d’objet.
Individus
Les individus – caractérisés par leur nom, prénom, date de première apparition dans les sources et qualificatif religieux (attribué dans un but heuristique par le chercheur) – sont la première. Il n’est pas possible de ne prendre en compte que les « anabaptistes » parce que ce terme est une épithète qui, du moins au XVIe siècle, ne définit qu’un aspect de l’individu concerné. Son critère d’utilisation est la scène sociale sur laquelle joue l’individu et celui qui le qualifie.
Groupes
Parler de « société des individus » (N. Elias) est problématique dans la mesure où chacun, à l’époque moderne, se définit par son appartenance à un ou plusieurs groupes : l’ecclesia (assemblée des chrétiens ; au niveau local, la paroisse, au niveau supérieur, en général d’Eglise catholique romaine, mais pas toujours), le corps de métier, l’Etat (noble, ecclésiastique, « roturier »), etc…

Fonction/rôle social
Chaque individu occupe un (en général plusieurs) rôle social : gouvernants, membre d’une famille, maître pâtissier, compagnon tanneur, Bourgmestre, etc… ces rôles sont déterminés dans le temps et conditionnent pour une part l’implication des individus dans un groupe. Il détermine aussi leur position les uns par rapport aux autres, notamment en terme d’exercice du pouvoir – qu’il soit temporel ou religieux par exemple pour les prêtres catholiques leur rôle d’intercesseur.
Pratiques individuelles et collectives
La piété en particulier et l’activité sociale en général sont actualisées et se déroulent au sein de pratiques, auxquels les individus en groupe ou seuls participent. Les activités dans lesquelles s’actualise l’anabaptisme sont en particulier les réunions (Versammlungen).

Pouvoir
Cette hyperclasse regroupe les pouvoirs institutionnalisés, spatialisés par le centre de leur exercice premièrement (quand il existe, ce qui n’est pas le cas pour l’Empire), et secondairement par les lieux sur lesquels ils étendent leur juridiction. La datation de la territorialisation dont il a été question est sujette à caution, dans le sens où de nombreux pouvoirs ne disposent pas ou imparfaitement d’une autorité sur un espace continu.
Le tracé des frontières, dont l’acceptation par les « riverains » conditionne l’existence réelle est le fruit de la négociation. En outre, l’espace, quand il est approprié, ne l’est que rarement. De nombreuses seigneuries sont ainsi gouvernées conjointement par deux princes d’Empire. À Cologne, le conseil municipal est une entité politique autonome ne relevant que de l’Empereur, mais c’est toujours l’archevêque de Cologne – qui n’a plus droit de cité en ville et demeure à Bonn – qui détient la Haute justice. C’est un facteur déterminant dans notre recherche : pour le Conseil, livrer les anabaptistes à la haute justice, seule autorisée à prononcer la peine de mort dont relèvent  les anabaptistes depuis le Mandat impérial de 1529, revient à céder du terrain en terme de pouvoir sur son propre espace au profit de l’archevêque. Le moment considéré par la recherche se situe quelque part dans le processus de territorialisation, divers selon les acteurs, les situations, les moments.
 
« […] les Etats d’Empire (Reichsstände) ne sont pas issus de noyaux géographiques mais d’une collection de droits de juridictions, cristallisées ensuite (imparfaitement) en ressorts territoriaux. L’idée de continuité géographique n’a pas eu sa part dans la construction des diverses principautés. Un « Etat territorial » forme donc toujours un ensemble de territoires disjoints qui conservent un degré variable d’autonomie politique et une forte conscience de leur singularité. » (Duhamelle, 2006, p. 261-262)

C’est pourquoi les pouvoirs constituent une hyperclasse séparée des
Territoires
Ce sont les « cadres liés à l’action publique et à la représentation politique » : Reichsterritorien (territoire d’Empire), Herrlichkeiten (seigneuries), Unterherrschaften, mais aussi cadres religieux comme les paroisses, les évêchés, les provinces ecclésiastiques. Ils se définissent par leur continuité spatiale, comprise par opposition au réseau. Un même territoire peut donc être morcelé –ils le sont souvent – et se superposer à un autre. Les cadres temporels et ecclésiastiques ne se définissent pas les uns par rapport aux autres. Mais il peut aussi s’agir de partage de juridiction que nous avons mentionné plus haut. Ce partage de juridiction, qui n’existe que dans certains lieux, peut être exploité par les dissidents de tous ordres dans la mesure où il leur est possible de jouer sur les rivalités entre les pouvoirs.
Paysage
Les individus évoluent dans et modifient le paysage. L’hyperclasse regroupe les classes d’entités telles que les bâtiments religieux, les bâtiments civils, les cours, les rues, etc.
Occupation du sol
Elle regroupe deux classes d’objets :  le bâti et le non bâti.
Milieu naturel
Les classes d’objet « hydrographie » et « végétation » sont les plus importantes.

3.2 Implémentation du MCD dans une geodatabase sous ArcGis Desktop / Arc Info 9.1



L’implémentation du Modèle Conceptuel de Données est en cours dans une geodatabase personnelle, sous ArcCatalog-ArcEditor, selon les équivalences suivantes :
 
Adéquation entre la méthode HBDS et le modèle de données geodatabase

D’après F. Pirot (2004), cité par Arab, 2005, p. 51.

Ces adéquations permettent la création du Modèle Physique de Données.


Une partie des feature class ont été créées.


La création de subtypes est parfois utilisée lorsqu’une classe d’objets comprend des différentiations internes. C’est le cas des « bâtiments religieux », qui peuvent être des chapelles, des hospices, des églises paroissiales, des abbatiales, ou parfois plusieurs à la fois (une collégiale – occupée par un chapitre de chanoine – peut être aussi l’église paroissiale).


Les jeux de données thématiques sont chargés à partir de tables existantes, créées sous Access lors du dépouillement des sources.

3.3. L’adressage postal.



Le géocodage permet de créer des entités géométriques en utilisant d’autres entités géométriques, qu’elles soient linéaires, ponctuelles ou surfaciques.
          L’adressage des événements se fait par un AdressLocator. Plusieurs AdressLocator sont créés selon le modèle single field. Une table des alias y est adjointe, qui permet de conserver dans la table des adresses les dénominations originales (par exemple zum schwärzen Bären sur le Heumarkt) et de les adresser par défaut sur un tronçon de route.


La table d’adresse utilisée provient d’une table « lieux » créée et mise à jour sous MS Access dans une base de données relationnelle utilisée pour coder et stocker l’information récoltée dans les sources.
Les événements enregistrés dans une table d’adresse sont ensuite géocodés (ArcToolbox / Geocoding / Geocode adresses). Une feature class de points est produite. Les objets (features) sont ensuite répartis dans les feature class de la geodatabase.


Conclusion


Le projet en cours a vocation à être poursuivi après le travail de thèse. La démarche utilisée (geocoding) ainsi que la réflexion menée dans la construction du Modèle Conceptuel de données présente en effet un intérêt scientifique pour l’étude de la ville de Cologne en particulier et pour l’histoire urbaine de l’époque moderne en général.

 
Bibliographie
 
R. Arab, « De la conception à la création d’un SIG pour la mise en œuvre d’une méthodologie de recensement des mares. Cas de la région Nord-Pas-de-Calais », Rapport de stage de fin d’études de Master of Sciences Management des Systèmes d’Information et Applications Géographiques, ENSG, Paris, 2005.
G. Chaix, « De la cité Chrétienne à la métropole catholique, Vie religieuse et conscience civique à Cologne au XVIe siècle », Thèse pour l'obtention du doctorat d'Etat, Univ. Strasbourg, 1994.
C. Duhamelle,  « La distinction confessionnelle dans le Saint-Empire XVIIe et XVIIIe siècles », Dossier pour l’obtention de l’habilitation à diriger des recherches, vol. 2, Univ. Paris 1, 9 déc. 2006.
C. Duhamelle, « Les Atlas historiques allemands », Bulletin d'Information de la Mission Historique Française en Allemagne n°41 (2005), p. 137-150.
F. Pirot, T. Saint-Gerand, A. Varet-Vitu, « La modélisation des phénomènes linéaires. Des exemples en Sciences de l’Homme et de la Société », SIG 2007 Conférence francophone ESRI tenue les 10 et 11 octobre 2007 à Versailles.
J. Hansen, Arnold Mercator und die wiederentdeckten Röher Stadtpläne von 1571 und 1642, Rhön, 1897.
C. Lebeau, (éd.), L'espace du Saint-Empire du Moyen-Âge à l'époque moderne, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg.
F. Van Ortroy, Bibliographie de l’oeuvre mercatorienne, Amsterdam, Meridian Publishing, 1978.


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