L’Institution d’Aménagement de la Vilaine est un Etablissement Public Territorial de Bassin. Elle a dans ses champs de compétence : l’animation du SAGE Vilaine, la concession de la Voie Navigable de Redon à la mer, la production d’eau potable (1 million d’usagers), ainsi que la gestion d’ouvrages hydrauliques. Le plus important d’entre eux est le barrage estuarien d’Arzal (Morbihan).
Depuis les années 70 l'estuaire de la Vilaine est en effet barré par un barrage à 8 km de son embouchure. La construction du barrage d'Arzal a pour but initial de bloquer l'onde de marée qui, lors des épisodes de crue, limite les inondations des marais de Redon situés à environ 50 km en amont. Ce barrage constitue également une réserve importante d'eau douce (40 millions de m3) qui alimente la région et notamment la Baule en période estivale.
La conséquence la plus visible de cette construction est une accélération de l'envasement de la portion aval de l'estuaire. Les vasières latérales se sont exhaussées et le chenal de navigation s'est réduit, créant ainsi des conflits d'usage entre les activités conchylicoles plaisancières et touristiques.
Afin de comprendre et de pouvoir réduire les conséquences de ce sur-envasement l’IAV s’est engagé dans un partenariat avec l’Université de Bretagne Sud. Le premier axe de recherche a concerné l’étude historique de l’envasement par l’analyse des bathymétries.
C'est dans ce contexte que la Région Bretagne et le Département du Morbihan cofinancent aussi une thèse visant à comprendre et à caractériser les mécanismes d'envasement de l'estuaire.
L'étude du fonctionnement hydrosédimentaire actuel de l'estuaire de la Vilaine nous a mené à étudier l'évolution historique du paysage (1820-2008). La comparaison des orthophotographies aériennes géoréférencées (type IGN) à différentes années permet de visualiser la migration géographique des corps sédimentaires. Nous réalisons ensuite des cartographies historiques pouvant aider à comprendre le mécanisme du comblement de l'estuaire.
Nous réalisons aussi des cartes sédimentaires avec le SIG. Nous dessinons le contour des aires morphologiques discriminées (vases nues, schorre, cordons littoraux…). La comparaison années après années de ces surfaces nous donne à réaliser des calculs de superficie ou de volume (quand nous disposons des valeurs altimétriques ou bathymétriques).
L'emploi du SIG nous est également utile dans la préparation des campagnes de terrain. La vue générale du terrain d'étude facilite le positionnement des mesures de terrain tout en en identifiant facilement les coordonnées géographiques. Les points de sondages, les lignes de prospection électrique, les plans de campagne en mer… sont ainsi extraits facilement dans un format numérique. De façon inverse, toutes les observations ou levés effectués sur le terrain par positionnement GPS sont ensuite intégrés et affichés avec le SIG.
La réalisation des cartographies sous nous permet également de communiquer et de rendre dompte des travaux effectués auprès des administrations concernées.
L'intérêt du SIG réside aussi dans le fait qu'une grande quantité de nos données d'étude sont géoréférencées ce qui facilite ainsi la réalisation de base de données. Ces bases de données sont faciles à manipuler et nous aident à lier les informations entre elles.
La constitution de telles bases de données nous permettent aussi de transmettre l'information de façon claire et ordonnée aux utilisateurs qui prendront la suite du travail.
L'utilisation du SIG s'avère donc indispensable dans le cadre d'études spatiotemporelles comme celle réalisée pour l'estuaire de la Vilaine.