Communications 

Utilisation couplée d' ENVI et ArcMap pour l'évaluation de l'impact environnemental des mines de lignite de Sokholov (République Tchèque)


Session Télédétection
 


Anne Bourguignon
E-mail : a.bourguignon@brgm.fr

S. Chevrel
BRGM, France

V. Kopačková
Service Géologique Tchèque, République Tchèque

BRGM - REM
3, Avenue Claude Guillemin
BP 36009 F- 45060 ORLEANS Cedex 2
Tel : +33 (0)2 38 64 31 44
Fax : +33 (0)2 38 64 37 29

 

Mots-clés, logiciels ESRI utilisés et publics visés
 


Mots-clés : Mines de lignite,  télédection multispectrale, environement minier

Logiciels ESRI et ITT utilisés : Arc Map 9.1, ENVI 4.5 est un logiciel de traitement d’images intégré dans ArcGIS

Public visé :  Tout public

 

Contexte


Cette étude a pour objectif d’identifier et de localiser les sources de drainage minier acide (DMA) les plus significatives dans les mines à ciel ouvert de lignite de Sokolov à l’aide d’images satellitaires et de spectroradiométrie de terrain. Les résultats permettront de déterminer des zones à risques et l’évaluation du risque potentiel qu’elles présentent pour l’environnement. Elle s’inscrit dans  un projet de recherches mené en collaboration  entre le BRGM et le service géologique de la République Tchèque.

En effet, l’extraction industrielle du charbon a des conséquence sur l’environnement qui s’exprime de plusieurs façons :
-          Des changements locaux de la morphologie et du paysage avec une dégradation de la qualité des  terres en raison de l’accumulation des dépôts stériles.
-          Une érosion  forte des pentes nues ou faiblement végétalisées des terrils.
-          Du drainage minier acide (DMA) qui affecte considérablement la zone d’étude en raison de la présence de sulfure : dans le charbon lui même : 5 à 8 % de pyrite et dans les dépôts hydrothermaux le long du système de failles bordant le bassin exploité. Ces sulfures libèrent en s’oxydant des eaux acides et très minéralisées issues des terrils qui présentent un risque de contamination des eaux de surfaces et souterraines.
Un stress de la végétation qui peut être du à la contamination par l’air, le sol et l’eau.
 
L’utilisation de capteurs satellitaires permet de travailler à une échelle compatible avec l’extension des exploitations minières. Il est ainsi possible d’obtenir une vision rapide des zones contaminées apport capital lors de la phase amont d’évaluation des problèmes environnementaux. L’acquisition d’information à petites échelles et la discrimination des résidus miniers  et des roches et sols affleurants, permet de concentrer ultérieurement les travaux au sol dans les zones ciblées pour des investigations plus détaillées. En raison de la superficie énorme des régions potentiellement concernées par les risques liés aux activités minières anciennes et actuelles, l’imagerie satellitaire se révèle avantageuse en termes de temps mais aussi de coût par rapport à la mise en œuvre de campagnes de terrain qui passent systématiquement par le prélèvement sur le terrain d’échantillon et de leur analyse en laboratoire (XRD, analyses chimiques…).


Localisation


La mine de lignite de Sokolov est située au NO de la région de la Bohème, à l’ouest de la ville de Karlovy Vary, proche de la frontière avec l’Allemagne. La zone est fortement affectée par les activités minières qu’il s’agisse de mines à ciel ouvert ou de sites de dépôts de stériles (Fig.1 et 2). Le bassin de Sokolov, daté des périodes de l’Oligocène au Miocène, s’étend sur 8 à 9 km de large avec une longueur de 36 km et une surface totale d’environ 200 km2. On trouve la lignite dans la partie ouest du basin sous la forme de trois couches de charbon successives (Joseph, Anezka and Antonin coal seams). Le charbon est recouvert par une formation argileuse d’épaisseur variant de 130 à 200 m.
L’exploitation a débuté au début du 20th siècle. En 2007, 10 million de tonnes de lignite ont été extraites et 30 millions de tonnes de couvertures stériles ont été déplacées.



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Fig 1 : Vue satellitaire de la zone minière de Sokholov.



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Fig 2 : Mine à ciel ouvert en exploitation


Acquisition des données de terrain et des images satellitaires


Une image ASTER du 10 aout 2005 a été traitée, géoréférencée et corrigée des effets de l’atmosphère  à l’aide du logiciel  ATCOR puis classée à l’aide du logiciel ENVI 4.5.
Deux campagnes de terrain pour l’acquisition des données de spectrométrie de terrain à l’aide du spectroradiomètre ASD FieldSpec® ont été réalisées en septembre 2007 et août 2008. Tous les points de mesures sont géoréférencés et illustrés par des photos. Des mesures de pH des eaux et des sols ont aussi été réalisées.  Toutes les données géoréférencées ont été ainsi intégrées sous ArcGis permettant une intégration des paramètres physiques, morphologiques, chimiques, minéralogiques…(Fig.3).



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Fig 3 : Visualisation des données intégrées sous ArcMap : satellitaires, minéralogiques, de terrain….


Méthode et résultats préliminaires


La démarche utilisée pour caractériser les résidus miniers et les surfaces d’altérations des sols est de coupler spectrométrie de terrain et imagerie satellitaire multispectrale puis hyperspectrale. L’apport de la télédétection permet sur les images multispectrales (ASTER) d’atteindre à une reconnaissance partielle de la minéralogie des terrains. Elle permet la localisation et la caractérisation des zones acides par l’identification précise des minéraux secondaires du fer (sulfates, oxy-hydroxydes de fer) utilisés comme indicateurs des zones minéralisées à l’origine des eaux acides (Fig.4).


Fig 4 : Effets du drainage minier acide, dépôts de sulfate et hydroxydes de fer (Jarosite, Goethite)

En effet, les courbes caractéristiques dans le spectre d’absorption des produits de dégradation de la pyrite permettent leurs identifications sans ambiguïté. Chaque minéral secondaire de fer possède une signature spectrale unique constituée par un ensemble de pics d’absorption distinctifs caractéristiques, dont la position est bien connue (Fig. 5). Ensuite l’image ASTER a été classifiée en utilisant la méthode du Spectral Angle Mapper (SAM) sous ENVI. Cett méthode utilise la comparaison entre les angles d’un spectre de référence et du matériel présent dans chaque pixel. Un angle maximum est choisi et seuls les pixels présentant un angle similaire sont cartographiés et classifiés, pour cet exemple, un angle de 0.25 a été retenu. Les spectres de références utilisés sont les 6 end-members identifiés sur la figure 5 et mesurés sur le terrain.



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Fig 5 : Spectres de terrain utilisés pour classifier l’image ASTER. Les figures spectrales sotn uniques pour chaque type de matériaux.



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Fig 6 : Résultats de la classification de l’image ASTER par Spectral Angle Mapper (SAM). Les zones en rouge et orange sont susceptibles d’être des zones de DMA actives.


Conclusions


L’utilisation couplée d’un logiciel de traitement d’image et de ArcMap ouvre le champ à des possibilités d’interprétation de données croisées. En effet, des traitements sous ArcMap permettront dans la suite de l’étude de croiser les données de différents types, et d’appréhender une meilleure compréhension des mécanismes complexes liés à l’évolution de l’environnement minier sur le bassin de Sokholov.


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